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( 733437 )
Infaillibilité des canonisations: Texte du R.P Goupil par Anaclet (2013-10-01 15:20:24)
Bonjour à tous,
Ci-joint pour mémoire un texte intéressant de ce théologien qui résumé la saine doctrine-non galavaudée-sur cette question. Les surlignages sont de moi.
L’Église est infaillible dans la canonisation des saints.
Par le R. P. Auguste-Alexis GOUPIL
Extrait du livre La Règle de la Foi (1941)
CE QU’EST LA CANONISATION.
C’est un jugement définitif du Pape déclarant qu’un homme jouit de la béatitude céleste, et le proposant nu culte de tous les fidèles.
Elle diffère donc de la béatification qui n’est pas un jugement définitif, et plus encore des simples inscriptions au martyrologe faites autrefois et où ont pu se glisser des erreurs.
Les règles suivies actuellement en cette matière sont dues à Benoît XIV, qui étant encore cardinal (cardinal Lambertini) écrivit en 1747 son remarquable Traité « De la béatification et de la canonisation des serviteurs de Dieu ».
Selon Mabillon, la plus ancienne canonisation officielle est celle de saint Ulrich par Jean XV, en l'an 993 (voir T. 833).
Dès les premiers temps de l’Église, on honore les Apôtres, les Martyrs ; à la fin du IV° siècle, on commence à honorer les Confesseurs, tel saint Martin. Chaque Église vénérait ses saints, du consentement ou par le jugement de l’évêque ; puis les diverses Églises se communiquaient leurs listes, et cette « reconnaissance universelle », qui déférait à un personnage les honneurs de la sainteté, équivalait à la canonisation. Notre présente proposition ne s’entend que de la canonisation officiellement décrétée.
PREUVES. LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES.
Le Pontife romain est infaillible quand il édicte une sentence définitive, et qu’au nom de son autorité suprême il oblige les fidèles à tenir une chose pour vraie. Or tel est le cas de la sentence de canonisation :
« Par l’autorité de N.-S. J.-C., des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, nous déclarons et définissons que N… est saint, nous l’inscrivons au catalogue des saints, et ordonnons que l’Église universelle honore sa mémoire d’un culte pieux… Que personne ne se permette de déchirer cette page de notre définition ; qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu Tout-Puissant. »
Une telle sentence est nécessairement infaillible, car il ne se peut que l’Église entière soit astreinte par son chef à honorer un damné ni un homme inexistant. Notons toutefois que ce jugement infaillible n’exclut pas toute erreur sur certaines circonstances accidentelles de la vie du saint : son nom, détails de sa vie, etc., voire la confusion de deux saints en un seul personnage ou au contraire le dédoublement d’un même unique saint.
L’enquête que fait l’Église pour la canonisation est une étude historique où suffit la certitude du même ordre sur la vie et les miracles du saint. Le jugement dogmatique de la canonisation, assuré de l’assistance du Saint-Esprit, dépasse en certitude la condition préliminaire de l’étude historique, sans évidemment la contredire, Ajoutons que depuis longtemps déjà la rigueur des procès de canonisation est telle que même une erreur historique importante y est pratiquement quasi-impossible.
LA RAISON THÉOLOGIQUE.
L’Église juge infailliblement des faits dogmatiques or la canonisation des saints en est un. En effet, que tels hommes, par exemple François d’Assise, Vincent de Paul, etc., aient vécu saintement et mérité la vie éternelle, ce sont des faits dont la certitude est une condition requise pour que l’Église puisse dûment proposer aux fidèles la vérité chrétienne. Comment pourra-t-elle leur enseigner, comme il faut, cette vérité révélée que les saints règnent dans le ciel avec le Christ, doivent donc être honorés et invoqués, si elle est incapable de déterminer infailliblement au moins quelques hommes entrés dans la gloire ? Le peuple chrétien sera réduit à un culte vague et peu utile.
De plus,la morale évangélique doit être prêchée aux fidèles, non seulement théoriquement mais surtout pratiquement, et par des exemples concrets qui valent mieux que tous les préceptes : Les exemples vivants sont d’un autre pouvoir ;Un prince dans un livre apprend mal son devoir.(Corneille, Le Cid., I, 3).
« Dans les actions et les passions humaines, dit saint Thomas, où l’expérience a tant de prix, les exemples meuvent plus que les paroles » (Ia IIæ q. 34, a. 1).
C’est la méthode indiquée par saint Paul: « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (I Cor. xi, 1). Il faut donc que l’Église puisse désigner infailliblement aux fidèles les saints qu’ils imiteront sûrement.

