Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=741359
images/icones/hein.gif  ( 741359 )Pleurs d’enfants, un casse-tête pour les paroisses par XA (2014-01-06 13:58:52) 

Pleurs d’enfants, un casse-tête pour les paroisses
Dans certaines paroisses urbaines, la présence des plus petits suscite parfois des tensions au sein des communautés, excédées par le manque de recueillement.

La Croix du 5/1/14 - 15 H 13


Après avoir franchi les barrières de sécurité, le garçonnet s’approche de l’homme en blanc. Haut comme trois pommes, il se blottit contre le pape François, en plein discours, puis s’installe sur l’immense fauteuil, sous les yeux médusés de l’assistance. Cette scène, qui s’est déroulée place Saint-Pierre le 31 octobre, a fait le tour de la planète. Dans un Occident déchristianisé et vieillissant, certains y ont vu un symbole de renouveau.

De fait, en France, les assemblées dominicales se font de plus en plus âgées, excepté dans certaines paroisses urbaines fréquentées par de jeunes familles. Si, à Rome, le pape s’est montré indulgent, la présence, parfois turbulente, des enfants dans les paroisses n’est pas sans bousculer les communautés. Paradoxe de l’époque : l’assiduité des jeunes foyers se heurte au besoin de silence et d’intériorité dans une société au rythme de plus en plus soutenu.

« RÉAGIR DÈS LE PREMIER CRI »
Au point que certains curés élaborent des circulaires pour tenter d’apaiser ces tensions. L’une de ces « chartes », affichée dans la paroisse du Chesnay et de Rocquencourt (Yvelines), recommande aux parents de « réagir dès le premier cri » et de « favoriser les garderies ».

À mots couverts, le texte déconseille aussi d’emmener les petits à la messe des jeunes du dimanche soir : « Cette messe donne une place particulière au silence : celui-ci sera absolument respecté. » « Lorsqu’une assemblée est attirée par une autre œuvre (que l’écoute active), fût-elle la catéchisation précoce d’un enfant, elle sort vraiment de sa raison d’être, elle passe à côté de l’essentiel », plaide le curé du Chesnay, le P. Mathieu de Raimond. « Nul ne saurait imposer à une communauté, même ponctuellement, un tel détournement. »

Ce type de consignes a le don d’irriter Marie, mère de trois filles de 5, 4 et 2 ans, lorsqu’elle repense à la messe du 15 août, il y a trois ans. « Une paroissienne s’est approchée d’un air hostile : “Si vous ne pouvez pas tenir vos filles, ne venez pas”. Je suis partie en larmes en me demandant si je n’étais pas une mauvaise mère », relate cette femme de 33 ans, alors que certains voient dans cette problématique une conséquence de la culture de l’enfant-roi.

UN SUJET QUI MET EN JEU L’UNITÉ DE LA COMMUNAUTÉ
Quelques semaines plus tard, en pleine homélie, c’est le prêtre lui-même qui presse les familles de sortir au premier pleur. « Je comprends que mes filles puissent agacer, convient Marie. Mais elles se comportent aussi bien que possible. Un enfant de 3 ans ne peut se tenir comme un enfant de 8 ans. Tous ont leur place dans l’assemblée, au même titre que celui qui chante à tue-tête sans s’apercevoir qu’il chante faux. »

Le sujet peut sembler anodin. En réalité, il est hautement sensible, car il met en jeu l’unité de la communauté : « Ma position est difficile » reconnaît, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le P. Barthélemy, dans une lettre distribuée à la sortie de la paroisse Sainte-Cécile, où une salle sonorisée permet de suivre la messe sans déranger l’assemblée.

« Si je ne dis rien, je me vois reprocher mon attentisme, et si je prends la parole, certains ont l’impression d’être rejetés de la célébration. Nous n’arrivons plus à nous adresser à une assemblée qui ne nous regarde pas et ne nous écoute pas, parce qu’elle est occupée à gérer les enfants ou gênée par le bruit. »

MOINS DE PASSION DANS LES ZONES RURALES
Cette gêne, de nombreux laïcs l’éprouvent également, à l’image de Dominique, mère de deux fils aujourd’hui adultes, qui avoue supporter de moins en moins les « bruits diffus » qui émaillent la vie de sa paroisse clermontoise. « Je n’entends plus que des demi-phrases et perds immanquablement le fil de l’homélie », explique cette institutrice.

