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images/icones/fsspx.gif  ( 735832 )Sermon écrit de l'abbé de Cacqueray lors des 13° Journées de la Tradition à Villepreux les 12 et 13 octobre 2013 par La Porte Latine (2013-10-24 17:49:35) 

Sermon écrit de l'abbé de Cacqueray lors des 13° Journées de la Tradition à Villepreux les 12 et 13 octobre 2013



Dans son sermon M. l'abbé de Cacqueray rappelle que c’est à saint Joseph que Dieu a choisi de confier la mère de Jésus, véritable « aqueduc » placé entre Dieu et les hommes pour servir de véhicule pour acheminer toutes les grâces dont Il veut pourvoir les hommes et toutes les prières que les hommes veulent porter à l’oreille de Dieu. L'abbé de Cacqueray en est conduit alors à répondre à ceux qui s'étonnent de ne pas voir le District de France "associé à la prière que le pape fait en ce jour au Cœur Immaculé de Marie pour le monde ?". A cette objection trois motifs sont déclinés pour expliquer clairement le refus de participer à cette cérémonie.

Sermon à lire ICI
images/icones/fleche2.gif  ( 735865 )Il l'a bien écrit, ou il ne l'a pas écrit ? par Scrutator Sapientiæ (2013-10-25 07:54:03) 
[en réponse à 735832]

Bonjour à tous,

1. Je cite :

" Mais, en même temps qu’il tient ce discours ad intra, pour les catholiques, il ne lui aura fallu que quelques semaines pour lézarder très gravement des pans entiers de la morale et des rares exigences catholiques sur lesquels ses prédécesseurs avaient encore tenu bon jusque-là. "

2. J'avais moi-même écrit, le 17 octobre dernier, ce qui figure ici :

" Parti comme cela semble être parti, et si cela continue comme cela a commencé, en ce qui concerne plusieurs sujets, tels qu'ils sont abordés, dans des interviews telles que celles déjà accordées, lesquelles, n'ont pas, en tant que telles, une valeur magistérielle, je crois que Monseigneur FELLAY pourra bientôt prendre appui sur certains textes du Concile, de Jean XXIII, de Paul VI, de Jean-Paul II ou de Benoît XVI, non seulement pour "compléter" ou "préciser", mais aussi pour CONTREDIRE frontalement certains propos du Pape François. "

J'avais d'ailleurs précisé qu'il s'agissait de ma part de la formulation d'une hypothèse et d'un paradoxe.

3. Et à présent, id est hier, je "tombe" sur cette phrase :

" Mais, en même temps qu’il tient ce discours ad intra, pour les catholiques, il ne lui aura fallu que quelques semaines pour lézarder très gravement des pans entiers de la morale et des rares exigences catholiques sur lesquels ses prédécesseurs avaient encore tenu bon jusque-là. "

Pour ma part, je trouve que ces exigences catholiques sur lesquelles les prédécesseurs du Pape François ont tenu bon, jusqu'à l'élection du Pape François, n'étaient pas si rares que cela.

4. Ce qui suit relève de l'appréciation personnelle, ce qui ne signifie pas qu'elle soit arbitraire ou subjective.

a) D'une part, on peut toujours constater que les objections catholiques n'ont pas toujours été aussi fréquentes ou aussi prégnantes que les exigences catholiques, dans le Magistère et la pastorale des Papes concernés, de Jean XXIII à Benoît XVI inclus.

b) D'autre part, on peut également remarquer l'isolement dans lequel ces mêmes Papes ont continué à mettre en avant et en valeurs ces mêmes exigences catholiques, leurs frères dans l'épiscopat n'ayant pas toujours été des relais courageux, dans certains domaines porteurs de ces mêmes exigences.

c) Enfin, on peut peut-être suggérer que là où il y a des "objets totems", en l'occurrence une survalorisation de textes tels que DH et NA, qui ont acquis, en quelque sorte, une autorité magistérielle ou pastorale équivalente à celle que devrait avoir une constitution dogmatique, il y a aussi des "sujets tabous", qui se manifestent entre autres par le maintien dans la nuit d'un texte tel que Dominus Iesus, en présence duquel bien des hommes d'Eglise semblent croire justifié et légitime de réfléchir et de s'exprimer exactement comme si ce texte n'existait pas.

