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images/icones/fleche2.gif  ( 736471 )De la stratégie du démon au syndrome de Jonas. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-31 14:52:47) 

Bonjour à tous,

Voici deux médiations matinales assez récentes du Pape François, ces deux médiations ne semblant pas avoir déjà été évoquées sur le FC

1. Vendredi 11 octobre 2013

" Comment vaincre la stratégie du démon

« S’il vous plaît, ne faisons pas des affaires avec le démon » et prenons au sérieux les dangers qui dérivent de sa présence dans le monde. C’est ce qu’a recommandé le Pape François dans l’homélie du 11 octobre. « La présence du démon est dans la première page de la Bible et la Bible se termine aussi avec la présence du démon, avec la victoire de Dieu sur le démon ». Mais celui-ci, a-t-il averti, revient toujours avec ses tentations. Et c’est nous qui « ne devons pas être naïfs ». Le Pape a commenté l’épisode dans lequel Luc (11, 15-26) raconte que Jésus chasse les démons. L’évangéliste rapporte également les commentaires de ceux qui y assistent perplexes et accusent Jésus de magie ou, tout au plus, le reconnaissent comme un guérisseur de personnes frappées par l’épilepsie. Aujourd’hui aussi, « il y a des prêtres qui lorsqu’ils lisent ce passage et d’autres passages de l’Évangile disent : Jésus a guéri une personne d’une maladie psychique ». Assurément, « il est vrai qu’à cette époque on pouvait confondre l’épilepsie avec la possession du démon. Mais nous, nous n’avons pas le droit de rendre la chose si simple », en la liquidant comme s’il s’agissait de malades psychiques et non de possessions démoniaques.

En revenant à l’Évangile, le Pape a noté que Jésus n’offre aucun critère pour comprendre cette présence et réagir. « Comment suivre notre route chrétienne quand les tentations se présentent ? Quand le diable entre pour nous déranger ? » s’est-il demandé. Le premier des critères suggérés par le passage évangélique « est que l’on ne peut pas obtenir la victoire de Jésus sur le mal, sur le diable, à moitié ». On ne peut pas continuer à croire qu’ils s’agit d’une exagération: « Ou tu es avec Jésus ou tu es contre Jésus. Et sur ce point il n’y a pas de nuances. Il existe une lutte, une lutte dans laquelle est en jeu notre salut éternel à tous ». Et il n’existe pas d’alternative, même si quelquefois nous entendons « certaines propositions pastorales » qui semblent plus accommodantes. « Non ! Ou tu es avec Jésus ou tu es contre. Il en est ainsi. Et c’est l’un des critères ». Le dernier critère est celui de la vigilance. « Nous devons toujours veiller, veiller contre la tromperie, contre la séduction du malin ». « Quand un homme fort et bien armé monte la garde de son palais, ce qu’il possède est en sécurité. Et nous pouvons nous poser la question: est-ce que je veille sur moi ? Sur mon cœur ? Sur mes sentiments ? Sur mes pensées ? Est-ce que je protège le trésor de la grâce ? Est-ce que je protège la présence de l’Esprit Saint en moi ? ». Si on ne le conserve pas « quelqu’un de plus fort arrive, gagne, lui arrache les armes sur lesquelles il comptait et en partage le butin ». Tels sont donc les critères pour répondre aux défis lancés par la présence du diable dans le monde : la certitude que « Jésus lutte contre le diable » ; « qui n’est pas avec Jésus est contre Jésus » ; et « la vigilance ». Il faut garder à l’esprit, que « le démon est astucieux : il n’est jamais chassé pour toujours, il ne le sera que le dernier jour ». « Demandons au Seigneur la grâce de prendre ces choses au sérieux. Lui est venu lutter pour notre salut, lui a vaincu le démon ». "

" On ne peut pas continuer à croire qu’ils s’agit d’une exagération : « Ou tu es avec Jésus ou tu es contre Jésus. Et sur ce point il n’y a pas de nuances. Il existe une lutte, une lutte dans laquelle est en jeu notre salut éternel à tous ». Et il n’existe pas d’alternative, même si quelquefois nous entendons « certaines propositions pastorales » qui semblent plus accommodantes. "

