Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 734513 )Le serment anti-moderniste, qui........ par Anne Charlotte Lundi (2013-10-11 14:08:06) 

encore maintenant dans l'Eglise prête ce serment ?

Et quand...? A l'ordination ? Dans d'autres cas ? Lesquels ?

Peut-on le prêter plusieurs fois ?




images/icones/ibp.gif  ( 734520 )A priori le corps professoral de l'IBP par AJT (2013-10-11 15:20:52) 
[en réponse à 734513]

Voir ici, en fin d'article : COURTALAIN

AJT
images/icones/info2.gif  ( 734523 )Ce serment par Lycobates (2013-10-11 16:04:51) 
[en réponse à 734513]

est prescrit par le motu proprio Sacrorum Antistitum de saint Pie X, du 1 septembre 1910.

Il est obligatoire:

- pour les enseignants dans les séminaires et universités;

ensuite:
- pour les sous-diacres (avant d'être ordonnés au sous-diaconat);
- pour tout prêtre, avant de recevoir la juridiction pour les confessions et l'autorisation pour prêcher;
- pour les curés et chanoines avant d'accepter leur charge;
- pour tous les employés des curies diocésaines et pontificale, ainsi que des tribunaux ecclésiastiques;
- pour tous les supérieurs et enseignants des congrégations religieuses avant d'accepter leur charge.

Le serment peut donc être prêté plusieurs fois de suite, selon les circonstances; il doit être signé par écrit.
On y ajoute la professio Fidei tridentina du pape Pie IV.

images/icones/hein.gif  ( 734527 )Et les simples laïcs ? par Alonié de Lestre (2013-10-11 16:49:50) 
[en réponse à 734523]

Pouvons-nous, en tant que simples laïcs catholiques, prêter ce serment ?
images/icones/carnet.gif  ( 734532 )oui pour la Professio fidei de 1989 par Luc Perrin (2013-10-11 17:13:16) 
[en réponse à 734527]

mais certaines catégories bien spécifiques en ont l'obligation comme la mienne, les théologiens ayant une mission d'enseignement.

"22. La collaboration entre le théologien et le Magistère se réalise d'une manière spéciale quand le théologien reçoit la mission canonique ou le mandat d'enseigner. Elle devient alors, dans un certain sens, une participation à l'œuvre du Magistère auquel la rattache un lien juridique. Les règles de déontologie qui découlent par elles-mêmes et avec évidence du service de la Parole de Dieu se trouvent renforcées par l'engagement que le théologien a pris en acceptant sa tâche ainsi qu'en émettant la profession de foi et le serment de fidélité [21].

À partir de ce moment, il est investi officiellement de la charge de présenter et d'illustrer dans toute son exactitude et son intégralité la doctrine de la foi." [sic]

Instruction Donum veritatis, sur la vocation ecclésiale du théologien (1990).

Anecdote personnelle : en 1994, lors de l'entretien/longue rencontre que Mgr Brand, Gross Kanzler de notre Faculté, m'avait accordé en préalable à l'examen de mon nihil obstat, j'avais de moi-même abordé la question de la Profession de foi et demandé techniquement quand et comment je devrais la proclamer en sa présence, l'assurant d'emblée que cela ne me posait aucun problème. "Oh laissez cela pour le moment ..." m'avait répondu, amusé sans doute dans son for intérieur, feu l'archevêque de Strasbourg. J'étais sans doute le seul à m'en être soucié ...
images/icones/neutre.gif  ( 734561 )Ringardise ! par Aigle (2013-10-11 20:40:11) 
[en réponse à 734532]

Je vais vous sembler dépassé mais je ne comprends pas qu'un homme d'eglise comme l'évêque de Strasbourg se permette de se montrer aussi indifférent à une obligation posée explicitement par le saint Siège et en plus à peine 5 ans avant !

Jamais dans l'armée, dans une entreprise ou une administration sérieuse (la plupart le sont en dehors de l'éducation nationale) on accepterait une attitude aussi désinvolte de la part d'un cadre supérieur .

Il y avait vraiment une faiblesse profonde dans le gouvernement du bienheureux pape Jean Paul II qui édictait des règles saines et se désintéressait de leur application concrète .


J 'imagine qu un homme sérieux comme le cardinal Ratzinger devait souffrir de cette contradiction sans vraiment changer de méthode après 2005.