5. Je reviens à présent sur la phrase de Monsieur l'Abbé de Cacqueray ; je suis tenté de filer la métaphore footballistique, et d'écrire ce qui suit : en un sens, non polémique, c'était bien la peine de critiquer à ce point là le précédent avant-centre, dont on disait qu'il ne marquait pas assez de buts, si c'était pour constater après-coup qu'il en marquait tout de même davantage que celui qui lui a succédé, au sein de l'équipe, et qui semble bien moins désireux de jouer d'une manière offensive, contre l'équipe adverse, la cause de ce moindre désir n'étant évidemment pas imputable à la FSSPX.

Mais cela, ce dernier point, l'affirmation du fait que le Pape François "semble bien moins désireux de jouer d'une manière offensive contre l'équipe adverse", nécessite peut-être encore quelques confirmations, justement, dans les faits, pour que cette affirmation ne soit pas équivalente à un procès d'intention.

6. Par ailleurs, mais ce n'est pas très grave, l'avant-dernier paragraphe du même texte, situé en amont de la conclusion, comporte une erreur, le mot consécration y ayant été mis en lieu et place du mot condamnation (j'ai ajouté quelques remarques entre parenthèses) :

a) " Enfin, il est possible, parmi les motifs du refus de la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, que s’en trouvent de fort peu avouables. Les papes du Concile et de l’après concile sont restés muets sur la question du communisme qui n’a pas été solennellement condamné au concile Vatican II malgré la demande de plusieurs centaines d’évêques.

(il n'y a pas que le communisme qui n'a pas été formellement condamné au Concile, et j'estime pour ma part que la non condamnation formelle de la civilisation des loisirs, de l'individualisme utilitariste, du matérialisme productivisme, de la société de consommation, est au moins aussi problématique que la non condamnation du communisme, mais je formule peut-être ici une considération d'occidental repus (même si elle n'est pas illégitime sur le plan axiologique), dans la mesure où des milliards d'êtres humains, affamés ou asservis, aimeraient pouvoir accéder à quelques miettes de cette civilisation là et de cette société là)

b) Il y a fort à craindre que la consécration (non : la CONDAMNATION) n’ait pas eu lieu parce que l’on craignait d’incommoder et de fâcher tout rouge les communistes. Et, maintenant que le communisme paraît lâcher (bientôt 25 ans après 1989 ?) son emprise sur la Russie mais que ses erreurs se sont répandues à travers le monde entier (mais y sont-elles toujours aussi actives et présentes qu'avant 1989 ?), il est possible que la consécration ne soit maintenant pas faite parce qu’elle s’opposerait à la doctrine oecuménique actuelle.

c) Si, en effet, la Russie semble sortie du communisme, elle n’est certes pas sortie de l’orthodoxie.

(doit-on en conclure que la conversion qui a consisté à se déprendre du communisme n'a pas vraiment encore eu lieu, ou que la conversion qui consisterait à se déprendre de l'orthodoxie serait de même nature, et que du coup l'exigence d'abandon de l'orthodoxie devrait pouvoir être exprimée fermement aujourd'hui, en lieu et place de l'exigence d'abandon qui aurait dû pouvoir être exprimée davantage hier, en ce qui concerne le communisme ?)

d) Si l’on prie donc pour sa conversion, cela signifie qu’elle n’est pas convertie et qu’elle doit se convertir. Mais le pape François qui pense que notre seule tâche consiste à inciter les hommes à demeurer dans la voie où ils se trouvent, comment pourrait-il faire une consécration dont le but est de demander la conversion de la Russie ? "

