Le Forum Catholique
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( 733701 )
Réponses à des objections faites sur le film sur Mgr Lefebvre par Ennemond (2013-10-02 23:29:48)
N.M. a formulé des objections à propos du film documentaire sur Mgr Lefebvre dans un fil dédié à un autre thème. Je me permets de les replacer ici afin d'y répondre ensuite.
Une chose m'a particulièrement frappé dans votre film (consacré au parcours de Mgr Lefebvre). Dans la première partie, vous nous donnez à entendre le témoignage (fort intéressant) d'anciens confrères spiritains concernant le Père Marcel Lefebvre, le Délégué apostolique, l'archevêque de Dakar etc. Mais ces mêmes personnes, on ne les entend pas exprimer leur opinion et leurs souvenirs sur (par exemple) le rôle joué par ce dernier pendant le concile (et donc ce qu'ils en ont pensé), la crise interne des spiritains qui débouche sur la démission du supérieur, le conflit entre Rome et Ecône etc.
Pour ce qui regarde maintenant la période d'Ecône, où sont les témoins qui expriment le point de vue "conciliaire" ? Et où sont les dissidents de la FSSPX qui ont fait dissidence à l'époque de Mgr Lefebvre ? Il y a bien l'Abbé Aulagnier, mais il n'entre évidemment pas dans cette catégorie. Où sont les séminaristes pour une part devenus prêtres qui ont suivi l'Abbé Masson dans les années 1970 ? Je présume que vous êtes comme moi et que vous en connaissez au moins un. Où sont les Abbés Guépin et Belmont ? Les Abbés Kelly ou Cekada ? D'un autre côté, où sont les Abbés Coiffet ou Pozzetto ? Où est donc représenté le point de vue du Barroux ? Bien sûr il y a Jean Madiran. Mais étrangement on ne l'entend pas s'exprimer, par exemple, sur la façon dont la revueItinéraires a été touchée puis coulée suite à certains mots d'ordre et campagnes de dénigrement (qui peuvent ne pas être l'apanage de Virgo Maria). Pas un mot là-dessus non plus.
Bref, que ce soit pour les anciens confrères spiritains ou pour les dissidents (que l'on ne voit même pas), toute parole d'opposition, tout point de vue susceptible de ne pas être conforme à la ligne de la FSSPX est inexistant dans votre documentaire. Comme si l'on réalisait pour une ligne officielle un film officiel. Comme s'il s'agissait de fabriquer une histoire officielle.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=733315

( 733705 )
Appréhender la personnalité de Mgr Lefebvre et nécessités du film par Ennemond (2013-10-02 23:36:09)
[en réponse à 733701]
L’un des objectifs du film visait à cerner au mieux la personnalité de Mgr Lefebvre. D’ailleurs, la problématique affichée consiste à comprendre pourquoi cet ultra-romain se trouve en difficulté avec le Saint-Siège au soir de sa vie. C’est pourquoi nous avons tenté d’appréhender l’état d’esprit qui animait l’archevêque aux différentes étapes de sa vie. Les personnes les mieux placées pour en parler étaient évidemment celles qui vivaient au plus près de lui, selon les époques : Son frère ou sa sœur pour son enfance, ses collaborateurs spiritains quand il était en Afrique, ses prêtres quand il a lancé sa Fraternité. Le fil de cette histoire suit d’ailleurs le récit que Marcel Lefebvre a proposé lui-même : la Petite histoire de ma longue histoire, série de conférences proposées aux sœurs de la FSSPX. Les grands moments marquants y sont : le Séminaire français de Rome, les missions africaines, le drame du Concile, la fondation de la Fraternité. Étudier les multiples avis que les hommes peuvent avoir de lui est sans doute fort intéressant, mais ce serait le sujet de dix DVD ! Ainsi, l’avis du père Béguerie sur les sacres est sans doute digne d’intérêt, mais en 1988 il ne fréquentait plus Mgr Lefebvre depuis des années. De même l’avis des abbés Aulagnier ou Cottard sur l’apostolat à Dakar est sans doute intéressant mais ce ne sont pas eux qui l’ont connu là-bas. Une exception est faite pour Luc Perrin ou Mgr Tissier de Mallerais qui interviennent en qualité de biographes de l’archevêque (en partie pour le second qui est à la fois biographe et témoin proche). Mais ils s’appuient sur tous les témoignages qu’ils ont pu eux-mêmes recueillir. Enfin, vous ne pouvez pas reprocher que les spiritains ne s’expriment pas sur la période conciliaire car c’est le Père Béguerie, farouche opposant à Mgr Lefebvre qui s’exprime le plus sur le sujet, ainsi que le Père Fourmont. Nous aurions souhaité parler davantage de la crise spiritaine, et nous les avions interrogés en ce sens, mais faute de temps, nous avons dû passer à l’essentiel. Je trouve l'épisode passionnant et il y aurait beaucoup à dire mais ce serait le sujet d'un film à lui seul.
Nous avons donc choisi ces témoins dans la mesure où ils avaient bien connu Mgr Lefebvre et où ils pouvaient parler des différentes époques : ceux qui l’ont connu de près pendant plusieurs dizaines d’années. Des gens comme les abbés Kelly et Cekada entrent à Écône après leurs confrères Aulagnier et Tissier. Leur ministère les tient relativement éloignés au cours des années 1970 et leur rupture les distance définitivement en 1983. Ils auraient tout au plus parlé des premières années d’Écône ? Honnêtement, je ne pense pas qu’ils auraient dit autre chose que les propos très factuels rapportés par leurs aînés. Sur les mois qui précèdent les sacres, la place centrale de l’abbé du Chalard, présent à Rome, est évidemment irremplaçable. Un abbé Pozzetto ou un abbé Belmont auraient difficilement pu en dire autant sur le sujet. Ceci étant dit, j’ai essuyé quelques refus, tant dans les milieux qui quittent Mgr Lefebvre au cours des années 1970-1980, que dans les milieux curiaux qui approchent Mgr Lefebvre au cours des rendez-vous romains. De même, s’ils avaient été encore vivants, les témoignages de Mgr Masson ou de Dom Gérard auraient été évidemment très précieux à recueillir. Et si une figure sédévacantiste avait aussi bien connu l’archevêque que l’abbé Aulagnier, je n’aurais eu aucune hésitation. Mais globalement, je ne pense pas qu’on puisse reprocher au film d’être écrasé par les témoins membres de la FSSPX. Ils sont cinq. Il y a davantage de membres du clergé dit conciliaire qui prend la parole ! La présence de Jean Madiran montre qu’il n’y avait pas de tabou et elle représente proportionnellement parmi ces témoins le monde qui s’est distancé de l’archevêque à ces époques.
Par ailleurs, les nécessités techniques du film n’offraient pas le temps d’aborder tous les thèmes. Ce fut même un défi que d’appréhender le sujet crucial qu’était le Concile en si peu de temps. En quelques minutes, nous avons, espérons-nous, résumé ce qui fut à la fois une rupture historique, un bouleversement des consciences, abordé les problèmes de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, de la collégialité et de la liturgie qui préoccupèrent particulièrement Mgr Lefebvre. Le film est déjà long (1 h ¾). Nous ne pensons pas que la mort d’Itinéraires, la problématique sédévacantiste ou le procès de la LICRA soient les points essentiels qui permettent de comprendre la vie de l’archevêque. En revanche, il est évident qu’ils ont toute leur place dans une biographie détaillée de plusieurs centaines de pages qui peut prendre le temps d’approfondir. Pour information, le script du film fait 25 pages quand la biographie de Mgr Tissier en fait 700… S’il fallait rajouter prioritairement des choses, nous rajouterions davantage sur le grand dessein de la sanctification sacerdotale.
Enfin, si l’objectif consistait, comme je vous le disais, à exposer les motivations de Mgr Lefebvre, les paroles d’opposition apparaissent. Outre la voix du narrateur qui rappelle que tous ne le suivent pas, que des difficultés se présentent en plusieurs moments, vous pouvez entendre les grands opposants au fondateur de la FSSPX : le cardinal Garrone, Dom Helder Camara, Mgr Etchegaray, le cardinal Decourtray, entre autres.

