Le Forum Catholique
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( 734536 )
Dérive de la Compagnie de Jésus par Alonié de Lestre (2013-10-11 17:36:27)
À quel moment dans l'Histoire et pour quelles raisons la Compagnie de Jésus s'est mise à dériver. Est-elle vraiment à la dérive ? Est-ce que Saint Ignace et Saint François Xavier la reconnaîtraient aujourd'hui ? Autrefois fer de lance de la Contre-Réforme, rempart contre le jansénisme, comment a-t-elle pu produire des Teilhard de Chardin, von Balthasar, Arrupe, de Lubac, Martini, etc.

( 734542 )
Luc Perrin a donné quelques éléments ici : par Gaspard (2013-10-11 17:50:23)
[en réponse à 734536]

( 734543 )
Il faut lire le livre de par Diafoirus (2013-10-11 17:53:55)
[en réponse à 734536]
Malachi Martin :
Les Jésuites.
Je ne suis pas assez compétent pour juger de la valeur de ce livre, mais à la suite de sa lecture, beaucoup de points troubles se sont éclairés pour moi.
Malachi Martin est le pseudo d'un jésuite.
http://www.amazon.fr/J%C3%A9suites-Malachi-Martin/dp/2268007669/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1381506543&sr=1-1&keywords=les+jesuites+malachi+martin
lien

( 734545 )
au-delà de la "dérive" mais je nuancerais par Luc Perrin (2013-10-11 18:02:02)
[en réponse à 734536]
votre liste me paraît bien extensive et injuste.
Un Hans Urs von Balthasar ne peut être mis dans le même sac qu'un Carlo Maria Martini par ex. : d'abord le premier a quitté la Compagnie et surtout il a été un défenseur de Rome et du pape, ce qui n'est pas le cas du second.
De même entre le cardinal de Lubac et le redoutable Préposé général Arrupe, il y a un océan.
En fait, les Jésuites ont été travaillés de longue date, depuis le début du XXe siècle, par des courants réformateurs dont la visée était logique et louable au départ : fidèles à la mission intellectuelle de la Société de Jésus, il s'agissait de tenter de dire la foi dans les domaines et les termes des systèmes de pensée modernes.
Le risque quand on est parachuté en zone ennemie, loin de ses bases, est d'être retourné par l'adversaire. C'est ce qui est arrivé en partie à nos pionniers jésuites :
- soit ils ont été séduits par certains aspects du libéralisme via la pensée labile et fragile de Maurice Blondel (le maître d'Henri de Lubac et avec lui et d'autres de toute ladite École de Fourvière, plus Rahner etc.)
- soit ils ont versé gros-jean comme devant dans le philo-marxisme ou dans le complexe vis-à-vis du marxisme et cela donne le Père Arrupe et sa théologie de la Libération, son décret 4...
Depuis les années 1980-1990, ils sont tombés dans la potion pas magique de l'inculturation interreligieuse confusionniste totale : c'est du Mateo Ricci mais mal compris et réinterprété dans une pensée néo-libérale.
Voilà un peu comment par ces 3 voies, nous avons nos Obelix néo-jésuites actuels devenus Arrupiens et ayant presqu'oubliés saint Ignace et ses glorieux compagnons et les martyrs et confesseurs, les penseurs de "l'intégralisme" qui déplaît tant à J. Famerée et bien d'autres comme un évêque académicien.
C'est pourquoi je révise mon jugement sur Clément XIV qui en 1773 avait peut-être tenté, par un geste prophétique, de sauver l'Église d'une plaie future.
Je ne sais si le Saint Père ouvrira un dossier rapide de béatification du bon pape Clément ...

( 734557 )
Un point étonnant par Aigle (2013-10-11 20:17:32)
[en réponse à 734545]
Je connais mal ces sujets mais il me semble étonnant que nos crypto marxistes des années 1950 à 1980 n'aient pas d'héritiers . De même que les crypto freudiens ou même dans une moindre mesure les tiers mondistes post 68 ards
A l'inverse les penseurrs dominants d l'innovaion théologique radicale épousent de nouvelles lubies comme le dialogue inter religieux, variante catholique du multiculturalisme en vogue en particulier chez les anglophone saxons, l'antiracisme, etc...
Je suis vraiment tenté par l'interprétation suivante : ce n'était pas le fond de ces doctrines qui plaisent ou plaisaient mans simplement leur caractère nouveau et même anti traditionnel. Bref encore 20 ans et lorsque les médias dominants auront changé de lubies (par ex seront devenus islamophobes) tous ces intellectuels tracassés et obsédés par l'idée d'être à la mode passeront à la trappe !

