Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 737262 )Remous romains par Ennemond (2013-11-08 19:40:40) 

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Le 9 octobre 2013, deux intellectuels catholiques italiens, Alessandro Gnocchi (sur la photo) et Mario Palmaro, cosignaient dans Il Foglio un article intitulé « Ce pape ne nous plaît pas ». Deux jours après, le 11 octobre, ils apprenaient que la direction de Radio Maria – sur les ondes de laquelle ils intervenaient depuis une dizaine d’années –, ne souhaitait plus leur collaboration. Alessandro Gnocchi, spécialiste de littérature, animait l’émission « Hommes et littérature à la lumière de l’Evangile » ; Mario Palmaro, professeur de bioéthique, dirigeait l’émission « Rencontres avec la bioéthique ». Pour leur défense, tous deux font remarquer que leurs critiques à l’égard du pape François ne s’opposent en rien à la doctrine catholique, et ils s’étonnent d’être l’objet d’une telle sanction.

Dans cet article, ils dénoncent les « normalistes », c’est-à-dire « ces catholiques tentant pathétiquement de convaincre leur prochain, et encore plus pathétiquement de se convaincre eux-mêmes, que rien n’a changé. Tout est normal et, comme d’habitude, c’est la faute des journaux qui déforment délibérément le discours du pape, lequel ne ferait que dire d’une manière différente les mêmes vérités que celles enseignées par ses prédécesseurs. »

A titre d’exemple, ils reviennent sur l’entretien accordé, le 1er octobre, par le souverain pontife à Eugenio Scalfari, fondateur de La Repubblica : « Quand le pape François dit à Scalfari que ‘le prosélytisme est une absurdité solennelle’, le ‘normaliste’, explique immédiatement qu’il s’agit du prosélytisme agressif des sectes en Amérique du Sud. Malheureusement, dans l’interview, Bergoglio dit à Scalfari : ‘Je ne vais pas vous convertir’. Il en ressort que, pour l’interprétation authentique, lorsqu’on qualifie le prosélytisme d’ ‘absurdité solennelle’, on entend par là le travail fait par l’Eglise pour convertir les âmes au catholicisme. Il serait difficile d’interpréter le concept autrement qu’à la lumière des noces entre l’Evangile et le monde, bénies par François dans l’interview à la Civiltà Cattolica où il déclare : ‘Vatican II était une re-lecture de l’Evangile à la lumière de la culture contemporaine. Il a produit un mouvement de renouveau qui vient tout simplement de l’Evangile même. Les fruits sont énormes. Il suffit de se rappeler la liturgie. Le travail de la réforme liturgique a été un service au peuple comme une re-lecture de l’Evangile à partir d’une situation historique concrète. Oui, il y a des lignes d’herméneutique de continuité et de discontinuité, mais une chose est claire : la dynamique de la lecture de l’Evangile actualisée dans l’aujourd’hui, qui était typique du Concile, est absolument irréversible’ ». – Et Gnocchi et Palmaro de commenter : « Ce n’est plus le monde réformé à la lumière de l’Evangile, mais l’Evangile déformé à la lumière du monde, de la culture contemporaine. Et qui sait combien de fois cela devra être fait, à chaque changement culturel, remettant à chaque fois en question la lecture précédente : rien d’autre que le Concile permanent théorisé par le jésuite Carlo Maria Martini. »

Si elles étaient isolées, ces critiques passeraient inaperçues, mais elles sont reprises par d’autres intellectuels, en Italie principalement. Les titres des articles sont à eux seuls très révélateurs : « La papauté informelle de François » (Andrea Gagliarducci, mondayvatican.com, 6 octobre) ; « Un message ‘liquide’ » (Pietro De Marco, Espresso, 7 octobre) ; « Le virage de François », « Les encycliques ont un nouveau format : l’interview », « Martini pape. Le rêve devenu réalité », (Sandro Magister, dans Espresso, 3, 7, 15 octobre) ; « Le troupeau avant la doctrine ? On risque de perdre les deux » (Rino Cammilleri, Il Giornale, 10 octobre) ; « François est en train de fonder une nouvelle religion opposée au magistère catholique » (Mattia Rossi, Il Foglio, 11 octobre) ; « Comment critiquer le pape sans être hérétique ? » (Tommaso Scandroglio, Il Foglio, 17 octobre), etc.