( 733723 )
Je me permets de recommander par Lancea Sancta (2013-10-03 07:54:35)
[en réponse à 733705]
le livre de l'abbé Aulagnier, "La Tradition sans peur", qui s'avère être un bon complément aux questions adressées à Ennemond. L'abbé Aulagnier était, d'ailleurs, à Rome pendant le concile, au séminaire pontifical français.
LS

( 733812 )
Quelques références bibliographiques par Ennemond (2013-10-03 21:32:10)
[en réponse à 733723]
En effet,
la Tradition sans peur, de l'abbé Aulagnier, est une excellente manière d'aborder d'une part la crise qu'a constitué l'après-Vatican II et d'autre part toute la fondation de la FSSPX.
Si on souhaite approfondir la vie du fondateur de la FSSPX, sans négliger sa vie en Afrique, alors il faut se reporter à la biographie de référence, rédigée par Mgr Tissier de Mallerais.
La
Petite histoire de ma longue histoire reprend les mêmes thèmes, mais sont racontés par Mgr Lefebvre lui-même au soir de sa vie. C'est un condensé de conférences dispensées aux soeurs de la FSSPX.
Pour les bons connaisseurs qui veulent approfondir la période 1962 à 1968, celle au cours de laquelle Mgr Lefebvre fut supérieur général des Pères du Saint-Esprit, on pourra se procurer l'ouvrage du Père Philippe Béguerie, qui n'a jamais masqué son opposition à l'archevêque :
Vers Ecône. Mgr Lefebvre et les Pères du Saint-Esprit
Luc Perrin, spécialiste d'histoire contemporaine et maître de conférences à Strasbourg, a consacré plusieurs articles à cette période. L'un d'entre eux,
Mgr Lefebvre, d'une élection à une démission (1962-1968) peut être consulté sur
ce lien.

( 733743 )
Remerciements et maintien de mes objections par N.M. (2013-10-03 09:19:46)
[en réponse à 733705]
D'abord, je tiens à vous remercier bien sincèrement pour la réponse détaillée que vous avez bien voulu apporter à mes questions. Et vous remercier également pour ce film qui a, tout d'abord, le mérite d'exister, et qui, malgré les objections que l'on peut à mon sens formuler, doit être visionné.
Pour le reste, je comprends très bien que "les nécessités techniques du film n'offraient pas le temps d'aborder tous les thèmes". Toutefois, je maintiens mes principales objections.
- Certes, vous avez raison de souligner que des images d'archives (notamment) donnent la parole à de grandes figures "conciliaires".
- Mais quoi que vous en disiez, on n'entend pas beaucoup les témoins spiritains s'exprimer sur l'attitude de leur supérieur durant le concile et lors du post-concile. La crise spiritaine est en effet un sujet "passionnant", et il est vraiment dommage et à mon avis dommageable à votre film de ne pas y avoir consacré un minimum de temps, notamment en présentant des extraits des propos que vous avez recueillis sur cette question.
- Evidemment, les témoignages de l'Abbé Aulagnier et de Mgr Tissier de Mallerais sont indispensables, parce que ce sont eux qui en définitive ont cheminé le plus longtemps aux côtés de Mgr Lefebvre dans l'aventure de la FSSPX. Je ne discute pas cela. C'est en effet indiscutable. Pareillement pour la place de l'Abbé du Chalard à Rome en 1988.
- En revanche, ce que je discute, c'est ce fait tout simple : dans votre film, à aucun moment vous ne donnez - même succinctement - la parole à un dissident de la FSSPX (je veux dire : un dissident du temps de Mgr Lefebvre). Et bien franchement ce choix est problématique. Alors même que la dissidence des uns ou des autres est cependant évoquée (car vous ne vous limitez pas à "appréhender la personnalité de Mgr Lefebvre"). Si vous donnez la parole à l'Abbé Cottard sur Mgr Lefebvre et le "sédévacantisme", il faut aussi donner la parole à l'Abbé Guépin (même s'ils n'ont pas exactement la même ancienneté, ils ont connu les mêmes événements à l'intérieur de la FSSPX). Si l'on évoque les sacres de 1988, il faut aussi donner la parole à l'un des prêtres fondateurs de la Fraternité Saint Pierre (parmi lesquels des prêtres à l'ancienneté alors non négligeable au sein de la FSSPX). Même succinctement (compte tenu des impératifs techniques que vous rappelez à bon droit), mais c'est indispensable.
A défaut de quoi il y a un déséquilibre, et vous donnez la furieuse impression de réaliser un film officiel pour une histoire officielle.
- Vous faites valoir que vous donnez cependant la parole à Jean Madiran. Certes, mais on ne l'entend pas vraiment s'exprimer sur les raisons pour lesquelles il s'est "distancé" de Mgr Lefebvre en 1988. Raisons qui, de son côté, ne se réduisaient pas - il me semble bien - à la seule question des sacres. L'impression qui en ressort est à mon sens plutôt la suivante : un homme qui revient sur sa position passée et finit par donner apparemment raison à la position prise par Mgr Lefebvre en 1988 (c'est du moins comme cela que d'aucuns ont tenté d'exploiter ce témoignage - et en l'espèce, je veux dire dans ce fameux extrait, quel rapport avec l'appréhension de la personnalité de Mgr Lefebvre ?). Le déséquilibre dont je parlais en sort donc renforcé.

