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images/icones/hein.gif  ( 740665 )Et pour vous ? Minuit ...Chrétiens, est-il chrétien ? par Anne Charlotte Lundi (2013-12-24 21:30:23) 

j'aime beaucoup ce chant ! Je viens de recevoir cet article :

« Minuit, chrétiens… » est-il chrétien ?

Le Dictionnaire du foyer catholique, publié en 1956 par la Librairie des Champs-Élysées avec approbation laudative du Cardinal de Paris, Mgr Feltin, n’est pas spécialement d’esprit étroit et passéiste. C’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi, par exemple, il consacre plus d’espace à Teilhard de Chardin qu’au concile de Trente.

N’en est que plus significative la brève notice qui traite du chant « Minuit, chrétiens » : elle est d’une belle venue, et vaut qu’on s’y arrête. En effet, elle dit tout en quelques lignes que je suis heureux de mettre sous les yeux de ceux qui auront à choisir, pour la Noël prochaine, les chants aptes à exprimer la foi catholique et à favoriser la contemplation des fidèles. Car leur responsabilité est grande, qui concerne l’élévation ou l’abaissement de l’âme, l’honneur de Dieu ou le mépris de son oeuvre.

« Minuit, chrétiens. Ce chant, que l’on qualifie volontiers de « traditionnel », et que, dans certaines paroisses, on entonne au début de la messe de Noël, n’a en réalité rien de liturgique. Il a été composé en 1847 par un nommé Placide Coppeau, d’ailleurs farouchement anticlérical, à Roquemaure, dans le Gard ; la musique est du compositeur Adam. L’allure emphatique des paroles autant que de la musique elle-même, le contraste qu’elles présentent avec la liturgie de la fête, si belle et si grande dans sa simplicité, ont fait supprimer ce chant dans plusieurs diocèses.

« L’encyclique de S.S. Pie XII sur la Musique sacrée (Musicæ Sacræ disciplina, 1956) indique que “seul l’artiste animé par une foi religieuse profonde pourra s’occuper d’art sacré, et non celui qui est sans foi ou éloigné de la pratique religieuse” ».

Mis à part le détail que l’encyclique est datée de Noël 1955, tout est parfaitement dit dans ces quelques lignes. Une œuvre indigne du culte de Dieu et du mystère de l’Incarnation s’est introduite (toute seule ?) dans les églises, et revendique même le statut de traditionnelle. Il faut la chasser sans état d’âme si l’on veut garder quelque docilité à l’Église et quelque sens de la beauté de l’amour de Dieu.

Pour ceux qui voudraient une information plus précise, voici un article de Pierre-Michel Bourguignon qui parût dans Les deux étendards n°9, en novembre 1999.

Contre un navet malfaisant

Cela fait plus de cent cinquante ans que des générations de catholiques de langue française se sont rendues à la messe de Noël avec l’assurance d’entendre sur le coup de minuit entonner le chant qu’on leur a mis sur les lèvres, dans la tête et au cœur : sur les lèvres pour le leur faire répéter, dans la tête pour s’y accorder en pensées, au cœur pour le leur faire aimer : Minuit, chrétiens…

Singulière musiquette, d’une banalité affligeante et d’une étrange renommée dont l’histoire n’est que rarement rapportée, elle ne mérite certainement pas le nom de cantique tant elle est peu religieuse d’inspiration et de contenu.

Ce chant n’est religieux que par l’intention très probablement excellente mais accidentelle du curé de Roquemaure, une petite localité sur le Rhône où, en cet an — peut-on dire de grâce ? — 1847, se construisait un pont sur le fleuve pour la route en direction d’Orange. Le bon ecclésiastique avait demandé à un érudit du coin, un certain Placide Cappeau, de composer les paroles d’un hymne pour la fête de Noël toute proche. Cappeau, juriste de formation mais établi négociant en vin, rédigea son texte le 3 décembre au cours d’un déplacement en diligence. Madame Laurey, la femme de l’ingénieur qui dirigeait le chantier du pont, avait étudié au Conservatoire national de Paris sous la direction d’Adolphe Adam et l’on comptait sur elle pour demander au maître de composer la musique sur les mots de Cappeau. Le domaine de l’art lyrique, où Adam a laissé un nom, n’était sans doute pas le lieu idéal d’où l’on pouvait attendre une œuvre d’inspiration surnaturelle. Et de fait, la déclamation notée par Adam « expressément composée pour Emily Laurey », nous dit-on, évoque davantage les états d’âme que simulent d’habitude les comédiennes à la scène que la méditation d’un cœur chrétien au soir de la Nativité.

