Le Forum Catholique
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( 733232 )
Quand y en plus y en a encore... par Justin Petipeu (2013-09-30 14:28:27)
Source : La Croix
Le pape François invite les catéchistes à se montrer créatifs
Intervenant le 27 septembre au Congrès international des catéchistes, le pape a mis en garde contre un catéchisme « rigide » au profit d’une démarche adaptée et vécue de tout son être.
« Tu connais Jésus-Christ ? – Jésus qui ? » Jacqueline Izard se souvient de ce bref échange avec une enfant débarquant au catéchisme qu’elle assure dans une école de Paris. De séances si chahutées avec son groupe de CM2, qu’elle se demande ce qu’ils en retirent. Venue à Rome, au Congrès international de catéchèse, organisé depuis jeudi 26 septembre par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation dans le cadre de l’Année de la foi, cette catéchiste française s’est reconnue dans l’intervention du pape François, adressée vendredi 27 septembre aux 1 600 participants provenant de 51 pays.
La connaissance du catéchisme « n’est pas suffisante ».
Affecté que dans son propre ancien diocèse de Buenos Aires « tant d’enfants ne savent pas faire le signe de croix », le pape a reconnu la difficulté et même temps la noblesse de transmettre la foi aujourd’hui. Mission qu’il ne réduit pas à une « affaire » dont le catéchiste s’acquitterait, fort d’un diplôme, le temps d’une leçon mais qui doit l’habiter dans tout son être se laissant regarder par le Christ.
« Le catéchiste, témoin de la foi », était d’ailleurs le thème de ces journées. « Prêchez toujours l’Évangile, et également avec les mots ! », a conseillé en souriant le pape, citant explicitement saint François d’Assise. La veille, dans son homélie matinale à la maison Sainte-Marthe où il loge au Vatican, il a même rappelé que la connaissance de Jésus à travers le seul catéchisme « n’est pas suffisante ». Ce que le motu proprio Porta fidei, de Benoît XVI, promulguant en 2011 l’année de la foi, reconnaît : « La connaissance des contenus à croire n’est pas suffisante si ensuite le cœur (..) n’est pas ouvert par la grâce qui permet d’avoir des yeux pour regarder en profondeur et comprendre que ce qui a été annoncé est la Parole de Dieu ».
« Une statue de musée »
La catéchèse offre ainsi un des terrains où le pape François veut bousculer l’Église dans sa « manière d’être ». Comparant la situation à celle de Jonas qui, dans la Bible, se montre peu enclin à prêcher à Ninive, grande ville païenne, le pape a brossé, non sans humour, le portrait du catéchiste campé sur ses « schémas » et « idées claires », qui « finit par être une statue de musée ».
Reprenant le vocabulaire marquant son pontificat depuis le début, il a pressé les catéchistes, et au-delà les catholiques, à sortir aux « périphéries », sans rester « fermés dans leur groupe, leur mouvement, leur paroisse », sans être « rigides » – « Dieu n’est pas rigide » – mais au contraire en sachant « s’adapter aux circonstances » pour annoncer l’Évangile, en se montrant « créatifs ». « La créativité est la colonne vertébrale du catéchiste », a insisté le pape François, qui a demandé le même effort créatif à son clergé romain le 16 septembre au Latran. « Pour être fidèles, pour être créatifs, il faut savoir changer », a-t-il encore souligné cette fois, plaçant cette créativité sous la conduite du Christ.
Une « Église accidentée » plutôt « qu’une Église malade »
Des accidents ne sont pas exclus lorsqu’on ose s’aventurer hors des sentiers battus. Mais le pape a déclaré avec force : « Je préfère mille fois une Église accidentée qu’une Église malade ! », reprenant une formule employée dans son livre d’entretien paru en 2010 lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires. Applaudissant à plusieurs reprises, les catéchistes réunis dans la grande salle Paul VI du Vatican ont immédiatement manifesté qu’ils avaient bien reçu le message du pape.
Les congressistes français – venus en nombre : 320, dont dix évêques – repartent confortés face aux défenseurs d’un retour au catéchisme que l’on récitait par cœur. Surtout, ils se retrouvent déjà dans l’appel du pape. Les « périphéries », le P. Nicolas Rosset, curé de Suresnes venu au congrès, les rejoint à partir des enfants en catéchèse : « Ils ramènent d’autres copains, éloignés de l’Église, qui demandent ensuite le baptême, entraînant ainsi leurs propres parents. » De la créativité, une autre catéchiste du diocèse de Nanterre l’expérimente en s’adaptant à un public handicapé. Jacqueline Izard, elle, doit en faire preuve à chaque séance pour intéresser son jeune public : « Je fais souvent tout à fait autre chose que ce que j’avais préparé. »
Tous les congressistes et les pèlerins de ces Journées internationales des catéchistes poursuivent leurs travaux à Rome ce samedi 28 septembre et se retrouvent dimanche à la messe présidée place saint-Pierre par le pape François.
SÉBASTIEN MAILLARD (à Rome)