( 733443 )
Je ne suis pas convaincu par ce texte ! par Jean-Paul PARFU (2013-10-01 15:39:05)
[en réponse à 733437]
Je pense que, face aux attaques de la modernité, beaucoup de théologiens, dans la deuxième moitié du XIXème siècle et la première moitié du XXème siècle, ont eu trop tendance à "infaillibiliser" en quelque sorte et on s'en mord aujourd'hui les doigts.
Peut-être la Providence permet-elle aussi cette crise, de manière à ce que nous fassions mieux la part des choses et comprenions mieux la relation qui peut exister entre Dieu et Son Eglise.
Je présenterai en fait deux arguments contre les propos du père Goupil :
1) il faut, pour que la canonisation soit infaillible, que le Pape ait l'intention de faire ce que fait l'Eglise, lorsqu'elle canonise une personne.
Or, il semblerait que s'agissant de Jean XXIII et Jean-Paul II (voire de Paul VI plus tard), le Pape François ne souhaite pas proclamer l'héroïcité de leurs vertus, mais en réalité veuille "canoniser Vatican II" et le modernisme à travers eux et seulement leur rendre hommage, ce qui n'est pas la même chose ;
2) le second argument se trouve expliqué
ici

( 733515 )
Mais comment faites-vous ? par Eucher (2013-10-01 20:37:06)
[en réponse à 733443]
Me Parfu, vous dites:
Pape François ne souhaite pas proclamer l'héroïcité de leurs vertus, mais en réalité veuille "canoniser Vatican II" et le modernisme à travers eux et seulement leur rendre homage...
C'est une boule de cristal ? Non ? En tout cas pour préparer vos plaidoyers, il doit être fort commode de pouvoir lire les âmes comme cela.
-Eucher.

( 733554 )
Oulala, elle m'avait échappé celle-la ! par Meneau (2013-10-02 01:38:17)
[en réponse à 733443]
il faut, pour que la canonisation soit infaillible, que le Pape ait l'intention de faire ce que fait l'Eglise, lorsqu'elle canonise une personne.
Ah bon ? D'où cela sort-il ? Quel est le théologien qui a dit ça ?
Le même que celui de votre deuxième "argument" ? Celui qui dit :
Ainsi l'encyclique Humanae vitae de Paul VI sur la régulation des naissances... ne relèvent pas du dogme de l'infaillibilité
Petite citation tirée d'Humanae Vitae même :
4. De telles questions exigeaient du Magistère de l'Eglise une réflexion nouvelle et approfondie sur les principes de la doctrine morale du mariage doctrine fondée sur la loi naturelle, éclairée et enrichie par la Révélation divine.
Aucun fidèle ne voudra nier qu'il appartient au Magistère de l'Eglise d'interpréter aussi la loi morale naturelle. Il est incontestable, en effet, comme l'ont plusieurs fois déclaré Nos Prédécesseurs (1), que Jésus-Christ, en communiquant à Pierre et aux apôtres sa divine autorité, et en les envoyant enseigner ses commandements à toutes les nations (2), les constituait gardiens et interprètes authentiques de toute la loi morale: non seulement de la loi évangélique, mais encore de la loi naturelle, expression elle aussi de la volonté de Dieu, et dont l'observation fidèle est également nécessaire au salut (3).
L'Eglise pourrait faillir dans une telle matière ?
Cordialement
Meneau

( 733578 )
Le deuxième argument n'est pas de moi Meneau par Jean-Paul PARFU (2013-10-02 10:37:19)
[en réponse à 733554]
Je cite simplement cette thèse qui par ailleurs est intéressante.
Je pensais que vous aviez compris.