Ce style aurait dû, par son pompiérisme résolu, mettre l’auditeur en garde. Eh bien non ! Ce fut le succès qui ne s’explique que par la détérioration à la fois des connaissances doctrinales et du goût de la foule. Mais nos raisons de refuser toute faveur à ce chant doivent être plus profondes que la seule aversion pour la médiocrité, voire la nullité de ses qualités externes. On ne peut oublier la fermentation politique et sociale qui accablait la France quand les derniers soubresauts de la Révolution (chute du premier Empire en 1815) ne s’étaient apaisés — et encore — que sous la génération précédente. Son « souffle fétide » empestait l’air de partout et imprégnait de ses relents la production de ceux que l’on appellerait un peu plus tard les « intellectuels ». Ce fut le cas pour Placide Cappeau qui se sentait à l’étroit dans Roquemaure. Il avait étudié à Avignon mais aussi à Paris. Il se lia, avec assez peu de discernement, semble-t-il, avec de grands esprits de son temps d’horizon assez différents : Frédéric Mistral, Alphonse de Lamartine, François Coppée, mais également Pierre Proudhon et son socialisme échevelé.

Adolphe Adam manqua de temps pour fignoler sa partition et fut ainsi contraint d’ébrécher le texte, ce dont Placide Cappeau s’est expliqué dans un ouvrage poétique Le Château de Roquemaure, publié plus tard. Il citait là le texte intégral et primitif de son Minuit, chrétiens assorti de notes qui ne manquent pas d’intérêt pour notre sujet. Veuille le lecteur en juger. Cappeau écrivait :

« Nous donnons les paroles, telles qu’elles furent improvisées pour un service à rendre, sur la demande du curé de Roquemaure. Adam, obligé d’improviser lui aussi la musique, nous fit réduire les paroles à ce qui a été publié, trouvant trois strophes suffisantes, et n’ayant pas le temps de changer le rythme de la quatrième. Mais, dans le chant ainsi écourté, la composition littéraire est évidemment défectueuse, tant par la suppression de la troisième strophe, indispensable au sens du reste, que par la mutilation de la quatrième, qui ne répond plus à la largeur de l’inspiration première. Nous n’acceptons, comme auteur, que la version publiée ici.

« Adam, qui appelait ce noël La Marseillaise religieuse, nous a souvent exprimé le désir de compléter tôt ou tard sa belle mélodie sur les premières paroles. La mort l’ayant empêché de réaliser ce projet, nous engageons les musiciens qui se sentiraient de force à lutter avec lui à le réaliser eux-mêmes.

« Nous avons cru devoir modifier ce qui nous avait échappé au premier moment sur le péché originel, auquel nous ne croyons pas… Nous admettons Jésus comme Rédempteur, mais rédempteur des inégalités, des injustices, de l’esclavage et des oppressions de toutes sortes qui pesaient sur l’ancienne société, non d’un péché impossible qui répugne au plus simple bon sens. »

Ainsi, Minuit, chrétiens se veut une profession de foi, mais en quel sens et de quelle foi ? Réponse de Cappeau :

« De notre foi que la lumière ardente nous guide tous au berceau de l’Enfant ! »

Même si nous redressons l’inversion poétique, la « lumière ardente » de cette foi ne nous permet pas tellement d’y voir plus clair. En revanche, on peut comprendre que le rimailleur ne se prenait pas pour rien quand il parlait avec avantage de « la largeur de l’inspiration de la première strophe ». D’autant plus qu’il nous dit en être revenu, de sa première strophe, où il avait parlé par erreur du péché originel « auquel nous ne croyons pas ». Une ligne d’orthodoxie avait échappé au poète — les chaos de la route certainement —, elle était de trop, il a fallu la changer, toute largement inspirée fût-elle.

