Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=732124
images/icones/info3.gif  ( 732124 )l'imbroglio syrien par Luc Perrin (2013-09-18 19:09:52) 

Pour avoir une idée plus juste que celle donnée par les fils du Forum précédents, sans pour autant comprendre exactement l'attitude la moins mauvaise, écoutez cette passionnante émission de France Culture du jour, elle vient de s'achever :

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-que-sait-on-d-al-qaida-en-syrie-2013-09-18


Les chrétiens ne sont pas mentionnés, ce qui ramène les choses au réel de leur "poids" (plume).

L'Orient compliqué ! Les manoeuvres de billard à multiples bandes, des groupes djihadistes - certains - favorisés par le régime Assad, des jeux diplomatiques et intérieurs d'une totale obscurité.
Les horreurs commises et l'écho déformé des media sont étudiés.

Georges Malbrunot qui publie demain un éclairage là-dessus et les analyses, toujours électron libre, de François Burgat.

Les deux sont d'accord sur l'idée suivante : il s'agit d'une guerre entre l'Iran et l'Arabie séoudite sur le terrain syrien et par des clients interposés.

Les faux pas occidentaux semblent nombreux et ce dès le début en 2011.

A écouter pour aller plus loin que les simplismes et la vision binaire bons/méchants. Il semble qu'il n'y a que des très méchants sur le ring.

images/icones/fleche2.gif  ( 732126 )Le lien par Jean Ferrand (2013-09-18 19:18:57) 
[en réponse à 732124]

Le lien France culture
images/icones/5b.gif  ( 732132 )grazie mille par Luc Perrin (2013-09-18 19:35:18) 
[en réponse à 732126]

je ne suis pas doué pour la technique ...
images/icones/fleche2.gif  ( 732130 )Mgr Grégorios III répond à Mgr Dagens par Jean Ferrand (2013-09-18 19:26:00) 
[en réponse à 732124]

Le patriarche melkite Grégorios III répond à Mgr Dagens. Patrice de Plunkett.
images/icones/bravo.gif  ( 732135 )Merci pour ce lien Jean ! par Jean-Paul PARFU (2013-09-18 20:28:50) 
[en réponse à 732130]

Un grand évêque répond à un petit évêque !
images/icones/fleche2.gif  ( 732147 )À un surtout par Vassilissa (2013-09-18 22:20:46) 
[en réponse à 732135]

qui n'aurait jamais dû être évêque et qui deshonore ce qui reste de l'Église latine.
images/icones/bravo.gif  ( 732142 )Merci pour cette lettre par Ennemond (2013-09-18 21:42:38) 
[en réponse à 732130]

Le patriarche garde son sang froid pour répondre à ces accusations emportées et déplacées de Mgr Dagens.
images/icones/livre.gif  ( 732146 )Un Père de l'Eglise par M. l'abbé Emmanuel de Ducla (2013-09-18 22:08:36) 
[en réponse à 732142]

Saint Ignace d'Antioche, dans sa Lettre aux Ephésiens, invite les prêtres et les fidèles à considérer l'évêque comme l'envoyé de NSJC. A cette occasion, saint Ignace ajoute mystérieusement ce qui suit :
"Et plus on voit l'évêque garder le silence, plus il faut le révérer (...)" Lettre aux Ephésiens, VI, 1.Intéressant...
images/icones/fleche2.gif  ( 732186 )Le Figaro par Jean Ferrand (2013-09-19 13:27:33) 
[en réponse à 732130]

Le Figaro tombe des nues et aperçoit une violente polémique. Alors qu'il n'y a qu'une réponse modérée, et apparemment inévitable. Comment peut-on imaginer que Gregorios III (sans accent) serait resté sans réaction ?

A moins de plaider coupable...

On attend les réacions officieuses de l'épiscopat français, aussi bien que du Saint-Siège (Osservatore Romano). J'ignore s'il y en a eu.
images/icones/3b.gif  ( 732218 )allo c'est François ! par Adso (2013-09-19 19:05:34) 
[en réponse à 732130]

Au lieu de téléphoner à tort et à travers, voilà une occasion que l'évêque de Rome devrait saisir ! " Allo c'est François ! J'EXIGE que tu texcuse publiquement pour ton manque de charité, Claude !
Tu m'as entendu ?"
images/icones/neutre.gif  ( 732164 )le poids plume des chrétiens par Mingdi (2013-09-19 10:27:10) 
[en réponse à 732124]

Je ne connais pas la Syrie, mais j'ai travaillé en Irak à la construction d'une fabrique de farines infantiles que les américains ont ensuite bombardée et détruite la considérant comme une fabrique d'explosifs. Les trois millions de chrétiens étaient véritablement le sel et le levain de cet intéressant pays. Notamment les femmes chrétiennes. Sans eux (sans elles) il n'y a pas la moindre possibilité de développement économique et industriel.
images/icones/info2.gif  ( 732177 )la Syrie n'est pas l'Irak d'autrefois par Luc Perrin (2013-09-19 12:08:19) 
[en réponse à 732164]

renseignez-vous ... il n'y a pas besoin d'avoir vécu en Syrie pour savoir que les chrétiens - toutes Églises confondues - y sont très, très minoritaires.

