Le Forum Catholique
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( 734566 )
question théologique par ooo (2013-10-11 21:23:22)
C'est une question que je me pose suite au sujet sur Lamentabili :
Puisqu'on ne perçoit pas la grâce, comment peut-on la repousser de manière coupable? Car cela suppose que l'on fasse exprès de la repousser, et donc qu'on la perçoive (même chose pour ce qui est de l'accepter).

( 734571 )
Question intéressante et difficile en effet ! par Jean-Paul PARFU (2013-10-11 22:03:34)
[en réponse à 734566]
Le problème posé est celui de la grâce et de la liberté.
Habituellement, sauf grâce sensible ou mystique, nous ne pouvons savoir si nous agissons ou non mus par la grâce, mais nous connaissons la loi morale naturelle qui est inscrite dans notre coeur et qui a été rappelée par Dieu à Moïse sous la forme des Dix Commandements, les commandements de l'Eglise et son enseignement : "Si je n'y suis (en état de grâce), Dieu m'y mette ; si j'y suis, Dieu m'y garde", répondit Jeanne d'Arc à ses juges qui tentaient de la piéger.
Si nous sommes éprouvés par Dieu, comme ce fut le cas des anges, agissant non seulement sous la motion de la grâce habituelle, mais d'une grâce actuelle (qui peut aussi être prévenante si nous ne sommes pas en état de grâce), l'épreuve est conçue par Dieu de telle manière que notre liberté doive s'exprimer totalement. La condition est donc même que nous ne soyons pas conscients (ou pleinement conscients) de l'épreuve à laquelle nous sommes soumis. Normalement, la motion de la grâce est suffisante pour ne pas pécher, c'est-à-dire pour faire le bon choix moral en toute liberté.
Mais c'est quand même terrible, d'une certaine manière !
Vous pourriez poser votre question aux tiers des anges, et notamment à celui qui fut le premier d'entre eux (avec lequel en fait il vaut mieux ne pas parler ...) et qui pensaient ne jamais pouvoir chuter ...
En tout état de cause, et quel que soit le mode d'action prévu par l'Auteur de la grâce, nous devons coopérer à la grâce, ce qui suppose la liberté pleine et entière de celui qui fait l'objet de cette épreuve (homme ou ange) !

( 734586 )
par le péché originel par Brutus (2013-10-12 00:35:57)
[en réponse à 734566]
c'est certainement son effet principal de nous faire renoncer à priori à l'amour de Dieu.
Ceci dit n’étant ni savant ni théologien peut être pourriez vous prendre le temps de regarder voire contempler la sainte Vierge.
Lorsqu'elle dit "oui", qu'il me soit fait selon votre parole, croyez vous qu'elle perçoive la grâce dont il est question? Je ne le crois pas. Relisez le magnificat. Elle commence seulement, combien de temps après, à comprendre que Sion n'est pas un lieu mais une personne, en l'occurrence elle-même.
Et même au Ciel elle n'a pas l'absolue connaissance de toute la grâce.
Alors? en fait on s'en fiche un peu de percevoir ou non la grâce.
Il suffit de faire confiance.
Fiat et advienne que pourra.
Relisez les récits des apparitions mariales. Voyez les messages. Il manque quelque chose. Un certitude totale. un pouvoir.
C'est que même là la Vierge laisse toute sa place à la Providence.
Il y a cette forme d'humilité qui consiste à faire comprendre que même si je vous le dis c'est Dieu qui agit. Laissez le faire.
Seigneur entre tes mains je remets mon esprit, mon intelligence et mes savoirs.
ce qui est coupable revient à préférer la créature au Créateur même lorsque la créature c'est soi-même.

( 734595 )
Je crois que la question de ooo par Jean-Paul PARFU (2013-10-12 09:07:13)
[en réponse à 734586]
vient d'une conception un peu erronée des choses.
En fait, il se dit : la grâce fait "toc, toc, toc" à la porte, mais on me dit que je ne peux pas l'entendre (sauf cas extraordinaires), et que pourtant je serai condamné si je n'ouvre pas la porte. Bien entendu, tout cela est absurde.
Non ooo ! La grâce entre en nous de toute façon, mais :
- soit nous agissons sous sa motion,
- soit nous bloquons en nous l'impulsion qu'elle souhaite nous donner.

