Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 731360 )Révision de la traduction du Pater par Anne Charlotte Lundi (2013-09-11 09:08:33) 

La réforme de la réforme suit son cours. Je dirai même qu’elle avance ! A partir du 22 novembre, sera publiée une nouvelle traduction officielle de la Bible pour la liturgie francophone. Dans cette nouvelle traduction se trouve notamment une révision de la traduction du Pater, dont la très controversée sixième demande ne sera plus « Et ne nous soumets pas à la tentation » mais « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Les évêques français ont eu en leurs mains un volumineux document de travail, dont Monseigneur Hervé Giraud, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin, avait fait un résumé publié sur le site de son diocèse en juin 2011.

L’histoire de la traduction erratique de cette formule est à retranscrire.

Le 29 décembre 1965, le président la Conférence des Evêques de France, Mgr Maurice Feltin, archevêque de Paris, annonce l’adoption d’une nouvelle traduction. Le 4 janvier 1966, dans un communiqué commun avec les représentants des chrétiens orthodoxes et réformés, cette nouvelle traduction est annoncée comme étant commune aux trois confessions chrétiennes. Cette nouvelle traduction se rapproche beaucoup de la version utilisée jusqu’alors par les réformés et implique une modification importante de la sixième demande qui était formulée ainsi : « ne nous laisse pas succomber à la tentation ».

En 1969, l’abbé Jean Carmignac publie sa thèse « Recherches sur le Notre Père », qui reste une référence majeure. suite
images/icones/nul.gif  ( 731443 )Franchement nul par l'Hermitte (2013-09-11 18:29:06) 
[en réponse à 731360]

Tout ça pour ne pas revenir à l'ancienne traduction...
Ridicule
images/icones/bible.gif  ( 731444 )restons en par Anne Charlotte Lundi (2013-09-11 18:45:15) 
[en réponse à 731443]

à la bonne formule en latin....
images/icones/1f.gif  ( 731446 )Mais justement par Nemo (2013-09-11 18:52:00) 
[en réponse à 731444]

La formule latine, et ne nos inducas, ne nous induisez pas, ne nous enduisez pas de tentation, ne nous conduisez pas à la tentation, ne nous poussez pas à la tentation est vraiment peu différente de ne nous soumettez pas.

Il y a ici des spécialistes de langue latine sur ce forum, ils pourront sans doute nous éclairer.

Le ne nous laissez pas succomber est vraiment plus éloigné du latin que le ne nous soumets pas.
images/icones/ancre2.gif  ( 731451 )Saluons tout de même un progrès ! par Paterculus (2013-09-11 19:07:11) 
[en réponse à 731446]

"Ne nous laisse pas entrer en tentation" est infiniment meilleur que "Ne nous soumets pas à la tentation" !
Tout ce qu'on peut regretter, c'est qu'on n'ait pas remarqué que "... dans la tentation" est tout à fait précis et adapté. Mais depuis qu'on a le "Seigneur prends pitié", il ne faut pas trop demander si les traducteurs maîtrisent le français...

Quant au "Ne nos inducas", il me plaît en ce sens qu'il s'agit d'un verbe dont le sens est causatif, ce qui correspond à l'original très probable sémitique de Notre Seigneur.
Redisons-le, le problème vient de ce que les langues sémitiques comme l'hébreux ou l'araméen ont une forme causative sans auxiliaire, tandis que avons les auxiliaires "faire" pour le causatif actif ("faire entrer") et "laisser" pour le causatif passif ("laisser entrer") ; donc lorsqu'on a une négation d'une forme causative dans une langue où la forme est sans auxiliaire, c'est le contexte qui indique si dans la traduction la négation doit porter sur l'auxiliaire ou sur le verbe lui-même : car "ne pas faire entrer" est différent de "faire ne pas entrer", comme "ne pas laisser entrer" est différent de "laisser ne pas entrer".

Donc "Ne nous laisse pas entrer en tentation" n'est pas si mauvais, à condition d'expliquer qu'il ne s'agit pas de demander à ne pas commencer à être tenté (car l'épreuve est l'occasion de manifester et de faire grandir sa fidélité), mais bien de demander de ne pas entrer dans la tentation, par une acceptation de sa logique.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/bravo.gif  ( 731456 )Oui, un progrès utile ! par Athanase (2013-09-11 19:30:23) 
[en réponse à 731451]



Réjouissons-nous d'une nouvelle traduction, plus conforme au sens du Notre Père. Dieu ne peut être l'auteur de la tentation. Nous ne Lui demandons de ne pas être tenté et non d'échapper à un mal dont il serait l'auteur (autre chose est la tolérance par la Providence du Mal en vue d'un plus grand bien, mais il est clair que Dieu n'est pas l'auteur du mal).

Et saluons Mgr Giraud, évêque du diocèse de Soissons-Laon !