Rien à voir avec les Coptes/chrétiens d'Égypte ni avec le poids (en très forte diminution depuis la guerre américaine) des Chaldéens en Irak. Moins encore avec le Liban.


Ils étaient estimés à 10% en 2000 soit bien avant le démarrage de la guerre civile voulue par le régime actuel de Bachar el Assad en 2011.
L'émigration était déjà un courant fort relevé tant par Jean-Paul II en 2001 que par Benoît XVI lors du synode spécial des Églises orientales.

Combien sont-ils en 2013 ? Certainement bien moins que 10%.

Dans cet article de La Croix du 25/08/2013, le chiffre de 5% est avancé.

"Dans le Wadi al-Nassara, la « vallée des chrétiens », à l’ouest, la population appelle l’armée de Bachar Al Assad à les protéger contre les menaces djihadistes. Les 50 000 villageois chrétiens y ont formé, avec l’autorisation du régime, des Comités de défense populaire. Mais le 15 août, des rebelles ont attaqué des barrages de ces comités tuant onze personnes. Ils ont demandé aux habitants de la région de « défendre la révolution », les pressant d’être « conscients des mensonges colportés par le régime qui prétend protéger les minorités (..) alors qu’en fait, le régime les utilise comme otages »… Mais les chrétiens, qui représentent 5 % de la population syrienne, redoutent les djihadistes.

« La communauté chrétienne syrienne n’a pas encore disparu, ni atteint un seuil critique comme en Irak, explique de son côté Marc Fromager. Mais il est évident que si le régime tombe, ils fuiront en masse. »"

Quant à leur poids politique, il est proche de zéro dans un régime monopolisé par le Baas alaouite. Ils avaient sans doute à Alep une petite influence économique mais qu'en reste-t-il ?


Tout le monde sait que ce ne sont pas ces 5% de chrétiens syriens, aussi fraternels que nous puissions être avec eux (en paroles car en fait sur place le principe de l'inaction défendu ici ne les aide en rien), qui détermineront en quoi que ce soit l'avenir de la Syrie.

Vous pouvez le déplorer mais c'est ainsi.
images/icones/fleche3.gif  ( 732188 )non Luc, les chrétiens ont un poids considérable par jejomau (2013-09-19 14:02:13) 
[en réponse à 732177]

et c'est une chose que les communautés musulmanes de ces pays-là perçoivent très bien.

La Syrie a peut-être une communauté réduite quantitativement parlant mais il n'en reste pas moins - comme en Irak autrefois - qu'elle forme l'essentiel des cadres supérieurs du pays. Par ailleurs, ne négligez pas le fait justement que la grande majorité des chrétiens qui ont pu fuir l' Irak il y a quelques années se sont également réfugiés en Syrie... augmentant la proportion de ce chrétiens qui forment l'élite de la Syrie et font "tourner" le pays.

Les musulmans en Syrie savent également que Bachar el Assad a été formé à l'Occidentale et qu'il a fréquenté un Lycée chrétien.. Tout cela a beaucoup d'importance.

Sur le plan moral, les communautés de ces pays ont très bien compris qu'il existait un fossé profond entre nos gouvernants et les peuples en tant que tels. D'ailleurs, lors des menaces de guerre, Bachar el Assad lui-même dans son communiqué télévisé a fait la distinction entre les Français et le Gouvernement socialiste Hollande au sujet de la réponse militaire qu'il entendait envisager s'il était frappé militairement.

Sur le plan spirituel, les communautés musulmanes attendent beaucoup des chrétiens et perçoivent le sens de la prière .


Témoignage d'un religieux de la Custode de Terre Sainte

« Il faut séparer la religion de la politique. Rien n'’est pire, dans cette situation, qu’'un discours confesionnaliste. La Syrie est un pays plein de diversités ethniques et religieuses. Chez les chrétiens comme chez les non chrétiens se trouvent des opinions politiques très différentes même si aujourd’'hui la majeure partie des syriens est contrainte au silence par la violence ». C'’est ce qu'’explique, dans un entretien accordé à l’Agence Fides, le Père Bahjat Karakach OFM, religieux syrien d'’Alep, Maître des postulants de la Custodie de Terre Sainte.

