De manière plus spécifique, le catholicisme, dans ce qu'il a de plus étroitement confessionnel et typique [note 3. Je vise ici ses marqueurs identitaires les plus prononcés.], est travaillé par une tendance lourde à l'intégralisme : une tendance à "quadriller" l'intégralité du territoire où il est présent et l'intégralité de l'existence de ses membres en la multiplicité de ses dimensions (ritualité, éducation, morale, engagement social et politique), au risque d'occulter de facto l'autonomie de conscience des catholiques et d'adopter une posture polémique d'opposition à tout ce qui semble entraver cette emprise (posture anti-protestante, anti-révolutionnaire, anti-libérale, anti-moderne). [il aurait pu ajouter anti-bourgeoise]. Tel est le système "catholique", fondé sur le pouvoir de juridiction universelle et le magistère infaillible du pape, comme il s'est constitué à la suite du concile de Trente et a été précisé dogmatiquement par le concile Vatican I.Cette structure autoritaire, pyramidale, monarchique se combine subtilement avec une piété populaire vivace, alimentée par des dévotions affectives (mariale, eucharistique, culte des saints...). Telle est, me semble-t-il, l'essence complexe du catholicisme étroitement confessionnel, qui fait sa force sociologique et sa faiblesse évangélique.
Telle est, me semble-t-il, l'essence complexe du catholicisme étroitement confessionnel, qui fait sa force sociologique et sa faiblesse évangélique.