Le Forum Catholique
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( 735083 )
Problème des nouvelles traductions par Aétilius (2013-10-16 18:01:52)
Personne à ma connaissance n'en a parlé mais je trouve que ces nouvelles traductions liturgiques posent un gros problème :
1) Elles vont pour commencer rajouter à la pagaille ambiante, certains s'accrochant mordicus par exemple à leur "et ne nous soumets pas à la tentation" chéri
2) Ensuite, elles tentent de ménager la chèvre et le chou, et ne contentent donc personne, comme par exemple avec ce "et ne nous laisse pas entrer dans la tentation"
3) Surtout, elle prouve que l'Eglise depuis le dernier Concile a imposé durant des décennies au Peuple chrétien des textes au mieux aseptisés ("charité" et "miséricorde" traduits par le plat et polysémique aujourd'hui "amour"), au pire "hérésiphores", si je puis me permettre ce néologisme, comme "consubstantiel" rendu par "de même nature"
Pour finir, quel gâchis, de papier, d'énergie, et quel belle impression de girouette...

( 735089 )
Je kiffe mon prochain par Nemo (2013-10-16 18:55:30)
[en réponse à 735083]
Le problème en soi n'est pas uniquement celui de la fidélité des traductions. C'est aussi celui de leur actualisation.
Les langues vivantes évoluent et les traductions du missel ont en plus vieilli.
Les anglicans n'utilisaient pas jusqu'à récemment la langue vulgaire mais une langue élisabéthaine qui était figée, une sorte de langage liturgique immuable.
La plupart des religions vraies ou fausses avaient une langue sacrée.
Le problème vient des évolutions des langues vernaculaires.
Quand Pie XII avait modifié son psautier, bien des prêtres furent troublés de changements qui faisaient qu'ils ne connaissaient plus les textes par coeur. La notion de tradition en avait souffert.

( 735105 )
"langue élisabéthaine qui était figée" par John DALY (2013-10-16 21:01:19)
[en réponse à 735089]
Vous avez peut-être plus raison que vous ne pensez, Nemo. En effet Cranmer a fait le contraire de nos traducteurs liturgiques modernes : il a délibérément traduit les textes en un anglais qui était déjà archaïque au moment de sa parution. Ainsi il a su créer l'illusion d'antiquité même pour des textes de son cru; tout comme nos modernes savent créer l'illusion que les textes parfois traditionnels qu'ils traduisent ne sont pas anciens mais modernes, vulgaires et éphémères.

( 735115 )
Mais je l'entendais bien comme ça ! par Nemo (2013-10-16 23:10:04)
[en réponse à 735105]
En revanche je suis moins sûr pour le psautier sublime de Clément Marot et Théodore de Bèze

( 735153 )
Langue Elizabethaine par Ewe (2013-10-17 14:59:02)
[en réponse à 735105]
C'est vrai que :
Behold thy king cometh onto thee
au lieu de
Look your king comes to you
c'est autre chose.

( 735117 )
Et le latin ? par Aigle (2013-10-16 23:20:56)
[en réponse à 735089]
Tout à fait d ''accord avec vous aetilius et nemo.
A mon sens ces débats renforcent la légitimité du latin. Nous en serons facilement d'accord !

( 735093 )
D'accord avec vous sur le fond par megnace (2013-10-16 19:37:44)
[en réponse à 735083]
mais si on abandonne le latin " ne nos inducas etc... " la traduction "ne nous laisse pas etc..." c'est toujours mieux que "ne nous soumets pas".
Bien entendu restons fidèles au latin, nous ne nous tromperons pas.
Par ailleurs, vous êtes bien bon de considérer que "charité" et "miséricorde" sont remplacés par "amour". Pour ma part j'ai le sentiment que tout cela valse au profit de "tendresse" : plus plat tu meurs !

( 735102 )
Nouvelle traduction du Notre-Père par Jean-Paul PARFU (2013-10-16 20:59:03)
[en réponse à 735093]

( 735126 )
Toujours aussi ambigü par Leopardi (2013-10-17 08:45:01)
[en réponse à 735093]
Pour moi, "entrer en tentation" est équivalent à "être soumis à la tentation", non pas dans le sens d'être vaincu par la tentation mais d'être exposé à la tentation.
Or, être exposé à la tentation n'est pas un péché que je sache, mais un moyen de progresser.
Celui qui n'a jamais été tenté, que sait-il? disait un saint.
Donc, pour moi, aucune différence et nos anciens qui avaient opté pour "ne nous laisse pas succomber", s'il s'éloigne du texte original en termes de traduction, y est peut-être plus fidèle dans l'idée. En tous cas, il est beaucoup plus clair pour la majorité des gens, fidèles ou non.

