Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=742196
images/icones/fsspx.gif  ( 742196 )Abbé Alain Lorans : Périphérie par Ennemond (2014-01-17 22:06:54) 


On sait combien le pape François insiste depuis le début de son pontificat sur la nécessité, se- lon lui, de s’ouvrir aux « périphéries existentielles ». Il n’est guère aisé de voir ce que cette expression désigne précisément pour le souverain pontife. Ses propos tenus, le 29 novembre 2013, devant 120 supérieurs d’ordres religieux masculins peuvent nous éclairer : « C’est une question herméneutique : on comprend la réalité seulement si on la regarde depuis la périphérie et non si notre regard se place au centre, équidistant de tout. Pour comprendre vraiment la réalité, nous devons nous déplacer de la position centrale de calme et de tranquillité pour nous diriger vers la zone périphérique. Etre en pé- riphérie aide à mieux voir et mieux comprendre, à faire une meilleure analyse de la réalité, en fuyant
de nouveau le centralisme et les approches idéologiques. »

Ainsi donc, pour le pape, la périphérie offre un point de vue où l’on renonce au « calme » et à la « tranquillité » de « la position centrale » pour « comprendre vraiment la réalité ». Le « centre,
équidistant de tout », lui paraissant une « approche idéologique ». Est-ce si sûr ? Et faut-il que ce point de vue périphérique oppose au « calme » le trouble et à la « tranquillité » le doute ?

Bien loin de cette « herméneutique », les fidèles attendent simplement du pape ce que Jésus- Christ disait à Pierre : « Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Luc 22, 32)

Abbé Alain Lorans



DICI N° 288
images/icones/fleche2.gif  ( 742225 )Pour aller au centre, il faut sortir du périphérique. par Scrutator Sapientiæ (2014-01-18 14:05:59) 
[en réponse à 742196]

Bonjour à tous,

1. Voici l'abécédaire dont il est question ici :

Ici.

2. Pour ma part, je suis frappé par le caractère potentiellement dysfonctionnel

- des ambivalences impressionnistes,

- des schématisations ou simplifications,

auxquelles recourt "parfois" le Pape François.

C'est potentiellement dysfonctionnel dans la mesure où cela nuit à la compréhension de ce qui est apparemment explicité.

3. En voici quelques exemples :

" Charisme : “Le charisme reste, il est fort, l’œuvre passe. On confond parfois l’Institut (religieux, ndlr) et l’œuvre. L’Institut est créatif, il cherche de nouvelles voies. De même, les périphéries changent et on peut toujours en faire une liste différente“. "

Mais comment donc peut-on être sûr d'y voir plus clair depuis la périphérie que depuis le centre, si "les périphéries changent" et si "on peut toujours en faire une liste différente" ?

" Compagnons : “Pensons à ces religieux qui ont le cœur acide comme du vinaigre : ils ne sont pas faits pour le peuple. En somme, nous ne devons pas former des administrateurs, des gestionnaires, mais des pères, des frères, des compagnons de route“. "

Il me semble n'y a pas que les religieux "qui ont le coeur acide comme du vinaigre" qui ne sont pas AVANT TOUT "faits pour le peuple", car ils sont avant tout, nous sommes tous avant tout, faits pour Dieu, Père, Fils, Esprit.

Et puis, entre nous, est-ce à dire que les religieux qui ont le coeur sucré comme du sirop sont davantage faits pour le peuple ?

Il me semble aussi que l'on peut très bien former des religieux

- qui ont vocation à être PRIORITAIREMENT "des pères, des frères, des compagnons de route,"

mais

- qui ont AUSSI vocation à être COMPLEMENTAIREMENT "des administrateurs, des gestionnaires".

4. Sans doute une formulation trop complète, trop longue, trop précise, trop prudente, risque-t-elle de finir par être une source de découragement, et par nuire à la prise en compte puis à la mise en oeuvre effectives du contenu qu'elle exprime.

Mais qui ne voit qu'une formulation trop brève, imprécise, imprudente, ou incomplète risque de finir par être une source de désorientation, et par donner l'impression, par exemple, que nul ne va au Père que par la périphérie, si tant est que celle-ci puisse donner lieu à une définition cohérente dans tous ses aspects et conséquente dans tous ses enjeux ?

Bon après-midi à tous.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 742230 )La formule, le point de vue... Toujours pinailler ? par Glycéra (2014-01-18 15:49:45) 
[en réponse à 742196]


Comment voir un paysage quand on n'est pas au centre ?

Toutes les traditions disent de "rentrer en son centre". Jésus ne dit rien d'autre quand il dit d''entrer dans sa chambre (=son coeur) et de fermer la porte... car là Dieu est, et nous y voit : Il nous y attend même.

Plus on s'éloigne du centre, plus on se congratule d'aller vite... et plus on s'éloigne de ses frères aussi, proportionnellement au rayon de cette périphérie... au point de risquer de prendre la tangente.

"Je suis la servante" dit Marie à Son (notre) Seigneur = je reste là où Dieu m'a mise. Je ne cours pas en un ailleurs toujours ailleurs...
"L'arbre porte fruit en le verger où DIeu l'a planté", dit St François de Sales.


A contrario :

Mais il au aussi nécessaire, en créativité de ne pas rester au point que l'on imagine être son centre, refusant Dieu : cf le pharisien de la Parabole.

"Duc in altum" = largue tes certitudes, quitte, va loin, viens avec Moi plus loin, je te montrerai comment pêcher.

"Allez !" à toutes les nations ou bien "Va dire à Ninive" au lieu de rester à ronronner dans ton (centre de) confort.




Alors ?

Concilier...
Vertu de prudence :

ne pas s'étaler en horizontal, mais monter, et voir depusi l'angle où Dieu regarde notre petit coin de terre...
Et trouver ce qu'Il désire nous voir être.
Quand on est, quand on se trouve en son centre, là où est l'Un (Unité de Dieu et de notre être), alors l'acte devient égal, et indifférent : peu importe ce qu'on fait, si Dieu inspire, c'est déjà fait...




En fait, ce n'est pas OU...
Le OU est un point contingent, une vue locale et très momentanée de cue qui est vu à un istant donné : c'est prendre les paroissiens où ils en sont. A qui est dans le "faire et faire et faire", on dit stop.
Au lymphatique endormi, on dit "bouge-toi !"

Tâche domestique :
Ou la vaisselle, ou la cuisine ?
C'est ET !
Sinon, rien à manger, et pas de vaisselle pour servir !

Seulement ainsi sera notre énergie au service de Dieu et de la communion des saints...



Glycéra
qui essaie de lire chaque chose sous le projecteur divin...
Le Ciel commence ici bas.. et c'est bon comme ça !