
( 731594 )
Effet inattendu du Concile par Aigle (2013-09-12 19:20:07)
[en réponse à 731564]
L'article nous rappelle une vérité trop méconnue : le Concile (ou du moins son application française) a "embourgeoisé" (et féminisé) l'Eglise de façon tout à fait contraire au blabla ouvriériste de l'époque.
Les diacres comme les jeunes prêtres sont issus des milieux sociaux plus cultivés et sûrs d'eux qui ont résisté à cette pastorale démagogique et ont conservé (même de façon atténué dans la forme ordinaire) les fondamentaux de la foi catholique - et ont su gardé des hommes !
Incroyable paradoxe.

( 731625 )
Il y a là une part de revanche du "catholicisme sociologique". par Scrutator Sapientiæ (2013-09-12 22:29:19)
[en réponse à 731594]
Bonsoir et merci, Aigle.
1. Dans le contexte français, il me semble que certains de ceux-là mêmes qui ont entendu commencer, dès 1945, puis continuer, jusqu'à nos jours, à soumettre le christianisme catholique à l'état d'esprit existentialiste et évolutionniste, horizontaliste et humanitariste, que j'ai déjà décrit, ont entendu le faire pour contourner l'obstacle que représentaient pour eux "le milieu chrétien", pour ne pas dire "les cathos", parce que, dans leur esprit, c'était notamment la prépondérance de ce "catholicisme sociologique", au sein même de l'Eglise,
- qui empêchait les clercs d'entrer en contact avec "les masses",
ou
- qui dissuadait celles-ci de se tourner vers le Christ et l'Eglise.
2. A mon sens, la revanche du "catholicisme sociologique" a commencé à partir de la fin des années 1970 ou au début des années 1980 ; je crois qu'il y a eu quelques années qui ont constitué de véritables claques, pour bon nombre de "chrétiens de gauche" :
1978 : l'élection de Jean-Paul II
1979 : l'invasion de l'Afghanistan
1980 : le voyage de Jean-Paul II en France
1980 : la reconnaissance officielle du syndicat Solidarnosc
1981 : la nomination de Mgr LUSTIGER
1981 : l'élection de François MITTERRAND
3. Et puis, il faut bien le dire, l'embourgeoisement économique et psychologique du monde ouvrier, tout au long des années 1960 et 1970, a constitué une lame de fond qui s'est déplacée dans la direction opposée à celle qui était attendue, et, pour tout dire, souhaitée, par bon nombre de ceux qui confondaient alors, et qui confondent peut-être toujours, catholicisme et solidarisme spiritualiste (communisant ou socialisant).
4. Ce que l'on ne dit peut-être pas assez, c'est que le "catholicisme sociologique" a pris sa revanche,
- souvent, pour le meilleur (une certaine forme de résistance, vis-à-vis de "l'extérieur"),
mais aussi,
- parfois, pour le pire (une certaine forme de conformisme, à "l'intérieur").
Bonne soirée et à bientôt.
Scrutator.

( 731645 )
Pas tout à fait d'accord par Aigle (2013-09-13 07:45:37)
[en réponse à 731625]
Une fois n est pas coutume je ne suis pas entierement convaincu par votre démonstration cher Scrutator.
L'embourgeoisement ouvrier ? Certes il a existé (avec la formation du fameux groupe central cher à Giscard) mais il a coexisté avec l'immigration et donc la substitution d'ouvriers musulmans aux ouvriers catholiques. Et surtout je maintiens que le milieu ouvrier à été soumis à l'application la plus radicale de la nouvelle pastorale, de la nouvelle liturgie (et des abus liturgiques), du nouveau catéchisme ,etc ...sans oser protester par manque de culture théologique et par excès de espect pour le clergé.
À mon avis c.est cette l'application systématique (et systématiquement radicale) de ces nouveautés qui a déstabilisé le catholicisme populaire qui était pourtant une réalité dans la France provinciale de 1960. Réalité sous estimée car les intellectuels et les médias étaient obsédés par le PCF et la banlieue rouge de Paris.
Du côté des bourgeois ou des "sociologiques" je vous félicite de rappeler les dates de la destruction des mythes de gauche et de la reconstruction symétrique avec jean Paul II et Mgr Lustiger. Il est vrai qu'il existait une foi sincère dans ces milieux mais sans doute pas aussi profonde ni aussi extravertie qu'elle l.est devenue.
Sur ce plan Mgr Lefebvre et la FSSPX ont peut être joué un rôle positif dès 1975 en criant très fort ce que beaucoup ressentaient en secret - et aussi en créant une "concurrence" bienfaisante. Je me souviens d'un ancien curé de St. Ferdinand des Ternes qui m'avait expliqué que le latin et le grégorien s'était maintenu dans sa paroisse pour évite voir les fidèles filer salle Wagram où était célébrée la messe Traditionnelle avant la prise de St. Nicolas
Reconnaissons aussi qu'une application raisonnable et "continuiste" des réformes conciliaires dans les grandes paroisses de l'ouest parisien à aussi contribué à sortir l'Eglise (au moins à Paris de l'apprentie naphtaline dans laquelle elle se trouvait parfois et même souvent).

( 731756 )
Brièvement : vous avez bien raison, je n'ai vu qu'un aspect. par Scrutator Sapientiæ (2013-09-13 22:57:09)
[en réponse à 731645]
Bonsoir et merci, Aigle.
Vous avez bien raison d'écrire ce que que vous évoquez dans les deux premiers paragraphes dans votre message, car j'ai oublié, dans mon message d'hier soir, de parler de cet aspect des choses : un processus de "décatholicisation interne", qui a été imposé par les clercs aux fidèles, et qui a été une source de démotivation et de désorientation pour bon nombre d'entre eux.
J'aurais dû pouvoir m'en souvenir, puisque j'en ai été personnellement témoin...
Je vous remercie pour votre message et je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.