( 733745 )
Madiran par Mingdi (2013-10-03 10:05:11)
[en réponse à 733743]
En 1988, j'ai nettement eu l'impression que Jean Madiran se solidarisait de Dom Gérard par pure amitié personnelle. Ils s'étaient connus à l'école des Roches, près de Verneuil (Eure), pendant la guerre 39-45 je crois. Les arguments de fond que donnait JM pour justifier sa position étaient extrêmement filandreux. Après la mort de Dom Gérard, JM s'est libéré psychologiquement et a donné son sentiment profond. A mon sens, il n'y a pas eu retournement mais libération.

( 733753 )
“Extrêmement filandreux” ? par Vianney (2013-10-03 11:46:10)
[en réponse à 733745]
Je trouve au contraire que Madiran a fort bien exposé à l’époque les doutes soulevés par les sacres de 1988, notamment dans sa revue Itinéraires (dans son éditorial de février 1989 par exemple).
Rappelant la raison principale avancée par Mgr Lefebvre pour résister aux papes postconciliaires – “Nous nous en tenons à ce que l’Eglise a toujours fait” – il observait : “Mais voici précisément que Mgr Lefebvre, le 30 juin 1988, fait autre chose ; il fait quelque chose de nouveau ; il consacre des évêques contre la volonté expressément notifiée du pape.” “On ne peut pas dire cette fois que les évêques ont fait cela pendant des siècles et des siècles.”
Il aurait pu ajouter qu’en excommuniant Mgr Lefebvre, Jean-Paul II ne faisait qu’obéir à la législation promulguée par Pie XII à l’occasion des sacres de l’église “patriotique” chinoise. Paradoxalement, sur ce point, Jean-Paul II est apparu plus traditionaliste que son évêque !
Et force est de constater que, face à ces questions, ce sont les partisans des sacres qui se sont montrés “extrêmement filandreux”...
V.

( 733796 )
filandreux par Mingdi (2013-10-03 18:47:36)
[en réponse à 733753]
A l'époque j'étais abonné à Présent, pas à Itinéraires. Madiran a toujours aimé jouer sur les mots, la syntaxe, et même la ponctuation. Vieille habitude de prof tatillon. Cela a fini par user le brave Brigneau. "Ce que l'Eglise a toujours fait", sous la plume de Mgr Lefebvre, cela ne concernait évidemment pas, à mon sens, les questions de discipline. Il aurait pu écrire : "ce que l'Eglise a toujours enseigné". Mais, désolé, j'ai trouvé Madiran dans Présent, sur ce coup-là, "filandreux". Et je n'étais pas le seul à l'époque.

( 733799 )
Est-ce seulement une question de discipline ? par Vianney (2013-10-03 19:08:21)
[en réponse à 733796]
C’est toute la question. Il semble bien que le droit de sacrer relève de la constitution divine de l’Eglise, autrement dit de la foi :
De ce que Nous vous avons exposé, il suit qu’aucune autorité autre que celle du Pasteur suprême, ne peut invalider l’institution canonique donnée à un évêque ; aucune personne ou assemblée, de prêtres ou de laïcs, ne peut s’arroger le droit de nommer des évêques ; personne ne peut conférer légitimement la consécration épiscopale sans la certitude préalable du mandat pontifical (Canon 953). Une consécration ainsi conférée contre tout droit et qui est un très grave attentat à l’unité même de l’Église, est punie d’une excommunication « réservée d’une manière très spéciale au Saint-Siège, et encourue ipso facto non seulement par celui qui reçoit cette consécration arbitraire mais aussi par celui qui la confère. (Saint-Office, 9 avril 1951. AAS 1951 p. 217) ».
Pie XII, Ad Apostolorum Principis, 29 juin 1958.
Que Brigneau, qui n’était pas baptisé, ait été moins sensible que Madiran à cet aspect du problème ne prouve rien.
V.