La troisième strophe restée ignorée du grand public nous en apprend un peu plus long sur la qualité révolutionnaire de son esprit. L’auteur la dit lui-même « indispensable au sens du reste » :

De l’opulence il dédaigne les charmes
Toute hauteur s’abaisse devant lui
De l’infortune il vient sécher les larmes
Et du plus humble il veut être l’appui.

Gardons présent à la mémoire que — pardon pour le blasphème en pleine Nuit Sainte — Jésus n’est pas admis comme Rédempteur mais accepté tout au plus « comme rédempteur des inégalités, des injustices, de l’esclavage et des oppressions de toutes sortes qui pesaient sur l’ancienne société ». Somme toute Minuit, chrétiens… célèbre un philanthrope chargé de mission humanitaire par le Grand-Orient.

Souvenons-nous aussi des accointances de Placide Cappeau. Lamartine, entre autres, est une bonne référence, qui ne s’occupait pas seulement de ses élégies mais, en bon ami des francs-maçons qu’il était, professait à l’occasion sa foi solennelle en la Révolution. Il savait lui-même de qui tenir quand, à la veille de la tourmente de 1848, il évoquait un grand ancêtre coupeur de têtes et communiste primitif :

« Tout, dans le plan de Robespierre, tendait évidemment à la communauté des biens et à l’égalité des conditions. C’était l’esprit du communisme primitif, idéal des premiers chrétiens redevenu l’idéal du communisme.

« Ce partage égal des lumières, des facultés et des dons de la nature est évidemment la tendance légitime du cœur humain. Les révélateurs, les poètes et les sages ont roulé éternellement cette pensée dans leur âme et l’ont perpétuellement montrée, dans leur ciel, dans leurs rêves ou dans leurs lois, comme la perspective de l’humanité. C’est donc un instinct de la justice dans l’homme, par conséquent un plan divin que Dieu fait entrevoir à ses créatures. Tout ce qui contrarie ce plan, c’est-à-dire tout ce qui tend à constituer des inégalités de lumières, de rang, de condition, de fortune parmi les hommes, est impie. Tout ce qui tend à niveler graduellement ces inégalités, qui sont souvent des injustices, et à répartir le plus équitablement l’héritage commun entre les hommes est divin. Toute politique peut être jugée à ce signe comme tout arbre est jugé à ses fruits : l’idéal n’est que la vérité à distance » [1].

Ce même Lamartine qui avait de si bons principes, quelques semaines après la première de Minuit, chrétiens…, allait devenir ministre des Affaires étrangères dans le Gouvernement provisoire issu de la Révolution de 1848. En cette qualité, le 10 mars suivant, il accueille les délégués du Suprême Conseil du rit écossais venus féliciter le Gouvernement. Il répond :

Je suis convaincu que c'est du fond de vos loges que sont émanés, d'abord dans l'ombre, puis dans le demi‑jour et enfin en pleine lumière, les sentiments qui ont fini par faire la sublime explosion dont nous avons été témoins en 1789, et dont le peuple de Paris vient de donner au monde la seconde et, j'espère, la dernière représentation, il y a peu de jours.