7. Je rappelle deux propos du Pape François :

a) 01/10/2013 : Un journaliste demande au Pape François : « Votre Sainteté, existe-t-il une vision unique du bien ? Qui définit cette vision ? » Le Pape répond : « Chacun de nous a sa vision du bien et aussi du mal. Nous devons encourager les gens à s’orienter vers ce qu’ils pensent être bon. »

Le journaliste reprend : « (...) La conscience est autonome, vous avez dit, et chacun doit obéir à sa conscience. Je pense que cela est une des affirmations les plus courageuses énoncées par un pape. »

Le Souverain Pontife poursuit : « Et je le répète ici. Tout le monde a sa propre idée du bien et du mal et doit choisir de suivre le bien et combattre le mal comme il les conçoit. Cela suffirait pour faire du monde un endroit meilleur. »

b) 02/10/2013 : "Bien qu’elle soit constituée d’hommes pécheurs, nous professons, dans le Credo, que l’Eglise est sainte. Elle est sainte car elle vient de Dieu qui est saint et qui ne saurait l’abandonner.

Elle est indissolublement unie au Christ qui s’est livré pour elle, et qu’il conduit par l’action du Saint-Esprit. L’Eglise n’est pas constituée de gens parfaits, mais elle accueille tous les pécheurs, pour les conduire à la sainteté. Elle est la maison de tous.

Tous, faibles et pécheurs, perdus ou découragés, nous pouvons vraiment y être renouvelés, transformés, par la rencontre du Seigneur qui nous sanctifie. Par sa grâce nous devenons capables, malgré notre faiblesse de vivre dans la charité, pour la gloire de Dieu et le service du prochain."

A mon sens, le problème, c'est le contenu du propos tenu ad extra, mais c'est aussi la contradiction latente, ou, en tout cas, la non conformité, sur le fond, entre le propos tenu ad extra, et le propos tenu ad intra.

Ici.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 735884 )Lepropos que vous citez en 7. a) par le torrentiel (2013-10-25 12:47:26) 
[en réponse à 735865]

démontre que, d'un pontificat l'autre, dans une civilisation marquée par la vitesse de propagationdes idées comme par celle du transport des ordres de change, on peut passer de la dénonciation à l'apologie de "la dictature du relativisme". Le fait que ce soit bien d'une telle apologie qu'il s'agit me semble trop rarement souligné par les commentateurs des premiers gestes de ce pontificat étonnant et détonnant.
images/icones/fleche2.gif  ( 735911 )2 textes : François et la conscience + François et les médias. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-25 20:40:32) 
[en réponse à 735884]

Bonsoir et merci beaucoup, le torrentiel,

Voici, trouvés sur le même site, deux autres textes, l'un sur le Pape François et la conscience, l'autre sur le Pape François et les médias :

Ici.

Bonne soirée et à bientôt.

Scrutator.



images/icones/neutre.gif  ( 735912 )Vous auriez pas aussi ? par Meneau (2013-10-25 20:58:19) 
[en réponse à 735911]

... François et la doctrine catholique traditionnelle ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 735921 )Attendons sa première ou prochaine lettre encyclique. par Scrutator Sapientiæ (2013-10-25 22:54:46) 
[en réponse à 735912]

Bonsoir Meneau,

1. Attendons, par exemple, la première ou la prochaine lettre encyclique du Pape François.

Je crois inutile de dire pourquoi j'écris : la première ou la prochaine.

2. On en parlait, justement :

Jean XXIII ?

- son pontificat commence le 28 octobre 1958

- sa première lettre encyclique date du 29 juin 1959

donc au bout de 8 mois.


Paul VI ?

- son pontificat commence le 21 juin 1963

- sa première lettre encyclique date du 6 août 1964

soit au bout de 13 mois.


Jean-Paul II ?

- son pontificat commence le 16 octobre 1978

- sa première lettre encyclique date du 4 mars 1979

soit au bout de quatre mois et demi.


Benoît XVI ?

- son pontificat commence le 16 avril 2005

- sa première lettre encyclique date du 25 décembre 2005

soit au bout de huit mois et demi.


François ?

