Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=732085
images/icones/neutre.gif  ( 732085 )Il y a 15 ans : publication de Fides et Ratio, de Jean-Paul II. par Scrutator Sapientiæ (2013-09-18 08:02:12) 

Bonjour à tous,

La lettre encyclique de Jean-Paul II, Fides et Ratio, a pour date officielle de publication le 14 septembre 1998, il y a donc à peu près 15 ans.

Voici :

Fides et Ratio.

Je précise ou rappelle qu'il s'agit de la troisième et dernière encyclique du même Pape qui forme, avec Veritatis Splendor (1993) et Evangelium Vitae (1995), tout un ensemble "anthroplogique" (mais pas anthropocentrique), enrichissant pour l'âme et intéressant pour l'esprit, éclairant et exigeant pour aujourd'hui et pour demain.

Sans qu'il s'agisse pour moi de faire de la publicité, d'une manière préférentielle, pour un éditeur en particulier, je vous rappelle l'existence de cet ouvrage assez récent, propice à l'appropriation de cette lettre encyclique :

Ici.

Bonne journée à tous, et bien sûr à bientôt.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 732094 )sur la force de la Tradition au sein de l'Eglise par jejomau (2013-09-18 10:45:06) 
[en réponse à 732085]

une phrase que j'aime à ressortir sans cesse et qui se trouve dans "Fides et Ratio":


« La “règle suprême de sa foi” lui vient de l'unité que l'Esprit a réalisée entre la sainte Tradition, la sainte Écriture et le Magistère de l'Eglise, en une réciprocité telle que les trois ne peuvent pas subsister de manière indépendante. »



Si l'on imagine par exemple que l'Eglise serait fidèle aux Saintes Ecritures et que les fidèles se plient avec facilité au Magistère MAIS qu'Elle aurait balayé la Tradition : alors Saint Jean-Paul II affirme que l'Eglise n'aurait plus la Foi.....

Très fort par nos temps troublé....
images/icones/1b.gif  ( 732099 )C'est une des avancées doctrinales de Vatican II: par Yves Daoudal (2013-09-18 12:10:45) 
[en réponse à 732094]


Il est donc clair que la sainte Tradition, la Sainte Écriture et le Magistère de l’Église, selon le très sage dessein de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa manière, sous l’action du seul Esprit Saint, elles contribuent efficacement au salut des âmes.


Constitution dogmatique Dei Verbum, 10.
images/icones/1b.gif  ( 732103 )Du Magistère vivant à la Tradition vivante par Jean-Paul PARFU (2013-09-18 12:42:18) 
[en réponse à 732099]

En 2010, à l'occasion d'une Conference à laquelle il participait, le Cardinal Lévada, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, s'était servi de "Dei Verbum" pour justifier la modification de l'enseignement de l'Eglise.

Voir un exemple ici

Sur le problème des liens entre Magistère vivant et Tradition (vivante), voir ici
images/icones/carnet.gif  ( 732131 ) Fides et ratio célèbre saint Pie X et Pie XII par Luc Perrin (2013-09-18 19:34:12) 
[en réponse à 732103]

Voici ce que dit Jean-Paul II dans Fides et ratio :

"54. Dans notre siècle aussi, le Magistère est revenu à plusieurs reprises sur ce sujet, mettant en garde contre la tentation rationaliste. C'est sur cet arrière-fond que l'on doit situer les interventions du Pape saint Pie X, qui mit en relief le fait que, à la base du modernisme, il y avait des assertions philosophiques d'orientation phénoméniste, agnostique et immanentiste.(66) On ne peut pas oublier non plus l'importance qu'eut le refus catholique de la philosophie marxiste et du communisme athée.(67)

Le Pape Pie XII à son tour fit entendre sa voix quand, dans l'encyclique Humani generis, il mit en garde contre des interprétations erronées, liées aux thèses de l'évolutionnisme, de l'existentialisme et de l'historicisme. Il précisait que ces thèses n'avaient pas été élaborées et n'étaient pas proposées par des théologiens, et qu'elles avaient leur origine « en dehors du bercail du Christ »;(68) il ajoutait aussi que de telles déviations n'étaient pas simplement à rejeter, mais étaient à examiner de manière critique: « Les théologiens et les philosophes catholiques, qui ont la lourde charge de défendre la vérité humaine et divine, et de la faire pénétrer dans les esprits humains, ne peuvent ni ignorer ni négliger ces systèmes qui s'écartent plus ou moins de la voie droite. Bien plus, ils doivent bien les connaître, d'abord parce que les maux ne se soignent bien que s'ils sont préalablement bien connus, ensuite parce qu'il se cache parfois dans des affirmations fausses elles-mêmes un élément de vérité, enfin parce que ces mêmes affirmations invitent l'esprit à scruter et à considérer plus soigneusement certaines vérités philosophiques et théologiques ».(69)