La fermentation communiste était dans l’air et bouillonnait partout. L’illustre slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » venait de naître à Londres [2] un mois avant la composition amphigourique du Minuit, chrétiens… La définition d’Adam était donc la bonne et son Noël était bien la Marseillaise religieuse voulue par le parolier. Il ne célébrait nullement la Rédemption, le rachat par le Fils de Dieu fait homme de l’offense d’origine « péché impossible qui répugne au plus simple bon sens », de la désobéissance à l’ordre, mais bien le nivellement des inégalités insupportables à l’orgueil de l’homme révolté. Minuit, chrétiens… est le chant de la rébellion fondé sur l’incroyance et inspiré par les fumées de la pensée proudhonienne. Pierre Proudhon (1809-1865) auquel Cappeau aimait se frotter était le père spirituel de l’anarchisme et il était aussi franc-maçon et sataniste à ses heures [3]. Rien d’étonnant que le discours de Cappeau dans son troisième couplet fût un déguisement de la réclamation envieuse d’un partageux. Il y est question de dédaigner « les charmes de l’opulence » mais nullement de la recherche d’un bien supérieur. « Toute hauteur s’abaisse devant lui. » Peut-être, mais devant qui exactement ? On aimerait savoir. Quel est donc ce « lui » ambigu devant lequel on s’incline avec bon sens, donc sans croire au péché originel ? Ce ne saurait être Dieu, ce ne peut être alors que Satan, son singe, qui prétendra également sécher les larmes des malheureux en parodiant les Écritures [4]. De même que c’est aussi contrefaire jusqu’aux sens et aux paroles du Magnificat que d’annoncer un appui seulement humain aux plus humbles.

Ceux qui n’auraient pas compris où voulait en venir le pathos de cette séquence liront avec intérêt la quatrième strophe dans sa version originale :

Le vieux monde à sa voix soudain se régénère
La terre est libre et le ciel est ouvert
L’homme dans son esclave a reconnu son frère
Et l’amour vient unir ceux qu’enchaînait le fer.
Ah ! laissons éclater notre reconnaissance…
Debout ! Peuple, debout ! Chante ta délivrance.
Noël ! Noël ! Noël ! chantons le Rédempteur !

Le vieux monde en effet n’avait qu’à bien se tenir et cela fait cent cinquante ans que la promesse d’une régénération soudaine s’accomplit d’une sublime explosion à l’autre. La Marseillaise religieuse ne vaut pas mieux que l’autre, c’est une carmagnole. Et on voit mal ce qui peut bien passer par la tête des catholiques qui se sont entichés d’elle jusqu’à choisir d’année en année sa virulente médiocrité pour célébrer l’un des plus précieux et des plus hauts mystères de la foi catholique
images/icones/neutre.gif  ( 740668 )oui tout à fait chrétien... par Chouette (2013-12-25 02:06:33) 
[en réponse à 740665]

surtout lorsque l'on sait que beaucoup de chants du répertoire liturgique sont issus du répertoire populaire, de danses, de mélodies créées par des protestants…
Alors, vive le Minuit Chrétiens et je vous laisse réécouter cette version que nous avons enregistrée en 1991 ad Majorem Dei Gloriam c'est ici et pour faire plaisir d'autres chants

celui-ci
ou celui-ci
ou encore celui-là...

Bonnes et saintes fêtes de Noël
images/icones/iphone.jpg  ( 740687 )Assommant ! par Nemo (2013-12-25 13:15:31) 
[en réponse à 740668]

Je ne vois pas au nom de quoi ou de qui vous parlez.
Ce chant médiocre autant que ridicule, chant d'ivrogne disait même d'Indy, fut méprisé par la plupart des musiciens et interdit dans de nombreux diocèses, Paris par exemple.
Jamais aucune approbation de l'Eglise, bien au contraire. Alors à qui vous substituez-vous pour porter au pinacle ce navet sentimental ?
images/icones/1b.gif  ( 740706 )Peuple à genoux... par Non nobis (2013-12-25 16:49:06) 
[en réponse à 740687]

Chante ta délivrance fleure bon l'idéologie marxiste!
images/icones/neutre.gif  ( 740835 )Oui, qu'ont-ils tous ces manants à s'ébaubir devant cette farce ? par Castille (2013-12-27 10:14:10) 
[en réponse à 740687]

Non mais c'est d'un plouc!

