Le Forum Catholique
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( 738070 )
le pape: "le progressisme adolescent, c'est ce qu'on appelle l'apostasie" par jejomau (2013-11-18 15:24:38)
Ces propos sont du pape François ce matin (
NEWSVA) :
La « mondanité », amène « à négocier » non seulement « les valeurs », mais aussi la foi et les racines de la foi. Ainsi, le peuple s’éloigne de Dieu : « ce n’est pas la belle globalisation de l’unité de toutes les Nations, chacune avec ses us et coutumes mais unies, mais plutôt la globalisation de l’uniformité hégémonique, c’est le règne de la pensée unique. Et cette pensée unique est le fruit de la mondanité »
les guides du peuples, a-t-il expliqué, ne veulent plus qu’Israël soit isolé des autres nations et ainsi, ils abandonnent leurs propres traditions, pour aller négocier avec le roi. Ils vont « négocier » et pour cette raison sont enthousiastes. C’est comme si, a ajouté le Pape, ils se disaient « nous sommes progressistes, nous allons dans le sens du progrès vers lequel tous vont ». Il s’agit, a averti le Pape, « de l’esprit de progressisme adolescent » qui « pense qu’aller de l’avant dans n’importe quel choix est préférable au fait de rester dans les habitudes de la fidélité ». Ces gens, donc, négocient avec le roi « la fidélité au Dieu toujours fidèle » .
« C’est ce qu’on appelle l’apostasie », a poursuivi le Pape. « Ce n’est pas qu’ils sont en train de négocier certaines valeurs, non, ils négocient carrément l’essentiel, à savoir la fidélité au Seigneur ».
Ce progressisme qui mène à l'apostasie avec l'abandon de la Foi au Seigneur finit même par mener à l'horreur : les sacrifices humains. Oui. Les mots sont du Saint-Père et ils indiquent clairement la condamnation de l'avortement souligné comme le meurtre d'enfants ou, si l'on veut : des "sacrifices humains" :
« on connait la suite de l’histoire : les condamnations à mort, les sacrifices humains » « Vous pensez peut-être qu’aujourd’hui on ne les pratique pas, les sacrifices humains ? Et bien, que du contraire, on en pratique tellement, tellement. Et des lois existent même pour les protéger ».

( 738089 )
Je vous renvoie à la méditation matinale du 12 juin 2013. par Scrutator Sapientiæ (2013-11-18 23:24:39)
[en réponse à 738070]
Bonne nuit à tous,
Moi qui croyais que l'expression "une foi adulte" était d'inspiration progressiste, me voilà informé : il s'agit bien d'une expression d'inspiration progressiste, mais il s'agit plutôt d'une "foi" adolescente, qui repose notamment sur une confusion entre Espérance et optimisme...
Voici :
PAPE FRANÇOIS - MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE - Mercredi 12 juin 2013
(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 25 du 20 juin 2013)
Un progressisme adolescent
" Il y a deux tentations à affronter en ce moment de l’histoire de l’Église : faire marche arrière par crainte de la liberté qui vient de la loi « accomplie dans l’Esprit Saint » ; céder à un « progressisme adolescent », c’est-à-dire enclin à suivre les valeurs les plus captivantes proposées par la culture dominante. Tel était le thème de la messe du 12 juin, tiré de la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens (3, 4-11) et de l’Évangile de Matthieu (5, 17-19).
Le Pape s’est arrêté tout d’abord sur les explications que donne Jésus à ceux qui l’accusent de vouloir changer les lois de Moïse. Il les a rassurés en disant : « Je ne viens pas abolir la loi mais lui donner son plein accomplissement ».
Le Pape a ensuite rappelé le rôle de l’Esprit Saint dans la transmission de cette loi. Toutefois, il s’agit d’une liberté qui, en un certain sens, fait peur. « Parce qu’on peut la confondre, a précisé le Pape, avec quelque autre liberté humaine ». Et puis « la loi de l’Esprit nous amène sur la voie du discernement continuel pour faire la volonté de Dieu » : cela aussi nous fait un peu peur. Mais, a averti le Saint-Père, quand nous sommes assaillis par cette peur nous courons le risque de succomber à deux tentations.
La première est celle de « faire marche arrière parce que nous ne sommes pas sûrs. Mais cela interrompt le chemin ». C’est « la tentation de la peur de la liberté, de la peur du Saint-Esprit : le Saint-Esprit nous fait peur ».
La seconde tentation est celle que le Pape a appelé un « progressisme adolescent ». Il ne s’agit pas toutefois de progrès authentique: c’est une culture qui va de l’avant, de laquelle nous ne parvenons pas à nous détacher et où nous prenons les lois et les valeurs qui nous plaisent le plus, comme le font précisément les adolescents. En fin de compte, le risque encouru est de déraper, « comme une voiture dérape sur la route gelée et va dans le fossé ».
Selon le Pape, il s’agit d’une tentation récurrente en ce moment historique pour l’Église. « Nous ne pouvons pas aller en arrière, ni déraper et finir dans le fossé ».
La route à suivre est celle-ci : « La route est celle de la liberté dans le Saint-Esprit, qui nous rend libres, dans le discernement continuel sur la volonté de Dieu, pour aller de l’avant sur cette route, sans faire marche arrière » et sans déraper.
Et il a conclu : « Nous demandons le Saint-Esprit qui nous donne la vie, qui fait aller de l’avant, qui nous porte à la pleine maturité de la loi, cette loi qui nous rend libres. "
Bonne nuit à tous.
Scrutator.

