Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 729327 )Pour Nemo - évangile en vernaculaire par John DALY (2013-08-17 21:27:54) 

Cher Nemo,

Suite à notre discussion récente au sujet de la lecture de l'évangile en vernaculaire à la messe avant Vatican II, j'ai trouvé (sans chercher) une source qui y jette de la lumière. Pour les autres intéressés je rappelle qu'il ne s'agit évidemment pas de remplacer l'évangile liturgique par un évangile vernaculaire - idée inconcevable - mais de la pratique selon laquelle, après la lecture ou le chant rituel du texte sacré en latin, le prêtre monte en chaire et relit le même texte en vernaculaire.

Or, voici qu'en 1925 un prêtre français se trouvant au milieu d'un désaccord entre confrères a consulté les spécialistes de l'Ami du Clergé.

Voici le texte de la question posée :


Q. — Dans une église cathédrale qui est en même temps paroissiale, on fait le dimanche les annonces du prône et une instruction de dix minutes, conformément aux ordonnances épiscopales. Le tout est fait par le clergé paroissial, même à la messe capitulaire.
Il est également d'usage de lire à ce moment aux fidèles l'évangile du jour en français, et ce à toutes les messes. Certains confrères disent qu'il est interdit de le lire ainsi à la messe capitulaire chantée, parce que les fidèles en ont déjà eu connaissance par le chant du diacre. Cette opinion repose-t-elle sur une décision positive et authentique de quelque Congrégation romaine ?



On retiendra que la question n'est pas de savoir s'il faut ajouter la traduction vernaculaire, mais si cela est seulement permis !

Voici la réponse :


R. — Ce n'est pas, il est vrai, un usage romain de faire en langue vulgaire à la messe solennelle la lecture publique de l'évangile du jour, alors que cet évangile y a déjà été chanté par le diacre dans la langue officielle de l'Église. Étant donné toutefois que cet usage, — très répandu en France, — n'a jamais été de la part du Saint-Siège l'objet d'une réprobation formelle, on s'en tiendra sur ce point jusqu'à nouvel ordre aux statuts diocésains ou à la coutume locale approuvée par l'Ordinaire.
Ami du Clergé, 1925, p. 687



On retiendra donc qu'en 1925 la lecture de l'évangile en vernaculaire n'est pas une coutume romaine mais que c'est une coutume "très répandu" - mais manifestement pas universelle - en France.

J'ajouterai qu'en Angleterre cette pratique s'est installé peu avant le concile, en certaines diocèses seulement. Cela n'a jamais été une coutume de l'Église universelle.

Mon intention n'est pas de critiquer la lecture de l'évangile en vernaculaire mais plutôt de souligner le paradoxe selon lequel dès que l'on a eu le souci de la liturgie pastorale (mise à la portée du peuple) on a tout de suite détruit la liturgie.


images/icones/neutre.gif  ( 729329 )Certes mais ... par Aigle (2013-08-17 22:46:11) 
[en réponse à 729327]

Votre observation est intéressante et fréquente : dès lors que la liturgie obéit à la pastorale elle se dégrade voire se détruit.

Je vois bien la logique qu'il y a à oublier la nature de la Messe pour en faire soit une séance de catéchisme soit un meeting politico-social - deux tentations très grandes après 1965 et par essence contraire à la nature et à la finalité de la liturgie qui est un culte rendu à Dieu et pas une réunion pédagogique ou militante.

Néanmoins, les défenseurs du NOM vous répondraient certainement que ce n'est pas les lectures en anglais ou en français qui ont créé la crise de la liturgie ni celle de l'Eglise. Si cette réforme avait été faite bien avant (par exemple à une époque où les fidèles étant illettrés ne pouvaient lire le texte vulgaire sur leur missel), elle n'aurait probablement pas créer une crise.

C'est en fait la coïncidence dans les années 1960/70 d'une série de réformes voulues par Rome et d'autres aspirations voulues par on ne sait qui mais qui ont alors été toléré qui ont abouti aux effets que nous savons.
images/icones/1a.gif  ( 729334 )Je ne vois pas le lien avec votre dernière phrase par Nemo (2013-08-18 00:01:30) 
[en réponse à 729327]

Tout d'abord un grand merci pour cette référence qui nous manquait à tous.

