Le Forum Catholique

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images/icones/1p.gif  ( 734498 )Révolution liturgique dans le Chiapas par Leopardi (2013-10-11 12:18:37) 

Le Pape autorise la mess et les sacrements en tzotzil et en Tzetzal, les antiques langues indigènes pré-colonisation du Mexique.

Qui a dit que le pape ne s'intéressait pas à la liturgie?

ICI
images/icones/1n.gif  ( 734502 )Où est le problème ? par Gaspard (2013-10-11 12:56:59) 
[en réponse à 734498]

Je ne vois pas bien où est le problème. Si on peut dire la messe en français, pourquoi pas en tzotzil et en tzetzal ?
images/icones/bravo.gif  ( 734533 )bien vu Gaspard aucune "révolution" par Luc Perrin (2013-10-11 17:21:27) 
[en réponse à 734502]

c'est évident.


Les deux seules restrictions, prudentielles, tiennent à l'extension numérique de ces 2 langues d'une part, à la qualité des traductions d'autre part.

Jusqu'à présent, Rome freinait la multiplication des traductions pour de trop petites langues, notamment parce qu'il n'y a pas à Rome de spécialistes pour toutes les langues de la terre...
Dès lors il est plus délicat d'apprécier la rectitude des traductions et de voir les écueils culturels spécifiques dans l'emploi de tel ou tel mot/expression.
images/icones/1n.gif  ( 734509 )Je m'étonnes même par jejomau (2013-10-11 13:46:56) 
[en réponse à 734498]

que cette autorisation ne survienne que maintenant !
images/icones/ancre2.gif  ( 734515 )Les deux problèmes et l'avantage par Paterculus (2013-10-11 14:24:45) 
[en réponse à 734498]

Les deux problèmes qui peuvent survenir sont :
- la capacité des autorités romaines à vérifier la rectitude des traductions, comme c'est leur rôle ;
- la division entre catholiques qui deviendraient incapables d'assister à la messe ensemble.
Ce dernier inconvénient peut être surmonté si toutes les communautés en présence sont capables de suivre la messe en latin dans les grandes occasions.

L'avantage est de permettre à des cultures de survivre dans ce qu'il y a de plus haut, la prière.

Je me dis souvent qu'il est dommage que l'Eglise catholique, qui parle toutes les langues du monde, et qui est à l'origine du fait, pour un grand nombre d'entre elles, qu'elles soient écrites, ne dispose pas, à Rome, d'une université chargée de l'étude des langues et de la linguistique. Cela serait un remède au premier inconvénient signalé ci-dessus.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche3.gif  ( 734518 )langues de prière par Lycobates (2013-10-11 15:16:13) 
[en réponse à 734515]


L'avantage est de permettre à des cultures de survivre dans ce qu'il y a de plus haut, la prière.



C'est en effet un grand bien, personne de sensé ne le nierait.
Mais, vous le savez bien sûr, cher Paterculus, il y a prière et prière.

Il y a la piété de tous les jours, d'abord privée, des fidèles, les prières et pratiques pieuses telles que nos catéchismes les enseignent, dans les langues les plus diverses, approuvées par les autorités compétentes, à côté de la doctrine de la foi qui doit être prêchée et apprise dans la langue des ouailles aussi.

Et il y a la prière officielle de l'Eglise, qui s'exprime de façon uniforme et consacrée par l'usage des siècles dans la divine Liturgie: la Messe et l'Office divin, qui se font, en principe exclusivement, dans la langue de l'Eglise, qui est en Occident le latin.

Si tout le monde arrivait à saisir et accepter cette différence une fois pour toutes, nous n'aurions pas la situation que nous déplorons tous actuellement.
images/icones/ancre2.gif  ( 734540 )Certes, mais... par Paterculus (2013-10-11 17:41:17) 
[en réponse à 734518]

Certes, cher Lycobates, le latin est la langue liturgique de l'Occident chrétien.
Mais le rite romain est devenu, du fait des missions de ces derniers siècles, le rite de nombreux peuples qui ne sont pas occidentaux.
Donc je suis pour l'existence côte à côte des deux langues liturgiques pour ces peuples.
VdP
images/icones/fleche3.gif  ( 734521 )il est vrai que certaines langues par jejomau (2013-10-11 15:22:23) 
[en réponse à 734498]

non européennes et par conséquent qui ne sont pas issues du fond grec et latin qui ont façonné notre civilisation et dans laquelle a vécu le Christ, n'ont pas forcément tous les mots adaptés pour rendre compte de la Transusbstantiation lorsque le prêtre célèbre la messe.

C'est le cas avec le Khmer. Il n'y a que depuis très peu de temps que l'on peut traduire des mots comme "eucharistie" par exemple (et surtout rendre de la réalité qu'il signifie) puisque ce mot n'existait pas !

C'est ce que souligne avec justesse l'évêque de Phnom Penh quand il dit :

L'Eglise a fourni un travail considérable d'apprentissage de la langue et d'inculturation. Il y a encore un demi-siècle, le clergé missionnaire parlait vietnamien. Maintenant, il parle cambodgien


Les difficultés à traduire les mots de la foi chrétienne révèlent la nouveauté du christianisme dans la culture. Ce n'est pas difficile de traduire Jésus... Et ensuite ? Il faut que ce nom prenne un sens


Un autre phénomène consiste à considérer la religion comme un fait identitaire. C'est le cas en Inde où le nationalisme est lié à l'Hindouisme et quiconque adopte une autre religion devient... un traître. Un paria qu'il faut rejeter. C'est le cas également au Cambodge :

Les Cambodgiens parlent de « la religion de Jésus » comme d'une religion étrangère et pensent notamment que nous ne respectons pas les parents, après leur mort, en ne faisant pas suffisamment de prières. Et puis être cambodgien signifie être bouddhiste. Pour certains, se convertir au christianisme peut même constituer une trahison à son pays. Le bouddhisme est ici religion d'Etat


Comprenons bien qu'il s'agit d'une véritable trahison ! La personne est rejetée. On lui ferme les portes. Les fêtes nationales sont des fêtes religieuses bouddhistes ! Sur le passeport khmer est inscrit : "Nation - Religion - Roi"

Je ne sais pas quel est le contexte dans lequel s'inscrivent ces langues pré-colombiennes mais on peut comprendre parfois à quelles difficultés les missionnaires ont affaire.
images/icones/livre.gif  ( 734613 )Au concile Vatican II, Mgr de Castro Mayer ne s'opposait pas... par Athanase (2013-10-12 11:14:10) 
[en réponse à 734498]


... que la messe soit intégralement dite en langue vulgaire, dans les lointaines contrées amazoniennes. Je crois que ce propos est relaté par le RP WILTGEN, dans son ouvrage Le Rhin se jette dans le Tibre. A mon humble avis, un opposant aussi net aux dérives et réformes liturgiques pouvait admettre des cas de nécessité. La question des langues vulgaires est plus complexe que que celle des actuelles crises liturgiques. Dans la Porte latine, j'ai pu lire le témoignage d'un prêtre de la FSSPX qui affirmait qu'il valait moieux que le VOM soit dit en chinois que le NOM en latin. Il y a, tout simplement, un problème de doctrine, un problème que soulève le NOM, indépendamment de ses traductions.

A mon humble avis, le vrai problème réside, outre le texte du NOM lui-même, dans ses traductions.