Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 729291 )Musique contemporaine : “L’atonalisme. Et après ?” par Alonié de Lestre (2013-08-17 00:37:20) 

Musique (contemporaine) : “L’atonalisme. Et après ?”

Le 20 décembre 2012, invité par le compositeur pianiste pédagogue Karol Beffa, titulaire pour l’année 2012-2013 de la Chaire de Création artistique du Collège de France, le pianiste Jérôme Ducros prononçait une conférence qui déclencha une vive polémique.

On peut transposer l'analyse de Jérôme Ducros à tous les domaines artistiques, la peinture, la sculpture, l'architecture et même... à la liturgie ! Ça rejoint, en des termes plus savants, ce que disait Michael Voris sur le beau.

images/icones/1f.gif  ( 729295 )Je comprends que ça puisse avoir déclenché une vive polémique par Nemo (2013-08-17 09:24:46) 
[en réponse à 729291]

Que le compositeur ait voulu attaquer un certain anticonformisme stérile est plutôt bien.
Mais les arguments qu'il a développés étaient assez ridicules et je ne connais pas de musicien sérieux qui l'ait vraiment suivi, il a plutôt déclenché une certaine consternation parmi ceux de mes amis qui sont pourtant les plus classiques justement.

Alors pitié ne nous rangeons pas sous la bannière de ce Monsieur pour défendre nos idéaux.
images/icones/5b.gif  ( 729324 )Arguments par Thomas (2013-08-17 19:57:07) 
[en réponse à 729295]

Il y a plusieurs arguments dans cette conférence.

Il est probable que celui de « la fausse note » ne soit pas le plus fort, loin de là. À cet égard, la réponse de Claude Abromont est certainement pertinente.

Il reste que l'argument de l'anticipation, ou de l'attente de l'auditeur (au moins non initié) reste, lui, pertinent et sans réponse. Ce n'est pas la creuse diatribe de Dusapin, avec encore moins de fond que le discours de Ducros qui permet d'y répondre. On reconnait là l'attitude moderniste par excellence qui n'est capable de répondre que par l'insulte, et jamais par l'argument.
Cet argument de l'anticipation du discours musical par l'auditeur, qui le rend donc actif et lui permet d'être surpris ne me paraît pas sans force alors que la musique atonale (quand elle n'est qu'atonale, j'y reviendrai) ne permet aucune prévision, et rend donc l'écoute passive (« Ah. Tiens. Il a fait ça. »).
L'exemple du « poème » de Tzara est, en ce sens, lumineux (malgré pitoyable la défense, absolument sans argument, de Dusapin). En écoutant ce poème, il n'y a rien que l'auditeur puisse faire, pas de sens à rechercher ; il n'y a qu'à attendre... que ce soit fini.

Un autre argument qui mériterait une réponse (que l'érudit Abromont ne donne pas, hélas), est celui du manque d'évolution du style musicale. Le fait qu'en 80 ans, la musique atonale n'apporte aucune évolution visible (ou audible).

L'injustice, à mon sens, que fait Ducros, est au fait que la musique atonale, dans ses recherches avant-gardiste, a fini par nourrir la musique savante de quelques trouvailles réexploitées, et intégrée dans une musique tonale (ou au moins « consonnante », comme le signale Abromont).

Mais le fond de son discours n'est pas là. Il est aussi une réaction à la formidable influence que les tenants de la musique atonale ont eu dans les institutions (du même genre que dans l'art contemporain en peinture ou sculpture, d'ailleurs).

Plus éclairant aussi pourrait être le discours inaugural de Karol Beffa (qui n'est pas un imbécile ni un ignorant, comme le rappelle à raison Dusapin et qui a même fait une thèse de doctorat sur Ligeti). On y entend sa critique sur une musique qui n'a de valeur qu'au travers de son commentaire savant ou supposément savant, en faisant abstraction du résultat esthétique final.