Petites précisions.

Il est en effet hors de doute que la récitation ou le chant latin tant de l'épître que de l'évangile sont obligatoires en 1962, il est rappelé dans le lectionnaire français-latin de 1962 par le primat des Gaules lui-même que le français ne se substitue pas au latin.

L'épître comme je le disais n'est pas traduite à ma connaissance en France à la messe. Quant à l'évangile, il n'est pas récité en français pendant la messe. Il est récité au prône, en chaire, par un célébrant ou un vicaire qui ne porte ni manipule ni chasuble, c'est à dire en dehors de la messe.

L'ami du clergé que vous citez est ultramontain : s'il parle d'un usage très répandu en France, il faut donc comprendre quasi universel, ce qui confirme mes assertions.

Je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que ceux qui ont voulu détruire la liturgie, appelés avec humour par Mgr Gromier "les pastoraux" l'ont fait avec le prétexte d'améliorations pastorales dans la majorité de cas.

Néanmoins je ne vois pas en quoi cette coutume très ancienne en France, réciter une traduction du texte qui va être commenté dans l'homélie, peut avoir eu les conséquences funestes que vous semblez lui prêter.

images/icones/neutre.gif  ( 729336 )Auriez vous des preuves? par Ritter (2013-08-18 03:36:56) 
[en réponse à 729334]



Je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que ceux qui ont voulu détruire la liturgie, appelés avec humour par Mgr Gromier "les pastoraux" l'ont fait avec le prétexte d'améliorations pastorales dans la majorité de cas.



Peut-être vouliez vous écrire?


Ceux qui ont voulu améliorer la liturgie, appelés avec humour par Mgr Gromier 'les pastoraux" l'ont détruite avec le prétexte d'améliorations pastorales dans la majorité des cas;

Sinon il faut fournir des preuves de la volonté de détruire.

Si vous aviez une preuve de ce que vous affirmez, qu'ils avaient l'intention de détruire la liturgie, cela serait mieux qu'une affirmation, qui part du résultat et en tire un cas particulier;

C'est très à la mode de formuler un énoncé, d'en présenter la solution et d'injecter cette solution dans l'énoncé de constater que cela fonctionne et d'en tirer la conclusion que l'on tient la preuve que c'est la solution générale, alors que cela pourrait simplement être une solution particulière;

Etait ce un pastiche?

Cordialement







images/icones/livre.gif  ( 729338 )Il faudrait écrire un livre par Nemo (2013-08-18 08:58:34) 
[en réponse à 729336]

Et je n'ai pas le temps.
Ce que j'ai écrit a été écrit par tellement de gens sérieux que je ne sais par lequel commencer.
Mgr Lefebvre a dit plus d'une fois qu'on avait voulu détruire la messe.
Après tout dépend ce que vous appelez liturgie.
Si vous appelez liturgie, c'est à dire prière publique de l'Eglise, les évêques dansants des JMJ, alors oui on n'a pas détruit la liturgie.
Et il est assez clair que ceux qui ont créé ce spectacle on pensé à une avancée pastorale de ces pauvres vieux évêques.
images/icones/1h.gif  ( 729346 )Ce n'est pas si simple. par Yves Daoudal (2013-08-18 12:57:38) 
[en réponse à 729338]

Il est clair que dom Pius Parsch, par exemple, n'est pas quelqu'un qui a "voulu détruire la liturgie".

Le monde ne s'est pas divisé entre les méchants qui voulaient ouvertement détruire la liturgie et les gentils autour de Mgr Lefebvre.
images/icones/neutre.gif  ( 729349 )S' agirait-il du dilemme: par AVV-VVK (2013-08-18 14:37:13) 
[en réponse à 729346]

une liturgie pastorale ou une pastorale liturgique?
images/icones/1b.gif  ( 729363 )oui par Don Salluste (2013-08-18 18:23:26) 
[en réponse à 729346]

c'est plus compliqué que ça, il y a eu aussi les gentils qui se sont groupés derrière Mgr Thuc.
images/icones/neutre.gif  ( 729383 )Le mouvement liturgique et le C.P.L. par Meneau (2013-08-18 22:26:52) 
[en réponse à 729336]

Il y a eu assurément dans ces deux institutions, à partir d'une certaine période, une volontée marquée de "révolutionner" la liturgie, en déguisant cela sous une apparence pastorale. On pourrait citer également les premières déviations du mouvement à Maria-Laach.

