Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 735155 )Superstition par Justin Petipeu (2013-10-17 15:07:53) 

un couple de nos amis est persuadé d'être poursuivi par le diable, en rapport avec le village où ils habitaient, qui est aussi le nôtre. Cela ne vous étonnera pas de savoir que ces gens sont très liés au renouveau charismatique.

Ils sont partis à l'étranger.(On ne rit pas).

ils nous demandent de les appeler par téléphone depuis le domicile d'autres amis, afin que notre appel ne provienne pas de ce fameux village...

Devant une telle phobie qui ressemble fort à une pathologie, quels textes pourrait-on leur conseiller afin de les raisonner un peu ?
images/icones/1e.gif  ( 735158 )une idée par jejomau (2013-10-17 15:45:52) 
[en réponse à 735155]

avec ce "Crapouillot" peut-être...?
images/icones/neutre.gif  ( 735160 )Ce que vous décrivez... par Candidus (2013-10-17 16:12:00) 
[en réponse à 735155]

semble effectivement procéder du domaine de la pathologie ; et si c'est le cas, toute tentative de votre part de les raisonner sera vouée à l'échec.

J'ai une certaine expérience de la maladie mentale de par mon expérience professionnelle et le seul conseil que je puisse vous donner est de vous efforcer d'entendre leur souffrance.

"Entendre" ne veut pas dire aller dans le sens de leur délire.

"Entendre" veut dire "se faire l'écho de leur souffrance" ; se mettre en empathie avec la souffrance et la désorientation qu'exprime leur délire.

Je vais vous donner un exemple. J'ai été confronté il y a peu avec une nonagénaire qui, dans un service de psychiatrie, pleurait à chaudes larmes parce que "[son] papa allait [la] gronder si [elle] rentrai[t] en retard à la maison".

J'aurais pu commettre deux erreurs avec cette personne. La première aurait été de lui démontrer rationnellement qu'en raison de son âge, son père ne pouvait pas l'"attendre à la maison" et donc que sa peur était complètement irrationnelle.

L'autre erreur aurait été de m'efforcer de l'apaiser en lui disant, par exemple : "Ne vous en faites pas, j'ai parlé à votre père et je l'ai averti que vous ne pourrez pas rentrer chez vous ce soir". Ce faisant, je serais allé dans le sens de son délire et ce n'est jamais bon. La personne la plus malade conserve toujours une part de rationalité (même si elle n'apparaît pas) et si vous allez à l'encontre de celle-ci, vous enfoncez le malade dans sa pathologie.

La réponse que j'ai apporté à cette patiente a été : "Vous avez peur de contrarier votre père ? Je comprends cela. Vous craignez que votre père soit fâché contre vous, n'est-ce pas ? Oui, bien sûr et cela vous effraie. Vous savez, ici nous allons nous occuper de vous et faire en sorte que tout se passe bien pour vous."

Voilà rapidement exposée l'attitude que les professionnels de la psychiatrie vous conseilleraient d'adopter : entendre la souffrance du malade mais ne pas entrer dans leur délire. Evidemment, c'est plus facile à théoriser qu'à mettre en oeuvre.
images/icones/hein.gif  ( 735163 )Question par Leopardi (2013-10-17 16:32:05) 
[en réponse à 735160]

Vous dites :


J'aurais pu commettre deux erreurs avec cette personne. La première aurait été de lui démontrer rationnellement qu'en raison de son âge, son père ne pouvait pas l'"attendre à la maison" et donc que sa peur était complètement irrationnelle.



Vous pouvez développer? Quel est le risque pour le malade de lui démontrer l'aspect irrationel de ses craintes?
images/icones/neutre.gif  ( 735165 )La personne se braquera et souffrira encore plus par Candidus (2013-10-17 16:43:32) 
[en réponse à 735163]

D'une certaine manière c'est comme si vous lui disiez : "tu perds la tête". Cela va augmenter sa souffrance et ne changera rien à sa perception erronée de la réalité (ou alors seulement très ponctuellement).

