Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 739216 )Entretien de Mgr Fellay, novembre 2013 par Ennemond (2013-12-04 15:41:50) 

Entretien video

Entretien audio


Texte de l'entretien

images/icones/neutre.gif  ( 739217 )Le bon lien vers la transcription par Ennemond (2013-12-04 15:44:23) 
[en réponse à 739216]

lien
images/icones/fleche3.gif  ( 739228 )restaurer l'Eglise par la messe ? par jejomau (2013-12-04 17:50:09) 
[en réponse à 739216]

Le point de vue de Mgr Fellay rejoint celui de toute une génération de personnes situées entre la cinquantaine et au-delà...

Mais Est-ce si exact dans nos paroisses ?

Je m'explique. Je remarque que de plus en plus de fidèles qui ont rejoint la Tradition - soit dans les communautés ED, soit à FSSPX - et dont l'âge se situe en-dessous de la quarantaine surtout..... N'ont absolument pas la formation catéchétique (ou doctrinale) que les quinquas et plus avaient acquis.
Il est manifeste que tous ces prêtres de la FSSPX qui sont partis dans les années 70 pour rejoindre Mgr Lefebvre ont restauré la messe dite de rit extraordinaire mais également : catéchisé fortement. La messe allait donc de pair avec la transmission de la Foi via la formation doctrinale, catéchétique, etc.....

Or les nouveaux prêtres, s'il sont aujourd'hui formés pour célébrer cette même messe "tradi".... ont affaire à de nouvelles générations de parents qui, me semble-t-il, sont beaucoup moins sensibilisés à la formation. C'est un peu comme si, dans les têtes : l'Eglise était apaisée, le Motu Proprio ayant l'effet aussi d'un relâchement dans la prudence et la "surveillance" qu'exerçait les fidèles envers les pasteurs. C'est un peu comme si ces générations nouvelles se disaient : le combat mené est terminé, tout est bien qui finit bien entre nous.

Je ne sais pas si vraiment la messe "Tradi" peut restaurer l'Eglise dans ces conditions (?)

On a en effet - contrairement aux années 70 - des communautés comme l'Emmanuel et bien d'autres encore dans les diocèses qui forment les esprits des enfants rigoureusement tout en célébrant des messes dite "conciliaire"...... Et inversement, on a des paroisses dite "Tradis" dont vous ne verrez pas forcément beaucoup de fidèles préoccuppés par les cours de catéchisme ou de formation pour adultes que le prêtre de la communauté ED ou la Fraternité Saint Pie X veut mettre en place....

C'est en tout cas mon sentiment..
images/icones/bravo.gif  ( 739290 )"Garder la foi, une foi bien imbibée de charité" (Mgr Fellay) par Athanase (2013-12-05 12:08:54) 
[en réponse à 739216]

Très intéressant passage où Mgr Fellay se garde d'une dérive "cérébrale" de la Foi, ce qui pourrait être tentant dans ces temps de crise. Face à l'apostasie du monde, à l'abandon des clercs et aux atermoiements de l'autorité, n'oublions pas que cette Foi que nous défendons doit s'incarner dans nos actes, dans notre témoignage. Saint-Thomas d'Aquin ne disait-il pas que la grâce se voit aussi dans des actes visibles, qu'elle n'est pas que de l'invisible, en un sens ? Si nous avons la Foi, si nous demandons à Dieu de Le suivre et L'aimer, alors cela se reflétera aussi dans nos actes.

Oui, la Foi sans la Charité est morte ou n'est plus qu'idolâtrie, comme dirait Pascal. Au contraire, vivons dans cette joie que Dieu est toujours gagnant et que les épreuves sont là pour nous édifier. La Croix que nous suivons est joyeuse, pas terne ou austère ! Vive Jésus, vive Sa Croix !

Chapeau Mgr !
images/icones/fleche2.gif  ( 739303 )Une mauvaise doctrine détruit plus qu'une bonne liturgie ne restaure. par Scrutator Sapientiæ (2013-12-05 15:52:38) 
[en réponse à 739216]

Bonjour et merci, Ennemond,

1. Je voudrais partager avec vous une (vrai-fausse) "énigme" ; je la formule de la façon suivante : qu'est-ce qui a (eu) le plus d'influence, depuis bientôt trois quarts de siècle, sur les catholiques, néo-modernistes, néo-progressistes, rupturistes, qui ont été les artisans et les partisans de l'auto-destitution, voire de l'auto-démolition, du catholicisme contemporain ?

2. Il me semble qu'au moins jusqu'au milieu des années 1960, la liturgie catholique "ante-montinienne" chère à Mgr FELLAY avait globalement droit de cité et force de loi, au sein de l'Eglise catholique, y compris, à tout le moins en apparence, à l'intérieur des composantes du clergé régulier ou du clergé séculier qui ont le plus oeuvré en direction de sa substitution par la liturgie catholique "montinienne" (laquelle n'est pas si fidèle que cela à Sacrosanctum Concilium, mais c'est (presque) une autre histoire...)