Heureusement qu'il y a châtelain et châtelain. Gloire a Dieu !
images/icones/neutre.gif  ( 740682 )nouveau fil sur la question par Mingdi (2013-12-25 12:16:37) 
[en réponse à 740665]

Minuit ! Chrétiens, c'est l'heure solennelle
Où l'homme Dieu descendit jusqu'à nous,
Pour effacer la tache originelle
Et de son père arrêter le courroux:
Le monde entier tressaille d'espérance
A cette nuit qui lui donne un sauveur
Peuple, à genoux attends ta délivrance,
Noël ! Noël ! Voici le Rédempteur !
Noël ! Noël ! Voici le Rédempteur !

Ce n'est pas parce que le chanoine machin ou l'archiprêtre truc, préconciliaires, en critiquent les paroles, que celles-ci sont fondamentalement anticatholiques. Ce 1er couplet a le mérite de rappeler trois choses :
- le péché originel
- la satisfaction vicaire
- la nécessité de se mettre à genoux devant son Créateur et son Sauveur.
Quant à Adam, ce n'est pas un petit compositeur au rabais. La musique de Giselle a servi de modèle à tous les compositeurs de ballets ultérieurs.
Certes, le Minuit Chrétiens est dans le style pompier de l'époque. On peut préférer le grégorien. Beaucoup tient à l'interprétation. Le risque est qu'un ténor médiocre s'y prenne pour Dieu le père lui-même. Outre la version proposée par Chouette, le précédent fil donnait celle des petits chanteurs de Cambridge. Rien à redire. Mille fois mieux que ce que j'ai dû endurer hier soir, pour raisons de solidarité familiale, dans une ville pyrénéenne, où le curé, personne au demeurant fort estimable, s'est pris pour Michel Sardou.
images/icones/5a.gif  ( 740786 )Celine Dion par Jean Ferrand (2013-12-26 19:23:37) 
[en réponse à 740682]

Oh Holy Night
images/icones/1b.gif  ( 740788 )Quand les tradis rejoignent les modernistes ... par Pensassa (2013-12-26 19:32:37) 
[en réponse à 740682]

... pour rejeter une (+/-récente) tradition populaire:

Article du journal Dimanche du 5 décembre 1999 (Charles Delhez) dans le courrier des lecteurs:

Question
'Pourquoi à l'occasion du prochain Noël ne pas remettre à l'honneur le "Noël" d'antan autrement dit le "Minuit chrétiens" ? Jusqu'il y a une vingtaine d'années on l'entendait dans toutes les églises et sur toutes les radios francophones. Cette "Marseillaise des chrétiens" serait-elle devenue ringarde ? Elle a cependant fait vibrer bien des générations de croyants et de moins croyants. SOn 3e couplet est un chant de libération d'un saisissante actualité et pas seulement à Noël'