Plus récemment, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, accomplissant sa tâche spécifique au service du Magistère universel du Pontife romain, (70) a dû intervenir aussi pour rappeler le danger que comporte l'acceptation non critique, de la part de certains théologiens de la libération, de thèses et de méthodologies issues du marxisme.(71)

Dans le passé, le Magistère a donc exercé à maintes reprises et sous diverses modalités son discernement dans le domaine philosophique. Tout ce qu'ont apporté mes vénérés Prédécesseurs constitue une contribution précieuse qui ne peut pas être oubliée.

55. Si nous considérons notre situation actuelle, nous voyons que les problèmes du passé reviennent, mais sous de nouvelles formes. Il ne s'agit plus seulement de questions qui intéressent des personnes particulières ou des groupes, mais de convictions diffuses dans le milieu ambiant, au point de devenir en quelque sorte une mentalité commune. Il en va ainsi, par exemple, de la défiance radicale envers la raison que révèlent les plus récents développements de nombreuses études philosophiques. De plusieurs côtés, on a entendu parler, à ce propos, de « fin de la métaphysique »: on veut que la philosophie se contente de tâches plus modestes, à savoir la seule interprétation des faits, la seule recherche sur des champs déterminés du savoir humain ou sur ses structures.

Dans la théologie elle-même, les tentations du passé refont surface. Dans certaines théologies contemporaines par exemple, se développe de nouveau une forme de rationalisme, surtout quand des assertions retenues philosophiquement fondées sont considérées comme des normes pour la recherche théologique. Cela arrive avant tout quand le théologien, par manque de compétence philosophique, se laisse conditionner de manière acritique par des affirmations qui font désormais partie du langage et de la culture courants, mais dépourvues de base rationnelle suffisante.(72)

On rencontre aussi des dangers de repliement sur le fidéisme, qui ne reconnaît pas l'importance de la connaissance rationnelle et du discours philosophique pour l'intelligence de la foi, plus encore pour la possibilité même de croire en Dieu. Une expression aujourd'hui répandue de cette tendance fidéiste est le « biblicisme », qui tend à faire de la lecture de l'Ecriture Sainte ou de son exégèse l'unique point de référence véridique. Il arrive ainsi que la parole de Dieu s'identifie avec la seule Ecriture Sainte, rendant vaine de cette manière la doctrine de l'Eglise que le Concile œcuménique Vatican II a confirmée expressément. Après avoir rappelé que la parole de Dieu est présente à la fois dans les textes sacrés et dans la Tradition, (73) la Constitution Dei Verbum affirme avec force: « La sainte Tradition et la sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l'Eglise; en y adhérant, le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs ne cesse de rester fidèlement attaché à l'enseignement des Apôtres ».(74) Cependant, pour l'Eglise, la sainte Écriture n'est pas la seule référence. En effet, la « règle suprême de sa foi » (75) lui vient de l'unité que l'Esprit a réalisée entre la sainte Tradition, la sainte Écriture et le Magistère de l'Eglise, en une réciprocité telle que les trois ne peuvent pas subsister de manière indépendante.(76)

En outre, il ne faut pas sous-estimer le danger inhérent à la volonté de faire découler la vérité de l'Ecriture Sainte de l'application d'une méthodologie unique, oubliant la nécessité d'une exégèse plus large qui permet d'accéder, avec toute l'Eglise, au sens plénier des textes. Ceux qui se consacrent à l'étude des saintes Ecritures doivent toujours avoir présent à l'esprit que les diverses méthodologies herméneutiques ont, elles aussi, à leur base une conception philosophique: il convient de l'examiner avec discernement avant de l'appliquer aux textes sacrés.

D'autres formes de fidéisme latent se reconnaissent au peu de considération accordée à la théologie spéculative, comme aussi au mépris pour la philosophie classique, aux notions desquelles l'intelligence de la foi et les formulations dogmatiques elles-mêmes ont puisé leur terminologie. Le Pape Pie XII de vénérée mémoire a mis en garde contre un tel oubli de la tradition philosophique et contre l'abandon des terminologies traditionnelles.(77)"


On croirait que c'est un article de Fideliter !