Vous pouvez lire à ce sujet les 4 premiers chapitres du livre de l'abbé Bonneterre "Le mouvement liturgique" ici.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 729386 )On peut lire aussi par Meneau (2013-08-18 22:50:28) 
[en réponse à 729383]

cette étude.

Et puis une intervention d'une célébrité locale ici

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 729387 )Le livre en intégrale par Meneau (2013-08-18 22:53:22) 
[en réponse à 729383]

Le livre de l'abbé Bonneterre est visible en intégralité ici.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 729398 )La volonté de détruire la liturgie par Ritter (2013-08-19 08:25:16) 
[en réponse à 729383]

N'est pas démontrée, la volonté de changer de liturgie, une révolution comme vous semblez le signifier certainement.
Le résultat est certainement la destruction(ce à quoi nous avons droit), mais affirmer que c'était le résultat voulu, il faut le démontrer.
Mais entre la liturgie voulue par Rome, que les textes précisent, et ce à quoi nous avons droit aujourd'hui ce n'est pas la même chose.
Même si :

nous devons renoncer aux beautés incomparables, avec douleur, de la liturgie romaine CAR l'évangélisation des peuples l'imposerait, et l'évangélisation prime sur tout.


Si les textes étaient appliqués, il y aurait un minimum, que l'on trouve en de trés trés rares endroits trop rares.

Ainsi j'ai remarqué dans un post précédent, qu'il n'était nullement question dans la liturgie de Paul VI que le prêtre soit tourné vers le peuple pour célébrer sauf aux moments marqués par le texte.
Le texte romain n'est respecté nulle part, sauf ou l'on ne peut faire autrement.

images/icones/neutre.gif  ( 729360 )pour préciser par salettensis (2013-08-18 17:55:21) 
[en réponse à 729327]

Je partage l'avis transmis par M. Daly et l'appréciation de cet avis par Nemo, en précisant que la réalité que nous connaissons ne se subsumme pas toujours sous cette permission :

qu'une fois en chair le célébrant donne lecture d'une traduction même de la collecte, secrète, introit et tout ce qu'on veut, avec le saint du jour, les annonces et la météo pourquoi pas.

mais je constate que

- les lectures sont souvent doublées : le célébrant va donner lecture de la traduction de l'épitre ou/et de l'évangile directement à l'autel, avec le manipule, tourné vers les fidèles, et qui plus est lecture parfois tirée d'un missel pris au dernier moment d'un servant de messe.

- quand on se trouverait dans la circonstance visée par l'Ami du Clergé, d'une lecture en chair de la traduction en vernaculaire, les fidèles reprennent une position debout à la lecture de l'Evangile, ce fait étant suffisament universel pour qu'on puisse dire qu'il se fait avec le consentement des célébrants.

Ces deux circonstances ne peuvent se prévaloir de l'avis de permission pour une lecture en vernaculaire.

La question n'est donc pas tant qu'il advienne une lecture en vernaculaire durant la cérémonie, mais de l'erreur sur le statut que l'on donne à celle ci.

Dans l'hypothése visée : de à la messe solennelle
il semble donc qu'on puisse dire que 'une comme l'autre circonstance, sont la manifestation d'une déviation qui vise à faire passer le soucis d'explication des rits comme une partie nécéssaire de l'action liturgique.