3. A mon avis, les clercs, au sens large, qui ont contribué à la conception puis au déploiement de l'auto-destitution du catholicisme contemporain, ont été bien plus influencés par une mauvaise doctrine, par une mauvaise conception de la doctrine théologique, ou par une mauvaise relation à la doctrine magistérielle, que par la bonne liturgie catholique qui a été la leur, jusqu'à la clôture du Concile.

4. Qu'est-ce qui, en amont et en surplomb, par rapport à tout autre facteur d'auto-destitution, a le plus contribué à celle-ci, au sein même de l'Eglise catholique ? Je suis convaincu que si la mauvaise doctrine n'a pas été neutralisée, dans ses effets, dans son impact, par la bonne liturgie, c'est que celle-ci, aussi fécondante et sanctifiante soit-elle, n'est pas en mesure de contribuer, à elle-seule, à la consolidation ou à la reconstitution du catholicisme.

5. Ce qui suit est un raisonnement de pseudo-intellectuel, qui ne s'adresse pas en vous en particulier :

- demandez donc avec insistance la chose qui semble vous tenir le plus à coeur, jusqu'à ce que l'on finisse par vous l'accorder, et vous vous rendrez compte, une fois qu'on vous l'aura accordée, que cela ne change pas grand chose, compte tenu de l'état d'esprit de ceux qui vous l'ont accordée ;

en d'autres termes :

- demandez donc la réhabilitation pleine et entière de la liturgie catholique ante-montinienne ; qu'est-ce que cela changera, si ceux qui vous en accordent le bénéfice entendent ainsi satisfaire "les catholiques qui représentent une sensibilité liturgique particulière", sans renoncer en quoi que ce soit à leur conception erronée de la théologie, ou à leur relation infondée au Magistère ?

6. Restaurer l'Eglise par la messe, si "restaurer" est bien le verbe le plus approprié, est certainement nécessaire, et, dans cet ordre d'idées, parmi les premiers pas à effectuer, d'aucuns pourraient être tentés de dire qu'il ne serait peut-être pas tout à fait inutile que les catholiques diocésains aient enfin accès à la liturgie catholique montinienne, telle qu'elle a vocation à être célébrée, et non telle qu'elle est fréquemment dévoyée, par ceux-là même qui s'en disent les plus défenseurs les plus fidèles.

7. Mais j'ai bien peur que cette restauration de l'Eglise par la liturgie ante-montinienne, car tel est, je le suppose, le fond de la pensée de Mgr FELLAY, ne se situe pas sur le même terrain que celui sur lequel sont apparues les manifestations de créativité, avant tout théologiques, anthropocentriques ou ecclésiocentriques, auxquelles nous devons la situation actuelle, le besoin actuel de restaurer l'Eglise.

8. Lex orandi, lex credendi : si cet adage est vrai, comment expliquer que des théologiens puis des évêques qui ont mis en oeuvre la lex orandi catholique ante-montinienne aient si facilement, si rapidement, basculé, en direction d'une lex credendi "parfois" encore plus dérégulatrice que la lex orandi et la lex credendi montiniennes ?

9. La question de la restauration de l'Eglise par (celle de) la messe n'est absolument pas marginale ni négligeable, mais le fait qu'elle soit essentielle ne la rend pas exclusive d'une autre question, bien plus difficile à prendre en charge : la question, si j'ose dire, de l'appropriation, de la communication, de l'explicitation de la Foi catholique, d'une manière non asservie à ce que j'appelle le consensualisme fraternitaire ou l'humanisme iréniste.

10. Il est d'ailleurs à noter que les rares domaines dans lesquels les membres de la hiérarchie de l'Eglise catholique ont le moins mal résisté à la tentation de ce consensualisme ou de cet irénisme est le domaine de l'agir humain, de la morale, alors que, si le christianisme est avant tout une religion, et non avant tout une morale, le premier domaine dans lequel ils auraient dû pouvoir résister davantage à cette tentation est le domaine du croire chrétien catholique.

Je me trompe peut-être, mais il me semble que le combat qui est et sera toujours le plus difficile à mener est le combat en faveur de la réhabilitation d'une certaine manière, catholique et réaliste, et non consensuelle et iréniste, de réfléchir et de s'exprimer, à propos de la Foi catholique, et que la restauration de l'Eglise passe aussi par la mise en oeuvre, y compris dans les diocèses, de ce combat.