Je crains que le pape François n'ait une nature autrement autoritaire et ne soit très attentif à l'exécution de ses décisions.
images/icones/neutre.gif  ( 734589 )curiosité par Luc Perrin (2013-10-12 00:49:03) 
[en réponse à 734561]

Je me demande combien de professeurs dans les Facultés de Théologie françaises et européennes et même nord-américaines ont réellement fait la Professio fidei.


images/icones/fleche2.gif  ( 734591 )le serment par des laïcs par Lycobates (2013-10-12 01:34:03) 
[en réponse à 734527]

Ce que je vous raconte, mais vous l'aurez compris, ne concerne pas l'église conciliaire, où, comme l'a bien dit M. Perrin, depuis 1967, ce joug insupportable qui pesait sur la liberté de conscience et de l'enseignement, entravant le libre examen, que fut l'exécrable serment antimoderniste, fut supprimé par une mesure illuminée du Grand Architecte de la Nouvelle Pentecôte.
Alors ....
Si l'église conciliaire et son règlement actuel (qui reste largement lettre morte) vous intéresse, vous trouverez tout ce qui est à propos dans les posts de M. Perrin, et je n'ai plus rien à dire.

Mais, en revenant à nos moutons, si un laïc est dans une des conditions prescrites par le Motu Proprio de Saint-Pie X, p. ex. comme professeur d'une université catholique, il devra faire au moins la Professio fidei tridentina du pape Pie IV, normalement au début de sa carrière, avant sa nomination définitive.
Le serment antimoderniste concerne à mon avis plutôt les ecclésiastiques, puisqu'un laïc ne serait pas enseignant, en principe, dans un institut religieux ou un séminaire, pas à l'époque en tout cas. Cela peut être différent aujourd'hui. Dans ce cas il devrait le prêter.

Je ne parlerai pas de moi personnellement, mais je me rappelle un de mes vieux professeurs, déjà décédé bien entendu, un laïc: il nous apprenait à déchiffrer les mains diverses des manuscrits byzantins, qui racontait avec une certaine nostalgie le moment saisissant où il avait dit, dans la collégiale qui servit d'église universitaire, devant la statue de la Vierge, Ego Antonius firma fide credo et profiteor ... en latin bien sûr.
On ne traduit pas.

Un peu plus tard dans mes études je me trouvais confronté à certains autres professeurs, des philologues et des théologiens, prêtres ceux-la (à l'époque ils l'étaient encore), des modernistes sans vergogne, qui à plusieurs reprises, dans leur vie passée, avaient dû prêter ce serment, d'abord lorqu'ils devinrent sous-diacres, après lorsqu'ils devinrent confesseurs, prêcheurs, chanoines, supérieurs, pour certains d'entre eux, puis lorsqu'ils devinrent professeurs, etc.
Et je me suis dit: comment font-ils? Comment gardent-ils leur equilibre mental, moral, intellectuel?

Mysterium iniquitatis iam operatur in nobis

Il faut prier beaucoup. Mais pour beaucoup il est trop tard.
images/icones/carnet.gif  ( 734528 )abrogé en 1967 mais il en existe une nouvelle formule par Luc Perrin (2013-10-11 16:56:35) 
[en réponse à 734523]

depuis 1989 que doivent énoncer ceux qui exercent certaines charges dans l'Église, notamment la mienne.

"PROFESSION DE FOI

(Formule à utiliser désormais dans les cas où la Profession de Foi est prescrite par le droit)

Moi, N., avec une foi ferme, je crois et professe toutes et chacune des vérités contenues dans le Symbole de la Foi, à savoir:

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles: Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, il procède du Père et du Fils; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Église, une sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.

Avec une foi ferme, je crois aussi toutes les vérités qui sont contenues dans la Parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition et proposées par l’Église pour être crues comme divinement révélées, soit en vertu d’une décision solennelle, soit par le Magistère ordinaire et universel.

Fermement encore, j’embrasse et tiens toutes et chacune des vérités que l’Église propose de façon définitive concernant la doctrine sur la foi et les mœurs.

De plus, avec une soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence, j’adhère aux doctrines qui sont énoncées, soit par le Pontife romain, soit par le Collège des évêques, lorsqu’ils exercent le Magistère authentique, même s’ils n’ont pas l’intention de les proclamer par un acte définitif."

En outre, il y a un "Serment de fidélité" pour certaines charges de même.

cf. sur le site du Vatican :
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_1998_professio-fidei_fr.html