( 733805 )
Je vous rappelle Vianney par Jean-Paul PARFU (2013-10-03 20:59:21)
[en réponse à 733799]
que c'est la foi et sa sauvegarde qui priment dans l'Eglise !
Par ailleurs, je vous renvoie aussi à ce que j'écrivais
ici

( 733815 )
C’est justement de foi qu’il s’agit... par Vianney (2013-10-03 21:37:59)
[en réponse à 733805]
...si j’en juge par l’expression employée par Pie XII (et pas seulement par lui...) : “contre tout droit” signifie, si les mots ont encore un sens, contre la loi divine aussi bien que contre les lois de l’Eglise. Qu’on puisse passer outre aux lois de Pie XII en cas de grave nécessité, c’est possible : mais cela ne s’applique absolument pas aux enseignements de Pie XII et à ceux de tous ses prédécesseurs (je pense entre autres à Pie VI qui a été confronté à un problème analogue lors de la Révolution française).
Par ailleurs, je n’affirme pas que Mgr Lefebvre a eu tort de sacrer contre la volonté de Jean-Paul II : je comprends seulement les doutes exprimés à l’époque par Jean Madiran et par tant d’autres, en l’absence de justification sérieuse des partisans des sacres. D’autant que Mgr Lefebvre avait commencé par refuser lui-même, et pendant fort longtemps, de s’engager dans cette voie...
J’attire aussi votre attention sur le fait que des justifications boiteuses ou insuffisantes se retournent inévitablement, à plus ou moins long terme, contre la cause que l’on prétend ainsi défendre. En ce qui concerne l’analyse à laquelle vous me renvoyez, elle présente au moins un grave défaut, celui de confondre les pouvoirs des apôtres avec ceux des évêques qui leur ont succédé : à ce compte-là, vous pourriez tout aussi bien prétendre que chaque évêque est individuellement infaillible sous prétexte que c’était le cas des apôtres !
Que pendant un temps plus ou moins long, les papes aient délégué une partie de leurs pouvoirs à certains évêques ne signifie absolument pas que ces pouvoirs relevaient des seules lois ecclésiastiques.
V.

( 733819 )
Nomination des évêques : Je reste perplexe... par Michel (2013-10-03 21:56:41)
[en réponse à 733815]
...car durant les 3 ou 4 premiers siècles, j'ai l'impression qu'il ne serait venu à l'idée de personne (sauf en Italie centrale) de demander au pape de nommer ou confirmer une nomination, ou de demander au pape de désigner des évêques chargés de procéder à ces nominations au nom du pape.
Je ne pense pas qu'il y ait des traces de telles délégations. En Orient, j'ai l'impression que les choses se passaient à la manière synodale encore en application, y compris chez les Orientaux Catholiques, chez lesquels les Patriarches sont élus par le synode et immédiatement intronisés, le pape étant ensuite seulement informé - et que dire des simples évêques de ces patriarcats !...
Imaginez le bazar pour des nominations en Egypte (sans parler du Liban ou de la Mésopotamie) ; ou encore au 8° siècle en Irlande...
J'ai l'impression aussi que vers les 7°-9° siècles, les chapitres cathédraux nommaient les évêques germaniques sans demander au pape et sans protestation de celui-ci.
Bref, tout ceci sent le droit ecclésiastique.
Mais je suis pas un spécialiste, et je n'ai pas le temps de chercher.
Et ceci est juste une réponse à Vianney, sur la question : droit humain ou droit divin, indépendamment du reste du fil.

( 733822 )
Il ne s’agit pas seulement de confirmation... par Vianney (2013-10-03 22:14:31)
[en réponse à 733819]
La question fondamentale est de savoir si les évêques ont reçu de Dieu le droit de consacrer d’autres évêques contre la volonté formelle – exprimée les 9 et 17 juin 1988 – de celui qu’ils reconnaissent comme pape.
V.

( 733823 )
Ah, oui, là c'est différent : contre la volonté... par Michel (2013-10-03 22:20:58)
[en réponse à 733822]
...mais vos posts avaient tendance à affirmer qu'il est de droit divin et de foi que le pape doit donner son accord pour toute nomination d'évêques...

( 733827 )
Voilà... par Vianney (2013-10-03 22:33:46)
[en réponse à 733823]
On peut trouver dans l’histoire de l’Eglise des précédents où des évêques ont légitimement consacré sans l’accord formel du pape, mais aucun où ils l’ont fait malgré l’interdiction signifiée explicitement par celui-ci.
V.

( 733863 )
Justement : Il est de droit divin par Amandus (2013-10-04 12:16:10)
[en réponse à 733823]
« De droit divin, les Évêques même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église. [...] Il est de droit divin non seulement qu’il y ait des Évêques, mais que les Évêques soient un corps, et, si tel sujet devient Évêque, il est de droit divin qu’il y ait, entre lui et le Pape d’une part, entre lui et ses collègues d’autre part, le double lien organique qui le fait membre de ce corps. [...] [Ce qui agrège au corps épiscopal] c’est le pouvoir de gouvernement, non actuel, mais en tant qu’il est normalement associé au Sacre, en tant que le Sacre y donne « vocation » et que cette « vocation » n’est pas contrariée par le schisme. [...] Évêque est celui qui a reçu le Sacre, fût-ce au sein du schisme, fût-ce schismatiquement en se faisant sacrer sans mandat Apostolique ; mais alors il est Évêque sans être du corps épiscopal. »
Abbé V.-A. Berto, Pour la sainte Église Romaine,
Le Cèdre, Paris 1976, pp. 242 sqq.
Il y a de quoi bien réfléchir avant de s’engager : ce fut la première réaction de Jean Madiran, réfléchir avant de se prononcer.
Amandus

( 733878 )
Et il existe aussi des cas Vianney par Jean-Paul PARFU (2013-10-04 13:35:31)
[en réponse à 733863]
où un prêtre n'a pu être consacré évêque, à cause d'un certain clergé ou des évêques, malgré la volonté expresse du Souverain Pontife !
Voir l'Autriche !
Comme quoi !
Par ailleurs, dans la plupart des cas, le mandat pontifical est une simple formalité, le noyau dirigeant des différentes Conférences épiscopales se cooptant purement et simplement. Je vous renvoie au point 1 de ce post !
Enfin, nous vivons une crise sans précédent, vraiment apocalyptique, qui justifie l'état de nécessité invoqué par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer (que l'on oublie trop souvent dans cettre histoire) !