En irait il autrement dans une autre hypothése : je pense que oui : c'est à dire Messe non solennelle ou autre sacrement.
Je songe par exemple au baptême au cours duquel il vaut la peine que le célébrant donne des explications sur le sens de ce qui se passe surtout face à des familles qui sont éloignées de l'Eglise.
Je constate aussi chaque année que l'abbé Laurençon lors des cérémonies pascales, ajoute des explication dans le feu de l'action, parfois en lisant à haute voix les didascalies que propose l'édition du Barroux de la semaine sainte. Pour les cérémonies de Noël ou de Toussaint il improvise. Cela ne me semble pas aller outre la permission visée par la S. Congrégation dès lors que même l'esprit le plus simple fera la distinction entre l'action du célébrant, agissant au nom de l'église, et celle du pasteur qui choisit de donner des explications qui n'ont pas valeur liturgique.
images/icones/neutre.gif  ( 729361 )chairE - orthographie fautive par salettensis (2013-08-18 17:59:38) 
[en réponse à 729360]

chairE toutes mes excuses aussi pour les autres fautes qui certainement affectent ma prose.
images/icones/1a.gif  ( 729379 )Quelques remarques par Nemo (2013-08-18 21:55:22) 
[en réponse à 729360]

Le concile de Trente prévoit qu'on puisse faire des commentaires en langue vernaculaire au cours des sacrements.

Je ne sais plus trop où ça se trouve car je n'ai aucun goût pour les rubriques des années 60, mais il est précisé par les pastoraux que les traductions de l'Epître et de l'Evangile doivent être données avec la même solennité que les textes latins, au même endroit et à la suite.
Ca supposerait presque les chandeliers d'acolytes pendant la traduction. A vérifier par les amateurs de 1962.

On voit aujourd'hui des trucs bien pires : des célébrants qui, sous prétexte que la chorale est en vacances ou je ne sais quoi, se permettent de chanter la messe alors que le propre n'est pas chanté. C'est soi-disant plus pastoral qu'une messe basse !!!

Et puis dans les trucs insupportables, ce matin le sermon a été intégralement lu par le célébrant ! Je m'imaginais faire une présentation à des clients en lisant mon texte. De toutes façons ennui garanti. Comment un prêtre ose-t-il lire un sermon ? Autant ne pas en donner.
images/icones/1b.gif  ( 729362 )Qui a dit ? par Yves Daoudal (2013-08-18 18:22:22) 
[en réponse à 729327]

(Histoire de remettre quelques pendules à l'heure, en brouillant quelque peu la frontière entre les gentils et les méchants...)

"Faire en sorte que le prêtre s'approche des fidèles, communique avec eux, prie et chante avec eux, se tienne donc à l'ambon, dise en leur langue les lectures de l'épître et de l'évangile (...) Autant d'heureuses réformes qui font retrouver à cette partie de la messe son véritable but."

images/icones/neutre.gif  ( 729369 )c'est tout de même commode par Mingdi (2013-08-18 19:32:47) 
[en réponse à 729362]

quand on n'a pas son livre de messe d'avoir la traduc en vernac. Cela ne mange pas beaucoup de temps. J'ai eu l'expérience hier et avant hier :
- St Joachim : épitre et évangile en français (en + du latin)
- St Hyacynthe : tout en latin.
Deux prêtres différents dans le même prieuré de la FSSPX. Autrement dit, un méchant et un bon qui cohabitent
images/icones/fsspx.gif  ( 729370 )En la fête de la Pentecôte 6 juin 1965 par salettensis (2013-08-18 19:35:44) 
[en réponse à 729362]

A voir la rapidité, inaccoutumée dans l’Église, avec laquelle dans tous les pays les applications se sont réali¬sées, on ne peut s’empêcher de craindre que certaines mesures n’entraînent des résultats imprévus et malheureux. Ainsi en est-il de la dévotion au Saint-Sacrement, de la dévotion à la Vierge Marie et aux Saints dont les statues sont éliminées de nombreuses églises, sans aucun souci de la plus élémentaire pastorale et catéchèse ; de la belle et bonne ordonnance de la maison de Dieu, qui est devenue une maison des hommes plus qu’une maison de Dieu ; de la beauté vraiment divine des chants latins supprimés et non encore remplacés par des mélodies équivalentes.
Cependant de ces constatations devons-nous conclure qu’il fallait garder toutes ces choses sans changement ? Le Concile avec mesure et prudence a répondu par la négative. Quelque chose était à réformer et à retrouver.