L'erreur des tenants de la musique atonale a sûrement aussi de se montrer incapable de disciminer le bon du mauvais, encensant n'importe quoi, pourvu que ce soit atonal. Le commentaire d'Abromont est, à ce sujet, édifiant, lorsqu'il parle du premier morceau donné en exemple par Ducros :
Après une œuvre d’une radicalité aussi ostentatoire, pourra-t-on encore juger objectivement et sereinement des mérites éventuels de la musique atonale ? N’est-elle vraiment que cela ? Tous les compositeurs atonaux sont-ils décidément bons à interner ?

Il implique indirectement un jugement plus que sévère de l'oeuvre de Stockhausen (« bon à interner »). Son exemple de la conclusion de la 5e de Beethoven est loin de valoir le ridicule de ce pauvre Pollini, qui fait exactement ce que Jules Verne avait anticipé 100 ans plus tôt.

Thomas (de passage)
images/icones/neutre.gif  ( 729330 )le prb des institutions par Aigle (2013-08-17 23:00:57) 
[en réponse à 729324]

Je suis frappé par un point commun à la plupart des institutions depuis un demi siècle en gros : souvent créées dans un esprit d'équilibre entre traditions et novations, voire dédiées principalement à la conservation des traditions, elles sont souvent passées sous le contrôle d'une seule tendance, la plus radicale.

C'est vrai pour la musique contemporaine ou pour l'art contemporain comme c'est vrai pour la liturgie.

Rares les citadelles qui resistent : le corps de ballet de l'opéra de paris certainement, la comédie française moins nettement. Pourquoi les conservateurs ont ils été éliminés de ces instances ?

Pourquoi le ministère de la culture par exemple ne s'intérsse-t-il pas à d'autres formes musicales à d'autres créations plastiques que les plus convenues dans l'application des ruptures du XXè siècle ?
images/icones/hein.gif  ( 729341 )La seule réponse que je vois par Thomas (2013-08-18 09:58:06) 
[en réponse à 729330]

est celle d'une volonté politique. Cet esprit révolutionnaire, hérité de 1789, renouvelé en 1968 qui veut « du passé faire table rase » a dominé dans les 50 dernières années.

Mais la jeune génération (Ducros ou Beffa en sont le signe en musique, mais on constate le même mouvement dans de nombreux domaines : social avec la manif pour tous, religieux avec les jeunes prêtres, politique avec le renouveau (encore timide) d'une droite de conviction,...) abandonne cet iconoclasme et redécouvre la tradition et sa fertilité.

Thomas
images/icones/neutre.gif  ( 729344 )68 peut-être mais 89 ? par Aigle (2013-08-18 10:54:52) 
[en réponse à 729341]

D'accord avec vous sauf sur un point : que vient faire 1789 dan sl'affaire ? le révolutionnaires avaient les mêmes goûts esthetiques que les "aristocrates" et ne voulaient pas faire table rase de la musique ou des beaux arts classiques. C'est là une déviation apparue plus tard (1919 ? 1945 ? 1968 ?) et peut-être explicables par les secouses psychologiques créées par le uerres (pas certain mais possible).

A l'exposition des invalides sur Napoléon au printemps il y avait de multiples preuves de la communauté de goûts entre Napoléon, le Tsar et Louis XVIII.
images/icones/1n.gif  ( 729345 )1789 par Thomas (2013-08-18 11:35:34) 
[en réponse à 729344]

Je ne parle pas de 1789 comme rupture artistique, mais comme volonté de rupture avec le passé. La rupture voulue avec l'Ancien Régime (et avec le christianisme) était patente (modification du calendrier, changement de nom des villes, remplacement des diocèses par les départements, etc.).

Je citais donc 1789 comme un modèle politique de volonté de rupture avec le passé. Mais la généralisation de cette rupture à tous les domaines, et notamment dans le domaine artistique, a pris plus de temps. Et je parle bien ici de volonté politique, et non de l'apparition d'innovations dans l'histoire de l'art.

En l'occurrence, l'atonalisme né avec le dodécaphonisme de Schoenberg vers 1910 est une tentative d'innovation artistique, et non une volonté politique de l'imposer dans les institutions.