Ces critiques ont le plus souvent pour auteurs des vaticanistes et des universitaires italiens qui se réclament du pape Benoît XVI et du concile Vatican II selon « l’herméneutique de la continuité ». Ce qui fait que leur analyse des causes est plutôt courte, malgré une vigueur de ton assez inhabituelle pour ne pas être relevée. Qu’on en juge dans cet extrait d’un article d’Antonio Margheriti Mastino, paru sur le site Qelsi, le 1er octobre, le jour de la publication de l’entretien du pape dans La Repubblica :

« Maintenant il commence à être temps d’arrêter de faire le piacione (celui qui cherche à plaire à tout le monde, ndlr) chaque jour dans les journaux, il est temps de mesurer les mots, d’en dire moins et de travailler un peu plus, – et en silence. Avant qu’il (François) ne devienne totalement indéfendable – et Dieu sait combien de venin nous avalons chaque jour pour ne pas être tentés de perdre patience –, parce que la confusion qu’il crée chez les catholiques devient évidente : un jour il dit une chose, un jour une autre, toujours des demi-phrases obliques jetées là sans précision, délibérément ambiguës et, d’ailleurs, la seule chose qui reste claire, c’est l’herméneutique de Scalfari. Moi, je le dis clairement, je ne me règle pas selon les papes, mais sur la doctrine, toutefois je me rends compte que les papes pourraient annuler tous mes efforts. La confusion parmi les catholiques est là, je la ressens sur moi-même, et je suis un catholique militant, du moins j’essaie de l’être… J’ai essayé de faire de l’apostolat pour ce qui me semblait être, comme on me l’a dit de Rome, la ‘vérité’. Même ecclésiologique. Maintenant, j’ai des doutes, et à chaque fois que le pape parle, ces doutes se multiplient, mais non pas la certitude qui, elle, faiblit même. Il est bon, comme Jésus, de laisser les 99 brebis pour poursuivre l’égarée, qui dans ce cas est Scalfari, mais jouer toute la journée à cache-cache avec Scalfari, en laissant le troupeau s’éloigner, je pense que c’est trop. 
Nous ne pouvons pas lire La Repubblica tous les matins pour savoir si nous sommes dans la grâce de Dieu, pire : si nous sommes catholiques ou non. Nous ne voulons pas mourir ‘républicains’, mais catholiques ! Il est temps que Bergoglio s’arrête pendant cinq minutes de parler. En roue libre ! »

On peut minimiser la portée de ces critiques en disant qu’il ne s’agit que d’articles de presse, cependant il ne faudrait pas sous-estimer le rôle des vaticanistes et surtout celui des prélats romains qui les informent discrètement tout en leur demandant d’influencer l’opinion dans un sens ou dans l’autre. Les vaticanistes transmettent les informations mais aussi le message de leurs informateurs. Après six mois de pontificat, ce message exprime un désarroi croissant.


(Sources : qelsi.it/mondayvatican.com/Espresso/Il Giornale/Il Foglio/benoitetmoi.fr – DICI n°284 du 08/11/13)
images/icones/hein.gif  ( 737307 )Ce désarroi profond nous l'avons vu aussi s'exprimer par Ritter (2013-11-09 10:16:39) 
[en réponse à 737262]

Dans la Fsspx, quand il fut question d'accord, certains ont même pensé que l'attitude de Mgr Fellay était ambigu. Des écrits ont été communiqués par le média public internet.

Alors pitié pour le Pape.

Qui peut juger le premier siège.

