Le Forum Catholique

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images/icones/photo.gif  ( 741422 )Le tapis de chœur de Notre Dame de Paris exceptionnellement visible par CMdelaRocca (2014-01-07 11:15:37) 

Vu sur La Tribune de l'ART article complet ici. Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 7 janvier 2014

Exposition - Paris, Notre-Dame -

Foulé par le dernier roi de France comme par le premier président de la République, il le fut aussi - plus récemment - par le pape Jean-Paul II en 1980, et puis il retourna dans les réserves et resta invisible du public pendant trente ans, jusqu’à ce jour.

Le tapis du chœur de Notre-Dame est exceptionnellement présenté dans la nef de la cathédrale pour une courte durée, du 6 au 10 janvier et du 13 au 17 janvier. En bon état de conservation, il n’a fait l’objet que d’un dépoussiérage, entrepris par Chevalier Conservation.


D’après Jacques-Louis de La Hamayde de Saint-Ange (1780-1860)
Tapis du chœur de Notre-Dame de Paris (1.en situation d'exposition- 2. en l'état. -3. le modèle initial)
Laine et fil de lin - 2500 x 735 cm
Paris, Notre-Dame de Paris
Photo : D. Bordes

Ce tapis monumental – près de 200 m2 – fut commandé par Charles X et finalement livré sous Louis-Philippe, à l’occasion du baptême de son petit-fils le Comte de Paris . Tissé entre 1825 et 1833, il fut commencé lorsque la Savonnerie se trouvait encore à Chaillot et achevé après le rattachement de la manufacture aux Gobelins en 1826, transfert qui retarda le tissage.

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Une grande croix brodée d’or et de pierreries est ornée de ceps de vignes et d’une gerbe de blés dans une aiguière. Autour, une bordure dorée se compose de grappes de raisins et de feuilles d’or, tandis que des guirlandes et des cornes d’abondance assouplissent la composition. Le tout est disposé selon une stricte symétrie. La partie inférieure représente une châsse, dotée d’ornements liturgiques - encensoir, crosse, tiare... Sur le panneau central, une colonne dorée est constituée du tétramorphe.
Les bouleversements politiques entrainèrent des changements iconographiques : le centre de la croix aux armes de France fut remplacé par un soleil sur fond vert, les médaillons au chiffre du roi furent également modifiés et les fleurs de lys camouflées.

Malheureusement endommagé, le tapis bénéficia d’une restauration dès 1894-1895, qui entraîna la suppression de la partie inférieure, plus précisément de la rangée de polylobes en or sur fond rouge-orangé ainsi que le socle de la châsse composé de colonnettes et d’ogives.

Le tapis fut classé Monument historique en 1974.
images/icones/hein.gif  ( 741426 )foulé par Lycobates (2014-01-07 11:43:17) 
[en réponse à 741422]

Si ce tapis "fut commandé par Charles X et finalement livré sous Louis-Philippe" il n'a pu être "foulé par le dernier roi de France", mais tout au plus par le premier (et dernier) roi des Français.
images/icones/bravo.gif  ( 741428 )Je plussoie cher ami, par CMdelaRocca (2014-01-07 11:55:56) 
[en réponse à 741426]

tout à fait, mais vous en conviendrez, l'article que je propose dans ce post n'est pas de moi.
images/icones/neutre.gif  ( 741434 )Roi des français par Arnold (2014-01-07 12:21:11) 
[en réponse à 741428]

Il me semble que Louis xvi a portè brièvement le titre, ce qui ferait domc deux.
images/icones/neutre.gif  ( 741438 )Pas du tout... par John DALY (2014-01-07 13:20:51) 
[en réponse à 741434]

Un tapis commandé par Charles X n'a pas pu être foulé par Louis XVI.

Mais pour le titre "roi des francs" ("Rex Francorum") il convient en effet de noter que ce titre est plus ancien que celui de "Rex Franciae" et donc ne signifie pas nécessairement la monarchie émasculée par la Révolution.
images/icones/neutre.gif  ( 741467 )Je ne voulais pas dire... par Arnold (2014-01-07 19:24:04) 
[en réponse à 741438]

Que Louis xvi avait foulé le tapis, mais qu' il avait porté, nolens volens, le titre de " roi des français.
images/icones/1e.gif  ( 741433 )Roi des français... par LouisL (2014-01-07 12:19:23) 
[en réponse à 741426]

… quésaco ?
images/icones/ancre2.gif  ( 741440 )Souveraineté du peuple par Paterculus (2014-01-07 13:35:07) 
[en réponse à 741433]

En prenant le pouvoir, Louis-Philippe a fait sien l'un pes principes de la révolution et a changé la nature de la royauté.
L'expression "roi de France" manifestait que le roi tenait sa fonction antérieurement aux volontés du peuple, il pouvait donc faire appel aux principes non écrits, car il tenait son pouvoir de Dieu.
L'expression "roi des Français" montre que le peuple est souverain, et que le roi n'est en quelque sorte que son député.
Voilà, brièvement dites, les réflexions que m'inspirent votre question, en attendant que plus érudit vous réponde de façon approfondie.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 741441 )à lire votre explication par Ritter (2014-01-07 13:40:02) 
[en réponse à 741440]

On en viendrait à mieux comprendre l'épitaphe sur la Croix INRI.

Un roi non d'Israël, mais un roi des juifs.