Particulièrement en France, le rôle de Boulez qui crée l'IRCAM en 1969 est certainement non négligeable dans le poids que la musique atonale a ensuite eu dans les institutions. On voit ici clairement l'influence de Mai 68, qui n'est qu'un avatar de 1789, politiquement parlant.

Thomas
images/icones/bravo.gif  ( 729304 )Démonstration remarquable ! par Semetipsum (2013-08-17 13:02:26) 
[en réponse à 729291]

et pleine d'humour
Je suis sans doute un piètre musicien ... mais cette démonstration est un régal, pleine de bon sens et d'érudition.
images/icones/neutre.gif  ( 729305 )Admirable démonstration par Aigle (2013-08-17 14:30:08) 
[en réponse à 729304]

Félicitations pour cette brillante conférence dont la conclusion (il ne faut pas renoncer à notre langue maternelle) pourrait être élargié non seulement aux arts plastqies mais aussi à la liturgie.

Le goût de faire du neuf pour le plaisir de faire du neuf n'abouti qu'à une impasse.

Le beau comme le vrai ne s'inventent pas. Ils se cherchent en prenant appui sur les recherches (et les trouvailles) de nos aïeux.
images/icones/1f.gif  ( 729306 )Non ça ne vaut pas un clou par Nemo (2013-08-17 15:01:58) 
[en réponse à 729304]

Il y a un article du Figaro qui évoque un peu le sujet.

La base du raisonnement de Ducros n'est pas totalement fausse. Mais il faut bien avouer que, tout en étant un interprête excellent, dans l'activité de compositeur où il applique ses principes, il est plus que décevant.

Encore une fois, tous mes amis musiciens traditionnels ont été assez consternés et aucun n'a voulu se rallier à la bannière de Ducros qui doit se sentir bien seul.

Mais ce style plaira à ceux qui n'aiment dans l'art actuel que la reproduction incessante des formes antérieures, généralement en moins bien.

Après tout on peut aimer l'architecture du Barroux. Moi pas. C'est un pastiche raté, il n'y a aucune création, juste régression. Or le propre de l'artiste, c'est de tenter d'imiter Dieu dans son activité créatrice.
images/icones/neutre.gif  ( 729308 )C'est bien ce que je pensais... par Semetipsum (2013-08-17 16:11:05) 
[en réponse à 729306]

Le politiquement correct, rien de plus!
L'article du Figaro est un régal du genre : citation

Oublions un instant les enjeux de pouvoir. Ceux qui, comme Beffa et Ducros, stigmatisent un dogmatisme du «style contemporain» unique doivent aller bien peu au concert: il n'y a jamais eu autant de diversité de styles! Mantovani n'a rien de commun avec Lachenmann qui ne sonne pas comme Lévinas, Benjamin n'a rien à voir avec Kurtag. Sclérosée, la musique contemporaine? Elle n'a jamais été aussi foisonnante! Il y a de la place aujourd'hui pour toutes les esthétiques, y compris celles qui rassurent un public plus épris de repères familiers que d'aventure. On a le droit de faire comme si Boulez, Berio, Stockhausen, Xenakis ou Ligeti n'avaient pas existé. On a aussi le droit de considérer cette attitude comme un recul, révélateur d'une époque bien frileuse.


Ces braves gens n'y connaissent rien, ils ne se sont jamais emmerdé dans un concert de "musique contemporaine" (TM) Le publique épris de repères familiers etc...
Nous sommes des "cons", eux savent!
Pourriture intellectuelle, art conceptuel dégénéré.
Et vous vouler refonder une civilisation avec ça?
Il ne s'agit pas de copier mais d'imaginer des voies nouvelles en s'appuyant sur le passé, la tradition. Nous sommes des nains sur des épaules de géants.
Le Baroux? quel rapport?
images/icones/1a.gif  ( 729311 )Ben oui par Nemo (2013-08-17 16:41:07) 
[en réponse à 729308]

Je me reconnais parfaitement dans la citation du Figaro.
Et pas dans le repli frileux de Monsieur Ducros et sa croisade contre des moulins à vent. Il n'est certes pas le mieux qualifié pour dénoncer l'imposture (réelle) de certains modernes.