2. Lundi 14 octobre 2013

" Le syndrome de Jonas

Il existe une grave maladie qui menace aujourd’hui les chrétiens : le « syndrome de Jonas », celui qui fait que l’on se sent parfaits et propres comme sortis d’une teinturerie, contrairement à ceux que nous jugeons pécheurs et donc condamnés à se débrouiller seuls, sans notre aide. Jésus rappelle en revanche que pour nous sauver, il est nécessaire de suivre « le signe de Jonas », c’est-à-dire la miséricorde du Seigneur. Telle est en substance le sens de la réflexion proposée par le Pape François le 14 octobre. En commentant les lectures de la liturgie, tirées de la lettre de saint Paul aux Romains (1, 1-7) et de l’Évangile de Luc (11, 29-32), le Pape a précisément commencé par cette « parole forte » avec laquelle Jésus apostrophe un groupe de personnes en les appelant « mauvaise génération ». C’est « un groupe de mots qui semble presque une insulte : cette génération est une mauvaise génération. C’est très fort ! Jésus est si bon, si humble, si doux, mais il dit cela. Toutefois, il ne se référait certainement pas aux personnes qui le suivaient ; il se référait plutôt aux docteurs de la loi, à ceux qui cherchaient à le mettre à l’épreuve, à le faire tomber dans un piège. Il s’agissait de personnes qui demandaient toutes des signes, des preuves. Et Jésus répond que l’unique signe qui leur sera donné sera « le signe de Jonas ». Mais quel est le signe de Jonas ? « La semaine dernière la liturgie nous a fait réfléchir sur Jonas. Dieu dit à Jonas : pauvres gens, ils ne distinguent pas leur droite de leur gauche, ce sont des ignorants, des pécheurs. Mais Jonas continue à insister : ils veulent justice ! Moi, j’observe tous les commandements ; qu’ils s’arrangent ». Voilà le syndrome de Jonas, qui « frappe ceux qui n’ont pas de zèle pour la conversion des personnes, qui recherchent une sainteté — permettez-moi l’expression — de teinturerie, c’est-à-dire toute belle, très bien faite, mais sans le zèle qui nous conduit à prêcher le Seigneur ». Le Pape a rappelé que le Seigneur « devant cette génération, malade du syndrome de Jonas, promet le signe de Jonas ». Et il a ajouté : « Dans l’autre version, celle de Matthieu, il est dit : mais Jonas est resté dans la baleine trois jours et trois nuits... Il est fait référence à Jésus dans le sépulcre, à sa mort et à sa résurrection. Et cela est le signe que Jésus promet : contre l’hypocrisie, contre cette attitude de religiosité parfaite, contre cette attitude d’un groupe de pharisiens. Le signe que Jésus promet « est son pardon à travers sa mort et sa résurrection. Le signe que Jésus promet est sa miséricorde, celle que Dieu demandait déjà depuis longtemps : je veux la miséricorde et non des sacrifices ». Donc « le véritable signe de Jonas est celui qui nous donne la confiance d’être sauvés par le sang du Christ. Il y a de très nombreux chrétiens qui pensent être sauvés uniquement en raison de ce qu’ils font, de leurs œuvres. Les œuvres sont nécessaires mais elles sont une conséquence, une réponse à cet amour miséricordieux qui nous sauve ». Les œuvres seules, sans cet amour miséricordieux, ne sont pas suffisantes. Donc, « le syndrome de Jonas frappe ceux qui n’ont confiance que dans leur justice personnelle, dans leurs œuvres ». "

" Voilà le syndrome de Jonas, qui « frappe ceux qui n’ont pas de zèle pour la conversion des personnes, qui recherchent une sainteté — permettez-moi l’expression — de teinturerie, c’est-à-dire toute belle, très bien faite, mais sans le zèle qui nous conduit à prêcher le Seigneur ». Le Pape a rappelé que le Seigneur « devant cette génération, malade du syndrome de Jonas, promet le signe de Jonas ». "

Bonne réception, bonne lecture, bonne journée.

