Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 732266 )que pensez vous de ce texte du Père Théobald par Cathether (2013-09-20 07:47:07) 




conference ssf

En lecture rapide, je trouve que la place et le rôle de l'Eglise sont complètement tronqués
images/icones/neutre.gif  ( 732279 )un théologien jésuite moderne influent par Luc Perrin (2013-09-20 11:26:05) 
[en réponse à 732266]

très représentatif des courants théologiques au sein de la Compagnie arrupienne. A cette différence qu'il est moins voire pas centré sur les questions autour de la théologie de la Libération.

En revanche et pour avoir une clef de lecture de textes souvent ardus dans leur formulation, il énonçait avec une grande sérénité en 2003 - j'étais présent dans l'auditoire de ce colloque - qu'une des grandes faiblesses d'Alfred Loisy, vu après un siècle, était pour un théologien d'aujourd'hui d'être resté beaucoup trop marqué par le thomisme néo-scolastique.


Sa synthèse dans l'Histoire du Christianisme tome XIII sur la théologie après Vatican II est également éclairante. Il déplorait le retour d'une orthodoxie romaine ... sous Jean-Paul II et marquait ses distances avec l'approche du cardinal Ratzinger.

Enfin il est partie prenante de la lecture de Vatican II avec une herméneutique de rupture assumée, rebaptisée "style" ; pour simplifier à grands traits, il me pardonnera de concentrer sa pensée amplement développée dans de gros ouvrages en sa pointe pour le grand public, ne pas s'attacher trop à la lettre et faire une sélection des éléments les plus "novateurs" dans le corpus conciliaire et s'en servir comme levier. Le "style" du Concile serait justement de récuser l'approche heméneutique de réforme en continuité s'appuyant sur un corpus complet des actes conciliaires.
Ce serait chercher à dogmatiser Vatican II là où le Concile serait un appel à une expérimentation perpétuelle en quelque sorte, toujours changeante avec les années. Il a concentré son attention sur Dei Verbum, en faisant ressortir les virtualités néo-modernistes du texte qui ouvrirait la voie à cette dévalorisation permanente de la doctrine par rapport à l'expérimentation.

On trouve un écho à cette vision, écho atténué, [dévalorisation du corpus doctrinal et minoration de sa transmission] dans la conversation du pape publiée par Études.

ps. les écrits du P. Theobald sj sont largement répandus et font autorité pour beaucoup, même si des théologiens conciliaires pas du tout traditionalistes sont en désaccord complet avec lui.


images/icones/neutre.gif  ( 732288 )Merci. par Steve (2013-09-20 12:11:51) 
[en réponse à 732279]

Pour cette explication tout à fait limpide.
images/icones/neutre.gif  ( 732295 )merci beaucoup par Cathether (2013-09-20 12:45:35) 
[en réponse à 732279]

Mais concernant l'écho atténué dans la conversation du Pape, je note que le 27 juillet, dans son discours aux Evêques brésiliens, il indique "qu'Il faut une solidité humaine, culturelle, affective, spirituelle, doctrinale."

ce qui me semble s'opposer à la dévalorisation du corpus doctrinal
images/icones/carnet.gif  ( 732400 )en août un mois après, il a dit autre chose à ses anciens confrères jésuites par Luc Perrin (2013-09-21 10:22:29) 
[en réponse à 732295]

"Les enseignements, tant dogmatiques que moraux, ne sont pas tous équivalents. Une pastorale missionnaire n'est pas obsédée par la transmission désarticulée d'une multitude de doctrine à imposer avec insistance.

...

Si le chrétien est légaliste ou cherche la restauration, s'il veut que tout soit clair et sûr, alors il ne trouvera rien. La tradition et la mémoire du passé doivent nous aider à avoir le courage d'ouvrir de nouveaux espaces à Dieu. Celui qui aujourd'hui ne cherche que des solutions disciplinaires, qui tend de manière exagérée à la “sûreté” doctrinale, qui cherche obstinément à récupérer le passé perdu, celui-là a une vision statique et non évolutive. De cette manière, la foi devient une idéologie parmi d'autres.

...

Il y a des normes et des préceptes secondaires de l'Église qui ont été efficaces en leur temps, mais qui, aujourd'hui, ont perdu leur valeur ou leur signification. Il est erroné de voir la doctrine de l'Église comme un monolithe qu'il faudrait défendre sans nuance."


C'est à cette "conversation" où le pape parlait à coeur ouvert à laquelle je me référais. Une conversation rendue publique cette fois et qui, sans être une encyclique, traduit plus fidèlement la "mens" du Saint Père qui est typique des années 1960-1970.
Une époque pas brillante pour l'Église et où le mépris ou la dévalorisation de la doctrine - le mépris total du droit canon - était très à la mode.

Je n'invente rien.

images/icones/bravo.gif  ( 732471 )Un auteur peu connu, mais dont la théologie sent l'immanentisme par Athanase (2013-09-21 23:28:55) 
[en réponse à 732279]

Cet aspect n'est pas à négliger. Il y a quelques semaines, dans une discussion sur ce forum, on pointait du doigt certaines théologies influentes dans les séminaires. Plutôt que le Père Küng, je faisais référence à certains théologiens moins provocateurs, mais dont le système est plus dangereux. Le Père Théobald est de cela. Ouvertement, il ne prêche pas des idées farfelues, des propositions à la mode, mais sa réinterprétation du Christianisme, sa "noyade" des formulations doctrinales et dogmatiques en fait quelqu'un de plus dangereux parce, justement, subtil !

Avec le Père Theobald, on est dans l'immanentisme, dans un surnaturel noyé dans des projections purement humaines, dans une Révélation qui devient une auto-compréhension, etc.

Dans un sens, la crise sous Saint Pie X n'a jamais été totalement surmontée. Nous en payons encore les conséquences.