( 734596 )
certainement par Brutus (2013-10-12 09:24:04)
[en réponse à 734595]
avez vous raison
Cependant il me semblait que 000 s’inquiétait de savoir comment il pouvait bloquer en lui l'impulsion que la grâce pouvait lui donner sans en avoir conscience, fut ce au travers d’éléments sensibles.
Comment puis je être compté au nombre des coupables si je n'ai pas posé un choix éclairé et volontaire de refus.
le péché originel et son dérivé la concupiscence est la réponse, me semble til.
la grâce reste un don premier de Dieu que l'on ne peut ni perdre comme on perd ses clefs ni refuser. on peut juste se mentir à soi meme en imaginant qu'elle n'existe pas.

( 734598 )
Vous appelez ça comme vous voulez Brutus par Jean-Paul PARFU (2013-10-12 09:35:18)
[en réponse à 734596]
Mais on peut faire obstacle à la grâce, contrister l'Esprit-Saint, s'opposer à l'Esprit-Saint, etc ...
C'est tout le mystère du péché !

( 734601 )
Lorsqu'on dit Brutus par Jean-Paul PARFU (2013-10-12 09:51:04)
[en réponse à 734598]
que l'on a perdu l'amitié de quelqu'un, on ne sous-entend pas qu'on va regarder sous la commode pour voir si ce n'est pas là qu'on l'a égarée. C'est clair !!!

( 734605 )
Mais lorsqu'on par Brutus (2013-10-12 10:14:58)
[en réponse à 734601]
va chercher sous la commode ce que l'on a perdu c'est que l'on ressent le manque de cette chose, non pas tant un manque numérique ni même un manque un manque d'usage mais plutôt un manque ontologique.
La brebis perdue par le berger c'est une part de lui qui est perdue.
Notons que l'Ecriture ne dit pas: la brebis s'est perdue mais bien le berger a perdu une brebis.
Ainsi nous ne pouvons pas perdre la grâce, qui n'est pas à nous,à peine pouvons nous nous retrouver seul, séparé de l'amitié avec Dieu et encore n'est ce qu'a temps, ce dernier venant nous retrouver au milieu du désert.
Notons enfin qu'une fois retrouvée la brebis qui été perdue, le berger la met sur ses épaules pour faire le retour..en grâce.

( 734606 )
Ce que vous décrivez Brutus par Jean-Paul PARFU (2013-10-12 10:25:39)
[en réponse à 734605]
C'est l'amour de Dieu pour nous, mais se pose aussi le problème de notre réponse à sa grâce.
Il n'y aurait pas sinon tant de brebis égarées et définitivement perdues !
En outre, on ne se moque pas de Dieu et la grâce ne repasse pas forcément aussi vite ! Je ne parle pas ici forcément de la grâce sacramentelle que l'on récupère après une bonne confession, mais de la grande grâce de sa vie par exemple !

( 734641 )
[réponse] par ooo (2013-10-12 19:47:59)
[en réponse à 734595]
En fait, il se dit : la grâce fait "toc, toc, toc" à la porte, mais on me dit que je ne peux pas l'entendre (sauf cas extraordinaires), et que pourtant je serai condamné si je n'ouvre pas la porte.
Oui, c'est exactement ce que je me suis dit. Mais c'est justement parce que je vois que c'est absurde que je pose ma question.

( 734615 )
liberté par jeanbrent (2013-10-12 11:27:03)
[en réponse à 734586]
........il est une autre manière, me semble t il, plus simple, qui répond à votre interrogation et qui s'impose sans peine .
la dichotomie entre grace et liberté n'est qu'une aporie de façade ; En effet, il nous revient de considérer que le vrai scandale n'est PAS le Mal mais la LIBERTE .
(relire Bernanos)
avec son corrolaire qui renverse l'habituel "pardon Seigneur ..." en " Seigneur, je Te pardonne.."