Réponse
'Effectivement on ne chante plus guère el Minuit chrétiens. La "tache originelle" dont parle le célèbre chant, expression non biblique, ne fait plus recette aujourd'hui. On préfère présenter la venue de Jésus parmi nous autrement, de manière plus évangélique: Celui qui a donné sa vie pour la vie du monde. Question de mots direz-vous. Sans doute. Mais les mots ont toujours un impact affectif. Ils ne sont pas à négliger. Grâce à eux, comme on dit aujourd'hui, "ça passe ou ça casse". Et c'est parfois la même vérité qui essaye de se dire. L'habit ne fait peut-être pas le moine, mais un moine qui se promènerait habillé en gendarme ne produirait pas le même effet! Une autre expression gêne lasensibilité contemporaine: le courroux du Père. Dans la ligne de Jésus, nous parlons aujourd'hui de Dieu en termes d'amour, de miséricorde, de bonté infinie. Le Dieu vengeur qui prépare l'enfer détourne nos contemporains de la foi. Hélas ces deux expressions sont dans le premier couplet. Cela n'invite guère à aller plus loin.
Effectivement, comme vous le faites remarquer, le troisième couplet est tout autre: "Le Rédempteur a brisé toute entrave; la terre est libre et le Ciel est ouvert: Il voit un frère où n'était qu'un esclave; L'amour unit ceux qu'enchaînait le fer; QUi lui dira notre reconnaissance? C'est pour nous tous qu'il naît, qu'il souffre et meurt. Peuple debout, chante ta délivrance. Noël, Noël, chantons le Rédempteur". La libération, un thème très actuel.
On pourrait aussi faire remarquer, comme le fait le Père Louis Dingemans, que ce chant souligne le lien étroit entre les fêtes de Noël et de Pâques, entre l'Incarnation et la croix. Il commente:"Noël est la célébration d'un enfant désarmé, non pas face à la colère divine, mais face à la méchnaceté des hommes. L'enfant Jésus annonce le Chrit prophète dont la mort est bien un sacrifice, une vie offerte sans résistance, en pardonnant à ses bourreaux. Ce sacrifice est nécessaire, non pour apaiser Dieu, mais pour nous ouvrir les yeux. La mort de Jésus est un geste significatif, une parole destinée à nous éclairer sur le vrai sens de la vie. (...) Noël, prélude de la croix, nous fait reconnaître un Dieu différent de toutes les présentations que l'esprit humain avait pu se faire de lui. L'Enfant-Dieu révèle que le Tout-Puissant ne serait pleinement Père s'il lui manquait l'expérience de la fragilité."
Faut-il, cette année, chanter le Minuit, chrétiens? Je comprends les réticences de certains, les attentes d'autres. Il est vrai que les chants modernes ont aussi leurs imperfections. En tout cas, si on le prend, cela mérite un petit mot dans l'homélie."

J'y avais répondu à l'époque:

"(...) Comment peut-on sans rire dire que le chant a été supprimé notamment parce qu'il reprenait le terme non biblique de tache originelle. A quand la suppression de la fête de Noël elle-même car il n'est écrit nulle part que la naissance a eu lieu le 25 décembre ? Tous nos chants modernes ne seraient-ils que la retranscription des cantiques bibliques ? Un peu de sérieux !

Si le terme 'tache originelle' n'apparaît pas tel quel dans la Bible, l'expression recouvre cependant très bien la vérité biblique et est conforme à la Tradition. En matière de Révélation, l'enseignement de l'Eglise nous apprend que sa source est double à savoir l'Ecriture et la Tradition. Rejeter la Tradition parce que non scripturaire c'est être protestant. C'est aussi manquer de jugeote puisque l'on s'accorde à dire que les Evangiles, ainsi que beaucoup d'autres livres de la Bible, ont été tout d'abord transmis oralement. Rejeter la Tradition devrait amener à rejeter les Ecritures. Effacer la tache originelle et apaiser le courroux du Père ne cadrerait pas avec le message évangélique du Christ ? Là aussi, un peu de sérieux ! En fin de lettre, je reprends des références au jugement ou à la colère de Dieu et à la condamnation des méchants. Je ne prétends pas avoir été exhaustif et je n'ai pas relu qu'une des Epîtres. Comment pourrait-on ignorer tous ces passages. S'ils ne forment certes pas l'entièreté du message, laisser sous-entendre qu'ils n'existent même pas relève de la manipulation de texte, de la mauvaise foi au propre comme au figuré.