( 738092 )
C’est mon tour d'écrire par Castille (2013-11-19 00:31:05)
[en réponse à 738089]
"Je n'ai rien compris du tout"
Ou plutôt chaque fois que « j'allais me mettre à comprendre » quelque chose il change de direction. Il est trop fort pour moi. Je n'y arriverai jamais.
Je ne vois aucun rapport entre l'original que poste Scrutator et ce qui enthousiasme Jejomau.
« El Espiritu » obsession des communautés nouvelles et autres "frères séparés"
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

( 738096 )
La notion de "progressisme adolescent" est commune aux deux textes. par Scrutator Sapientiæ (2013-11-19 07:47:42)
[en réponse à 738092]
Bonjour Castille,
La notion de "progressisme adolescent" est commune aux deux textes, et je me suis contenté de rappeler qu'elle avait déjà été utilisée par le Pape François, en juin dernier.
Je suppose que vous faites allusion au "style" du Pape François, particulièrement caractéristique, dans son deuxième texte, du 11 novembre dernier.
J'ai moi aussi le sentiment d'une linéarité ou d'une progressivité toute relative, car elle est, pour ainsi dire, en ligne brisée ; aucune idée n'est approfondie ou développée au moyen de plusieurs phrases consécutives qui en décriraient toutes le contenu, d'une manière qui serait méthodique et progressive (comme par exemple sur ce modèle : d'abord, ensuite, en outre, enfin).
Il me semble qu'il y a
1 - un début, consacré au lien
a) entre la mondanisation des êtres humains et de l'agir humain,
b) et la mondialisation contemporaine,
l'articulation entre l'une et l'autre risquant de déboucher sur une axiologie hégémonique, ou, si vous préférez, sur une conception des valeurs et une relation aux valeurs complètement dominatrices ;
2 - un milieu, consacré au fait que certains, les progressistes adolescents, s'imaginent que tout, ou presque, est
a) modifiable, en direction de "l'avenir",
ou
b) négociable, en direction du "pouvoir",
en l'occurrence, en matière de fidélité à Dieu ;
3 - une fin, consacrée, d'une manière allusive et indirecte, à l'avortement, qui semble être, pour le Pape, l'équivalent, contemporain, des sacrifices humains qui ont caractérisé, dans l'histoire humaine, certaines religions non chrétiennes.
J'espère n'avoir pas succombé moi-même à la tentation (si c'en est une) de recourir à la ligne brisée, et je vous souhaite une bonne journée.
Scrutator.

( 738112 )
une remarque que je me fais par jejomau (2013-11-19 11:29:18)
[en réponse à 738096]
Benoît XVI avait décelé dans l'Eglise un
courant de forme progressiste sans pourtant le nommer vraiment. Néanmoins il était intervenu par exemple en Allemagne assez fermement sur ce sujet quand il y était allé.
François I° est (je le pense mais je peux me tromper) le premier pape qui, dans l'Eglise de l'après-Concile Vatican II, utilise l'expression :
"progressisme" en cataloguant un courant porté dans l'Eglise par des clercs et des religieux - installés dans le cœur de l'Eglise catholique officiellement - et qui préfèrent se soumettre aux idées du monde plutôt que de les combattre.
Mieux, dans sa dernière intervention, il dit clairement que ces "progressistes" n'ont plus la Foi. DONC, qu'ils n'ont plus la Foi catholique. DONC, celle-ci étant la racine des deux autres vertus surnaturelles, seraient susceptibles de ne plus avoir la charité... Donc ne seraient plus dans la communion de l'Eglise.
Pour l'instant, nous avons un pape qui dit seulement mais clairement qu'ils n'ont plus la Foi...
... Alors qu'ils oeuvrent au sein de l'Eglise catholique officiellement .
Cela peut nous sembler quelque chose de si commun comme banalité, à nous les Tradis, qu'on me dira que c'est étrange que j'en parle. Cependant, je note quant à moi, le fait surtout
qu'au plus haut niveau de l'Eglise on désigne aujourd'hui nommément (par son nom) un courant apparu après le Concile VII comme étant un courant qui amène l'Eglise à "l'apostasie".
Deuxièmement, je note que les Tradis (en tout cas les Communautés ED) sont, elles, - inversement à ce que je note ci-dessus - bénies et encouragées par les Autorités romaines. Si ce fait était entériné depuis une dizaine d'années, en revanche,
le fait qu'on désigne aujourd'hui l'existence du progressisme comme quelque chose qu'il faut fuir me parait un phénomène nouveau et un tournant de pris .