( 735135 )
Vous avez raison, mais par Sénéchal (2013-10-17 11:01:13)
[en réponse à 735126]
c'est quand même un progrès notable qui nous fait sortir de l'hérésie explicite.
D'ailleurs la bureaucratie cléricale de France ne s'y est pas trompée qui freine des quatre fers.
Le plus drôle ce sont encore les contorsions sémantiques de l'inénarrable académicien-évêque Dagens, Claude:
"Dieu veut le bien de ses enfants, Il est donc celui qui enlève les obstacles qui se dressent sur son chemin. Il nous empêche d'être détruits par la tentation, quelle que soit la drogue, douce ou dure".
Vous n'avez rien compris? Moi non plus.

( 735151 )
cet article cité par Me PARFU par blamont (2013-10-17 14:50:48)
[en réponse à 735135]
est hallucinant:
.../...
"Pourquoi la hiérarchie catholique a-t-elle laissé perdurer cette ambiguïté ?
La formule "Et ne nous soumets pas à la tentation" a été le fruit de longues discussions avec les orthodoxes et surtout avec les protestants, après le concile Vatican II (1962-1965). Il y a eu, au moment du concile, une volonté de réformer la liturgie et le dialogue avec le monde. Il s'agissait d'aboutir à un texte commun aux trois religions.
Pour cette nouvelle traduction, il a fallu dix-sept années de travail à une équipe de traducteurs. C'est très long. Ils sont partis des textes originaux et non des traductions déjà existantes. La difficulté est bien souvent de rendre compte avec un seul terme de la plénitude de ce qui est exprimé.".../...
Si l'on comprend bien c'et pour faire plaisir aux hérétiques et schismatiques que l'on a bidonné le Pater dans les années 60.
il a fallu 17 ans de "réflexions" pour se rendre compte que cela n'était pas bon.
Ce que tout enfant de 12 ans avait déjà pigé en 1965 en comparant avec la formule traditionnelle.
De plus on annonce cela doctement sans se rendre compte du ridicule d e la chose.
Si l'Eglise s'est planté sur une prière -encore plus celle transmise en direct par Dieu-, que dire du reste?
On remarquera que l'on peut faire avaler n'importe quoi aux fidèles et qu'ils obéissent sans hésitation ni murmure durant des décennies en priant sur des paroles modifiées de façon contrainte et reconnues pas bonnes.
Enfin cela vaut mieux sinon c'est quasi l'excommunication. Faut pas déconner. Si le peuple (des fidèles) commence à penser, tout serait perdu ainsi que disait Voltaire.
A propos du texte commun aux trois religions, pourquoi ne pas avoir retenu le CREDO? Qu'on rigole un peu.
Au fait, le mgr Bugnini, bientôt canonisé? On a failli attendre.

( 735228 )
Ne nous laissez pas succomber par Mingdi (2013-10-18 11:08:13)
[en réponse à 735151]
La solution la plus simple pour ces super-experts en traduction eut été de dire : "fort bien, on s'est trompés, retour à la case départ". Trop simple! On ne va tout de même pas donner raison à ces intégristes qui refusent d'entrer dans le domaine enchanté de Vatican II. Mettez-vous bien ça dans la tête. La page est tournée. On ne reviendra pas en arrière. Place à la civilisation de l'amour et de l'Homme qui se fait dieu.

( 735152 )
désaccord complet avec votre raisonnement absurde par Luc Perrin (2013-10-17 14:54:57)
[en réponse à 735083]
qui revient à dire : la traduction est très mauvaise mais gardons la quand même car cela nous ennuie de changer pour en avoir une bonne.
L'ami Gribouille n'est pas loin ...
J'ajoute que c'est exactement ce que les néo-liturges les plus fanatiques et ceux qui ont promu les pseudo-traductions volontairement erronées qui tenaient ce langage aux USA, il y a peu.
La nouvelle traduction est en outre réclamée depuis ... 2001 !
Douze ans plus tard, elle pointe le bout du nez : ce n'est pas trop tôt.
Les traductions-trahisons que vous défendez indirectement, elles, avaient été imposées en un tour de main, dès 1964-1966 puis 1967 en zone francophone, dès 1964 en zone anglophone.
Enfin la nouvelle traduction anglophone est en vigueur depuis l'automne 2011 et personne n'a rapporté aucun des inconvénients imaginaires que vous listez avec complaisance.

( 735305 )
Non cher Luc par Aigle (2013-10-18 21:04:31)
[en réponse à 735152]
Il y a un vrai problème dans ces traductions changeantes : on accrédite que l'église et donc la foi est changeante. Et de plus qu elle est sujette à l'erreur puisque dans ce cas ce n'est pas la langue qui a évolué ce qui justifierait une adaptation en français moderne par exemple. Mais c'est la traduction des sixties qui était faussé et a été imposée à tort pendant 50 ans !
Tout cela n'a qu'un intérêt : renforcer la crédibilité d'une langue morte par rapport aux variations engendrées par les traductions !