( 733235 )
Il a raison... Je détaille un peu, j'argumente, je "rentre dedans" par Glycéra (2013-09-30 14:46:29)
[en réponse à 733232]
de dire et de faire que le seul mental ne soit pas le sujet du caté.
Comme dans tout enseignement, ce qui ne part pas de ce qui est perçu, vu, entendu, goûté, senti, touché reste lettre morte.
L'humanité est d'abord humaine, sensible.
En partant du sensible, on peut entrer dans la conjonction coeur-mental.
Peut-on enseigner le calcul à quelqu'un qui n'a aucune notion de quantité, qui n'a jamais perçu l'adéquation entre deux quantités : le nombre de convives et le nombre d'assiettes est déjà un premier nécessaire pour mettre le couvert.
Le caté-mental par mémoire et rien d'autre est la mort du sens de Dieu.
Le caté : "c'est beau la création, Qui a fait cela ? Et pour qui ? et dans quel but ?" par de la base encore dans l'ombre (la nature) pour la mettre en lumière (la grâce) et relier les deux : notre existence et son coeur qui appelle le Coeur de Dieu.
Combien de musiciens morts-né dans nos académies qui exigent 2 ans de lecture de signes morts sur des papiers, au lieu de faire chanter les souffles et les paroles en rythme intégrant le coeur et ses pulsations ? Notre Occident meurt de son mental !
La tête trop lourde fait trébucher.
Retrouvons nos tripes.
On est chrétien dans ses tripes...
Jésus nosu le montre.
Son agonie est le combat entre la "voluntas ut natura" et la "voluntas ut ratio". Qui néglige la nature fait la bête !
Le résultat de ce tout mental, nous l'avons : les églises sont vides, à l'image de l'âme des gens ?
Il est important d'incarner le caté !
Pas d'envoyer les manuels (j'aime ce mot pour désigner un livre facile à mettre en mains) ... aux orties, mais d'aller marcher dans les chemins ou marchent les enfants ou les catéchumènes, pour en sortir la quintessence et poser la tête sur le reste du corps.
Qui manque de tripes, qui manque de coeur, non seulement marche su r la tête, ou se cantonne sous la ceinture, mais surtout difforme, il fait fuir les candidat à la science de Dieu.
Les catéchistes yéyé sont autant dans cette catégorie que les caté-jansénistes.
Voilà pourquoi, je dis que le pape a raison, il est temps de faire un catéchisme complet, et pas d'abord, puis ensuite, et pour finir seulement cérébral.
Glycéra

( 733242 )
ah bon .... la catéchèse = zéro par jejomau (2013-09-30 15:14:28)
[en réponse à 733235]
Vous croyez que les enfants aujourd'hui sont trop imprégné de "caté mental" ???
Je vous mets au défi d'avoir une réponse auprès d'eux si vous leur posez ce genre de questions :
- Quels sont les Mystères chrétiens ?
- Citez moi un SEUL commandement .
- Combien d'évangélistes ?
etc... etc....
Ils ne savent RIEN.
Pire : les aumôneries sont vides. Dans une Institution diocésaine de 1200 élèves d'une petite ville de province, le groupe de catéchèse réunit :
- une dizaine d'élèves en 4°
- 6 élèves en 3°
- 1 élève de 2° (lequel participe aux cours de 3° pour le coup)
Point final.
En revanche, pour participer à "l'épanouissement créatif" ils sont présents toute l'année : bol de riz pour les déshérités asiatiques; participation Handisport pour trouver un fauteuil roulant ou acheter un chien pour non-voyants (ne pas dire "aveugles" surtout..), etc...
CATECHESE = ZERO !
La Sainte Vierge n'est peut-être pas allé beaucoup à l'école mais, Elle, au moins, savait PAR COEUR la plupart des passages de la Bible !
Mais d'ailleurs, c'est voulu : on ne veut pas que les enfants aient de la mémoire....