- son pontificat commence le 13 mars 2013...


2. Au risque de surprendre, je dirais qu'une doctrine n'a pas à être avant tout catholique traditionnelle, ni évidemment à être avant tout catholique rénovatrice, dans l'acception partisane et tendancieuse du terme, en ce sens que si cette doctrine est conforme à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère antérieur, en ce que celui-ci a de plus "normativement officiel" et de plus "officiellement normatif", cette doctrine bénéficie d'une présomption de catholicité, qui devrait pouvoir lui conférer sa légitimité, aux yeux des catholiques, clercs ou laics, auxquels elle est destinée, ce qui ne veut d'ailleurs pas dire qu'elle n'est destinée qu'à eux.

3. Le problème est plutôt, en tout cas, à mon sens, quand cette doctrine catholique est hémiplégique, en ce qu'elle a la prétention d'annoncer la vérité sans dénoncer les erreurs qui s'y opposent, ou d'annoncer la vérité en la "proposant", comme si l'adhésion à la vérité était facultative, au lieu d'annoncer la vérité en la "prescrivant", alors que l'adhésion à la vérité a une vertu thérapeutique.

4. J'imagine qu'un enfant qui m'est confié m'affirme que deux et deux font cinq ;

a) je ne lui tairai pas le fait qu'il se trompe, dans l'espoir de respecter sa créativité, sa sensibilité, sa susceptibilité ;

b) je ne lui dirai pas : "à mon avis, tu te trompes",

c) je ne lui dirai pas non plus : "à ton avis, deux et deux font cinq, et c'est très bien ainsi, et, à mon avis, deux et deux font quatre, et c'est très bien aussi",

d) mais je lui dirai, "tu te trompes, car deux et deux et font quatre", et je lui expliquerai qu'en effet, OBJECTIVEMENT, deux et deux ne font pas cinq, mais que, OBJECTIVEMENT, deux et deux font quatre.

5. Comparaison n'est pas raison, évidemment, mais je crois que vous m'avez très bien compris ; il me semble que l'Eglise catholique a vocation à être éducatrice, donc

- avant tout pédagogue (voici LA vérité),

- et non démagogue (tout le monde a raison, tout le monde est dans le vrai)

- ni hypocrite (vous vous trompez et je le sais, je veux vous plaire donc je le tais)

6. Le fait que l'Eglise ait vocation à être pédagogue l'oblige à être diplomate, mais il ne faut pas que le fait qu'elle soit diplomate l'empêche d'être pédagogue ; or, il arrive que la diplomatie soit inappropriée, non parce qu'elle est mauvaise, en elle-même, mais quand elle est utilisée d'une manière systématique, iréniste, au point de faire sombrer les hommes d'Eglise dans le refus de la mise en avant d'exigences et d'objections à tout le moins potentiellement dissenssuelles.

Je viens d'essayer de formuler quelque chose qui est sûrement attendrissant de candeur ou exaspérant de prétention, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 735923 )Le ministère pontifical par Aigle (2013-10-25 23:36:34) 
[en réponse à 735921]

Un point de détail cher scrutator : depuis jean XXIII les médias et souvent même les fidèles tendent à penser que le pape est
- un chef qui commande
- qui fixe ses méthodes doctrinales qu il cherche plus ou moins à imposer à l'Eglise entière
- qui éventuellement définit et promeut des doctrines novatrices éventuellement prenant le contre pied de son ou ses prédécesseurs ( à la plus grandes joie des journalistes)

Bref une vision qui va bien au delà de Vatican I dans l'omnipotence et l'omnicompetence.

Certes Benoit XVI homme simple et probablement peu autoritaire n'a guère joué le roule du chef réformateur (qui correspond à mon hypothèse ) se bornant à "confirmer ses frères dans la Foi " ...
images/icones/neutre.gif  ( 735925 )Pastorales par Aigle (2013-10-26 06:16:38) 
[en réponse à 735923]

Excusez moi . Il fallait lire méthodes pastorales et non doctrinales.