( 733876 )
Pratique constante de l’Église par Amandus (2013-10-04 13:28:17)
[en réponse à 733819]
« La pratique de l’Église est un lieu théologique de première importance puisque, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin, « la coutume de l’Église a la plus grande autorité ; sa façon d’agir doit être adoptée par tous, car l’enseignement des docteurs catholiques lui-même tient son autorité de l’Église. D’où il faut davantage s’en tenir à l’autorité de l’Église qu’à l’autorité de saint Augustin, ou de saint Jérôme ou d’un quelconque docteur » Somme théologique, IIa IIæ q. X, a.12, c.
L’examen de cette pratique montre que l’Église n’a jamais admis, ni même simplement toléré, des sacres épiscopaux irréguliers. Un ouvrage paru sans nom d'auteur à Liège en 1814, Tradition de l’Église sur l’institution des évêques (trois volumes de 350 à 400 pages chacun, un volume sur l’Orient, deux sur l’Occident) étudie minutieusement un grand nombre de cas qu'on pourrait présenter en faveur de la légitimité, en certaines circonstances, des sacres sans mandat apostolique, et conclut toujours et sans appel par la négative : la pratique de l’Église est constante et sans faille. Cela d’ailleurs ne devrait pas nous étonner, puisque cette pratique est l'effet de la constitution même de l’Église.
Ce livre, écrit en fait par Jean-Marie et Félicité de Lamennais, valut probablement à Félicité d’être nommé cardinal in petto. Cf. Les quatre derniers Papes et Rome durant leur pontificat du Cardinal Wiseman. Traduction française par Richard Viot. Tours, Mame, 1878. pp. 186-190. » - Extrait de La foi est inaltérable 2012. Les sacres épiscopaux – correspondance, p.141
En espérant que ceci réponde d’avantage à votre question.
Cordialement,
Amandus

( 733817 )
1988 a les mêmes justifications que 1976 par Ennemond (2013-10-03 21:40:26)
[en réponse à 733753]
il consacre des évêques contre la volonté expressément notifiée du pape.” “On ne peut pas dire cette fois que les évêques ont fait cela pendant des siècles et des siècles.” disait Madiran
En même temps, Mgr Lefebvre ordonnait des prêtres contre la volonté expressément notifiée du pape, et cela depuis 1976. On ne peut pas dire que les évêques aient fait cela pendant des siècles et des siècles.
Ce qui m'a valu le fameux passage de Jean Madiran justifiant en 2011 le bien fondé des sacres de 1988, c'est justement de lui avoir posé cette question : "Pourquoi avoir suivi Mgr Lefebvre à partir de 1976 alors qu'il ordonnait des prêtres contre les interdictions faites par le pape ?"

( 733818 )
Ce qui ne dispense toujours pas... par Vianney (2013-10-03 21:53:52)
[en réponse à 733817]
...de fournir aux uns comme aux autres des justifications autrement sérieuses que des arguments ad hominem. Je doute fort, d’ailleurs, qu’il soit aussi grave d’ordonner des prêtres que de consacrer des évêques. Le fait est que ce sont surtout les sacres sans mandat qui ont fait réagir des papes comme Pie VI et Pie XII. Je suppose qu’ils avaient leurs raisons.
V.

( 733774 )
Réponse aux objections de N.M. par Alonié de Lestre (2013-10-03 15:01:40)
[en réponse à 733743]
Au lieu de critiquer, réalisez donc votre propre film sur Mgr Lefebvre. Il sera à votre goût et j'ai bien hâte de le visionner.

( 733777 )
Merci à vous par N.M. (2013-10-03 15:10:55)
[en réponse à 733774]
Logique avec vous-même, vous vous interdisez certainement d'émettre la moindre critique à l'endroit des films que vous regardez, puisque vous n'êtes pas réalisateur, ne l'avez jamais été et seriez vous-même susceptible d'être critiqué si vous vous lanciez dans la réalisation...
Logique avec vous-même, vous vous interdisez certainement d'émettre la moindre critique à l'endroit du gouvernement, puisque vous n'êtes pas au gouvernement, ne l'avez jamais été et seriez vous-même susceptible d'être critiqué si vous étiez en fonction...
Logique avec vous-même, vous vous interdisez certainement d'émettre la moindre critique à l'endroit de "pape François", puisque vous n'êtes pas pape, ne l'avez jamais été et seriez vous-même susceptible d'être critiqué si vous l'étiez...

( 733803 )
Cher NM ! par Jean-Paul PARFU (2013-10-03 20:39:27)
[en réponse à 733777]
Vous devriez comprendre que les petites luttes intra-traditionalistes, le sédévacantisme, le petit milieu qui se déchirait autour de la FSSPX et de Mgr Lefebvre dans les années 70-80 etc ... n'intéressent pas grand monde et n'existent pour ainsi dire pas, par rapport à l'histoire et à la figure historique de Mgr Lefebvre.
Tout ce petit monde et ses petites humeurs n'ont pas plus d'importance que les petits partis théologiques qui existaient jusque dans les rues de Constantinople ou d'Alexandrie lors des grandes définitions christologiques et le banissement ou le retour en grâce, mérité ou non, de tel ou tel prélat !
On dit certes qu'il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre, mais vous devriez considérer les choses de haut, comme l'ont fait les réalisateurs de cet excellent film (DVD) !