Dans les zones plus rurales, en revanche, cette question semble susciter moins de passions. Père de trois enfants en bas âge, Erwan se souvient de l’enthousiasme avec lequel sa famille a été accueillie dans leur paroisse de Poitiers, il y a un an. « Nous avons été vite adoptés par nos aînés, les enfants en tête. »

Cet informaticien n’imagine pas un instant délaisser ce rendez-vous dominical avec la foi, ne serait-ce que pour en transmettre « l’habitude » à ses enfants. « Chez nous, les petits sont très peu nombreux et ne me gênent pas, corrobore le P. Sébastien Courault, vicaire à Magny-Cours (Nièvre). J’ai toujours vu en eux une certaine joie. »

Des critiques d’autant plus mal vécues par les jeunes parents qu’eux-mêmes se sont souvent beaucoup investis dans l’Église lorsqu’ils étaient étudiants. « Ce genre de mésaventure, tempête de son côté Bruno, ne nous arrive que dans les paroisses bourgeoises, où l’on considère qu’un bon enfant est un enfant qui se tait. Ce comportement n’a rien d’évangélique ! »

« LES ENFANTS NOUS SORTENT DE NOTRE TORPEUR »
« L’enfant est une image de Dieu, souligne l’auteur d’ouvrages spirituels Jacques Gauthier. Si Jésus les accueille, c’est parce qu’à son époque, dans la société juive, ils sont en marge de la société. Aujourd’hui, ces enfants nous sortent de notre torpeur. Il n’y a rien de pire, disait Bernanos, qu’une âme habituée. L’enfant est là pour nous déshabituer. Pour réveiller en nous l’inattendu. »

« Si on choisit d’accueillir, on le fait jusqu’au bout », proclame Frère Gaël, maître des novices à l’abbaye de Tamié (Savoie). « L’accueil des hôtes entre les stalles des moines pour la messe du dimanche est une tradition dans notre abbaye, qui remonte à l’après-concile Vatican II. Et sans doute l’idée d’installer les enfants devant, sur un tapis, date-t-elle aussi de cette époque. L’ancienne abbesse de Chambarand (Isère) m’a raconté garder un souvenir impérissable de la messe à laquelle elle avait assisté, assise là, avec son grand-père. Des frères sont agacés parce que certains, parfois, font du bruit. Mais c’est rare. De leur côté, les accompagnateurs d’enfants nous disent souvent qu’ils sont insupportables à l’extérieur mais concentrés à la messe ! Chez les frères, il y a unanimité sur ce point : si l’on choisit d’accueillir des hôtes, alors on le fait jusqu’au bout. »

Loup Besmond de Senneville, François-Xavier Maigre et Anne-Bénédicte HOFFNER
images/icones/1e.gif  ( 741361 )Ca sent ... par Cath...o (2014-01-06 14:03:57) 
[en réponse à 741359]

... le sujet qui fâche !

Attendons les réactions des uns et des autres ...
images/icones/neutre.gif  ( 741362 )Vont-ils souvent à l'Eglise par Ritter (2014-01-06 14:14:34) 
[en réponse à 741359]

Ceux qui ont écrit cet article?
Dans une Eglise paroissiale, on est plus dérangé par les adultes qui parlent comme des personnes mal élevées dans une salle de spectacle.
Se souciant peu de la présence réelle.

Alors si les enfants sont turbulents, ils reproduisent peut-être ce que les adultes leur montrent.

J'ai vu bien des familles nombreuses, dont les enfants faisaient moins de bruit que des grands parents, ou parents bavardant comme des pies.

j'ai vu un curé pour faire taire cette foule qui se croyait au spectacle, leur demander de se taire, en se fâchant et leur disant que l'on n'était pas en ce lieu sous la halle d'un marché.


Cordialement.
images/icones/1h.gif  ( 741364 )Non, les enfants n'imitent pas leurs parents par megnace (2014-01-06 15:04:01) 
[en réponse à 741362]

sur ce point (le comportement bruyant non recueilli), ils sont au contraire très bruyants en bas-âge - c'est naturel - et se corrigent peu à peu avec l'éducation.
Cela étant, le nombre d'adultes à la conduite inadmissible, et surtout sans aucun recueillement même à la Consécration et à l'Elévation, me sidère toujours : où se croient-ils ? Que viennent-ils faire à la Messe ?
Et encore, je parle d'Assemblées traditionalistes....donc de parents fervent catholiques et conscients de leurs devoirs éducatifs.
images/icones/neutre.gif  ( 741367 )Légère confusion par Ritter (2014-01-06 15:38:33) 
[en réponse à 741364]

j'ai écrit:


ce que les adultes leur montrent



Il n'est pas question de parents ici.

