Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 738667 )"Evangelii Gaudium" du Pape François. par FilsDeMarie (2013-11-26 12:31:28) 

L’exhortation apostolique "Evangelii Gaudium" du Pape François vient d'être publiée sur le site du Vatican.



images/icones/vatican.gif  ( 738674 )Islam : paragraphe très étonnant par Toussaint (2013-11-26 13:51:59) 
[en réponse à 738667]

Au numéro 253, à propos du dialogue interreligieux, le pape parle, non pas des musulmans (le terme même de musulman n'est pas écrit), mais de l'islam :


253. Pour soutenir le dialogue avec l’Islam une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable, non seulement pour qu’ils soient solidement et joyeusement enracinés dans leur propre identité, mais aussi pour qu’ils soient capables de reconnaître les valeurs des autres, de comprendre les préoccupations sous jacentes à leurs plaintes, et de mettre en lumière les convictions communes. Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence.



- je croyais que l'on discutait avec des personnes, les musulmans,et non avec "l'Islam", entité trop floue et divisée.
- Qu'est-ce que "les immigrés de l'Islam" ? Je vois des immigrés des pays maghrébins, des immigrés de Turquie, de Syrie, d'Irak, etc. mais de l'Islam, je suis perplexe. On a l'impression que le Pape parle ici de l'Oumma.
- Enfin, le pape se fait mufti, c'est-à-dire qu'il interprète l'islam en osant écrire que "le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence". De nombreux spécialistes de l'islam récusent cette interprétation. Je pense notamment à Annie Laurent. Et je crois sincèrement que cette dernière phrase est une gifle pour tous les chrétiens d'Orient.
images/icones/1g.gif  ( 738677 )Naïveté sur l'Islam par Adso (2013-11-26 14:30:01) 
[en réponse à 738674]

à moins que ce ne soit autre chose...
images/icones/idee.gif  ( 738678 )Cela doit être autre chose. par Ritter (2013-11-26 14:40:32) 
[en réponse à 738677]


de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux !




Je crains que les conséquences soient terribles, pour ceux qui seront sourds aux demandes.
images/icones/fleche3.gif  ( 738679 )multiples contradictions : foi, croyance, vrai islam et "faux" islam... par jejomau (2013-11-26 14:59:59) 
[en réponse à 738674]

Qu'on lise ceci dans Nostra aetate :

3. La religion musulmane

L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.

Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté



Maintenant, passons à un deuxième texte du Concile avec Lumen Gentium :

16. Les non-chrétiens

Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu [32] et, en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour



Enfin, passons à un texte de portée doctrinale là aussi avec Dominus Jesus. On parle de la Foi :

L'obéissance de la foi comporte l'accueil de la vérité de la révélation du Christ, garantie par Dieu qui est la Vérité même: " La foi est d'abord une adhésion personnelle de l'homme à Dieu; elle est en même temps, et inséparablement, l'assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélée ". La foi par conséquent, " don de Dieu " et " vertu surnaturelle infuse par lui ", comporte une double adhésion: à Dieu qui révèle et à la vérité qu'il révèle, à cause de la confiance accordée à la personne qui affirme. C'est pour cela que " nous ne devons croire en nul autre que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ".

On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui " permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente ", la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.

Cette distinction n'est pas toujours présente dans la réflexion actuelle, ce qui provoque souvent l'identification entre la foi théologale, qui est l'accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et encore privée de l'assentiment à Dieu qui se révèle. C'est là l'un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler, les différences entre le christianisme et les autres religions.



Et maintenant, résumons. Nous avons deux textes qui ne savent pas quel nom donner à la Foi musulmane.