( 733804 )
Cher Maître par N.M. (2013-10-03 20:55:43)
[en réponse à 733803]
Vous ne pouvez pas d'un côté demander à ce que l'on étudie le passé de l'Eglise à la lumière de Pastor Aeternus pour essayer de mieux rendre compte du présent, et de l'autre faire comme si certaines questions étaient taboues.
Et pour en venir à Mgr Lefebvre, si l'on veut faire l'histoire de son parcours, il faut que cette histoire soit dépassionnée et objective. Par conséquent, vous avez raison de soutenir qu'il ne faut pas se contenter de remuer de vieilles luttes de clans. Mais en même temps il faut s'efforcer de rendre compte d'une réalité plus complexe qu'on ne veut souvent le dire et recueillir les témoignages de tous horizons. Pas seulement ceux de tel ou tel parti. Ni légende noire, ni légende rose. Ni ramassis de vieille rancœurs, ni histoire officielle.

( 733809 )
Alors, je maintiens encore plus mes choix par Ennemond (2013-10-03 21:21:56)
[en réponse à 733743]
Encore une fois, le choix des témoins a été posé parce qu'ils étaient les mieux placés pour témoigner, pour restituer l'état d'esprit et les motivations de Mgr Lefebvre. Je n'ai pas cherché à faire plaisir à des amis. Et je n'ai pas non plus cherché à contenter des mouvances. Si d'ailleurs mon objectif avait été de faire une histoire officielle estampillée FSSPX qui craindrait de montrer ceux qui ne partagent pas en tous points sa position actuelle, il n'y aurait eu ni Jean Madiran, ni Luc Perrin, ni l'abbé Aulagnier et je n'aurais démarché aucun prêtre dit conciliaire ni les dissidents que vous réclamiez (même ceux à qui j'ai demandé et qui ont décliné).
Je me serais au contraire affranchi de la rigueur historique si mon premier critère n'avait pas été la bonne connaissance des faits et la proximité de l'archevêque, et qu'il eut été la volonté de présenter à tout prix les dissidences pour obtenir des avis divergents. Cela n'aurait pas restitué les motivations du personnage. Et cela aurait clairement sur-représenté des réalités qui restent des phénomènes marginaux dans l'existence de Mgr Lefebvre. Le monde ED est un monde réduit quand Mgr Lefebvre meurt en 1991. Ils sont quinze à être partis en 1988. De même le monde sédévacantiste reste une réalité marginale. Je ne dis pas cela pour vous décevoir. En revanche, s'il fallait faire un film sur le traditionalisme en général depuis le Concile jusqu'à nos jours, il est évident que j'irais interroger davantage d'ED et que j'envisagerais sans problème de questionner les sédévacantistes. Mais il ne faut pas se tromper de thème.

( 733826 )
Choix en faveur d'une histoire monocolore par N.M. (2013-10-03 22:33:03)
[en réponse à 733809]
Sauf que, de fait, les propos de Luc Perrin ou de Jean Madiran - dans les extraits choisis - ne dénotent en rien par rapport à la vulgate "piediste". Alors que l'un et l'autre ont eu chacun de leur côté une approche pour le moins nuancée. Mais là tout semble monocolore. (Pour ce qui regarde l'Abbé Aulagnier, votre remarque est hors de propos, puisque son éjection hors de la FSSPX est largement postérieure au décès de Mgr Lefebvre).
Pour ce qui regarde les phénomènes que vous dites marginaux - mais en termes quantitatifs le "lefebvrisme" est indiscutablement un phénomène marginal (idem pour le "traditionalisme" en général) - ils importent au contraire notablement au sujet que vous avez traité (et pas seulement à l'histoire du "traditionalisme") puisqu'une partie non négligeable de la mouvance Ecclesia Dei est issue de l'œuvre de Mgr Lefebvre. Idem pour ce qui regarde toute une génération de prêtres "sédévacantistes". C'est pourtant une évidence.

( 733831 )
Monocolore, couleur Lefebvre par Ennemond (2013-10-03 22:56:48)
[en réponse à 733826]
Ce que vous appelez vulgate, c'est ce que Mgr Lefebvre a ressenti, ce qui l'a motivé, ce qui l'a inquiété, ce qui l'a obligé. Ce furent les réflexions de Mgr Lefebvre au moment de la suspens, au moment des sacres et qui se retrouvent peu ou prou dans l'argumentaire de la FSSPX. Et vous auriez voulu, j'ai bien l'impression, voir l'argumentaire sédévacantiste poindre le bout de son nez. Sauf que Mgr Lefebvre ne le considérait guère, historiquement parlant. Veuillez me pardonner, je ne pense pas qu'il soit significatif dans la vie du fondateur de la FSSPX.
Imaginons qu'on ait interrogé l'abbé Guépin, comme vous le suggérez, nous l'aurions questionné sur la période où il a connu Mgr Lefebvre de près, sur la décennie 1970. Honnêtement, il aurait restitué l'événement de la déclaration de 1974 ou la messe de Lille comme Jean Madiran, comme l'abbé Aulagnier ou quelques autres l'ont fait. Il n'était plus témoin de Mgr Lefebvre en 1988. L'interroger sur les sacres peut être intéressant, mais on peut collationner de multiples avis divergents de personnes qui n'étaient plus en rapport avec Mgr Lefebvre à ce moment-là. Tel n'était pas l'objectif du film. Le but n'a jamais été de faire un traité de théologie, mais de restituer les motivations d'un personnage. Peut-être aurait-ce satisfait les sédévacantistes, uniquement parce qu'un sédévacantiste intervenait. Donner la parole n'est pas une consécration ou une reconnaissance des personnes, c'est viser à toucher au plus près l'histoire.
C'est monocolore dans l'ensemble ? C'était le but, il fallait que ce soit d'une couleur : couleur Lefebvre.

( 733832 )
Comme vous êtes plaisant par N.M. (2013-10-03 23:17:41)
[en réponse à 733831]
Parce que j'ai l'étiquette "sédévac", je suis censé me plaindre de ne pas avoir vu poindre "l'argumentaire sédévacantiste". Franchement, je vous plains de voir les choses ainsi.
Non, le problème est évidemment ailleurs. Et vous donnez l'impression de ne pas comprendre. "Viser au plus près l'histoire" ce n'est pas se contenter de donner la parole au parti quand on fait l'histoire de son fondateur. C'est donner également la parole à ceux qui ont été contemporains des événements, ont cheminé avec le fondateur en question, puis s'en sont écartés en telle occasion et les interroger là-dessus : sur ce moment où il y a eu séparation des chemins.
Cela peut être le cas tant d'un Abbé Guépin que d'un Abbé Coiffet. Ou d'un Abbé d'Argenson.