( 733248 )
Z'avez pas bien lu... je dis à bas les Procustines ! par Glycéra (2013-09-30 15:25:16)
[en réponse à 733242]
Si je donne des défauts des manières tout cérébral des années d'avant, 1860-1960 pour faire court, est-ce à dire que je trouve nourrissant les vides abyssaux infligés depuis 1960 ?
Je dis : le tout cérébral est une catastrophe.
N'y retournons surtout pas.
Ecoutons ce que savent et ignorent les enfants.
Apprenons-leur à sentir, écouter, et faisons les monter... jusqu'où ils peuvent aller.
A bas les Procustines !
Non ce n'est pas un nouvel ordre féminin, c'est le nom des coupeuses de têtes et d'âmes qui se sont faites expertes en limitations d'autrui à défaut de se croire prof de coloriages... et ont vidé les églises à la suite des curés qui n'ont pas appris à prier ou à entendre Dieu leur parler.
Ste Thérèse, Ste Bernadette, et tant d'autres nous ont montré comment leur rabattre le caquet, et ont révélé où elles se tenaient, adeptes sans le savoir des jansénistes... qui ont tant détruit.
Je n'ai pas dit ce que vous chantez.
A la suite tant de gens.
Il n'y a pas OU les par-coeur (qui manquent de coeur, précisément, ce sont des par-tête = par-mémoire sèche) OU les excités.
Il y a les incarnés, qui sentent la sève vivante et la nourrissent pour qu'elle portent tous ses fruits, tous.
Je dis NI questions sèches, NI dessins creux.
Il y a quelque chose à retrouver...
Et pas seulement au caté.
Nos enfants sont nuls...
(a part en quelques détails jeux video, calculs de la bourse, ou résultats de foot ?)
Voyez-vous ?
Glycéra

( 733240 )
Bossuet disait à ce sujet, par Anne Charlotte Lundi (2013-09-30 15:09:16)
[en réponse à 733232]
"Si vous trouvez quelques fois dans le catéchisme des choses qui semblent surpasser la capacité des enfants, vous ne devez pas pour cela vous lasser de les leur faire apprendre, parce que l'expérience fait voir que, pourvu que ces choses leur soient expliquées en termes courts et précis, quoique ces termes ne soient pas entendus toujours d'abord, peu à peu, en les méditant, on en acquiert l'intelligence".

( 733243 )
On dit que St Jacques disait : par Glycéra (2013-09-30 15:15:17)
[en réponse à 733240]
Si tu ne comprends pas ce qui est enseigné, (1) ton ange gardien lui comprend. Alors tais-toi, tiens toi tranquille pour qu'il écoute tout : il te le redira peu à peu en temps utile. Demande-le lui.
(1) incluant un "si tu n'entends pas le latin"

( 733245 )
François ou le n'importe quoi démago qui se veut choc ! par Jean-Paul PARFU (2013-09-30 15:18:39)
[en réponse à 733240]
François, le Pape du n'importe quoi démago qui ne coûte pas grand chose, le Pape des mots chocs qui se veulent grands mots d'ordre "prophétiques" et "évangéliques", mais qui masquent, en réalité, le vide dogmatique et l'absence réelle de missions et d'évangélisation !
En un mot : l'imposture !

( 733247 )
un futur saint par jejomau (2013-09-30 15:21:05)
[en réponse à 733245]
avec les nouveaux critères conciliaires....

( 733255 )
Et encore, il y a pire par Anisvert (2013-09-30 16:32:31)
[en réponse à 733232]
Vous ne dites pas tout :
Encore faudrait-il que les catéchistes soient eux-même formés, et disposent de quelques connaissances basiques eux-mêmes, ce qui n'est pas toujours le cas.
Ils font des trucs et des machins , avec des bougies, des corbeilles, tout le monde est gentil, bisounours, le pain dans le levain , tout ça, on n'y comprend rien, mais il n'est jamais question même des Evangiles.
Quand le catéchisme n'est pas confié à des athées, on ne sait pas pourquoi d'ailleurs, ces derniers réclament cette fonction, qui leur est accordée, et qui ne doit avoir aucun sens : à mon avis ils sont là pour bien s'assurer qu'aucun enfant qui vient à leur cours n'ait jamais la foi et ne croient jamais en rien.

( 733288 )
En France du moins par Aigle (2013-09-30 20:58:43)
[en réponse à 733255]
Il me semble que la question ne se pose quasiment plus en France car dans la plupart des lieux (paroisses ou écoles libres) où sont encore appliquées les méthodes post conciliaires (dont l'échec était pourtant parent dès la fin des années 1970), les élèves ont quasiment disparu eux aussi ...
Bref dans notre pays là où existe encore un caté soit il est traditionaliste soit il est d'esprit relativement traditionnel au moins en ce qui concerne la pédagogie (même si des chants charismatiques peuvent être employés dans le second cas).
Sans parler du caté musulman qui est exclusivement fondé sur le par cœur ...notre bon pape François serait il islamophobe ?

