Le Forum Catholique

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images/icones/fleche2.gif  ( 736022 )La praxis de l'accueil inconditionnel, formulée en une phrase. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-27 08:56:58) 

Bonjour et bon dimanche à tous.

En cherchant autre chose, j'ai découvert ce qui suit, qui constitue une description assez précise de l'une des conséquences les plus prévisibles, ou de l'un des résultats les plus tangibles, du déploiement, au sein même de l'Eglise, de ce que j'appelle "la praxis de l'accueil inconditionnel" :

" Pour n’exclure personne, il faudrait faire le vide en soi, se dépouiller de toute consistance, n’être rien d’autre, au bout du compte, que le geste même de l’ouverture."

Je vous laisse le soin de découvrir quel est l'auteur de cette phrase, qui a été prononcée à l'intérieur d'une problématique non ecclésiale, mais qui correspond tout à fait à ce que l'on est en droit de penser, au contact des effets de la mise en oeuvre de cette praxis.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 736050 )Un détail par jejomau (2013-10-27 17:24:52) 
[en réponse à 736022]

qui a son importance et que j'ai découvert hier dans l'émission "On n'est pas couché" de L. Ruquier dans laquelle Alain Finkielfraut était l'invité.
Quand Alain Badiou dit : "J'ai toujours l'impression que Finkielkraut limite exagérément le champ possible de ses rencontres" , je me suis justement souvenu que Alain Finkielkraut ( dans l'émission sus-nommée) était littéralement perdu et ne pouvait absolument pas communiquer (au sens vrai du terme) avec l'autre s'il n'avait pas avec lui, sous la main, des livres ! (il était devenu blanc, paniqué et en tremblait) Pour qu'il puisse s'exprimer - communiquer - Mr Ruquier lui a donc fait apporter quelques livres qu'il a placées sous le coude...

Les barrières qui empêchent donc de "faire des rencontres" sont étonnantes et parfois simplement... terrifiantes pour certains : autant pour celui qui est condamné à ne pas pouvoir les faire que pour l'arrivant (l'hôte) qui se trouve dans l'impossibilité de communiquer . On se fait rapidement des ennemis sans qu'on le veuille!

Donc, dans de cas très précis comme celui-ci, on peut comprendre ce que veut dire A. Finkielkraut au regard de "l'accueil" : c'est pour lui un tel parcours du combattant..
images/icones/fleche2.gif  ( 736082 )Vous avez raison, il y a aussi cet aspect là. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-27 21:52:02) 
[en réponse à 736050]

Bonsoir et merci, jejomau,

1. Vous avez raison, il y a aussi cet aspect là, philosophique et psychologique, notamment chez l'auteur de la phrase que j'ai citée ce matin ; il y a souvent interaction entre le tempérament d'un auteur et son mode de conceptualisation et de problématisation, et cela n'est pas nécessairement pathologique, mais cela peut nuire à l'objectivité.

Ce qui m'a intéressé, dans cette phrase :

" Pour n’exclure personne, il faudrait faire le vide en soi, se dépouiller de toute consistance, n’être rien d’autre, au bout du compte, que le geste même de l’ouverture, "

ce n'est pas avant tout son auteur, mais c'est avant tout l'idée qu'elle exprime, et que je trouve très juste : on se demande vraiment parfois ce que les chrétiens qui pratiquent "l'accueil inconditionnel" ont encore de chrétien ET de consistant à dire, tant ils dépouillent leur discours, toute annonce un tant soit peu "confessante" semblant être considérée a priori comme un facteur d'exclusion potentielle.

C'est un peu la "kénose" sans le "kérygme" que j'ai reconnue, au contact de cette phrase...

Je vous souhaite une bonne nuit et je vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 736091 )dans son dernier livre par jejomau (2013-10-28 08:22:25) 
[en réponse à 736082]

"l'identité malheureuse" (que je n'ai pas lu mais dont Fielkenkraut parle dans l'émission de L.Ruquier) l'auteur dit justement et clairement que l'identité Française consiste pour lui à confesser l'héritage reçu. En ceci il affirme que l'immigré a tout à recevoir de la France... s'il veut un jour s'assimiler puis transmettre à son tour.