( 733582 )
L'argument qui m'intéresse Meneau par Jean-Paul PARFU (2013-10-02 10:49:35)
[en réponse à 733578]
C'est celui-ci :
"...Il faut limiter le domaine de l'assistance divine à la vérité évangélique, elle n'embrasse pas tout le domaine de la vie chrétienne. Ce qui est d'ordre législatif, administratif, du droit canonique ou public, demeure donc hors de l'infaillibilité de l'Église ".
" Il y a lieu de mentionner le domaine des réalités ecclésiales qui sont garanties par l'assistance divine, sans pour autant qu'elles soient l'objet de sanctions infaillibles : ainsi l'oecuménicité de tel concile, la légitimité ou la dissidence de tel évêque, de tel pape. la reconnaissance de tel rite ou telle législation, la promulgation d'une loi universelle. l'approbation d'un ordre religieux, la canonisation d'un saint et la confirmation de son invocation dans la liturgie,... "
" Il faut ici rappeler le principe : l'infaillibilité de l'Eglise n'appelle la foi divine que pour les articles relativement auxquels il y a eu révélation, et pour les choses nécessaires au salut. L'Église n'a pas reçu du Christ la promesse d'infaillibilité pour affirmer l'héroïcité des vertus de Saint François d'Assise, celle-ci fût-elle éminemment visible ".
" Tout ce qui dépend en soi d'une connaissance historique demeure hors de la capacité d'affirmation infaillible de l'Eglise" (Encyclopédie CATHOLICISME, p.1550-1578)
"Cette infaillibilité, dont le divin Rédempteur a voulu doter son Eglise quand elle définit la doctrine de la foi et des moeurs, s'étend aussi largement que le dépôt de la divine Révélation." (Concile Vatican II. Constitution Lumen Gentium, n°25)
La canonisation de Balaguer ne relève pas de l'infaillibilité de l'Eglise".

( 733587 )
Désolé par Meneau (2013-10-02 11:22:07)
[en réponse à 733582]
J'avais bien compris que l'argument n'était pas de vous. Mais désolé, il y a là-dedans un fatras théologique qui mélange allègrement le vrai et le faux, ce qui fait qu'en aucun cas la conclusion ne saurait être "concluante"...
Cordialement
Meneau

( 733591 )
Vous appelez ça des arguments ? par Athanasios D. (2013-10-02 11:42:34)
[en réponse à 733582]
On comprend mieux votre errance en la matière (et en quelques autres).
Si même Meneau ne vous prend pas (beaucoup) au sérieux, vous devriez vous inquiéter...
Ath

( 733444 )
Merci à vous par Jacques (2013-10-01 15:41:20)
[en réponse à 733437]
Très éclairant en effet.
Mgr GOUPIL n'était-il pas l'ancien évèque de Versailles.

( 733449 )
tout le sujet est là par jejomau (2013-10-01 15:58:09)
[en réponse à 733437]
dans cette phrase du Père Goupil:
L’enquête que fait l’Église pour la canonisation est une étude historique où suffit la certitude du même ordre sur la vie et les miracles du saint. Le jugement dogmatique de la canonisation, assuré de l’assistance du Saint-Esprit, dépasse en certitude la condition préliminaire de l’étude historique, sans évidemment la contredire
Ou est l'étude historique concernant Jean XXIII et ses miracles ??D'ailleurs le Père Goupil rajoute :
Ajoutons que depuis longtemps déjà la rigueur des procès de canonisation est telle que même une erreur historique importante y est pratiquement quasi-impossible
S'il n'y a pas de miracle : comment prouver la sainteté avérée de Jean XXIII ? Que peut affirmer l'étude ? L'héroïcité des vertus ? Mais cela ne suffit pas à la canonisation, non ? On pourrait aussi canoniser Urbain II qui a sauvé la Chrétienté et des centaines de milliers d'âmes .. Pendant qu'on y est...

