Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 739126 )D'où vient la concélébration ? par jejomau (2013-12-03 14:26:30) 

La concélébration est devenue quasiment obligatoire. Or on cite la Cène où Jésus-Christ est entouré de ses disciples. Pourtant, ces derniers ne concélèbrent rien! Jésus n'a pas dit : "faisons ceci tous ensemble en mémoire de moi" mais il utilise un autre temps :"faites".

Ainsi, il ne viendrait aussi aucunement à l'idée d'aucun prêtre de "concélébrer" d'autres sacrements! Imaginons plusieurs prêtres donnant le sacrement de baptême en même temps, ou confessant ensemble! Si c'est ridicule, alors pourquoi concélébrer lors de la célébration de l'Eucharistie ?

De même, une autre question me vient à l'esprit. Une messe concélébrée entre un prêtre de l'Eglise romaine avec un de ses amis de séminaire qu'il retrouve mais qui est devenu sédévacantiste ... Est-ce valide ? Bien sûr, toutes les options sont envisageables ...
images/icones/icrsp.gif  ( 739128 )il me semble que..... par Pol (2013-12-03 15:04:12) 
[en réponse à 739126]

....la toute premiere raison contre l'idee des concelebrations est celle-ci: Il me semble que les fruits,les graces immenses, les benedictions Divines lors du Sacrifice du Calvaire par un pretre disant la messe que nous aimons tant ne peuvent vraiment etre obtenues par disons 15 pretres autour de la table fraternelle d'une concelebration ou d'une eucharistie. Si valeur Il y a surement, je pense que cette celebration n'aurait pas la meme valeur que si les 15 pretres celebraient individuellement.
Et puis, n'oublions qu'll y a un manque de pretres. Les 15 pretres pourraient faire une celebration dans beaucoup de paroisses. En termes simples,une concelebration n'est pas...economique.
images/icones/hein.gif  ( 739140 )est ce que cette arithmétique prévaudrait par Stephdi (2013-12-03 17:56:08) 
[en réponse à 739128]

aussi pour le décompte des chapelets récités par un groupe ?
est ce qu'une messe avec 15 célébrants serait valide 1 fois, 15 fois moins, 15 fois autant, à la puissance 15, à la racine quinzième ?
Difficile à dire ...
Ce qui n'ôte rien à votre interrogation sur les paroisses délaissées ...

Stéphane

images/icones/ancre2.gif  ( 739152 )Quelques idées par Paterculus (2013-12-03 20:42:59) 
[en réponse à 739126]

Voici quelques idées tirées d'un texte jadis mis sur Pageliasse, sous le titre "Le sacerdoce en France après Vatican II" et le sous-titre "Un sacerdoce éloigné de l'eucharistie".

L’autre nouveauté issue des réformes postconciliaires et qui conduit à un éloignement de l’eucharistie est la concélébration. Bien qu’il n’y ait pas de raison théologique de la repousser absolument, son utilisation fréquente peut présenter des inconvénients graves.
En effet, ne faire qu’un seul acte avec le célébrant accroît l’exigence du refoulement de l’expression des sentiments personnels de piété. Mais surtout tendre la main vers l’hostie quand on prononce les paroles de la consécration est très différent de la tenir entre ses propres mains. A tout cela s’ajoute le plus grand risque de célébrer machinalement, sans le recueillement nécessaire. En outre, il arrive que des fidèles soient privés de messe parce que des prêtres concélèbrent.
Aussi faut-il rappeler que la volonté de ne faire qu’un seul acte avec le célébrant, volonté absolument requise pour la concélébration, implique qu’il est impossible de rendre celle-ci obligatoire. Même si la raison invoquée pour ne pas concélébrer n’est pas pertinente, la moindre réticence à concélébrer doit être absolument prise en compte et l’on doit éviter tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à une contrainte.
Toutefois après ces réserves il faut redire la valeur propre de la concélébration, qui est de manifester l’unité du sacerdoce. Ainsi quand des fidèles ont beaucoup reçu de deux prêtres différents, ils aiment les voir unis dans l’acte où ils représentent le mieux le Christ. Mais alors l’observation des normes liturgiques doit manifester cette unité. Il est aberrant par exemple qu’on admette à concélébrer de prêtres qui n’ont pas revêtu d’habit liturgique : comment prétendre manifester l’unité du presbyterium quand on refuse d’y marquer son appartenance ?
Le célébrant doit là plus qu’en d’autres circonstances éviter toute subjectivité, la sienne ou celle de la communauté. D’autre part il doit assumer en totalité son rôle de président qui ramène à l’unité le sacerdoce réparti en chacun des concélébrants. Il doit être au centre de l’autel : c’est une fausse humilité qui conduit par exemple à ce qu’il se place en symétrie avec un concélébrant par rapport au centre de l’autel.
On le voit, cette manifestation de l’unité du sacerdoce exige de la part des prêtres, célébrant comme concélébrants, un grand dépouillement de soi-même qui peut leur être ensuite utile pour les autres célébrations de la messe. On devrait à l’avenir éviter toute incitation à la concélébration pour ceux qui y répugnent : on sera plus fort ainsi pour exiger la reconnaissance qu’il n’y a rien de mauvais dans la concélébration.


Pour répondre spécifiquement à la demande de votre titre, on a voulu remettre à l'honneur la concélébration pour différents motifs, mais je crois que l'un d'entre eux était la conception hegelienne que le réel, c'est le tout (das Wahre ist das Ganze). On disait surtout qu'on voulait revenir aux origines, mais on a pu montrer que ce qu'on a établi est très différent de ce qui était pratiqué dans les premiers siècles chrétiens.

Votre dévoué Paterculus