C'est une des plus belles encycliques de Jean-Paul II.


images/icones/bravo.gif  ( 732122 )une encyclique majeure peu connue pourtant par Luc Perrin (2013-09-18 18:54:00) 
[en réponse à 732085]

Fides et ratio est un texte majeur et en voici, parmi d'autres, deux raisons.

D'une part l'encyclique renvoie explicitement, elle se veut un hommage et un développement, à l'encyclique fondamentale de Léon XIII Aeterni Patris 1879. La charte du renouveau néo-thomiste.

Elle comporte aussi une référence nette à Pie XII, Humani generis 1950 !

Le futur saint Jean-Paul II reprend la condamnation formelle de la lecture moderniste et néo-moderniste, présente dans le texte de Pie XII qui fut presque tabou au sein de la théologie académique après 1960.

L'encyclique a été mis sous le tapis depuis 15 ans vient d'abord de cela.

images/icones/fleche2.gif  ( 732158 )Merci beaucoup + Quelques remarques et quelques ressources. par Scrutator Sapientiæ (2013-09-19 07:52:06) 
[en réponse à 732122]

Bonjour à tous, et merci, notamment, à ceux qui ont écrit, à la suite de mon message.

1. Voici d'abord quelques remarques, trop rapides pour ne pas être sommaires, mais je ne dispose pas de beaucoup de temps :

a) Beaucoup de croyants catholiques sont des fidéistes qui s'ignorent,

- ou bien en ayant tendance à distinguer excessivement entre adhésion à la religion chrétienne et recours à la raison humaine ;

- ou bien en ayant tendance à (se) dire : "chacun croit (ou pas) en ce qui lui plaît, en ce qui lui convient, en ce qui le satisfait" ;

b) Or, il est difficile de disposer d'espaces d'expression, ou d'occasions de s'exprimer, sur cette question, pour préciser ou pour rappeler que le regard et le discours chrétien sur la religion chrétienne et sur les religions non chrétiennes n'a pas vocation à être une instance de légitimation du droit à l'indifférence, ou du droit au "couple" relativisme - subjectivisme, au nom

- de l'ouverture tolérante sur la pluralité des opinions

ou

- du respect de toutes les sensibilités religieuses.

c) Le rationalisme n'est ni rationnel, ni "raisonnabilisant", ni responsabilisant, et il est vraisemblablement à l'origine de la soumission contemporaine de l'humain à la technique ; en ce sens, il est plus asservissant que libérateur, et une référence me vient à l'esprit, à ce sujet : le sixième et dernier chapitre de la lettre encyclique Caritas in Veritate, de Benoît XVI ; mais là aussi, il est difficile de disposer d'espaces d'expression, ou d'occasions de s'exprimer, sur cette question, pour le préciser ou le rappeler.

d) Aujourd'hui,

- d'une part, il est devenu impossible, ou, en tout cas, extrêmement difficile, de parler de LA philosophie, de LA théologie, chacune de ces deux disciplines, comme tant de disciplines intellectuelles, étant soumise à la fois à dilatation et à fragmentation ;

- d'autre part, la plupart des courants philosophiques contemporains ne cherchent pas, d'une manière absolument évidente, à mettre en avant et en valeur le lien entre le recours à la raison et l'ouverture sur un horizon englobant qui serait placé sous le signe de la sagesse ; si j'étais lapidaire, j'écrirais volontiers que la philosophie aurait dû pouvoir déboucher (à nouveau) sur la (re)mise en valeur d'un "éthos", alors qu'elle a "parfois" débouché sur la mise en forme d'une "technè".

e) Parmi "les tâches urgentes à accomplir", j'en "priorise" une à dessein : concevoir une théologie CATHOLIQUE des religions non chrétiennes, qui prenne appui avant tout sur l'Ecriture, sur la Tradition, sur le Magistère, et non avant tout sur telle ou telle composante de la philosophie moderne ou contemporaine d'inspiration allemande.

f) Nous subissons aujourd'hui, pour le meilleur et / ou pour le pire, l'hégémonie intellectuelle de "l'âge herméneutique de la raison", or, je ne suis pas absolument persuadé que cet "effet de surplomb" intellectuel soit propice à la (re)mise en forme d'une théologique CATHOLIQUE des religions non chrétiennes qui serait à la fois analytique des religions non chrétiennes et annonciatrice de la religion chrétienne.

2. Vous trouverez ensuite quelques ressources :

Ici.

Ici..

Ici...

Ici....

Ici.....

Ici......

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.