( 734560 )
Ces clercs ont abandonné le combat spirituel par Jean-Paul PARFU (2013-10-11 20:39:04)
[en réponse à 734557]
l'honneur de défendre le Christ envers et contre tout et tous, pour se complaire dans les idées à la mode.
En un mot, ils ont voulu (ou veulent encore) plaire aux hommes au lieu de plaire à Dieu !
Si demain la mode est au traditionalisme, ils redeviendront traditionnels, mais nous n'aurons plus confiance en eux !

( 734562 )
Plaire aux hommes et au monde par Aigle (2013-10-11 20:42:55)
[en réponse à 734560]
Tout est là cher maître tout est dit. Faire prévaloir l'opinion du Monde sur les vérités de la Foi (ou la Vérité tout court).
Cela étant quand la mode ecclésiastique était à la Tradition il y avait certainement des opportunistes de la Tradition. Ils ont d'ailleurs déserté bien vite après 1965 ...

( 734565 )
C'est évident ! par Jean-Paul PARFU (2013-10-11 20:56:57)
[en réponse à 734562]
Mais comment reconnaître ceux qui n'étaient que des opportunistes ?
C'est Mgr Lefebvre qui expliquait à ses séminaristes que parmi ceux qui s'étaient révélés les plus virulents des modernistes à partir des années 60, certains avaient été, notamment lorsqu'il était au séminaire français de Rome avec eux, les plus virulents anti-modernistes, qu'ils avaient même été des modèles pour lui et avaient même soutenu d'excellentes thèses de doctorat en philosophie et en théologie ?!
Je crois qu'il faisait notamment allusion aux Ancel, Garonne et compagnie !
Les Evangiles eux-mêmes ne nous montrent-ils pas bien sûr Juda, mais aussi le pauvre St Pierre, d'abord prêt à en découdre avec le monde entier pour finalement s'écraser devant une simple femme ?

( 734592 )
Merci M. Perrin par Alonié de Lestre (2013-10-12 04:13:45)
[en réponse à 734545]
Votre réponse est éclairante comme toujours.