( 733462 )
A Jejomau par Anaclet (2013-10-01 16:31:14)
[en réponse à 733449]
Bonjour Jejomau,
Comme le dit l'abbé Scott (FSSPX) dans l'étude mentionnée plus bas:
http://fsspx.com/Communicantes/Oct2002/French/Msgr_Escriva_de_Balaguer.htm
"On doit donc dire que ce n’est pas le fait qu’une personne soit appelée un saint qui engage l’infaillibilité, mais la déclaration et la définition solennelle par le Souverain Pontife liant les catholiques. C’est de ceci que dépend la réponse à la question de l’infaillibilité de la canonisation de Mgr Escriva.
Si le décret définit formellement et oblige d’accepter sa sainteté, alors il sera infaillible, en dépit des défauts dans les procès pour canonisation des saints qui existent depuis Vatican II".
Pour Jean XXIII, il s'avère qu'un premier "miracle" lui aurait été attribué pour la béatification en 2000. De plus, il appert aussi que pour la canonisation de Jean-Paul II, considérée comme discutable par certains traditionalistes, deux "miracles" ont été officiellement authentifiés comme tels (et donc collant davantage à la procédure officielle).
Le grand écart ecclésiologique semble donc toujours plus difficile à maintenir pour certains au fur et à mesure que le temps passe...et ce n'est pas le "collégialisme" voire une prétendue "auto-paralysie" qui imprégneraient (soi-disant) l'exercice magistériel des pontifes de Vatican II qui pourront maintenir coûte que coûte ce grand écart, à plus forte raison lorsqu'on s'apercevra-A Dieu ne plaise!-que François aura promulgué avec toute son autorité et en bonne et due forme ces actes-là le moment venu (cela vaut aussi pour la promulgation du Concile Vatican II et la réforme liturgique).
Anaclet

( 733463 )
Entre parenthèses par N.M. (2013-10-01 16:38:50)
[en réponse à 733462]
Avec l'"auto-paralysie", on fait en définitive rentrer par la fenêtre ce que l'on a prétendu faire sortir par la porte.
Bien à vous

( 733464 )
Illogique par Meneau (2013-10-01 16:43:02)
[en réponse à 733463]
Ce qu'on a seulement seulement "prétendu" faire sortir par la porte, est en fait resté à l'intérieur, de sorte qu'il est impossible de le faire rentrer par la fenêtre.
Cordialement
Meneau
PS : je sais, mon post n'apporte rien au débat. Juste pour le plaisir de contredire N.M. qui en général est difficile à prendre en défaut

( 733467 )
Oui et non par N.M. (2013-10-01 16:49:36)
[en réponse à 733464]
Tout dépend de la nature de la chose en question.
Vous pouvez prétendre faire sortir l'air par la porte. Et le faire rentrer par la fenêtre.

( 733509 )
je vous remercie par jejomau (2013-10-01 19:54:20)
[en réponse à 733462]
beaucoup puisque la dernière fois que j'ai demandé quels étaient les miracles de Jean XXIII on m'a répondu qu'il... n'y en avait pas !
d'où mon post désabusé !
Mais si l'Eglise reconnait effectivement des miracles aux deux papes , alors ....

( 733506 )
Le moyen subtil de pièger la FSSPX ? par Athanase (2013-10-01 19:38:49)
[en réponse à 733437]
C'est la question que je me pose.
Le Saint-Siège n'a pas proclamé de dogme à l'issue de Vatican II. Il ne dispose pas de "pénaliser" la FSSPX à l'encontre de son refus ou de ses vives critiques. Exit donc la possibilité de condamner la FSSPX sur la base d'un concile qui se voulait pastoral et n'a pas, à proprement parler, comporté de déclaration dogmatique; Vatican II n'a jamais prétendu prétendu définir de nouveaux points, mais plutôt cherché à mieux les expliquer, quoi qu'on pense du concile et même si on devait souligner sa dangerosité.
Mais si une canonisation engage l'infaillibilité de l'Eglise, ce pourrait être le moyen idéal d'agir contre la FSSPX en invoquant... la théologie la plus traditionnelle.
Est-ce intentionnel ? Je ne sais.
Mais comment réagira le Saint-Siège à l'encontre d'une critique aussi radicale des canonisations envisagées.

( 733532 )
en meme temps par Arnold (2013-10-01 21:52:25)
[en réponse à 733506]
Cela simplifierait les choses:une "canonisation" problematique, un "eveque de Rome" problematique", un risque de nouvelle excommunication totalement sujet a caution dans ce cas.

( 733539 )
c'est hélas par Vassilissa (2013-10-01 22:41:51)
[en réponse à 733506]
bien possible. Mais l'usage de la ruse, sur des choses aussi graves, et alors qu'ils savent pertinemment qu'il n'y a AUCUNE raison de condamner la Fraternité, ne les juge-t-il pas pour ce qu'ils sont : des imposteurs et des manipulateurs ?