Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 730830 )Lettre du pape au président Poutine par Anne Charlotte Lundi (2013-09-05 16:56:29) 

A l'occasion du G20 de St.Petersbourg (Russie) qu'il préside ces jours-ci, le Saint-Père a écrit au Président russe M.Vladimir Poutine.

En voici le texte:
"Dans l'actuel contexte de forte interdépendance un cadre financier mondial doit disposer de règles claires et appropriées en vue d'un monde plus juste et solidaire où la faim sera éradiquée, où il sera possible de donner à tous un emploi digne, un logement correct et une assistance sanitaire de qualité. Votre présidence du G20 s'est engagée à renforcer la réforme des organismes financiers internationaux et à parvenir à un consensus sur des normes financières adaptées à la situation mondiale. L'économie mondiale ne pourra se développer que dans la mesure où elle permettra à chaque être humain d'avoir une vie digne, de l'enfant à naître à la personne âgée, et au-delà des pays du G20 à tous les habitants de la terre, jusqu'à qui se trouve dans la pire situation sociale".

"Il est clair dans cette perspective que les conflits armés sont dans l'existence des peuples une totale négation de leur concorde. Ils créent de profondes divisions et lacérations, nécessitant des années et des années pour le rétablissement de leurs effets. La guerre est le refus d'oeuvrer aux grands projets socio-économiques que la communauté internationale s'est donnée, tels l'Objectif Millenium.
Malheureusement, nombre de conflits affligent actuellement le monde, avec leurs images de misère, de famine, de maladie et de mort. Sans la paix, aucun développement n'est possible.

La violence interdit la paix qui est la première condition de tout développement économique. Si la rencontre des chefs d'état et de gouvernement des vingt plus importantes économies, représentant les deux tiers de la population mondiale et 90% du PIL mondial, n'a pas pour but la sécurité internationale, elle ne pourra éviter d'aborder la situation proche-orientale et le cas syrien en particulier.

Je déplore que trop d'intérêts partisans aient prévalu depuis le début de cette crise, qui ont empêché une solution capable d'éviter l'inutile massacre auquel nous assistons. Que les leaders du G20 ne restent pas passifs face au drame infini de la population syrienne et au risque de voir toute une région déjà affligée et besogneuse de paix subir de nouvelles souffrances.

J'adresse un vibrant appel à chacun d'eux afin qu'ils favorisent le dépassement des diverses oppositions et renoncent les vaines prétentions à une intervention militaire. Il est besoin au contraire d'un nouvel engagement, courageux et déterminé, en faveur d'une solution pacifique passant par le dialogue et la négociation entre les parties en cause et le soutien de la communauté internationale. Il est du devoir moral de tous les gouvernements de favoriser toute initiative capable de renforcer l'assistance humanitaire envers tous ceux qui souffrent de ce conflit, en Syrie comme hors de ce pays".
Le Pape François conclut en assurant prier pour le succès du G20 de St.Petersbourg.
Cité du Vatican, 5 septembre 2013 (VIS).
images/icones/carmel.gif  ( 730832 )Merci par Jean Ferrand (2013-09-05 17:46:17) 
[en réponse à 730830]

Merci Saint-Père.
images/icones/1y2.gif  ( 730849 )n'aurait-il pas pu par Vassilissa (2013-09-05 20:38:41) 
[en réponse à 730830]

aussi (ou plutôt) envoyer un petit mot à Obama et surtout à Hollande, qui me semblent plus avoir besoin d'un rappel à l'ordre, en ces circonstances, que Poutine ?
images/icones/fleche3.gif  ( 730853 )Parce que par Yves54 (2013-09-05 21:05:27) 
[en réponse à 730849]

le pape s'est adressé à celui qui préside le G20...
images/icones/fleche2.gif  ( 730854 )Soit, par Vassilissa (2013-09-05 21:14:26) 
[en réponse à 730853]

mais cela ne change rien au fond de l'affaire. je trouve cette lettre ambiguë, car elle tient aucun compte du fait que, a priori, Poutine est opposé à une intervention armée.
images/icones/fleche3.gif  ( 730868 )il s'adressait par Yves54 (2013-09-05 22:13:36) 
[en réponse à 730854]

il s'adressait au président du G20 pour s'adresser à tous les participants du G20 sans distinction. Il aurait donc été bizarre de s'adresser uniquement à Poutine ?
images/icones/neutre.gif  ( 730881 )généreux mais en l'état hors du réel hélas par Luc Perrin (2013-09-05 23:24:40) 
[en réponse à 730830]

Le pape est dans son rôle et cette lettre est bienvenue. Se borner à un jeûne et une prière puis on passe les 100000 morts, le gaz sarin, les 6 millions de personnes déplacées sous la moquette eût été parfaitement odieux même pour la diplomatie pontificale qui par définition étant une "diplomatie" ne peut qu'être à moitié propre.