J'espère que vous avez compris que ce message n'a aucun caractère polémique : je ne dis pas que Mgr FELLAY a tort, ni que j'ai raison, je vous souhaite une bonne fin d'après-midi, et je vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1n.gif  ( 739306 )Il ne faut pas le voir comme ça par Lamy (2013-12-05 16:40:40) 
[en réponse à 739303]

On ne peut pas opposer les effets de la liturgie et de la doctrine : c'est un tout : ça se tient et l'un ne va pas sans l'autre, pas dans la durée en tout cas.
Pour faire une analogie : on peut dire que la Foi est le joyau tandis que la liturgie en est l'écrin.
Un écrin superbe ne mettra pas en valeur une boule de glaise.
Un beau joyau dans un écrin minable sera mal exposé, et mal protégé, il s'abîmera.
images/icones/bravo.gif  ( 739309 )Quand liturgie et doctrine s'écroulent, elles s'écroulent ensemble: concomitance des crises par Athanase (2013-12-05 17:36:52) 
[en réponse à 739306]

C'est bien une concomitance des crises qu'il faut constater. Jusqu'à preuve du contraire, on n'a jamais pu démontrer que la crise doctrinale qui apparaît officiellement dans les années 1960 ne pouvait aller de pair sans une traduction liturgique.

Si la doctrine s'effondre, cela se voit extérieurement dans la liturgie; si la liturgie n'est plus vécue comme une dimension de la vie Chrétienne, comme la réception de l'oeuvre de Dieu, alors le fléchissement doctrinal n'est jamais loin...

Positivement, on peut donc estimer que les deux crises se résoudront ensemble: la clarté dans la doctrine rejaillira dans la liturgie et réciproquement.
images/icones/fleche2.gif  ( 739310 )Comment se fait-il que ce "tout" ait été si fragile ? par Scrutator Sapientiæ (2013-12-05 17:51:58) 
[en réponse à 739306]

Bonjour et merci, Lamy.

1. Je souscris à ce que vous écrivez, mais j'essaie de pointer du doigt "une énigme", quitte à ce que je doive constater qu'elle n'en est une que pour moi, ce dont je vous prie de bien vouloir m'excuser.

2. Que je sache, les (futurs) papes Jean XXIII et Paul VI, et leurs frères respectifs, dans l'épiscopat, n'ont, pendant des décennies,

- rien opposé de radical à la dogmatique catholique, ni à la liturgie catholique, qui a été globalement reçue et transmise, au sein de l'Eglise, jusqu'au milieu des années 1960, le Mouvement liturgique n'ayant pas été un mouvement d'opposition à la liturgie,

et

- rien opposé de substantiel à la lex sciendi théologienne sans laquelle nous n'aurions jamais eu le Concile Vatican II que nous avons eu, et qui a (eu) une influence considérable sur la lex orandi et sur la lex credendi dominantes postérieures au Concile.

3. J'y vois la preuve du fait suivant, mais je me trompe peut-être : ce qui est toujours nécessaire, à savoir la fidélité en matière dogmatique et liturgique, n'est pas toujours suffisant, pour faire en sorte que n'apparaisse pas un état d'esprit, qui n'est pas dépourvu d'arguments,

- mais qui, d'une part, doit être canalisé, rappelé à l'ordre de l'essentiel, pour pouvoir donner vraiment du fruit,

- et qui, d'autre part, porte en lui des germes d'infidélité ultérieure, y compris à l'égard de la dogmatique et de la liturgie.

4. Comment se fait-il que les uns et les autres, les évêques et les théologiens qui étaient déjà en fonctions dans les années 1920 et dans les années 1930, n'aient pas VU qu'il y une antinomie fondamentale entre la fidélité respectueuse de la dogmatique et de la liturgie catholiques, et l'ouverture, plus bienveillante que vigilante, sur une manière de faire de la théologie qui découle elle-même d'une manière de faire de la philosophie incompatible avec le substantialisme inhérent au catholicisme ?

Je suis bête, mais pour moi c'est une énigme.

C'est à cause de cette cécité collective là que je suis tenté de dire que "le combat à mener" doit être à la fois intellectuel et liturgique.

Bonne fin de journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 739393 )Foi et morale par Aigle (2013-12-06 13:44:39) 
[en réponse à 739303]


Vous dites cher Scrutator

"10. Il est d'ailleurs à noter que les rares domaines dans lesquels les membres de la hiérarchie de l'Eglise catholique ont le moins mal résisté à la tentation de ce consensualisme ou de cet irénisme est le domaine de l'agir humain, de la morale, alors que, si le christianisme est avant tout une religion, et non avant tout une morale, le premier domaine dans lequel ils auraient dû pouvoir résister davantage à cette tentation est le domaine du croire chrétien catholique. "

Vous signalez un point curieux et qui m'étonne toujours.Comment l'interpréter ?

Je tente une explication historique : après 1965 Paul VI s est sans doute peu à peu rendu compte du déferlement ultra réformateur . Il a peut être senti qu il fallait verrouiller et mettre un garde fous aux dérives . Et humante vitae a peut être joué le rôle d'un signal disant que le Concile ne débouchait pas su un changement intégral de l'ensemble de la doctrine.