Il est clair que la première partie de la Messe faite pour enseigner les fidèles et leur faire exprimer leur foi avait besoin d’atteindre ces fins d’une manière plus nette et dans une certaine mesure plus intelligible. A mon humble avis deux réformes dans ce sens semblaient utiles : première¬ment les rites de cette première partie et quelques traduc¬tions en langue vernaculaire.
Faire en sorte que le prêtre s’approche des fidèles, com¬munique avec eux, prie et chante avec eux, se tienne donc à l’ambon, dise en leur langue la prière de l’oraison, les lectu¬res de l’Épître et de l’Évangile ; que le prêtre chante dans les divines mélodies traditionnelles le Kyrie, le Gloria et le Credo avec les fidèles. Autant d’heureuses réformes qui font retrouver à cette partie de la Messe son véritable but. Que l’ordonnance de cette partie enseignante se fasse d’abord en fonction des Messes chantées du Dimanche, de telle manière que cette Messe soit le modèle suivant lequel les rites des autres Messes seront adaptés, autant d’aspects de renouvellement qui apparaissent excellents. Ajoutons sur¬tout les directives nécessaires à une prédication vraie, simple, émouvante, forte dans sa foi et déterminante dans les résolutions. C’est là un des points les plus importants à obtenir dans le renouveau liturgique de cette partie de la Messe.
Pour les sacrements et les sacramentaux, l’usage de la langue des fidèles semble encore plus nécessaire, puisqu’ils les concernent plus directement et plus personnellement.
Mais les arguments en faveur de la conservation du latin dans les parties de la Messe qui se font à l’autel sont tels qu’on peut espérer qu’un jour prochain des limites seront mises à l’envahissement de la langue vernaculaire dans ce trésor d’unité, d’universalité, dans ce mystère qu’au¬cune langue humaine ne peut exprimer et décrire.
Que ne devons-nous pas souhaiter pour que l’âme des fidèles s’unisse spirituellement, personnellement, à Notre-Seigneur présent dans l’Eucharistie et à son divin Esprit, de telle sorte que tout ce qui peut nuire à ce but, par exagération de prières vocales et exagération de rites, par manque de respect à l’Eucharistie, par une vulgarité inconvenante pour les mystères divins, doit être absolument proscrit.

Une réforme en ce domaine ne peut être bonne que si elle assure d’une manière plus certaine les fins essen¬tielles des mystères divins tels que Notre Seigneur les a établis et que la Tradition les a transmis.
images/icones/fsspx.gif  ( 729371 )Irrésistible par salettensis (2013-08-18 19:44:07) 
[en réponse à 729370]

On ne peut manquer l'introduction :

Entre la seconde et la troisième session du Concile, S. Exc. Mgr Marcel Lefèbvre, archevêque titulaire de Synnada en Phrygie, et Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit, nous avait donné une étude où il « faisait le point » : voir notre numéro 81 de mars 1964.

Aujourd’hui il fait semblablement « le point » entre la troisième et la quatrième session, et il fait à nouveau à la revue Itinéraires le très grand honneur de la choisir pour y publier son article.


Que le Concile de Vatican II soit en définitive un bien fait pour l’Église il semble difficile de ne pas l’affirmer au moins par principe.

images/icones/1d.gif  ( 729380 )Qu'on en finisse avec Monseigneur Lefebvre par Nemo (2013-08-18 22:05:07) 
[en réponse à 729362]

Monseigneur Lefebvre lui-même m'avait dit, un jour ou j'avais été son cérémoniaire, qu'il n'avait guère de compétences liturgiques.
"Vous les cérémonaires etc."
Et il était d'une grande souplesse et humilité face au cérémoniaire.
Je suis le premier à dire que Mgr Lefebvre aura été l'un des grands évêques du XXe siècle et que notre dette envers lui est énorme.
Mais il n'est pas la référence en tout, il n'avait pas de caractère d'infaillibilité et il pouvait errer.
Il n'était même pas le chef des traditionalistes, il n'acceptait pas ce titre.
Alors se référer tout le temps à Mgr Lefebvre pourrait finir par être limite sectaire.