( 733292 )
Ce qu'a dit exactement le Saint Père aux catéchistes... par Sursum corda (2013-09-30 21:06:57)
[en réponse à 733232]
C'est peut-être mieux que l'interprétation qu'on en fait dans la Croix.
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, qu'ils entendent !
SC
"Chers catéchistes, bonsoir !
Il me plaît qu'il y ait, durant l'Année de la foi, cette rencontre pour vous : la catéchèse est un pilier pour l'éducation de la foi, et nous voulons de bons catéchistes ! Merci de ce service à l'Église et dans l'Église. Même si parfois ça peut être difficile, si on travaille beaucoup, si on s'engage et qu'on ne voit pas les résultats voulus, éduquer dans la foi c'est beau ! C'est peut-être le meilleur héritage que nous pouvons donner : la foi ! Éduquer dans la foi pour qu'elle grandisse. Aider les enfants, les jeunes, les adultes à connaître et à aimer toujours plus le Seigneur est une des plus belles aventures éducatives, on construit l'Église ! "Être" catéchiste ! Non pas travailler comme catéchistes : cela ne va pas ! Je travaille comme catéchiste parce que j'aime enseigner… Mais si tu n'es pas catéchiste cela ne va pas ! Tu ne seras pas fécond, tu ne seras pas fécond ! Catéchiste c'est une vocation : "être catéchiste", c'est cela la vocation, non travailler comme catéchiste. Attention, je n'ai pas dit "faire" le catéchiste, mais "l'être", parce que cela engage la vie. On conduit à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. Rappelez-vous ce que Benoît XVI nous a dit : « L'Église ne grandit pas par le prosélytisme. Elle grandit par attraction ». Et ce qui attire, c'est le témoignage. Être catéchiste signifie donner le témoignage de la foi ; être cohérent dans sa vie. Et ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile ! Nous aidons, nous conduisons à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. J'aime rappeler ce que saint François d'Assise disait à ses frères : « Prêchez toujours l'Évangile, et, si c'est nécessaire aussi par les paroles ». Les paroles viennent… mais d'abord le témoignage : que les gens voient l'Évangile dans notre vie, qu'ils puissent lire l'Évangile. Et "être" catéchiste demande de l'amour, un amour toujours plus fort pour le Christ, un amour pour son peuple saint. Et cet amour ne s'achète pas dans les commerces, il ne s'achète pas non plus ici à Rome. Cet amour vient du Christ ! C'est un cadeau du Christ ! C'est un cadeau du Christ ! Et s'il vient du Christ, il part du Christ et nous devons repartir du Christ, de cet amour que Lui nous donne.
Que signifie ce repartir du Christ pour un catéchiste, pour vous, pour moi aussi, parce que moi aussi je suis catéchiste ? Qu'est-ce-que cela signifie ?
Je parlerai de trois choses : un, deux, trois comme faisaient les vieux jésuites… un, deux et trois !
1. Avant tout, repartir du Christ signifie avoir une familiarité avec Lui, avoir cette familiarité avec Jésus : à la dernière Cène, Jésus le recommande instamment aux disciples, quand il était en passe de vivre le plus grand don d’amour, le sacrifice de la Croix. Jésus utilise l’image de la vigne et des sarments et dit : demeurez dans mon amour, demeurez attachés à moi, comme le sarment est attaché à la vigne. Si nous sommes unis à Lui, nous pouvons porter du fruit, et c’est cela la familiarité avec le Christ. Demeurer en Jésus ! C’est demeurer attachés à Lui, à l’intérieur de Lui, avec Lui, parlant avec Lui : demeurer en Jésus.
Pour un disciple, la première chose est de rester avec le Maître, l’écouter, apprendre de Lui. Et cela vaut toujours, c’est un cheminement qui dure toute la vie ! Je me rappelle tant de fois dans le diocèse, dans le diocèse que j’avais auparavant, d’avoir vu à la fin des cours du séminaire catéchétique, les catéchistes qui sortaient en disant : " J’ai le titre de catéchiste ! " Cela ne va pas, tu n’as rien, tu as fait un petit bout de chemin. Qui t’aidera ? Cela vaut toujours ! Ce n’est pas un titre, c’est une attitude : rester avec Lui ; et durant toute la vie ! C’est rester en présence du Seigneur, se laisser regarder par Lui. Je vous demande : comment êtes-vous en présence du Seigneur ? Quand tu vas près du Seigneur, que tu regardes le Tabernacle, que faites-vous ? Sans paroles… Mais je dis, je dis, je pense, je médite, j’écoute… Très bien ! Mais te laisses-tu regarder par le Seigneur ? Nous laisser regarder par le Seigneur. Lui nous regarde et cela, c’est une manière de prier. Te laisses-tu regarder par le Seigneur ? Mais comment fait-on? Regarde le tabernacle et laisse-toi regarder… c’est simple ! C’est un peu ennuyeux, je m’endors… Endors-toi, endors-toi ! Lui te regarderas lui-même, Lui te regarderas lui-même. Mais sois sûr que Lui te regarde ! Et cela est beaucoup plus important que le titre de catéchiste : cela fait partie de l’être catéchiste. Cela réchauffe le cœur, garde allumé le feu de l’amitié avec le Seigneur, te fait sentir que Lui te regarde vraiment, qu’il est proche de toi et