( 734585 )
Les jésuites: rempart contre le jansénisme! quelle bonne blague! par baudelairec2000 (2013-10-12 00:17:30)
[en réponse à 734536]
Vous n'en auriez pas d'autres comme celle-ci?
S'il y a une polémique au cours de laquelle et à l'issue de laquelle la Compagnie de Jésus a laissé des plumes, c'est bien l'interminable querelle autour de la grâce qui mit aux prises ceux, d'une part, qu'on finit par appeler les Jansénistes et, d'autre part, les jésuites et le pouvoir royal pendant des décennies. Pascal, dans les Provinciales, a brillamment défendu la cause de Port-Royal, et ridiculisé des Jésuites sclérosés, un siècle à peine après leur création, parce qu'enfermés dans des raisonnements formalistes, appliquant des recettes pour penser. La logique des Jésuites, quelle horreur, leur spiritualité, du volontarisme à l'état pur. Pas étonnant que les partisans de saint Augustin sur la grâce se soient opposés aux Molinistes. Permettez-moi de renverser votre proposition:
Les Jansénistes, rempart contre les Jésuites.
Quelques rappels:
Un précurseur du jansénisme, Baïus, professeur à Louvain, avait entrepris d'aborder le problème de la grâce, dans une perspective opposée à celle de la scolastique, en faisant référence uniquement à la patristique. Il passait ainsi par dessus de longs siècles de développements. ses adversaires déférèrent au pape Pie V une liste de 76 propositions "attribuées" - le procédé sera appelé à se renouveler - à Baïus. Celui-ci prétend ne pas reconnaître sa véritable pensée, peu importe, les 76 propositions sont condamnées quoique modérément (1567). De là une opposition à Louvain entre la Faculté de Théologie, acquise aux idées augustiniennes, et le collège des Jésuites, au sein duquel on se réjouissait de la condamnation de Baïus.
La querelle dure encore lorsque Jansénius en 1640 fait paraître son Augustinus, gros ouvrage de 1300 pages sur la grâce, en se fondant sur la pensée de saint Augustin. L'ouvrage était bientôt condamné par un décret de l'Inquisition (août 1641) mais la condamnation ne fut pas reçue aux Pays-Bas; une bulle "In eminenti" (6 mars 1642) rééditait la bulle de Pie V contre Baïus, les décrets de 1611 et 1625 prescrivant le silence dans la question de la grâce.
Le problème se déplaçait alors en France; il faut dire que Jansénius avait fréquenté dans les années 1611-1616 le futur abbé de Saint-Cyran, que celui-ci le retrouvera en 1621 à Louvain. Ce n'est pas vraiment à Jansenius que Saint-Cyran doit son augustinisme, mais à Bérulle, le fondateur de l'Oratoire en France, grande figure mystique du premier dix-septième, de plus supérieur des Carmels français. Or, en fondant l'Oratoire, Bérulle contrariait directement les projets de la Compagnie en matière d'enseignement. Bérulle, pour qui le triomphe du catholicisme en Europe était une nécessité,et pour qui tout compromis avec le protestantisme était interdit, n'allait pas tarder à s'opposer à Richelieu. Le ministre de Louis XIII fit prévaloir la politique que l'on sait; Bérulle fut disgrâcié, entraînant avec lui l'homme de l'ombre, Saint-Cyran, qui, à la mort de Bérulle, parut être son successeur à la tête du parti dévôt. Il s'attira par là-même la haine du cardinal.
En 1635, Jansenius fait paraître un pamphlet, le Mars gallicus, un ouvrage dirigé contre Richelieu, dénonçant l'alliance avec les protestants d'Allemagne. Après de nombreuses provocations du milieu dévôt - c'est comme cela que Richelieu voit les choses - le cardinal fait enfermer Saint-Cyran le 14 mai 1638, au château de Vincennes. Dans le mois qui suit la mort de Richelieu, Saint-Cyran sort de prison, auréolé aux yeux de ses partisans du martyre (janvier 1643). Voilà comment un problème religieux devient un problème politique. La lutte contre les jansénistes devait se poursuivre pendant des décennies, d'abord avec Mazarin qui voulait en finir avec le parti dévôt, puis avec Louis XIV, qui ne cessera de faire intervenir Rome par des condamnations qui ne servent à rien, sinon à renforcer le camp des adversaires résolus de la monarchie française.
On sait en effet que ce devient le parti janséniste au XVIII e; on assiste à un collusion du jansénisme et des gallicanisme parlementaire. Jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières obtiendront en 1773, si ma mémoire ne me joue pas des tours, la destruction de la Compagnie de Jésus.
Bibliographie sur le Jansénisme:
- Jean Orcibal, Saint-Cyran et le jansénisme (Le Seuil, 1961)
- René Taveneaux, La vie quotidienne des Jansénistes (Hachette, 1973)
- Louis Cognet, Le Jansénisme (Que sais-je?, PUF)
- Antoine Adam, Du mysticisme à la révolte (Fayard, 1968)
- Aimé Richardt, Le jansénisme (F.-X. de Guibert, 2011)

( 734588 )
vous faîtes dans le paradoxal par Luc Perrin (2013-10-12 00:41:16)
[en réponse à 734585]
Le jansénisme est resté un courant dissident et de bien moindre importance que celui ultramontain alors impulsé par les Jésuites entre autres.
Sans le parti philosophique en France, sans la mentalité gallicane encore répandue, sans surtout la haine très intéressée du marquis de Pombal et du ministre favori du roi d'Espagne, les Jésuites auraient survécu aux coups d'épingle jansénistes.
N'oublions pas que le second jansénisme est la source de plusieurs des dérives néo-liturgiques embrassées en toute conscience par les fabricants du N.O.M (cf. Martimort et Jounel en particulier).
Alors certes les Jésuites d'antan, qui avaient bien des mérites, n'ont pas été jusqu'au bout un "rempart" parfait mais ils ont fait quand même rempart pendant plus d'un siècle.
Ma suspicion envers l'arrupisme ne va pas jusqu'à dénier à la Société de Jésus ses titres de gloire du passé au temps où elle travaillait vraiment ad majorem Dei gloriam.