En dépit de la touche d'angélisme ["les vaines prétentions à une intervention militaire"] où l'usage de la force armée paraît a priori comme rejeté, une évolution fâcheuse depuis Jean-Paul II - imaginons qu'en 1940 les gouvernants aient suivi ce principe et l'intervention au Mali fait que les mains et les pieds n'y sont plus coupés, rien de "vain" très Saint Père ... -, le pape pose en gros les éléments qui constituent la quadrature du cercle syrien.

1) l'impératif tant moral que politique, économique, simplement humain, celui que 68% des Français - et les intervants pro-Assad du F.C. - veulent oublier :

"Que les leaders du G20 ne restent pas passifs face au drame infini de la population syrienne et au risque de voir toute une région déjà affligée et besogneuse de paix subir de nouvelles souffrances." (François)

Les puissances sont donc sommées d'agir et non de rester les bras croisés comme le voudraient les pro-Assad. Sur ce point, le Saint Père est en symbiose avec Obama comme Hollande comme tous les chefs d'État qui ont exprimé une volonté d'agir (à l'opposé de Poutine et de la Chine et de plusieurs autres).

2) le pape relèvent que les puissances grandes ou régionales ont envenimé la situation et en Syrie, il déplore les "intérêts partisans" (le clan Assad accroché à son pouvoir dictatorial, les groupes radicaux islamistes qui veulent la charia ou la mort des autres):
"Je déplore que trop d'intérêts partisans aient prévalu depuis le début de cette crise, qui ont empêché une solution capable d'éviter l'inutile massacre auquel nous assistons." (François)

Il observe que toute action est très difficile bien que nécessaire du fait des intérêts opposés.

3) une fausse solution en l'état ou des paroles creuses type UMP ou Mélenchon :

"un nouvel engagement, courageux et déterminé, en faveur d'une solution pacifique passant par le dialogue et la négociation entre les parties en cause" (François)

Mais quelle "solution pacifique" après 2 ans de guerre implacable et l'escalade de la guerre chimique (sur laquelle le pape est curieusement discret) ? Le départ volontaire d'Assad et des milices islamistes ?
Mais quel "dialogue" quand les "parties en cause" refusent précisément tout dialogue et l'écrivent y compris dans Le Figaro ?

En somme le pape dit : Agissez mais ce sera presqu'impossible et causez dans le vide avec des gens qui ne veulent pas dialoguer ...

In fine la solution pacifique passe par une entente préalable entre USA (+ quelques Européens la majorité n'ayant comme d'habitude aucune idée, aucun moyen militaire ou économique et aucune volonté ex. Mme Merkel), la Turquie, l'Arabie Séoudite et de l'autre côté l'Iran et la Russie. Tout ce beau (?) monde peut mettre à genoux le régime Assad et prévenir la prise du pouvoir des fanatiques d'Al Quaida s'ils se mettent d'accord.

Qui ici y croit ? Qui à Rome y croit vraiment ?

D'ici quelques mois quand le cancer syrien aura encore gagné en nocivité en entraînant le Liban et en déstabilisant encore plus l'Irak et peut-être la Turquie, quand la passivité - dénoncée par le pape - face aux armes chimiques aura comme toute lâcheté fait des émules ailleurs ... là peut-être, les gouvernants énoncés ci-dessus se diront qu'il est temps d'agir y compris militairement.
images/icones/fleche2.gif  ( 730895 )Vous confondez le droit et la morale, Luc par Jean-Paul PARFU (2013-09-06 07:20:33) 
[en réponse à 730881]

Et vous commettez deux erreurs.

Et ces propositions vont pour vous de soi ; elles relèvent pour vous de l'évidence implicite :

1) l'Occident est la conscience et le gendarme universels ;

2) les procédures démocratiques constitutionnelles à l'Occidentale sont un bien en soi ; si on ne les respecte pas comme Poutine, on est mauvais, même si l'on relève son pays et si on favorise l'Eglise orthodoxe ; si on les respecte comme Hollande, on est bien, même si l'on fait voter le mariage homosexuel !
images/icones/bravo.gif  ( 730934 )JP PARFU, pour suivre votre réflexion par blamont (2013-09-06 14:06:13) 
[en réponse à 730895]

il faut souligner la définition de la démocratie:
en Occident il s'agit de la démocratie moderne et non pas la classique ainsi que la différenciait Jean Madiran.