Le problème dont nous parlons est malheureusement très actuel avec l'explosion (de nature démographique et civilisationnel) de la maladie d'Alzheimer.

images/icones/fleche3.gif  ( 735166 )Renforcer le décalage (intérieur) existant est nocif par Glycéra (2013-10-17 17:03:48) 
[en réponse à 735163]

'Primum non nocere'

est une règle absolue.

Suivie de "sed placere"
au maximum de notre capacité, de notre savoir-faire.



Si la personne est en décalage entre acte/savoir, ou entre ressenti/raison, on ne peut communiquer avec elle que du bon côté, de celui où elle est en phase avec ce qui est (la Réalité).

Si elle ressent cette peur de reproches, elle la ressent vraiment. L'image cérébrale (IRM par exemple) sera la même que si elle était vraiment en train d'entendre les reproches. Parler à sa raison, ou à sa logique de calendrier ne fera qu'augmenter son désarroi, "nocere", et l'empêchera même de savoir ce qu'elle est en train de souffrir.

Lui parler là où elle est (dans son ressenti) tout en se référant à son cadre connu d'elle et du soignant est du domaine "placere". Ne jamais mentir, ce serait la mépriser, c'est -comme nous- une âme où Dieu veut habiter !

On peut toujours trouver un domaine commun. Parfois il sera limité, très petit devant l'horizon du soignant, mais il existe partout. On donne de plus en plus de sessions de communication dans le style "CNV" (Communication non violente) pour rester dans les domaines de l'existant, de ce qui est possible, de ce qui est commun aux interlocuteurs. Tant qu'il n'y a pas danger grave pour quelqu'un, c'est ce qui est à faire, c'est ce qui respecte la personne comme elle est à l'instant donné.

Il est toujours aussi possible d'envoyer notre ange gardien parler au sien, il saura quand et comment l'aider !

Après tout, Dieu fait ainsi avec nous : il nous aide dans notre petit créneau disponible. Chacun est ridiculement petit à côté de Dieu.

Imitons-Le...
Ce n'est que juste.
Et c'est toujours le meilleur.


Glycéra
images/icones/neutre.gif  ( 735191 )[réponse] par Rudy (2013-10-17 20:24:00) 
[en réponse à 735160]

dans ce cas là, ne pourrait-on pas essayer une médiation via les grands parents?
images/icones/neutre.gif  ( 735167 )Se faire décontaminer... par Glycéra (2013-10-17 17:12:01) 
[en réponse à 735155]



par les services du renouveau charismatique...

S'ils ont confiance en leurs prêtres, ils ont aussi les pouvoirs de chasser le Diable, d'enlever les traces nocives.

Leur parler dans ce sens : leur demander où ils en sont de leurs parcours et de leurs rencontres en ce but ?

Leur faire prendre conscience que Dieu aime chacun, à quelque bout de la terre qu'il soit, et leur demander de prier pour le village, afin d'en débarrasser les autres habitants du poison diabolique ?

Leur demander des nouvelles de leur vie nouvelle ailleurs, des bonnes choses qu'ils arrivent à construire ?


Qu'ont-il reçu de bon qu'ils n'auraient pas eu autrement, et les pousser à rendre grâce pour tout ce qu'ils ont ?

" Tout concourt au bien......"
pour tout le monde, eux et vous.
Et même pour nous, si nous nous trouvons un jour dans cette situation avec quelqu'un de proche... Ne rions pas de ces pollutions-là, il est des gens qui en chavirent !


Avec mes souhaits de courage.
Un apostolat concret !

Glycéra
images/icones/1n.gif  ( 735173 )Et si tout simplement! par Miserere (2013-10-17 18:21:33) 
[en réponse à 735155]

Sur votre conseil, il irait voir un prêtre, avant qu'il ne parte sur Mars.

UDP

Miserere
images/icones/neutre.gif  ( 735189 )attention! par Rudy (2013-10-17 20:04:06) 
[en réponse à 735155]

J'espère qu'au moins, vous écrivez ce message depuis ailleurs que chez vous? je dis ça, je dis rien, mais on n'est jamais trop prudent.