( 733833 )
Voix divergentes et voix scisionnistes par Ennemond (2013-10-03 23:32:23)
[en réponse à 733832]
Les voix des cardinaux Etchegaray, Garrone ou Decourtray manifestent le point-de-vue divergent. On ne peut pas dire que les avis opposés ne soient pas exposés et qu'on ait voulu les gommer à tout prix. Les trois abbés que vous citez ne sont pas non plus ceux qui ont le mieux connu Mgr Lefebvre. Vous citez l'abbé d'Argenson qui connaît Mgr Lefebvre de 1971 à 1977, soit six années. Il y aurait bien d'autres témoins à citer avant lui. Donner la parole à ces personnages aurait constitué un effet loupe disproportionné sur les dissidences qui restent, malgré ce que vous avancez, un phénomène marginal dans l'histoire de l'archevêque. Vous donnez, à mon avis, un rôle complètement disproportionné aux querelles de chapelles du traditionalisme.
Dans une histoire où on avance vraiment en accéléré (il faut tout faire tenir en quelques minutes : enfance, séminaire, Gabon, Mortain, Afrique, tous les problèmes du Concile, les Pères du Saint-Esprit, la messe, les débuts de la Fraternité, les sacres, la mort), honnêtement, faire paraître les dissidences des années 1970 et 1980 n'est tout simplement pas réaliste. Dans un film de trois ou quatre heures ? Sans problème. Mais ce ne sont pas les cadres que nous avions. Et il me semble qu'il aurait été plus rigoureux historiquement d'approfondir la crise de la Congrégation du Saint-Esprit entre 1965 et 1968 que la crise sédévacantiste de 1983. La première a eu un impact plus direct sur l'itinéraire de Mgr Lefebvre. Pour tenir en 1 h 3/4, il a nécessairement fallu sabrer et aller à l'essentiel. Les motivations des abbés Guépin ou d'Argenson (qui sont d'ailleurs différentes) me paraissent secondaires. Celle de l'abbé Coiffet est abordé par la voix du narrateur. Seul un documentaire plus long aurait permis de développer.

( 733834 )
Rassurez vous Ennemond! par Romanus (2013-10-03 23:51:55)
[en réponse à 733833]
Rassurez vous, votre film était excellent et retraçait parfaitement l'itinéraire de mgr Lefebvre. Heureusement que vous ne vous êtes pas attardé sur les querelles et mesquinerie que certains auraient voulu y trouver, parce qu'elles n'intéressent qu'eux, et n'intéressaient pas Mgr Lefebvre.
Vous avez voulu retracer l'histoire d'un personnage et vous l'avez bien fait. Ceux qui ont quitté la Fraternité n'avaient rien de plus à apporter sur sa personnalité que ceux que vous avez interrogé. Sinon, vous auriez dû faire un film sur un autre sujet.
Mais en effet, vous pouvez maintenant vous lancer dans un film sur l'histoire du Traditionalisme et ce sera tout aussi passionnant. Dans ce cas, vous pourrez interroger les Ed, la CRC, les FSPX, les modernistes et les amis du plaisant NM.

( 733836 )
Oui, qu'on se rassure par N.M. (2013-10-04 00:06:19)
[en réponse à 733834]
Sous votre plume, on apprend que Mgr Lefebvre se désintéressait des querelles. Se désintéressait-il également de ceux de ses fils qui ont été amenés à s'éloigner de lui ? Pour le coup, ce ne serait pas excessivement... rassurant.
Et dans quelles proportions de 1970 à 1991 ?
Bonne nuit, plaisant Romanus

( 733835 )
La FSSPX : un long fleuve tranquille ? par N.M. (2013-10-03 23:57:40)
[en réponse à 733833]
Non point. L'histoire de la FSSPX est l'histoire des dissidences. C'était même encore plus vrai du vivant de Mgr Lefebvre. Donc ne vous en déplaise, les dissidences en question - quelles qu'elles soient - sont tout sauf marginales dans l'histoire de la FSSPX, et donc dans le parcours historique de Mgr Lefebvre (la fin de parcours). Ce n'est pas si anodin que ce que vous voulez bien dire. Pourquoi donner l'impression de vouloir gommer ça ?
Et évidemment que j'ai choisi - parmi d'autres choix possibles - trois prêtres aux parcours et aux motivations bien différentes. Trois prêtres qui ont bien connu Mgr Lefebvre en leur temps. C'est-à-dire (mais ai-je dit le contraire ?) moins bien qu'un Abbé Aulagnier ou un Mgr Tissier de Mallerais qui l'ont connu sur un temps plus long et ont exercé de plus hautes responsabilités. Il n'empêche. Ou alors on nous présente l'histoire d'"un long fleuve tranquille"... ce qui est pour le moins réécrire l'histoire.
Mais je suis d'accord avec vous, la question de la crise spiritaine était sous un certain rapport sans doute plus importante, et déterminante pour la suite.

( 733925 )
Exagéré par Ennemond (2013-10-05 00:25:36)
[en réponse à 733835]
Sans doute la FSSPX, de part sa situation délicate, a eu de nombreuses difficultés. Mais affirmer que "l'histoire de la FSSPX est l'histoire des dissidences" est tout simplement caricatural. Elles ne sont que la conséquence de la situation délicate. L'histoire de la FSSPX, c'est l'histoire de relations délicates avec Rome. Il ne faut pas inverser. Vous faites un effet loupe sur un phénomène qui reste, quoi qu'on dise, secondaire. Je ne dis pas négligeable mais secondaire.