Scrutator.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 736498 )Ces deux points : que de clarté pour notre comportement ! par Glycéra (2013-10-31 21:15:59) 
[en réponse à 736471]



Merci Sieur Scrutator,

Scruter, et voir ce qui est... Evident Sir Watson !

Il me vient en harmonie deux choses entendues ou lues ces jours-ci.

1 - Le Diable

Combien disent qu'il faut lutter, combattre le Diable, et ont envoyé des gens au casse-pipe car le duel est faussé, et l'homme perd toujours. Ces instructions-là ont détourné trop de chrétiens de la confiance en Dieu, ou dans les Anges, qui eux sont du même monde invisible.

On ne combat pas le Diable. Jésus ne l'a pas combattu : Il résiste.
Il nous demande de faire de même, non d'aller le chercher ou d'accepter le sport du combat, mais de résister à ses appels, à ses provocations. Nos armes sont la conscience de ce qui se passe. Notre tactique est de nous baisser, nous esquiver, et de laisser notre Ange répliquer à son compatriote.


2 - Jonas

Avant de se retrouver dans la baleine a pris un grand détour.
Jonas est reconnu prophète. Dieu le mobilise : va à Ninive, et prévient les de se repentir, sinon, je détruis leur ville.
- Oh, là la, Dieu m'envoie chez ces païens. Et en sus, Dieu est si miséricordieux qu'IL est capable de ne pas appliquer la sentence pour peu qu'un Ninivite ou deux lui parlent au coeur... Pas pour moi, cette mission vers l'Orient... Je me trotte...

Et Jonas prend un bateau vers l'Occident, le plus loin connu de son temps. Raté : les éléments font tempête, les marins prient leurs dieux, et Jonas se planque en cale. Il entend son coeur par pitié pour les marins, et s'offre à être jeté dehors : c'est lui le fautif, il faut l'évacuer, et la bateau sera sauvé. Zou ! Après la prise de conscience que Dieu le rattrape, c'est le grand poisson, qui recrache Jonas... Au boulot,vers Ninive.

Ninive qui entend, écoute, jeûne et fait pénitence. Tous, des bêtes au roi. Ninive est sauvé.

Syndrome de Jonas, c'est cela aussi.
Grogner, discuter avec Dieu, s'enfuir, se rendre compte, et passer par le noir de l'âme avant d'assumer sa mission, et de voir que Dieu savait ce qu'il faisait. Chez des païens en sus. Plus facile d'évangéliser des païens ? Pourquoi pas !



Voilà ce que ces deux textes croisent avec ce que je viens de lire ou de méditer quelque peu.


Bonne et sainte fête de Tous-Saints à vous !
Le catalogue est varié, soyons le aussi.
Dieu aime les mélanges et les différences entre ses créatures.

Merci de vos deux textes.
J'ai bien aimé que cela remue un peu les vertus... et nous sorte des ergotages sur les apparences des choses.


Glycéra
images/icones/fleche2.gif  ( 736505 )Je précise qu'il s'agit de deux méditations du Pape François. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-31 22:19:10) 
[en réponse à 736498]

Bonsoir et merci, Glycéra.

Je précise, non à votre attention, mais à celle d'autres liseurs, que les deux textes que j'ai reproduits à l'intérieur du premier message de ce fil sont deux méditations du Pape François ; je n'ai fait que mettre en valeur les phrases qui m'ont paru porteuses d'une radicalité inhabituelle, à tout le moins dans leur forme.

J'espère surtout, sans illusions excessives, que nous aurons droit à une articulation satisfaisante, à un ordonnancement solide et valide, entre cette radicalité, que je crois évangélique dans le meilleur sens du terme, et le positionnement à venir de l'Eglise-institution, sur le plan doctrinal comme sur le plan pastoral.

Je vous remercie d'y avoir été sensible, et je vous souhaite une bonne nuit.

Scrutator.