qu’il t’aime. Dans une des sorties que j’ai faites, ici à Rome, lors d’une Messe, un monsieur relativement jeune s’est approché de moi et m’a dit : "Père je suis heureux de vous connaître, mais moi, je ne crois en rien ! Je n’ai pas le don de la foi ! ". Il comprenait que c’était un don. " Je n’ai pas le don de la foi ! Qu’est-ce que vous me dites ? ". " Ne te décourage pas. Lui t’aime. Laisse-toi regarder par Lui ! Rien de plus". Et cela je vous le dis à vous : laissez-vous regarder par le Seigneur ! Je comprends que pour vous ce n’est pas si simple : particulièrement pour la personne mariée et qui a des enfants, c’est difficile de trouver un long temps de calme. Mais, grâce à Dieu, il n’est pas nécessaire que tous fassent de la même manière ; dans l’Église il y a variété de vocations et variété de formes spirituelles ; ce qui est important c’est de trouver la façon convenable pour rester avec le Seigneur ; et cela est possible, c’est possible dans chaque état de vie. En ce moment, chacun peut se demander : comment je vis “ce fait de rester” avec Jésus ? C’est une question que je vous pose : "Comment est-ce que je vis ce fait de rester avec Jésus, ce fait de demeurer en Jésus ? ". Ai-je des moments durant lesquels je reste en sa présence, en silence, je me laisse regarder par Lui ? Est-ce que je laisse son feu réchauffer mon cœur ? Si dans notre cœur il n’y a pas la chaleur de Dieu, de son amour, de sa tendresse, comment pouvons-nous, nous, pauvres pécheurs, réchauffer le cœur des autres ? Pensez à cela !
2. Le deuxième élément est ceci. Deuxièmement : repartir du Christ signifie l’imiter dans le fait de sortir de soi et d’aller à la rencontre de l’autre. C’est une expérience belle et un peu paradoxale. Pourquoi ? Parce que celui qui met le Christ au centre de sa vie se décentre ! Plus tu t’unis à Jésus et Lui devient le centre de ta vie, plus Lui te fait sortir de toi-même, te décentre et t’ouvre aux autres. C’est le vrai dynamisme de l’amour, c’est le mouvement de Dieu même ! Dieu est le centre, mais il est toujours don de soi, relation, vie qui se communique… Ainsi devenons-nous, nous aussi, si nous restons unis au Christ, Lui nous fait entrer dans ce dynamisme de l’amour. Là où il y a véritable vie dans le Christ, il y a ouverture à l’autre, il y a sortie de soi pour aller à la rencontre de l’autre au nom du Christ. Et cela c’est le travail du catéchiste : sortir constamment de soi par amour pour témoigner de Jésus et parler de Jésus, prêcher Jésus. C’est important parce que le Seigneur le fait : c’est vraiment le Seigneur qui nous pousse à sortir.
Le cœur du catéchiste vit toujours ce mouvement de « systole – diastole » : union avec Jésus – rencontre avec l’autre. Ce sont les deux choses : je m’unis à Jésus et je sors à la rencontre des autres. S’il manque un de ces deux mouvements, le cœur ne bat plus, ne peut plus vivre. Le cœur du catéchiste reçoit en don le kérygme, et à son tour, il l’offre en don. Ce petit mot : don. Le catéchiste est conscient qu’il a reçu un don, le don de la foi et il le donne en don aux autres. C’est beau ! Et il n’en prend pas pour soi un pourcentage ! Tout ce qu’il reçoit, il le donne ! Il ne s’agit pas d’un marché ! Ce n’est pas un marché ! C’est un pur don : don reçu et don transmis. Et le catéchiste est là, à ce croisement de dons. C’est ainsi dans la nature même du kérygme : c’est un don qui génère la mission, qui pousse toujours au-delà de soi-même. Saint Paul disait : « L’amour du Christ nous pousse », mais on peut aussi traduire ce « nous pousse » par « nous possède ». C’est ainsi : l’amour t’attire et t’envoie, te prend et te donne aux autres. Dans cette tension le cœur du chrétien, en particulier le cœur du catéchiste, se met en mouvement. Demandons-nous nous tous : est-ce ainsi que bat mon cœur de catéchiste : union avec Jésus et rencontre avec l’autre ? Avec ce mouvement de « systole – diastole » ? S’alimente-t-il dans la relation avec Lui, mais est-ce pour le porter aux autres et non pour le retenir ? Je vous dis une chose : je ne comprends pas comment un catéchiste peut rester ferme, sans ce mouvement. Je ne comprends pas !
3. Et le troisième élément – trois se situe toujours dans cette ligne : repartir du Christ signifie ne pas avoir peur d’aller avec Lui dans les périphéries. Ici me vient à l’esprit l’histoire de Jonas, une figure vraiment intéressante, particulièrement à notre époque de changements et d’incertitude. Jonas est un homme pieux, avec une vie tranquille et ordonnée ; cela l’amène à avoir ses schémas bien clairs, et à juger tout et tous en fonction de ces schémas, de manière rigide. Tout est clair pour lui, la vérité est celle-là. Il est rigide ! C’est pourquoi, quand le Seigneur l’appelle et lui dit d’aller prêcher à Ninive, la grande ville païenne, Jonas n’y avait pas le cœur. Aller là ! Mais j’ai toute la vérité ici ! Il n’a pas le cœur…Ninive est au-delà de ses schémas, elle est à la périphérie de son monde. Et alors il s’échappe, il s’en va en Espagne, il s’enfuit, et il s’embarque sur un navire qui va par là. Allez relire le livre de Jonas ! Il est bref, mais c’est une parabole très instructive, spécialement pour nous qui sommes dans l’Église.