L'un parle de "foi islamique". Entre parenthèse, je ne sais même pas si on écrirait encore ceci de cette manière aujourd'hui... Il s'agit là de "Nostra Aetate". PUIS nous avons un texte dit dogmatique qui parle plus prudemment alors de "foi en Abraham". Mais d'abord, Est-ce que nous avons le même Dieu en Abraham ?
Le clou survient alors avec "Dominus Jesus" qui récuse le mot "FOI" pour toutes les religions autres que la catholique, parlant de "croyance" en ce qui concerne les autres. Et d'ailleurs c'est très juste puisque, comme le signale Dominus Jesus, pour avoir la foi en Dieu il faut :

- avoir la Foi en Dieu Un et Trine
- recevoir l'accueil de la Révélation

cette JUSTESSE de la chose fait alors qu'on se demande pourquoi des textes Conciliaires sont aussi imprécis dans les termes : ne s'attire-t-on pas là des difficultés incroyables ensuite quand on cherche à communiquer avec les musulmans si nous-mêmes n'utilisons pas les justes termes ???



C'est toute la contradiction résumée dans cette dernière phrase du Saint-Père qui parle à la fois de "croyance" et de foi en ce qui concerne un pseudo "véritable islam" que notre imaginaire européen a fini par créer :

l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence





images/icones/hum2.gif  ( 738690 )Foi, croyance ou obédience? par PEB (2013-11-26 17:35:28) 
[en réponse à 738679]

Sous couvert du mot foi, je pense qu'il faut lire, dans le dernier Concile, croyance (LG) ou obédience (NA). Cette "foi des musulmans" n'est pas la grâce théologale pleine et entière mais son ombre. Nous pouvons cependant estimer les musulmans pour leur religiosité.

La foi est, selon Lumen fidei, l'expérience d'une rencontre avec le Très-Haut, irréductible à moi-même. De fait, elle s'objective dans une communauté, l'Eglise, qui a reçu la plénitude de la Révélation et où le Ciel se rend réellement présent sur la Terre.
Il est évident que l'Islam n'est pas dans ce cas.

En se faisant mufti, François jette une pierre dans le jardin de l'Islam. Le principe de réciprocité dans la liberté religieuse, même privée, est une arme redoutable.

En réalité, il répète, mais avec la manière, la conférence de Ratisbonne de son prédécesseur.
images/icones/fleche3.gif  ( 738742 )Idéologie politique par Ambre (2013-11-27 00:14:43) 
[en réponse à 738674]


"Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays"
"comprendre les préoccupations sous jacentes à leurs plaintes"



--> Nous "devrions" >>> sous entendu : nous ne le faisons pas (mais il faudrait que nous le fassions).

Discours politique, formaté, qui ne tient pas compte de la réalité.
Et pourquoi cette distinction ? Pourquoi "affectionner" et "respecter" spécifiquement "les immigrés de l'islam"? Tous les immigrés ne se valent-ils pas?


"Une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable"



Mais qui est / sera habilité à former ? Et en quoi cette "formation" consistera t'elle? Où est la place de Dieu?
Saint Pierre, Saint Paul, les missionnaires, ont-ils eu besoin d'avoir face à eux des "interlocuteurs formés" pour évangéliser?
images/icones/neutre.gif  ( 738745 )Sans compter par Castille (2013-11-27 00:35:36) 
[en réponse à 738742]

cette attendrissante idée fixe chez qui voudraient que des non-baptises se montrent aussi sensibles.

L'Evêque de Rome n'a pas idée de ce que représente anti-christianisme de l'islam? S'est-il jamais retrouvé a coté d'un musulman "qui ne l'aime pas", ce qu'on ressent alors, aucun baptisé, même le plus raciste du monde ne peut le dégager. C'est cela aussi n'être pas chrétien.