Mais je suis d'accord avec vous pour:


ls sont au contraire très bruyants en bas-âge - c'est naturel - et se corrigent peu à peu avec l'éducation



Mais encore faut-il qu'on leur apprenne.

Et j'ai aussi écrit:


j'ai vu bien des familles nombreuses, dont les enfants faisaient moins de bruit que des grands parents, ou parents bavardant comme des pies.



Mais j'aurais du dissocier car il ne s'agit pas des parents ou grands parents de ces enfants dans mon idée mais d'autres, qui ne sont pas nécessairement là avec leurs enfants ou petits enfants.

Cordialement.


images/icones/neutre.gif  ( 741377 )curieux, sais pas dans quelle assemblee.... par Pol (2014-01-06 17:49:48) 
[en réponse à 741364]

...tradie vous allez,Megnace,mais la ou je vais,la ou j'ai visite, j'ai toujours vu le recueillement pendant toute la messe.C'est possible evidemment que vous allez dans un diocese ou se celebre la messe a l'occasion,ou meme assez regulierement.salut et bonne nuit.
images/icones/1d.gif  ( 741371 )Ouah ! par Meneau (2014-01-06 16:58:12) 
[en réponse à 741359]

C'est le Webmestre qui plante lui-même les marronniers maintenant !

Mort de rire.
Cordialement
Meneau
images/icones/3b.gif  ( 741375 )Comment La Croix ose-t-elle écrire cela ? par Paterculus (2014-01-06 17:32:03) 
[en réponse à 741371]


en France, les assemblées dominicales se font de plus en plus âgées


Ils vont se faire taper sur les doigts !
Alors, comme cela, le printemps de l'Eglise et la nouvelle pentecôte ne sont pas au rendez-vous ?
La nouvelle liturgie n'attire pas les jeunes ?
La catéchèse moderne ne donne pas envie de continuer à pratiquer ?
Je me suis fait lyncher pour moins que ça !
J'espère qu'il y aura des réactions, car il y a quand même suffisamment de positif pour qu'on évite de mettre dans l'organe officieux de la CEF des propos aussi défaitistes, de nature à décourager ceux qui donnent à la quête !
Non mais cent blagues !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/rose.gif  ( 741378 )la Croix a raison par jejomau (2014-01-06 18:38:03) 
[en réponse à 741375]

... en ce qui concerne les assemblées dominicales où souffle l'esprit conciliaire vaticanesque...



exemple d'une assemblée dominicale-type "La Croix" :



ou encore :



toujours en France :





Photos de messes catholiques dites : Tradi...





ou encore ici :






non, non ... Je ne suis pas de mauvaise foi....








images/icones/1v.gif  ( 741383 )Vous aggravez le cas du journal ! par Paterculus (2014-01-06 19:00:23) 
[en réponse à 741378]

Vraiment ils ont été maladroits de vous donner l'occasion de pareils commentaires !

Ils vont se faire taper sur les doigts, je vous dis...

VdP
images/icones/1b.gif  ( 741389 )Ce sont nos successeurs... par PEB (2014-01-06 19:40:48) 
[en réponse à 741359]

L'Eglise se meurt de sa jeunesse perdue.

Or, la jeunesse, ça commence dès la petite enfance.

Vieux garçon endurci, j'aime bien que ma dévotion soit bousculée et décentrée par la présence de nos successeurs, aussi turbulents soient-ils.

C'est ce braillard qui prendra soin de nos vieux jours. C'est ce gros malin qui prendra les rennes de la paroisse. C'est cette chipie qui sera la dame catéchiste attentionnée. C'est cette môme un peu perdue qui offrira sa prière et sa vie à l’Époux inépousé.

C'est la continuité de l'existence de nos paroisse qui est en jeu.

Écoutons le bon sens paysan et acceptons que nos paroisses soient un résumé de l'Univers. La messe c'est aussi le Peuple de Dieu qui offre le monde pour que le Verbe y demeure. Et le monde a tous les âges et toutes les infirmités.

"Laissez venir à moi les petits enfants!"