Qu’est-ce qu’il nous enseigne ? Il nous enseigne à ne pas avoir peur de sortir de nos schémas pour suivre Dieu, car Dieu va toujours au-delà. Mais savez-vous une chose ? Dieu n’a pas peur ! Savez-vous cela, vous ? Il n’a pas peur ! Il est toujours au-delà de nos schémas ! Dieu n’a pas peur des périphéries. Mais si vous allez aux périphéries, vous l’y trouverez. Dieu est toujours fidèle, il est créatif. Mais, s’il vous plaît, on ne comprend pas un catéchiste qui ne soit pas créatif. Et la créativité est comme la colonne du fait d’être catéchiste. Dieu est créatif, il ne s’enferme pas, et pour cela il n’est jamais rigide. Dieu n’est pas rigide ! Il nous accueille, il vient à notre rencontre, il nous comprend. Pour être fidèles, pour être créatifs, il faut savoir changer. Savoir changer. Et pourquoi je dois changer ? Pour m’adapter aux circonstances dans lesquelles je dois annoncer l’Évangile. Pour rester avec Dieu, il faut savoir sortir, ne pas avoir peur de sortir. Si un catéchiste se laisse prendre par la peur, c’est un lâche ; si un catéchiste reste tranquille il finit par être une statue de musée ; et nous en avons beaucoup ! Nous en avons beaucoup ! S’il vous plaît, pas de statues de musée ! Si un catéchiste est rigide il devient rabougri et stérile. Je vous le demande : quelqu’un parmi vous voudra-t-il être un lâche, une statue de musée ou stérile ? Quelqu’un a-t-il ce désir ? [Les catéchistes : Non !] Non ? Vraiment ? C’est bien ! Ce que je vais dire maintenant, je l’ai dit bien des fois, mais cela me vient du cœur de le dire. Quand nous, chrétiens, nous sommes fermés sur notre groupe, sur notre mouvement, sur notre paroisse, sur notre milieu, nous restons fermés et il arrive ce qu’il arrive à tout ce qui est fermé ; quand une pièce est fermée, elle commence à sentir l’humidité. Et si une personne est dans cette pièce, elle tombe malade ! Quand un chrétien est fermé sur son groupe, sur sa paroisse, sur son mouvement, il est fermé, il tombe malade. Si un chrétien sort dans les rues, les périphéries, il peut lui arriver ce qui arrive à des personnes qui vont dans les rues : un accident. Bien des fois nous avons vu des accidents de la route. Mais je vous dis : je préfère mille fois une Église accidentée, et non une Église malade ! Une Église, un catéchiste qui a le courage de courir le risque de sortir, et non un catéchiste qui étudie, qui sait tout, mais toujours fermé : celui-là est malade. Et parfois, il est malade de la tête…
Mais attention ! Jésus ne dit pas : allez, débrouillez-vous. Non, il ne dit pas cela ! Jésus dit : Allez, je suis avec vous ! C’est cela notre beauté et notre force : si nous allons, si nous sortons porter son Évangile avec amour, avec un vrai esprit apostolique, avec vérité (parresia), Lui marche avec nous, nous précède, – je le dis en espagnol – il nous “primerea”. Le Seigneur nous “primerea” toujours. Désormais vous avez appris le sens de ce mot. Et c’est la Bible qui le dit, ce n’est pas moi qui le dis. La Bible dit, le Seigneur dit dans la Bible : Je suis comme la fleur d’amandier. Pourquoi ? Parce que c’est la première fleur qui fleurit au printemps. Lui est toujours “primero” ! Il est le premier ! C’est fondamental pour nous : Dieu nous précède toujours ! Quand nous pensons aller loin, dans une extrême périphérie, et nous avons peut-être un peu peur, en réalité Lui s’y trouve déjà : Jésus nous attend dans le cœur de ce frère, dans sa chair blessée, dans sa vie opprimée, dans son âme sans foi. Mais savez-vous une des périphéries qui me fait si mal que j’en ressens la douleur – je l’avais vu dans le diocèse que j’avais auparavant ? C’est celle des enfants qui ne savent pas faire le Signe de la Croix. À Buenos Aires, il y a beaucoup d’enfants qui ne savent pas faire le Signe de la Croix. C’est une périphérie ! Il faut aller là ! Et Jésus est là, il t’attend, pour aider cet enfant à faire le Signe de la Croix. Lui nous précède toujours.
Chers catéchistes, les trois points sont finis. Toujours repartir du Christ ! Je vous remercie pour ce que vous faites, mais surtout parce que vous êtes dans l’Église, dans le Peuple de Dieu en marche, parce que vous marchez avec le Peuple de Dieu. Restons avec le Christ, – demeurer dans le Christ cherchons à être toujours davantage une seule chose avec Lui ; suivons-le, imitons-le dans son mouvement d’amour, dans son mouvement à la rencontre de l’homme ; et sortons, ouvrons les portes, ayons l’audace de tracer des voies nouvelles pour l’annonce de l’Évangile.
Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous accompagne. Merci !
Marie est notre Mère,
Marie nous conduit toujours à Jésus !
Prions la Vierge Marie les uns pour les autres."