Dans 3 mois on nous dira qu'on lui a prêté des propos qu'il n'a jamais tenus.
images/icones/1g.gif  ( 738688 )François par Adso (2013-11-26 16:04:45) 
[en réponse à 738667]

fera de l'Eglise, une ONG piteuse !
images/icones/1a.gif  ( 738708 )Eh vous ne croyez pas... par Rikiki (2013-11-26 18:57:33) 
[en réponse à 738688]

...que vous en faites un peu trop, mon cher Adso?

images/icones/1g.gif  ( 738750 )Et en quoi ? par Adso (2013-11-27 09:22:41) 
[en réponse à 738708]

en dénonçant le socialisme tiermondiste et altermondialiste rampant ???
images/icones/1r.gif  ( 738714 )Résumée dans un article on-line de par AVV-VVK (2013-11-26 19:37:15) 
[en réponse à 738667]

mon quotidien ce soir sous le titre 'Pas de discussion à propos des femmes-prêtres"...
images/icones/neutre.gif  ( 738718 )A part cela par Arnold (2013-11-26 20:35:46) 
[en réponse à 738667]

Il parait que "l'eveque de Rome" serait en train de se recentrer!
Je crois que certains devraient vraiment enlever leurs oeilleres.
images/icones/neutre.gif  ( 738721 )"Evangelii Gaudium": par AVV-VVK (2013-11-26 20:52:29) 
[en réponse à 738667]

c'est du latin mais je ne trouve pas le texte intégral en latin.
images/icones/neutre.gif  ( 738737 )Latinitatis gaudia par Lycobates (2013-11-26 23:41:03) 
[en réponse à 738721]

Patience!

Les schtroumpfs latinistes sont encore en train de traduire un magnifique original, peut-être en italien, peut-être en espagnol, peut-être, haec est coniectura mea, en rioplatense.
Qui le dira?
Dans quelque temps on verra le résultat de ces efforts héroïques, qui ne sera probablement pas glorieux.
Mais il existe déjà des versions allemande, anglaise, française.
Ce n'est pas rien. Le latin peut attendre. Latine nesciunt neque curant.

On écrit aujourd'hui dans une langue que l'on connaît et dont on sait qu'elle sera lue et comprise, et le latin n'en fait pas partie, il est devenu un poids, toujours plus lourd à porter. Saeculum est.

Avant ce fut différent.
D'abord et toujours le latin, après, s'il y en avait, pas toujours, des traductions.

Le pape (Le Pape!) écrivait des notes ou des parties de texte ou tout le texte, en latin, parfois un peu approximatif, cela dépendait. Quand on est diplomate, ou juriste, ou historien, ou politicien, on n'est pas forcément humaniste.
(Mais quand on s'appelle Léon XIII on dicte, Ciceroniano afflatu, jusqu'aux heures nocturnes, ses secrétaires, qui doivent se relayer, jusqu'à l'épuisement, pas du pape, nonagénaire, mais de ses scribes, quadragénaires. Mais tout pape ne s'appelle pas Léon.)

S'ajoutaient le cas échéant des parties écrites par des experts pour certaines questions, en latin aussi. Un latin bien sûr un peu rocambolesque parfois. Un latin franzelinien (qui est assez bon par ailleurs), ou billotien ou garrigouësque ou ottavianien.
Mais qu'à cela ne tienne, il fallait penser d'abord au contenu.

Mais voilà, établi le texte et l'énoncé tel que l'on voulait définitif, entre en arène le latiniste de service, le parfois bien paonazzato "scriptor Latinus ad principes" pour les textes les plus solennels et les plus importants, un petit jeune doué et ambitieux issu de son bureau pour les autres. Ecco un artista!

Et là on changeait ce qu'il fallait changer, les NcI en AcI (aïe aïe aïe), le gubernium en res publica, l' archivum en tabularium, le christianismus en nomen Christianum, et ainsi de suite, pour faire correct et joli, et un peu pour épater le monde latiniste mais mécréant, les Mommsen, Harnack, Bismarck, Gladstone, Jaurès, Renan et Combes, et puis aussi les autres.
Prodesse et delectare.


Tout cela, cher AVV-VVK, appartient au passé, un passé irrémédiablement révolu.
images/icones/1e.gif  ( 738858 )La nouvelle langue de l'Eglise par Aigle (2013-11-28 22:12:11) 
[en réponse à 738737]

Serait donc l'italien ?

Comme disent certains "mais Jésus il parlait pas l'latin"... Parlait Il italien ?