Parmi les onze cardinaux exclus, quatre vont atteindre l’âge de 80 ans dans peu de temps : l’Allemand Joachim Meisner à Noël, le Brésilien Claudio Hummes au mois de mars, l'autre Allemand, Paul Josef Cordes, et le Slovène Franc Rodé au mois de septembre. Mais sept sont plus jeunes : l’Espagnol Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid, le Portugais Manuel Monteiro de Castro, les Américains Justin Francis Rigali et Raymond L. Burke, les Italiens Angelo Bagnasco, Attilio Nicora et Mauro Piacenza.
Deux archevêques figurent parmi les évincés : le Croate Nikola Eterovic et l’Italien Pier Luigi Celata. Et un évêque : l’Italien Lorenzo Chiarinelli.
D’un point de vue numérique, on peut remarquer que le nombre d’Italiens reste inchangé, mais que leur poids relatif augmente, puisqu’ils étaient 12 sur 33 et que, maintenant, ils sont 12 sur 31. Les Latino-américains augmentent en nombre et en poids (ils passent de 3 à 5), tandis que les Européens non italiens diminuent (de 13 à 10), ainsi que les Américains du nord (de 4 à 3). Pas de changement en ce qui concerne l’unique représentant de l’Océanie. Par ailleurs ceux qui appartiennent à la curie sont en diminution (de 25 à 21), alors que le nombre (10) d’ecclésiastiques provenant de la carrière diplomatique ne change pas
ecclésiastique très lié à la liturgie traditionnelle et toujours en première ligne pour la défense des "principes non négociables", à tel point qu’il affirme avec ténacité que, selon le droit canonique, il n’est pas possible de donner la communion aux hommes et femmes politiques qui, de manière constante et publique, soutiennent et proposent des lois en faveur du droit à l’avortement.
Pour remplacer Burke, le pape a choisi Wuerl qui, en dépit de son passé de secrétaire particulier et de conclaviste, en 1978, de l’ultraconservateur cardinal John Wright (évêque de Pittsburgh puis préfet de la congrégation pour le clergé), a un comportement beaucoup plus souple que Burke envers le personnel politique pro-avortement.
Ce changement a été salué de manière positive dans le monde "liberal" américain, qui espère maintenant que des évêques plus progressistes que ceux qui ont été nommés au cours de ces dernières années seront choisis à l’avenir.
Il en va de même en Espagne, où la sortie du cardinal Rouco Varela a été accueillie avec satisfaction par ceux qui désirent l’arrivée de nouveaux évêques moins conservateurs
Une autre nomination significative est celle de l’archevêque de Bogota comme membre de la congrégation pour les évêques et pas seulement parce que cela multiplie par deux la représentation colombienne au sein de ce dicastère. Peu de temps avant de recevoir, en 2012, la barrette de cardinal, le cardinal Salazar a en effet dû subir une réprimande, qu’il a fait suivre d’une déclaration rectificative, parce qu’il avait tenu des propos qui avaient été perçus comme favorables à la légalisation des couples gay dans son pays.
De même il est significatif que l’Anglais Nichols ait été appelé à faire partie de la congrégation pour les évêques, lui qui s’est retrouvé dans le collimateur du Saint-Office – et qui, peut-être pour cette raison, n’a pas encore reçu la pourpre – parce qu’il n’avait pas mis rapidement fin à la célébration de liturgies ad hoc pour les homosexuels.
Que va produire la congrégation pour les évêques profondément remaniée par le pape François ?