( 733296 )
Merci par Aigle (2013-09-30 21:21:03)
[en réponse à 733292]
Cher Corda de nous donner un texte exact.
Pour ma part je ne comprends pas tout. D'un côté le pape nous dit de changer d'aller de l'avant vers les périphéries pour attirer les hommes vers le Christ. D'adapter nos méthodes à l'epoque.
D'un autre côté nous savons qu en France les néo modernistes sont absolument incapables d'aller vers l'extérieur témoigner et parler du Christ. Car ils ont tellement peur de gêner ou de choquer qu'ils cachent leur foi au nom de la pastorale de l'enfouissement. Et ceci même dans les écoles libres soi disant catholiques !
Finalement le pape François n'est il pas dans la ligne de Paul VI (évangéliques nutiandi) bref dans une ligne assez charismatique qui réprouve tant l'approche strictement scolaire de la foi que la pastorale de l'"enfouissement"?

( 733302 )
Il faut "repartir du Christ" par Sursum corda (2013-09-30 22:10:13)
[en réponse à 733296]
C'est le titre du texte intégral donné par l'Homme Nouveau sur son site (
ici) et que j'ai copié/collé dans mon post.
Et je pense que c'est bien là l'essentiel de son message, cher Aigle. Personnellement, j'ai eu le sentiment, en lisant ce texte, que le Saint Père renvoie dos à dos les mentalités "intégristes" et les mentalités "progressistes" : en effet, les premiers restent complètement bloqués sans aucune ouverture, les seconds se jettent à âme perdue dans le monde en ne croyant qu'en eux.
A ces deux catégories, il manque -et c'est catastrophique- le rayonnement de l'Amour du Christ, tellement vital pour attirer les brebis égarées. Pas étonnant que la situation soit telle que nous la voyons aujourd'hui.
Mon impression est que ce Pape est celui du songe de Don Bosco. Ses prédécesseurs, Jean-Paul II et Benoît XVI, ont fait un monstrueux boulot pour ressouder les catholiques du monde entier... en vue des temps que nous vivons actuellement, et maintenant, il faut faire fi des "querelles de chapelle" (je vais me faire tuer, moi !) et aller à l'essentiel : c'est la grande bataille des Enfants de Lumière contre les forces des ténèbres, et l'enjeu primordial, c'est d'amener (ou de ramener), un
maximum d'âmes à Dieu.