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 741485 )Louis XVI "roi des Français" par baudelairec2000 (2014-01-07 22:06:02) 
[en réponse à 741440]

Louis-Philippe ne fut pas le premier à porter le titre "Roi des français"; ce fut Louis XVI qui fut contraint de l'accepter en octobre 1791, suite à un décret de l'Assemblée constituante, quelques jours après qu'il eut accepté la constitution qu'étaient venus lui offrir les représentants de la Nation. Il lui fallut en effet accepter de "changer son nom de roi de France et de Navarre, que lui et ses prédécesseurs avaient porté depuis tant de siècles, sans aucune opposition ou réclamation".

Il faut dire que le malheureux, depuis la piteuse fuite du mois de juin et son arrestation à Varennes, commence un long chemin de croix; il est l'otage des gardes nationaux et de La Fayette. Menacé de destitution, il fut maintenu sur le trône (16 juillet 1791), "protégé" par La Fayette qui ne voulait pas qu'Orléans se propulse à la tête de l'Etat. La Constitution fut révisée: bien que "le pouvoir exécutif fût confié, en théorie, à un roi héréditaire, inviolable, celui-ci était incapable d'agir sur le pouvoir législatif (entièrement issu du peuple et élu), ni sur le pouvoir judiciaire, élu pareillement"; tout au plus, le pouvoir du roi s'accompagnait d'un "droit de veto suspensif qui lui permettait de retarder l'application d'une loi votée par l'Assemblée législative durant deux législatures (quatre ans)".

le 4 septembre 1791, une députation se présenta aux Tuileries pour présenter au Roi la constitution. "Les représentants de la Nation viennent offrir à l'acceptation de Votre Majesté l'Acte constitutionnel; il consacre les droits imprescriptibles du peuple français; il rend au trône sa vraie dignité et organise le gouvernement de l'Empire."

Le Roi l'accepta et, le 14 septembre, il alla le notifier à l'Assemblée; après avoir dénoncé les vices que comportait le texte, il promit de l'observer. Il prêta serment. En conséquence, on "reconduisit le Roi chez lui aux acclamations d'une multitude innombrable, accompagnées des sons d'une musique guerrière et du bruit des salves d'artillerie se succédant sans interruption." Une fête étrange et inquiétante qui se prolongeait déjà depuis plus de deux ans et qui n'allait pas tarder à être prise en mains par les Jacobins et les différents clubs de la capitale. Ce sera bientôt, l'été suivant, la prise sanglante des Tuileries, la déchéance, l'emprisonnement au Temple, le procès inique qui devait se conclure par l'exécution du souverain en janvier 1793.

voir le nouveau titre de Louis XVI sur une pièce de 2 sols, monnaie de 1792
images/icones/fleur.gif  ( 741497 )Je vous remercie par Lycobates (2014-01-08 00:34:18) 
[en réponse à 741485]

ainsi que Arnold plus haut, d'avoir rappelé ce triste épisode, un peu moins connu, et qui corrige en quelque sorte mon premier message.
Mais on conviendra que le premier (et dernier) roi vraiment libéral de son propre gré, roi des Français, fut Louis-Philippe.

Le Rex Francorum, en usage jusqu'au Haut-Moyen-Âge (1200 environ si je ne m'abuse), comme le rappelait correctement John Daly, n'y ressemble que superficiellement, les conditions de la royauté étant très différentes à l'époque. Là on assiste à une transformation de la féodalité en un pouvoir royal davantage centralisé, ce qui se fera seulement beaucoup plus tard dans d'autres pays d'Europe.
Ce n'est certainement pas le chemin inverse que les libéraux de 1830 avaient en tête quand ils reprirent le titre roi des Français.

Le but de mon premier message n'était d'ailleurs pas de critiquer le post de CMdelaRocca, intéressant et informatif comme très souvent, mais de rappeler que les appellations correctes ont leur importance et que le diable se cache souvent dans le détail.

Ainsi, pour prendre un autre exemple, le roi de Prusse, Guillaume I (1861-1888) n'accepta le titre d'Empereur, envisagé par son ministre Bismarck, en 1871 que très difficilement. Il ne voulait pas du titre Kaiser der Deutschen (Empereur des Allemands), puisqu'il se considérait (à juste titre d'ailleurs) souverain par la grâce de Dieu. Il favorisait plutôt, s'il en fallait un, le titre Kaiser von Deutschland (Empereur d'Allemagne), mais ce titre était exclu puisqu'il impliquait une autorité sur certains territoires allemands (Luxembourg, Suisse allemande, Autriche) qui ne faisaient pas partie, politiquement, de la nouvelle fédération, ce qui pourrait froisser leurs souverains, notamment l'autre Empereur, celui d'Autriche, François-Joseph qui disait de lui-même: Ich bin ein deutscher Fürst, je suis un souverain allemand.
S'imposa finalement le titre Deutscher Kaiser (Empereur allemand), à l'insistance des souverains fédéraux, parce que les rois de Bavière, de Saxe et du Wuerttemberg ne voulaient se soumettre au roi de Prusse comme chef de la fédération que s'il portait un titre plus élevé que le leur.
Guillaume I ne le porta jamais de bon gré, contrairement à son fils (Frédéric III, 1888) et petit-fils (Guillaume II, 1888-1918/1941).

Le titre devint ainsi "Deutscher Kaiser und König von Preußen", "Empereur allemand et roi de Prusse", tandis que l'héritier s'appelle "Kronprinz des Deutschen Reiches und von Preußen", "Prince héritier de l'Empire allemand et de Prusse".
Le Kronprinz est d'ailleurs la seule "Altesse impériale", les autres princes de la maison de Prusse ne sont qu'Altesses royales, contrairement aux princes de l'archimaison d'Autriche, qui sont tous "Altesses impériales et royales" (depuis 1867).
Il faut le savoir.