Comme le dit Saint Paul cité ailleurs:


Il usera de toutes les formes du mal pour tromper ceux qui se perdent, parce qu'ils sont restés fermés à l'amour de la vérité qui les aurait sauvés.



Si l'auteur suit la doctrine ou est le problème, l'ambiguïté des propos peut-être vite levée.

Ce Jugement permanent est public du première siège, ne fait-il pas parti, ne témoigne-t-il pas de cet esprit qui nous conduit aussi à la perdition?


images/icones/neutre.gif  ( 737313 )Certes par Meneau (2013-11-09 11:31:53) 
[en réponse à 737307]



Si l'auteur suit la doctrine ou est le problème, l'ambiguïté des propos peut-être vite levée.



Le seul ennui, et je pense que le pape François le sait fort bien car il n'est pas idiot, c'est qu'il y a au sein de l'Eglise des forces modernistes et révolutionnaires qui ne manquent pas de saisir le moindre propos ambigü pour justement l'interpréter à rebours de la saine doctrine.

Quant aux médias, je n'en parle même pas. Vous avez déjà vu un média grand public interpréter un propose du pape selon la doctrine traditionnelle ?

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 737314 )N'est ce pas la meilleur façon de les faire sortir de l'ombre? par Ritter (2013-11-09 11:34:22) 
[en réponse à 737313]


Le seul ennui, et je pense que le pape François le sait fort bien car il n'est pas idiot, c'est qu'il y a au sein de l'Eglise des forces modernistes et révolutionnaires qui ne manquent pas de saisir le moindre propos ambigü pour justement l'interpréter à rebours de la saine doctrine.



Et de les faire se désigner à la face du monde?
images/icones/hein.gif  ( 737329 )quelle "ombre" ? par Luc Perrin (2013-11-09 14:43:44) 
[en réponse à 737314]

La seule "ombre" est simplement l'ignorance des traditionnels et des néo-conservateurs qui ne lisent pas et ne s'informent pas : c'est tout.

Pour qui veut s'informer : tout est étalé dans les bibliothèques et sur internet. Parfois aussi proclamé en chaire lors des homélies, hélas même dans certaines expressions pour le moins déplorables dans quelques textes épiscopaux, pas trop fréquemment heureusement.

La seule chose que je concède aux ignorants/tes, c'est le contraire de votre affirmation : les sites et les auteur(e)s, les groupes néo-modernistes sont tellement nombreux qu'il est difficile de tout suivre. Impossible même pour une seule personne.

Mais les écrits de Mgr Quinn, ceux de feu le cardinal Martini, de nombreux textes de la Compagnie de Jésus, le manifeste des Dominicains des Pays-Bas, les divers manifestes de théologiens anti-romains, certains propos de l'archevêque de Fribourg en Brisgau (Mgr Zollitsch choque même le pape François qui l'a rappelé à l'orde), quelques milliers de livres de théologie (Jean Rigal, un célèbre jésuite allemand francophone etc.) en toutes langues etc.
Jetez un oeil sur une revue lyonnaise fameuse G*li*s, sur le site de la pseudo Conférence des baptisé(e)s de France, sur les réseaux du Parvis, sur Wir Sind auch Kirche, Call for Action, des publications de la (K)U.L(euven), de l'ex-P.U.C.P. juste comme ça pour ceux qui viennent immédiatement à l'esprit quand on suit un peu la vie de l'Église.


Nul besoin de prêter au pape régnant d'obscures et farfelues "tactiques" pour faire sortir "de l'ombre" des thèses qui sont étalées au grand jour, partout.
images/icones/hein.gif  ( 737333 )Jouer sur les mots, faire sortir le loup du bois par Ritter (2013-11-09 15:20:13) 
[en réponse à 737329]

Sera mieux que faire sortir de l'ombre, mais vous me direz encore que le loup est déjà sorti du bois.