( 733331 )
Au risque de me répéter par Aigle (2013-10-01 08:00:03)
[en réponse à 733302]
Merci de ces indications et de votre commentaire que j'approuve cher Corda.
Toutefois, je reste sceptique sur ces antithèses chères au papeFrancois et un peu inadaptées à mon avis.
On croirait lire un texte des années 1965-1968: il faut changer de forme sans changer le fond pour aller convertir le monde. C'est presque le programme de Mgr Charles à Montmartre dans les années 1960 et c'était son programme au centre Richelieu avant 1960.
C'est peut être un discours bien adapté au diocèse de Buenos Aires car il faut peut être la bas renvoyer dos à dos conservateurs "néo pélagiens " et théologie de la Libération pour dégager une voie nouvelle apte à faire face à l'activisme des Évangéliques . Mais chez nous où le catéchisme (ordinaire) se reconstruit lentement après une phase de destruction interne qui n'a absolument pas conduit à aller vers les périphéries ...
Quand j'aurai le temps je publierai deux ou trois témoignages sur le caté de 2013 !

( 733381 )
"Repartir du Christ", c'était par Yves Daoudal (2013-10-01 11:40:15)
[en réponse à 733302]
le titre du chapitre III de la lettre apostolique
Novo millenio ineunte de Jean-Paul II. Et ce sera, à la suite de cela, le titre d'une
instruction de la congrégation pour les instituts de vie consacrée.
La différence est que le texte de Jean-Paul II a un contenu.

( 733314 )
Cela décoiffe, effectivement... par Glycéra (2013-09-30 23:17:16)
[en réponse à 733292]
Et les ronronnettes ne peuvent plus se contenter de leur confort !
Parce qu'il faut entendre celui qui vient pour être enseigné.
Parce qu'il faut voir celui qui ne sait même pas qu'il peut l'être.
Parce qu'il faut toucher celui qui est en train de tendre la main.
Alors, on peut adapter le mode d'enseignement.
Respecter celui qui demande : proposer une nourriture, et la plus énergisante s'il est justement très dénutri.
"Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Mon Père" a répondu Jésus après sa conversation avec la Ssamaritaine. Son Père est le nôtre : sommes-nous nourris aussi de ces oeuvres-là ?
Si nous faisons la volonté d'aimer le Père, sans rien en cacher, alors nous pourrons répondre aux villageois, analogues à ceux que la Samaritaine est allée rameuter parce qu'elle a rencontré le Christ, sans fard.
Merci d'avoir mis le texte.
J'aime le punch, cela donne de l'appui.
Glycéra

( 733336 )
Facile par Leopardi (2013-10-01 08:25:28)
[en réponse à 733314]
Mais il est beaucoup plus facile de décoiffer que de coiffer.

( 733369 )
Votre jeu de mot est trop facile ! ... La ligne est là... par Glycéra (2013-10-01 11:00:37)
[en réponse à 733336]
En Belgique, on ne dit pas : je vous fais une raie dans les cheveux ? Mais De quel côté est-ce que je trace votre ligne ?
Cela recoiffe les décoiffés, non, de redire : aimer vous-(même le Christ, soyez près de Lui, faites ce qu'Il a fait, et dites-le, et prenez les gens qui demandent (expli ou impli-citement) en hcarge pour les conduire là où est le Christ.
Il est d'abord à mettre en nous.
"Convertissez-vous" redit Marie, tournez-vous autrement, tournez-vous vers votre intérieur et entendez la voix de Dieu qui parle, soyez en conscients, à l'intérieur de votre coeur. Taisez-y vous, et écoutez-Le.
Que dit votre conscience ? De quoi êtes-vous conscient à votre su_jet et au sujet de ce que Dieu est ? Et du monde qu'Il a fait ? Et pour qui Il l'a fait ? Que veut-Il de moi ? de toi ?
Moi, petite tête de grand'mère, c'est ce rappel que j'entends, et que je désire appliquer.
Prions pour que nous sachions donner vie à nos catéchismes.
Donner notre vie à cela.
Imbibée de cérébralisme, je vois bien combien j'ai besoin de mettre cette vie en oeuvre pour savoir faire aimer tout le reste de la science de Dieu.
Glycéra

( 733371 )
Je vais le dire autrement par Leopardi (2013-10-01 11:04:09)
[en réponse à 733369]
La critique est facile, l'art est difficile.
Pour l'instant, dans les sermons de François I j'ai surtout entendu des critiques et des remontrances...