( 738182 )
Adolescence ? par Aigle (2013-11-19 21:53:46)
[en réponse à 738112]
D'accord avec vous. Ni Paul VI ni aucun de ses successeurs jusqu'a François n'avait osé critiquer et encore moins condamner le progressisme. Certes le pape fait preuve de courage et de lucidité - dans le silence absolu des médias laïques.
Mais que critique t il vraiment ? Le progressisme "tout court " ou une déviation du progressisme qui serait le progressisme "adolescent" laissant penser qu'il existerait un progressisme " adulte " tout à fait respectable ( ce qui est peut être vrai, il faudrait creuser le sujet en définissant ce progressisme adulte) ?

( 738194 )
Le progressisme est apparu dans l'Eglise avant Vatican II. par Scrutator Sapientiæ (2013-11-19 22:42:11)
[en réponse à 738112]
Bonsoir jejomau,
Je réagis un instant, au contact de la deuxième phrase de votre avant-dernier paragraphe.
" Cependant, je note quant à moi, le fait surtout qu'au plus haut niveau de l'Eglise on désigne aujourd'hui nommément (par son nom) un courant apparu après le Concile VII comme étant un courant qui amène l'Eglise à "l'apostasie". "
Or, il me semble vraiment que le progressisme est apparu avant le Concile Vatican II, c'est-à-dire dès 1945, ou, au plus tard, au début des années 1950, à la faveur de la bipolarisation et de la décolonisation.
J'ai la chance de disposer dans mes archives de la brochure suivante "Chronique sociale de France, n° 3, 15 mai 1955", je dis bien 1955.
Cette brochure comporte tout un dossier intitulé : "Progressisme et Intégrisme", et évoque notamment le rôle du communisme et du messianisme dans la formation du progressisme, après la fin de la seconde guerre mondiale.
Il est certain que si, au Concile, dans la deuxième partie de GS, on avait évoqué, au titre des "quelques problèmes plus urgents" : les trois problèmes, ou problématiques, suivant(e)s : la Foi, l'Espérance, la Charité, on aurait encore moins donné l'impression de dérouler le tapis rouge devant une vision progressiste, anthropocentrique, désaliénatrice, émancipatrice,
- du mariage et de la famille,
- de la vie culturelle,
- de la vie économique et sociale,
- de la vie au sein de la communauté politique nationale,
- des relations entre les communautés politiques nationales.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.

( 738209 )
certes par jejomau (2013-11-20 06:51:06)
[en réponse à 738194]
vous avez raison et je me suis mal exprimé.
Je voulais dire que ce qui me parait marquant aujourd'hui, c'est le fait que le pape nomme le "progressisme" comme un courant installé au sein de l'Eglise menant à l'apostasie . Or, ce mouvement, s'il est ancien effectivement, prétend s'inspirer du Concile VII (c'est là ce que voulais dire) et se revendique même de l'esprit de ce Concile pour officialiser ses positions au cœur de l'Eglise comme étant ... celui de l'Eglise du Christ.

( 738487 )
Bien d'accord. Tout ceci repose sur un mythe fondateur. par Scrutator Sapientiæ (2013-11-22 22:11:45)
[en réponse à 738209]
Bonsoir et merci, jejomau.
1. A mes yeux, le mythe fondateur, c'est le mythe selon lequel Jean XXIII
- a été non seulement le premier, mais aussi le seul Pape vraiment fidèle, jusqu'à sa mort, à "l'esprit du Concile", lequel aurait été trahi par tous ses successeurs,
- aurait "certainement" rénové davantage, en prenant appui sur un fond néo-moderniste ou néo-progressiste, s'il avait supervisé le déroulement de Vatican II jusqu'à son terme.
A mon sens, ce mythe fondateur est le mythe "kungien" par excellence, en ce qu'il est souvent véhiculé par lui, alors que ce mythe repose sur deux postulats indémontrables et invérifiables.
2. Je vous renvoie par ailleurs à ces deux textes, assez représentatifs de cette mentalité :
Ici.
Ici..
Vous trouverez ces deux textes, et d'autres textes sur le Concile, ici :
Ici...
3. De mon point de vue, parmi les évêques, ceux qui se sont bien gardés de contre-carrer les clercs et les laics, adorateurs et propagateurs de ce mythe fondateur, portent une lourde part de responsabilité dans la situation intérieure actuelle de l'Eglise catholique : dans ce domaine, qui ne dit mot consent, me semble-t-il.
4. A partir de là, il serait intéressant de savoir si ce mythe est inter-générationnel ; les partisans, les promoteurs de ce mythe sont-ils capables ou désireux de le transmettre aux jeunes catholiques pratiquants d'aujourd'hui ? Je suis bien incapable de répondre, mais je suis preneur de tout aperçu sur cette transmission.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.

( 738202 )
Je vous renvoie à cet article, que je viens de parcourir. par Scrutator Sapientiæ (2013-11-19 23:47:09)
[en réponse à 738112]
Rebonsoir à jejomau,
Voici ce qui devrait pouvoir vous intéresser :
Ici.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.