Donc pas plus que Pie XII Mgr Lefebvre n'était un grand liturgiste.
images/icones/neutre.gif  ( 729385 )Et pourtant par Meneau (2013-08-18 22:32:39) 
[en réponse à 729380]

Pie XII n'était pas un grand liturge, mais il avait su déceler les déviances du mouvement liturgique et écrire celle belle encyclique sur la liturgie : Mediator Dei

Cordialement
Meneau
images/icones/iphone.jpg  ( 729397 )Pie XII par Nemo (2013-08-19 08:18:25) 
[en réponse à 729385]

Pour faire simple, on doit entre autres à Pie XII d'avoir laissé passer le psautier et le cheval de Troie qu'est la semaine sainte qui tous deux portent son nom. Alors permettez-moi un avis totalement opposé au vôtre.
images/icones/1q.gif  ( 729400 )Et l'incroyable suppression par Yves Daoudal (2013-08-19 09:04:08) 
[en réponse à 729397]

de l'octave de l'Assomption. (Entre autres, et des vigiles, mais ici il y avait, dedans, la fête de saint Bernard, et, à la fin, la fête du Coeur immaculé de Marie, instituée par le même Pie XII au jour octave...)
images/icones/bravo.gif  ( 729432 )Bien vu, même si PIE XII a été de bonne foi par Athanase (2013-08-19 16:32:38) 
[en réponse à 729400]

A mon humble avis, le phénomène des experts ès réforme liturgique est déjà présent dès les années 1950; il ne fera que s'accélérer dans les années suivantes, avec certainement un point culminant lors du concile et durant les années qui suivent. PIE XII a entériné des décisions qu'il ne devait pas forcément connaître dans le détail ou qui lui ont été présentés de façon telle qu'il ne pouvait les critiquer.

Cela démontre à quel point la bureaucratie et l'expertocratie, conjuguées à d'autres phénomènes comme une crise doctrinale massive, peuvent conduire à la crise que nous connaissons.

images/icones/neutre.gif  ( 729471 )Votre avis par Meneau (2013-08-20 00:22:41) 
[en réponse à 729397]

ne me semble pas opposé au mien. Je reconnais que Pie XII n'était pas un grand liturge, et qu'en particulier la refonte de la semaine sainte fut une catastrophe. On pourrait toutefois objecter que Pie XII n'était pas l'auteur de cette réforme, mais qu'il a pu être trompé, justement par les apparences "pastorales" qu'on avait voulu donner à cette réforme cheval de Troie, comme vous l'indiquiez plus haut.

Mais l'encyclique Mediator Dei n'en reste pas moins, me semble-t-il, un monument sur la liturgie. Auriez-vous quelque chose à y redire ?

Cordialement
Meneau
images/icones/1f.gif  ( 729477 )à redire par Lycobates (2013-08-20 00:39:06) 
[en réponse à 729471]

Non, il n'y a rien à y redire à Mediator Dei (non écrit par initiative propre, mais déclenché, rappelons-le, par une lettre d'un archevêque allemand inquiet par les machinations de la cinquième colonne des liturgistes antiliturgiques dans son pays), si ce n'est que cet admirable texte ne fut pas accompagné, hélas (et resta donc lettre morte), comme le fut Pascendi en 1907, par un Motu Proprio excommuniant les contradicteurs, et par un décret du Saint-Office, énumérant en détail et condamnant avec force les opinions fausses à ce sujet.

Voilà la différence entre un saint pape aux vertus vraiment héroiques et un autre.
images/icones/1e.gif  ( 729399 )Pour une fois je suis d'accord à 100% par Ritter (2013-08-19 08:34:36) 
[en réponse à 729380]


Mais il(Mgr Lefebvre) n'est pas la référence en tout, il n'avait pas de caractère d'infaillibilité et il pouvait errer.