Parler de la colère de Dieu ne conviendrait pas à nos populations modernes. Cela viderait les églises. Là aussi il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que c'est précisément depuis que l'on s'est fait un Dieu copain et bonasse qui pardonne tout à tous, même non repentants, que les églises se vident. Et puis quoi, il faudrait se taire pour ne pas heurter les sensibilités de nos contemporains ? Est-ce là l'exemple du Christ ? Ne faut-il pas prêcher à temps et à contretemps ? Et est-ce d'ailleurs prêcher à contretemps que de parler à Noël de notre rachat par le Christ ? Devrait-on aussi cesser de L'appeler notre Rédempteur, notre Sauveur ? Si il n'y a pas de tache originelle, si il n'y a pas de colère à craindre de Dieu, de quoi le Christ nous sauve-t-Il ou nous rachète-t-Il ? Nos épurateurs modernes envisagent-ils aussi de retirer l'Apocalypse du Livre Sacré ? Ou tout au moins les passages qui pourraient heurter certaines personnes sensibles, qui risqueraient de se détourner de la religion vraie si elles venaient à les lire ? De même faudrait-il supprimer des Actes, le passage de la mort d'Ananias et Saphira ? Cela ne cadre pas non plus avec le message du Christ (tel que revu par nos savants exégètes) !? Et que dire de l'Ancien Testament : à supprimer de toutes les bonnes bibliothèques! Pensez donc le déluge, Babel, Sodome et Gomorrhe, ... Inacceptable !
Dieu, qui est immuable ("Je suis celui qui est"), ne peut avoir autorisé cela ! Que devient dans ce contexte la fameuse phrase, biblique elle, "La crainte de Dieu est le début de la sagesse"? A censurer également !? Quant à saint Eusèbe, pour ne citer que lui, qui disait "Malheur à ceux qui attendent les châtiments de Dieu pour y croire", il aurait, d'après l'article, sans doute mieux fait de se taire. Comme toute l'Eglise d'ailleurs dont le Magistère aurait sans doute erré en matière de foi et de morale et utilisé la crainte de Dieu pour manipuler une masse ignorante. Ceci à l'encontre évidemment du dogme de l'infaillibilité, mais ce dogme est probablement lui aussi une erreur. Bref, on constate que sur base de quelques affirmations farfelues, c'est toute les fondements de la religion catholique qui sont ébranlés. Dieu aurait un pouvoir législatif (les dix Commandements) mais pas de pouvoir judiciaire, ni exécutif ?

Du troisième couplet, ne retenir que la libération en en soulignant le thème très actuel, c'est faire un rapprochement entre la libération du péché et de la mort et la théologie de la libération qui est sans rapport avec le sujet traité dans le chant.

Dans les paroles du 'Père' Louis Dingemans, je relève notamment "Ce sacrifice est nécessaire non pour apaiser Dieu mais pour nous ouvrir les yeux." Ce n'est rien moins que de nier le caractère expiatoire du sacrifice de la croix et donc aussi la valeur expiatoire et propitiatoire du sacrifice sans cesse renouvelé de la Messe. C'est la vision protestante.

(...). On pourrait aussi citer la disparition du Dies Irae des messes pour les défunts (Jour de colère que ce jour-là), la suppression de la communion à genoux, le tutoiement généralisé de Dieu, la distribution de la communion par des laïcs, la suppression des prie-Dieu dans beaucoup d'églises, la suppression des encensements, ... Bref tous ces signes qui montraient extérieurement le respect intérieur du chrétien pour son Dieu. Comme il n'y a pas de changement insignifiant en cette matière (car si c'est insignifiant pourquoi changer ?), il faut découvrir l'intention qui se cache derrière ce changement. Veut-on mieux responsabiliser les croyants ? Fini les enfantillages, l'enfer, etc. Le Père nous aime, Il nous attend, Il nous prend comme on est. Si les deux premiers termes de la phrase sont exacts le troisième ne l'est évidemment pas. C'est un peu la foi sans les œuvres de Luther, voire même le paradis sans la foi, ni les œuvres... Si Dieu nous prenait comme on est, pourquoi tout au long des Evangiles et des Epîtres, cet appel au changement de vie ? Les fidèles sont depuis une trentaine d'années manipulés par des prêtres et une partie de la hiérarchie qui sont à la dérive et qui cherchent à se rassurer en se persuadant que leurs errements dus à leur manque de foi ou de persévérance seront sans impact sur leur salut éternel. Le plus grave c'est qu'ils entraînent avec eux des milliers de croyants qui, faute de se documenter sérieusement par eux-mêmes sur leur religion, ne se rendent pas compte de ce qu'on leur fait gober. (...)
images/icones/neutre.gif  ( 740812 )A m e n, Pensassa !!! par Castille (2013-12-27 00:27:21) 
[en réponse à 740788]

Je pense sans cesse à ce que vous écrivez. C'est effarant. Dans le meme temps, je lisais ceci quand je suis tombée sur votre post.