P. Karakach, vous avez des nouvelles directes d'’Alep ?

Selon les informations que nos frères nous transmettent, Alep est bloquée dans une spirale de violence. Depuis longtemps, les conditions humanitaires sont à haut risque. Dans certaines zones, l'’électricité et l’'eau manquent fréquemment. Les vivres ont des prix très élevés et ce dans un contexte de pauvreté croissante. Alep est la ville qui, aujourd'’hui, souffre le plus. La deuxième ville de Syrie est alimentée par une seule route, contrôlée de manière rigide par les forces d'’opposition qui l'’ouvrent et la ferment comme et quand elles le veulent.

Comment peut-on vivre le charisme franciscain de paix et de proximité à tout homme dans un contexte aussi dramatique ?

L'approche cordiale envers tout homme fait partie de notre ADN franciscain. Alors que certaines voix se sont levées pour préconiser de s’'armer ou de fuir, nos frères sont présents aux côtés des gens qui souffrent, armés seulement de leur foi et de leur charité. Nous, franciscains, sommes en Syrie pour réconforter et être proches de tous, chrétiens et non chrétiens. A Alep, nos églises sont à la disposition de certaines communautés chrétiennes d'’autres confessions, qui n'’ont pas la possibilité d'’atteindre leurs églises pour y prier. De même, nos couvents accueillent des évacués de différentes religions. Par l'’intermédiaire de notre Ordre, des aides matérielles arrivent aux personnes les plus défavorisées sans aucune discrimination.

Selon certains observateurs, « les chrétiens syriens sont proches d’'Assad ». Comment répondez-vous à cette affirmation simplificatrice ?

Je crois qu'’il faut séparer la religion de la politique. Rien n’'est pire, dans cette situation, qu’'un discours confesionnaliste. La Syrie est un pays plein de diversités ethniques et religieuses. Alors que se fomente le fondamentalisme religieux, les minorités en font les frais. Ce ne sont pas seulement les chrétiens mais l’'ensemble des minorités qui vivent dans la terreur d’'être persécutées et supprimées. Aujourd'’hui, dans l'’opposition, le courant fondamentaliste prévaut amplement. Il existe également des individus et des groupes d’'opposition qui ne partagent pas l'’idéologie djiadiste, c'’est vrai, mais malheureusement, ils ont peu de poids dans la balance politique. Ceci n’'empêche que chez les chrétiens comme chez les non chrétiens se trouvent des opinions politiques très différentes même si aujourd'’hui la majeure partie des syriens – de toutes appartenances religieuses et ethniques – est contrainte au silence alors qu’'elle n'’est pas d’'accord avec la violence qui dévaste le pays.

Après la veillée pour la paix du Pape et les efforts diplomatiques du Saint-Siège, que pensez-vous des chances de résolution pacifique du conflit ?

Nous avons tous vu le miracle de la veillée de prière célébrée par le Pape sur la Place Saint-Pierre. Immédiatement après, le danger de l'’attaque militaire contre la Syrie s’'est éloigné. Par le jeûne et la prière, nous, chrétiens, pouvons alimenter l’'espérance et la diffuser là où les gens sont désespérés. Nous devons travailler afin de construire la nouvelle Syrie. J’'encourage tout un chacun à conserver l’'esprit de vérité et d’'espérance, à ne pas accepter de compromis avec la culture de la violence. Nous savons tous que la solution concerne non seulement nous syriens mais de nombreuses autres nations, impliquées directement ou indirectement dans le conflit. Tous les hommes de bonne volonté ont le devoir moral de solliciter leurs gouvernements afin qu’'ils participent à une solution de paix et de dialogue en Syrie : ceci sera un bien pour toute l'’humanité.

(PA) (Agence Fides 19/09/2013)

images/icones/hein.gif  ( 732426 )Vous sortez ça d'oú? par Romanus (2013-09-21 12:45:22) 
[en réponse à 732188]

Les chrétiens n'ont nullement, aujourd'hui pas plus qu'hier, un poids considérable en Syrie. Ils n'ont pas le droit d'avoir leurs propres écoles. Et, pour les avoir côtoyés, je n'ai pas le souvenir d'en avoir croisé un seul de riche ou qui occupât une fonction importante.
Bachar, issu d'une minorité, a toujours eu besoin de s'appuyer sur les autres minorités pour gouverner. Il a donc protégé les chrétiens et savamment entretenu une propagande à leur endroit.
Le fait que le soutien à l'opposition soit une absurdité obéit à une logique de géopolitique, qui estime absurde de faire le jeu des Sunnites et qui voit dans ce soutien un risque grave d'aggravation du déséquilibre dans toute la sous-région.
Ceci n'oblige nullement à faire de Bachar un saint comme certains s'y prêtent parfois ici.