Et vous aurez raison, mais jusqu'à présent il n'y avait pas cette ambiguïté qui obligeait à réagir.
Vous le reconnaissez au minimum implicitement en soulignant le fait qu'ils sont déjà hors du cône d'ombre. Oui mais on ne les remarquait pas plus, sauf à être informé, car on les prenait pour la lumière.(pas vous mais beaucoup)
Mais maintenant, cette ambiguïté, la vouloir à sens unique, n'est il pas insuffisant?

Car si le fait que le Saint Père déclare ne pas juger, il ne dit pas pour autant qu'il faut construire une société autour du nombril de ces personnes et c'est justement ce qui se fait, alors si pour certains cette proposition qui leur semble ambigüe les fait réagir dans un sens, elle fera peut-être prendre conscience à d'autres bien engagé sur une pente glissante, consciemment ou non, qu'ils sont entrain de commettre une erreur.

Quant à vouloir ne pas aussi imaginer que cette ambigüité pourrait être voulu, pour obtenir des résultats, je ne le ferai pas sans plus d'éléments, peut-être vient elle de sa formation de jésuite, mais nous ne pouvons dans l'ambigüité choisir le coté qui l'opposerait à la doctrine, et c'est en ce sens que ceux qui le font se mettent en lumière, sortent de l'ombre. Vous les connaissez peut-être tous, moi non, et je suis certain qu'il en est parmi eux certains d'assez malins pour ne pas réagir publiquement, avancer masqués.

Vous pourriez juger vous un homosexuel, qui cherche Dieu?
J'ai dans mes relations une personne comme cela, et pour elle c'est une véritable douleur, non pas de chercher Dieu (au cas ou)



La seule chose que je concède aux ignorants/tes, c'est le contraire de votre affirmation : les sites et les auteur(e)s, les groupes néo-modernistes sont tellement nombreux qu'il est difficile de tout suivre. Impossible même pour une seule personne.



Peut-être est ce là une erreur, de vouloir tout connaître quand une seule chose suffit peut-être(les identifier comme modernistes) vous le dites vous même(néo-modernistes, néo inutile). Alors est ce involontaire si vous ne semblez pas le voir? et voulant vous attacher à tout connaître alors que concernant le Saint Père une seule hypothèse vous semble probable, si le propos est ambigü celle nécessairement de l'erreur de communication ou pire encore.

Il est là depuis si peu, et il est déjà cataloguer, Tant mieux pour ceux qui ont cette clairvoyance, mais au long terme, qui sait ce qu'il sera?

En ce qui me concerne, j'ose imaginer que la barque est actuellement ingouvernable.
Certains auront vite fait de critiquer qu'il aille à la résidence ste Marthe, mais d'autres auront imaginer que cela se fit suit aux différentes affaires, vatileaks, révélation d'écoutes...

Peut-on encore avoir un préjugé favorable?
Ou faut-il absolument sombré dans la critique systématique?

A ce jour il y a d'autres démonstrations à faire, peut-être celle que demande Mgr Gherardini.

Je n'ose imaginer si comme il le demande ce pape là se prononçait.

Cordialement.


images/icones/neutre.gif  ( 737357 )En toute objectivité, par le torrentiel (2013-11-09 17:30:51) 
[en réponse à 737313]

ne peut-on pas dire que le pape est moderniste et que son interview le révèle?


Ce qui pose deux autres problèmes:


1. Un problème général: comment évaluer la portée perpétuelle de "Pascendi" et de toute encyclique, de toute promulgation papale ?


2. Un problème historique, dont la solution ne m'est pas connue: Quand le prononcé du serment antimoderniste a-t-il été levé pour l'ordination des prêtres? Quelle forme a pris cette levéeà l'égard du serment antimoderniste ou, si vous préférez, cette levée a-t-elle joué la rupture ou la continuité vis-à-vis de ce serment? et enfin, comment cette levée du prononcé du serment antimoderniste a-t-elle été accueillie dans l'eglise?