( 733959 )
Pas particulièrement, non par N.M. (2013-10-05 11:14:37)
[en réponse à 733925]
Je vois que l'on progresse...
Vous souteniez que les dissidences constituaient un phénomène "marginal" (du moins par rapport au sujet traité par vous). Maintenant, ce même phénomène est qualifié par vous de "secondaire". Et "secondaire" par rapport à quoi ? Par rapport à la question cruciale des rapports avec Rome.
Je n'ai jamais affirmé que les dissidences en question primaient sur le problème des relations avec Rome. Je ne confonds point l'effet et la cause (ou plutôt les effets et les causes).
Et je n'ai pas affirmé non plus que l'histoire de la FFSPX était surtout l'histoire des dissidences. J'ai affirmé que c'était aussi l'histoire des dissidences.
Dans la mesure où l'histoire de Mgr Lefebvre, c'est aussi - dans la dernière partie de son existence et dans le bon dernier tiers de votre film - l'histoire de la FSSPX (et donc également l'histoire des dissidences) il n'est pas normal qu'à aucun moment on ne donne la parole - même succinctement - à l'un ou l'autre des dissidents en question (sur ce point précis).

( 733872 )
M. l’Abbé Guépin a « cheminé avec le fondateur en question » par Amandus (2013-10-04 13:05:08)
[en réponse à 733832]
Non, le problème est évidemment ailleurs. Et vous donnez l'impression de ne pas comprendre. "Viser au plus près l'histoire" ce n'est pas se contenter de donner la parole au parti quand on fait l'histoire de son fondateur. C'est donner également la parole à ceux qui ont été contemporains des événements, ont cheminé avec le fondateur en question, puis s'en sont écartés en telle occasion et les interroger là-dessus : sur ce moment où il y a eu séparation des chemins.
Au sens littéral et au sens figuré, M. l’Abbé Guépin a bien cheminé avec Mgr Levebvre :
Rivarol : Votre départ de la FSSPX a donc été motivé par ces raisons ?
Abbé Guépin : Absolument ! Durant mes trois années de ministère dans la FSSPX, Mgr Lefebvre connaissait parfaitement mes convictions doctrinales. Je ne m’en suis jamais caché auprès de lui. J’ai eu la grâce de faire des milliers de kilomètres en sa compagnie en voiture, lui tenant lieu de chauffeur pendant les vacances. Quand on se retrouve à deux en voiture pendant de longs voyages, on a le temps de parler… Nous parlions de tout ! Ce sont des souvenirs merveilleux. J’avais expliqué à Monseigneur que je ne citais pas Paul VI au canon de la Messe, ni Jean-Paul II par la suite, bien entendu. Monseigneur ne m’en a jamais fait reproche ! Il me disait toujours : « Je ne puis pas vous obliger en conscience ». Beaucoup de prêtres de la FSSPX ignorent cela. Il me disait aussi qu’il pensait qu’il valait mieux le citer, mais qu’on n’y était pas obligé en conscience. D’autant plus qu’il nous répétait souvent que Jean-Paul II était le chef des modernistes. Et donc tout naturellement — et respectueusement — je lui disais : « Monseigneur, comment pouvez-vous citer au canon de la Messe celui que vous appelez le chef des modernistes ? Ce n’est pas possible ! »
Extrait du N° 3109— 26 SEPTEMBRE 2013 — RIVAROL

( 733924 )
On peut difficilement en faire un proche parmi les proches par Ennemond (2013-10-05 00:22:40)
[en réponse à 733872]
Des prêtres qui ont bien connu Mgr Lefebvre dans les années 1970 et passé des heures et des heures seul avec lui dans leur voiture, il y en a des dizaines et des dizaines. Force est de constater que si Mgr Lefebvre a, aux débuts de la FSSPX, fait preuve d'une certaine tolérance à l'égard de sédévacantistes et de biritualistes parmi les prêtres amis, il a progressivement resserré la ligne, engageant ses prêtres à couper les ponts de part et d'autre. Dès lors, l'abbé Guépin ne s'est pas retrouvé en Mgr Lefebvre et a quitté la FSSPX.

( 733957 )
Plusieurs choses qui ont dû vous échapper par N.M. (2013-10-05 11:12:56)
[en réponse à 733924]
Evidemment que l'Abbé Guépin n'a jamais été aussi proche de Mgr Lefebvre (tant par les responsabilités exercées que par une longue proximité passée à ses côtés) que Mgr Tissier de Mallerais ou l'Abbé Aulagnier (qui tiennent à bon droit une juste place dans votre film). Personne ici n'a affirmé le contraire. Une fois encore vous enfoncez des portes ouvertes.
Mais pour ce qui regarde le reste de votre réponse, je constate que plusieurs choses ont dû vous échapper.
L'Abbé Philippe Guépin n'était pas un "prêtre ami" de la FSSPX. C'était un séminariste entièrement formé à Ecône (et à Albano), ordonné par Mgr Lefebvre et ayant exercé la charge de prieur dans la FSSPX. Et cela, vous le savez évidement fort bien. Donc votre réponse est (sur ce point) hors sujet.
Ce n'est pas seulement parmi les "prêtres amis" que Mgr Lefebvre a pu "fai[re] preuve d'une certaine tolérance". C'est au sein même de la FSSPX. Au moins à certaine(s) période(s) et sous certaines latitudes. Ou regardant des cas individuels bien précis.
Pour ce qui est maintenant des "prêtres amis", ce n'est pas seulement "au début" que Mgr Lefebvre a pu "fai[re] preuve d'une certaine tolérance", c'est jusqu'à la fin. L'Abbé Mouraux, le Père Vinson ou le Père Raffalli, ça ne vous dit rien ? Et l'Abbé Schoonbroodt (présent aux sacres de 1988 et dont la chapelle a été consacrée par Mgr Tissier de Mallerais) ?
Et ne me répondez pas que je vous fais le reproche de ne pas avoir mentionné cela dans votre film. Je réponds ici aux propos que vous tenez sur ce forum.