Les géopoliticiens en herbe qui voient en Bachar le grand protecteur des chrétiens et qui nous parlent du grand retour de la sainte Russie me font bien marrer. Mais sans doute n'ont- ils jamais séjourné dans ces pays pour en parler avec autant d'assurance.
images/icones/bravo.gif  ( 732453 )Pour être allé en Syrie, en 2008, un témoignage par Athanase (2013-09-21 19:10:19) 
[en réponse à 732426]

Les Chrétiens syriens sont minoritaires: c'est un fait. Minoritaires, ce n'est pas seulement en nombre, mais dans le bien faible impact sur la société ou dans la faible imprégnation des Chrétiens sur le reste de la société. Un élément qui en vaut mille: les évêques font plus figure de super-curé de paroisse que d'évêques règnant sur un diocèse à 300 églises. Les évêchés comportent peu de fidèles (on raison par "foyer"), soit quelques centaines pour un diocèse. Autrement, il existe des diocèses syriens où il existe, au mieux, 500/1000 fidèles. C'est le cas des petits évêchés, non des grandes villes où, effectivement, les fidèles sont en nombre plus conséquent.

Autre témoignage personnel: même sous Assad, il n'était pas recommandé de se promener dans n'importe quel quartier d'une ville syrienne. Exemple à Hassaké, à la fin de l'année 2008, où nos amis chrétiens nous firent silencieusement comprendre, lors d'une promenade en ville, qu'il ne fallait pas dépasser tel pont, car "après", on se doutait que c'était en territoire hostile... Autrement dit, les Chrétiens savent qu'ils ne pouvaient aller partout et qu'il existait, déjà, une hostilité aux Chrétiens dans la société. Une islamisation était déjà à l'oeuvre, et ce, indépendamment de savoir si elle était cajolée, combattu ou tolérée par Assad fils. (Parallèle à faire avec l'Irak sous Saddam Hussein entre 1991 et 2003: islamisation encouragée par le pouvoir, on se souviendra du "Allah Akhbar" dont Saddam Hussein ordonna l'inscription sur les drapeaux iraiens, en 1991...) Le seul pays où les Chrétiens d'Orient ont encore l'assurance de "peser", et pas seulement de se "préserver", reste le Liban où, effectivement, ils sont un élément constitutifs du système politique.

En revanche, la différence entre le régime Assad et l'après-Assad est qu'actuellement nous sommes en présence du standard le plus élevé de protection, même s'il était déjà écorné. Plus élevé ne signifie pas "bon" ou "excellent", mais "médiocre" et "difficile". On ne peut être sûr que d'une chose: quand le régime s'effondrera, cela sera forcément pire qu'aujourd'hui. Autrement dit, on passe d'une situation précaire à une situation catastrophique. Le Saint-Siège, les amis des Chrétiens d'Orient ne se battent plus pour préserver une situation idyllique, mais pour préserver un "bien peu" qui se transformera en "rien du tout". C'est dire.



images/icones/bravo.gif  ( 732464 )Même analyse par Romanus (2013-09-21 22:11:24) 
[en réponse à 732453]

Je me suis rendu dans ce pays à la fin de l'année 2007 et au début de l'année 2008. J'y ai ressenti exactement la même impression que vous. Et je rejoins pleinement votre analyse. Pour les chrétiens qui subissent la situation actuelle, il n'est question que de chercher a assurer le " moindre mal" .
Je prie pour eux car ils m'ont édifié, bien plus que la majorité des chrétiens du Liban.

Romanus
images/icones/nul.gif  ( 732378 )Atlantisme par Ioannes (2013-09-20 23:26:26) 
[en réponse à 732177]

Guerre voulue par bachar al-Assad? Décidément, votre atlantisme est sans borne...
images/icones/neutre.gif  ( 732196 )Emission orientée par Ritter (2013-09-19 15:28:40) 
[en réponse à 732124]

Assez malhonnête, mais le journaliste n'est pas connu pour sa grande honnêteté, le fait qu'il fut otage, n'en fait pas un exemple.

Ensuite qu'il évite de dire nous les Français alors que ce sont les affaires de M. Hollande et Fabius.

Enfin la Syrie n'a pas qu'une frontière,celle de la Turquie, et il y a un deuxième pays qui possède, armes de destructions massives, chars et missiles, dans la région.

Il y a en assez de ces suceurs d'hémorroïdes.

images/icones/fleche2.gif  ( 732200 )Maaloula en proie aux tireurs embusqués par Jean Ferrand (2013-09-19 17:13:19) 
[en réponse à 732124]

Maaloula, libérée, mais en proie aux tueurs embusqués. L'A.F.P. à Maaloula essuie les tirs. Orange.Fr.