La preuve:



Monseigneur Lefebvre lui-même m'avait dit, un jour ou j'avais été son cérémoniaire, qu'il n'avait guère de compétences liturgiques.
"Vous les cérémonaires etc."



N'ayant guère de compétences liturgiques, on comprendra son choix ou l'acceptation du choix fait par d'autres.



Alors se référer tout le temps à Mgr Lefebvre pourrait finir par être limite sectaire.



Vous auriez du éviter alors. Car tout le temps finalement c'est quoi?
Dans ce message c'est tout le temps qu'il y est fait référence.


Cordialement
images/icones/fleche3.gif  ( 729435 )Il ne se considérait pas comme chef des traditionnalistes: il le dit en 1976 par Athanase (2013-08-19 16:39:47) 
[en réponse à 729380]

A l'encontre griefs qui lui ont été adressés, Mgr n'a pas hésité à se défendre de toute "chefferie". Il l'a dit à Paul VI en 1976, et il l'a redit par la suite. Sa correspondance avec le pape de l'époque est éloquente. C'est très net et c'est important, car malheureusement on a cherché à faire de lui le responsable d'une Eglise. Il a clairement refusé cette situation, considérant certainement que le "traditionalisme" n'est pas une chapelle, mais l'ensemble des catholiques qui ne se reconnaissant pas dans la crise de l'Eglise. Cela signifie une diversité légitime.

Toute la difficulté est que dans ses dernières années, Mgr donne un peu crédit à ce genre de griefs, ce que je regrette. Nul n'est parfait ! Mais cela n'éclipse pas sa résistance, dont aurait tort de réputer fautive. Et, de toutes façons, c'est une autre histoire... Oui, Mgr a rendu de grands services.
images/icones/bible.gif  ( 732153 )Au hasard de mes lectures par Nemo (2013-09-18 23:48:55) 
[en réponse à 729327]

Dans "Description générale et particulière du duché de Bourgogne" de Courtépée, écrit au XVIIIe siècle, édition en 4 volumes du XIXe siècle, page 110 du vol. 2 sur la grande paroisse St Michel de Dijon, "On dit tous les dimanches à 8 heures une messe où l'Epître et l'Evangile se disent en Français..."
images/icones/1e.gif  ( 732156 )Petite précision par Sic transit (2013-09-19 06:51:40) 
[en réponse à 732153]

Le XVIIIe siècle, comme les autres, c'est long !
Ce livre date de 1775, donc de la fin. (Je viens de consulter l'édition googlebooks, les pages ne correspondent pas à votre édition, je reverrai cela plus tard, c'est un détail).

Il faudrait savoir si cette pratique est exceptionnelle, c'est très intéressant.
images/icones/neutre.gif  ( 732160 )Si cette pratique est exceptionnelle... ? par John DALY (2013-09-19 08:00:39) 
[en réponse à 732156]

Mais si cela était une pratique très courante, pourquoi l'avoir précisé ?

images/icones/1a.gif  ( 732173 )Je ne sais pas par Nemo (2013-09-19 11:49:24) 
[en réponse à 732160]

Je sais que j'ai vu la traduction au prône précisée très généralement en France. Il faut se remettre à l'époque de Courtépée. Il signale bien sûr une particularité qui ne le scandalise pas (Courtépée est prêtre). Il parle de l'épitre ce qui est pour le coup rare. Et il parle de lecture. Est-ce qu'il veut dire que le français remplace le latin ? il faut savoir qu'il n'y a pas de prône à la messe basse.
Dans les cas que je connais et qui sont fréquents voire généralisés, les lectures sont faites en latin et seule une traduction de l'Evangile est ajoutée au prône.
images/icones/1a.gif  ( 732174 )Comme je l'écris à John Daly par Nemo (2013-09-19 11:52:02) 
[en réponse à 732156]

Il y a forcément un détail intéressant puisque l'abbé Courtépée le signale. Mais je ne saisis pas bien. Ce qui est certain c'est la lecture à peu près générale dans les paroisses d'une traduction de l'Evangile au prône. Il s'agit bien de l'édition du 19e siècle que j''ai prise pour référence. Voir la description de Saint-Michel à Dijon.