( 734686 )
En tous cas... par Lucas (2013-10-13 10:33:54)
[en réponse à 734615]
Je ne sais pas si le vrai scandale réside dans la liberté, mais, pour moi, le grand mystère reste celui du Mal. En éffet, comment est-il possible de refuser l'amour de Dieu, et donc sa grâce , en toute connaissance de cause? Et pourtant, c'est possible . Je ne dirais quand même pas, que le vrai scandale réside dans la liberté, car elle fait notre dignité et est un don d'amour de Dieu. Mais quel don terrible!
Mais celui qui se damne, le fait en toute connaissance de cause .Il a péché contre l'Esprit Saint.
Lucas.

( 734692 )
La liberté ne réside pas dans le grand nombre de choix possibles... par Glycéra (2013-10-13 12:54:09)
[en réponse à 734615]
(liberté = tous les choix sot accessibles = matérialisme de la quantité (des options visibles) ! opposé à l'unité d'être que nous avons à imiter : Dieu est Un, Sa pensée et Son acte sont Un)
La liberté, c'est de faire ce pourquoi on est fait : par nature et par grâce.
- par nature : en connaissant notre structure, nos capacités actuelles, donc nos passions, nos désirs et nos possibilités intérieures et extérieures
- par grâce : en compensant nos fautes, en nous relevant de nos chutes ou en revenant dans n otre voie si on s'en est écarté, et en recevant à l'intérieur ou à l'extérieur (évènements) les impulsions et les forces divines pour faire l'action (actuelle) du plan de Dieu.
Refuser la grâce ?
Oui, si on ne l'entend même pas parler !
Parce qu'on ne sait où ni quand l'écouter, la lire, la voir ;
Parce qu'on s'est rendu sourd auparavant ; ou par refus de s'exercer à entendre !
Parce que les conséquences de notre acte, et leur méfaits ou stupidités nous révéleront ce que Dieu voulait... C'est le débriefing de nos actes qui le dira, et parfois Dieu nous enseigne ainsi.
Apprendre à la déceler ?
Oui, si on le demande...
Oui, si la prière est répétée : Mon Dieu donnez-moi de voir votre voie.
Le péché est une sortie de la voie divine...
Il me semble utile de distinguer la capacité, la responsabilité, la culpabilité, et la volonté de refuser en toute conscience de refus.
La grâce est gratuite (étymologie).
Elle est multiple, comme nos actes et nos demandes à Dieu.
Elle est présente, toujours, sauf si nous avons délibéré en nous et délibérément refusé (ou refusé de demander) cette force gratuite.
Dieu ne condamne pas celui qui a gaspillé sans le savoir...
Il le secouera peut-être un peu plus la prochaine fois...
Les oreilles de l'âmes s'affinent au cours des prières...
Dieu ne refuse jamais rien à qui demande...
Jésus le dit et répète.
Avec mes dominicales salutations
Glycéra

( 734612 )
Réponse très rudimentaire: la Providence garde le bras long par Athanase (2013-10-12 11:00:50)
[en réponse à 734566]
On peut dire que la grâce, Dieu ne refuse pas de la donner, mais il y a toujours cette liberté humaine. Dieu tend toujours la main et permet toujours de se racheter, de sauver. Mais du côté des hommes, il y a cette liberté qui leur permet de refuser. Même celui qui semble refuser Dieu, son Eglise, a, à certains moments, des petites perches.
Plus généralement, je dirais que la grâce n'est pas aussi rare qu'on le pense. Cette non-rareté de la grâce est peut-être la meilleure réponse aux partisans du surnaturalisme qui confondent nature et grâce. Au rebours de ces derniers, on peut dire que la grâce n'est pas naturelle, ni due en raison de notre nature: elle est donc gratuite. Mais elle n'est pas aussi rare que ne le pensaient les jansénistes. C'est peut-être en raison de ces derniers que certains ont voulu "naturaliser" la grâce (cf. le désir naturel de voir Dieu).

( 734733 )
Deux réponses de grandes âmes... par Glycéra (2013-10-13 21:44:03)
[en réponse à 734566]
Fais ce que tu peux, disait saint Augustin, et ce que tu ne peux pas, demande-le au Seigneur, et il te l'accordera !
Seigneur, pardonnez-moi les erreurs que j'ai faites, et réparez le bien que je n'ai pas fait !
Je ne sais plus qui a écrit cela.