De là, l'incongruité entre Poutine et M. Hollande.
Chacun est démocrate, selon le genre retenu.

A la différence que l'un court les terroristes jusqu'aux fonds des latrines pour les buter alors que l'autre leur baise les babouches.

Voire plus si affinités légales.
images/icones/fleur.gif  ( 730937 )Merci blamont ! par Jean-Paul PARFU (2013-09-06 14:28:11) 
[en réponse à 730934]

Et heureux de pouvoir vous relire !

Je vois que nous sommes toujours sur la même longueur d'ondes !
images/icones/fleche2.gif  ( 730950 )Etant plus réservé que vous, je pense que les américains interviendront par Athanase (2013-09-06 16:59:08) 
[en réponse à 730881]



Dans ce dossier complexe, certains ont la mémoire courte: ils vouaient aux gémonies Bachar El ASSAD il y a encore 10 ans; je pense à tous ces amis du Liban, à tous ces combattants de la Chrétienté qui tapaient sur la Syrie. Maintenant, tout cela est oublié. Je regrette que certains tradis n'assument pas leur revirement. Ils se mettent à couvrir de louange un régile, une figure qu'ils honnissaient.

A cet égard, l'article de Jeanne Smits dans Présent du 4 septembre 2013 rompt probablement avec ces positions qui ne regardent pas les choses avec recul.

La solution à la crise syrienne: elle est très frégile, mais elle est possible. Il faudra bien que les Russes et les Chinois fassent pression sur les Syriens. Il n'y aura pas d'autres solutions. Pour éviter le bain de sang. Et pour éviter aussi une possible victoire des islamistes et autres fronts de type Al-Nosra. C'est à cette condition qu'une non-intervention en Syrie peut se justifier. Une solution concertée avec des pressions réelles. Et des concessions.
images/icones/1q.gif  ( 730951 )Vous pouvez vous et d'autres prouver ce que vous affirmez par Ritter (2013-09-06 17:10:42) 
[en réponse à 730950]


Je regrette que certains tradis n'assument pas leur revirement. Ils se mettent à couvrir de louange un régile, une figure qu'ils honnissaient.



Montrez donc des messages faisant l'éloge de Bachar el Assad.
Si vous n'en trouvez pas vous pourriez changer de méthode.

Quant à la Russie, elle se souvient ce que l'islamisme tchétchène lui coûta. Il serait fou de la part de la Russie de soutenir l'islamisme, d'une manière ou d'une autre, en faisant pression sur le régime syrien.
Mettez vous un peu dans la peau d'un russe, se souvenant des évènements tchétchènes des prises d'otages dans les écoles?

On dirait qu'il s'agit d'une spécialité française d'avoir la mémoire courte.
images/icones/bulle.gif  ( 730954 )Pour les Russes, c'est logique ils ont toujours soutenu la Syrie par Athanase (2013-09-06 17:28:52) 
[en réponse à 730951]

Que ce soit au temps de l'URSS ou après. Elle redoute l'islamisme, à juste titre. Disons qu'elle préfère encore la Syrie et ses alliés chiites que l'islamisme sunnite. Il ya autant de raisons structurelles que circonstancielles. Mais rappelons aussi que, de l'autre côté le Hezbollah, pas toujours glorieux dans ses actions, qui n'a pas hésité à détruire des intérêts français, à tuer des soldats, etc.

Les louanges ? Ben dans telle ou telle conversation, etc. Dans le soutien clairement affiché au régime que j'ai pu voir. Mais le plus surprenant est le changement d'attitude non-assumé. On est loin des campagnes de Chrétienté-Solidarité des années 80 et 90, des chants qui dénonçaient Assad (père, mais le fils le continue). Très soudainement, certains ont fini par oublier que leurs milieux ne prisaient guère la Syrie. Y compris au nom des Chrétiens d'Orient, du Liban maronite, etc.

Pour les Chrétiens d'Orient, je ne peux que le comprendre: j'ai visite la Syrie en 2008, hebergé par plusieurs évêques catholiques. Ils savent qu'ils ont tout à perdre. Mais la difficulté est qu'ils sont liés à un pouvoir vacillant, dont la chute sera fatale.

Mais la question qu'il faut se poser est la suivante: le statu-quo en Syrie est-il tenable ? Non. Dans l'intérêt de tout le monde. A commencer par les Chrétiens d'Orient.

images/icones/neutre.gif  ( 731035 )Oui mais par Ritter (2013-09-06 22:50:32) 
[en réponse à 730954]

mais personne ne fait l'éloge de bachar, dans les exemples que vous donnez.