.......Au temps du Christ je voyais les hommes tombés beaucoup plus bas et plus méchants qu'ils ne sont aujourd'hui : mais aussi, par compensation, j'en voyais qui étaient beaucoup plus pieux et plus simples qu'on ne l'est à présent. Ces hommes étaient aussi différents les uns des autres que les tigres le sont des agneaux. Maintenant il règne une tiédeur et une torpeur générales ; alors, la persécution contre les justes consistait à les livrer au bourreau, à leur déchirer les membres : aujourd'hui elle s'exerce par l'injure, le dédain, la raillerie, les efforts, le travail patient et constant pour corrompre et détruire. De nos jours le martyre consiste en vexations sans fin.

12. Déjà, dans le premier volume, on a rapporté un grand nombre d'exemples du zèle consciencieux avec lequel Anne Catherine s'efforçait de défendre la pureté de la foi : ses rapports avec le Pèlerin lui offraient encore des occasions fréquentes de combattre avec énergie bien des erreurs et des préjugés en matière de religion ; nous ne donnerons place ici qu'aux faits suivants. Un jour que le Pèlerin soutenait par des arguments spécieux que l’introduction de la fête du Saint-Sacrement n'avait pas été nécessaire pour l'Église, puisque dans chaque messe on fêtait l’institution de la sainte Eucharistie, Anne Catherine garda le silence en présence de ces assertions. Mais, dès le lendemain matin, elle accueillit le Pèlerin avec ces paroles
« J'ai reçu de mon guide une sévère réprimande. Je n'aurais pas dû, m'a-t-il dit, accepter ce qui a été dit par le Pèlerin : je ne dois jamais donner mon assentiment à de tels discours, car il y a là de l'hérésie. Tout ce qui se fait par l'Église, quand même il s'y mêlerait, par suite de la faiblesse des hommes, des vues moins pures, se fait cependant par la direction du Saint-Esprit et répond aux besoins du temps. C'est ainsi que la fête du Saint-Sacrement était devenue une nécessité, parce qu'à cette époque l'adoration qui lui est due était bien négligée et que l'Église devait proclamer sa foi par une adoration publique. Il n'y a pas de fête et de dévotion établie par l'Église, d'article de foi promulgué par elle qui ne soient indispensable, nécessaires et exigé pour le maintien de la vraie doctrine à une époque donnée. Dieu emploie jusqu'aux vues les moins pures des individus pour les faire servir à ses desseins adorables : c'est là le rocher sur lequel l'Église est bâtie de telle manière qu'aucune faiblesse humaine ne peut lui ravir le trésor des promesses divines. Je ne dois donc plus jamais laisser passer de semblables négations de la nécessité des décisions de l'Église : car de telles maximes sont hérétiques. Après avoir reçu cette sévère réprimande, j'ai eu à souffrir de cruelles douleurs à cause de ma condescendance. » - Le Pèlerin, en consignant ce fait dans son journal, ajoute ces paroles : « Ceci doit être aussi pour moi un avertissement sur le tort qu'il y a à parler si légèrement des choses qui concernent l'Église. »

in Visions..

PS/Le poète Brentano par modestie se désigne lui-même par "Le Pèlerin"

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Le fait que Dieu permette tout: Concile de libre interprétation, Pape insaisissable, Président normal, ne signifie aucunement que nous devrions nous taire. Nous devons defendre la vraie foi autant que nous pouvons autour de nous meme si... De nos jours le martyre consiste en vexations sans fin.
images/icones/5a.gif  ( 740876 )Je puis vous dire par Jean Ferrand (2013-12-28 10:00:04) 
[en réponse à 740812]

Je puis vous dire que cette année le Minuit chrétiens fait un tabac. On l'entend partout, spécialement dans sa version anglaise : Oh Holy Night.

Pas plus tard que hier soir je l'ai ouï dans la galerie Atlantis, à Saint-Herblain près de Nantes. C'était magnifique.