Quant au rapport avec Le Barroux il est évident.
Ausi bien la musique composée par Monsieur Ducros que l'architecture du Barroux n'apportent rien à notre époque. L'un comme l'autre sont des pastiches moyennement réussis, avec des repères plus ou moins familiers.
images/icones/bravo.gif  ( 729314 )Architecture par Quaerere Deum (2013-08-17 17:01:22) 
[en réponse à 729311]

L'architecture sacrée est un sujet très intéressant.

Comment combiner beauté, nouveauté et continuité sans rupture ? Vraie question.
Il serait bienvenu de réinvestir ce terrain aujourd'hui pour ne pas laisser la place aux partisans de la rupture, fanatiques des cubes de béton.
images/icones/1a.gif  ( 729316 )De l'art de tout confondre ! par Semetipsum (2013-08-17 17:13:45) 
[en réponse à 729311]

Moi je parle sa démonstration qui se tient parfaitement.
Quant à sa propre musique je ne la connais pas et c'est sans intérêt dans le débat.
Que le Baroux soit un pastiche, c'est possible?
Que la musique de ce monsieur soit un pastiche, c'est possible aussi.
Il n'est pas facile dans l'ambiance actuelle qui a cassé tout lien avec le passé, en imposant le non-art abscons, de créer quelque chose de nouveau s'inspirant et dépassant les acquis du passé après une telle rupture.
On vous attend!
images/icones/heho.gif  ( 729321 )exemple par Aigle (2013-08-17 19:42:16) 
[en réponse à 729311]

je ne comprens pas que vous ne puissiez adhérer à ces hypothèses que je cite par exemple :

- la musique "contemporaine" n'a pas substantiellement évolué depuis ...1923 : il y a une stérilisation de la créativité
- il est impossible de ne pas voir les fausses notes dans une oeuvre classique - il est impossible de les voir dans une oeuvre "contemporaine"
- la musique "contemporaine" attire incomparablement moins d'amateurs que la musique précédente
- la musique "contemporaine " se définit fondamentalement par le refus de traditions antérieures mais elle devient elle-même une tradition plaçant les musiciens du XXIè siècle devant une alternative paradoxale : ou continuer à faire du Schonberg comme en 1923 ou revenir à ce qui se faisait avant. Bref soit se figer dan sle conservatisme ou opter pour la réaction.

Il est frappant que ces raisonnements peuvent assez aisément s'appliquer à la liturgie - voire à la pastorale - mise en oevre depuis les années 1960 par l'Eglise "qui est en France".
images/icones/1a.gif  ( 729333 )Et alors ? par Nemo (2013-08-17 23:34:35) 
[en réponse à 729321]

Ducros ne dit pas que des choses fausses, et ce n'est pas parce que je dis que sa thèse n'est pas défendable que je suis un admirateur du compositeur Boulez.

On a la facheuse tendance sur ce forum et ailleurs à raisonner en droite gauche conservateur progressiste.

Je ne suis bien sûr pas d'accord pour dire que la musique n'a pas évolué depuis 1923, je ne comprends même pas comment on peut croire en une telle ânerie.

Juger la qualité de musique en nombre de fausses notes est amusant. Ne pas savoir que justement il est plus diificile d'appréhender ce qui est nouveau que ce qui nous est familier est confondant.

Opposer musique contemporaine à musique classique en disant que l'une attire plus que l'autre reviendrait à opposer la messe traditionnelle infiniment moins fréquentée à la nouvelle. Je ne comprends pas du reste qu'on oppose une musique à l'autre.

Dire que la musique contemporaine se définit par un refus des traditions antérieures est soit de la mauvaise foi soit une incompétence notoire : il y a en effet tellement de tendances contemporaines qu'une telle simplification est absurde.

Quant à calquer ces raisonnements simplistes et démagogues à la liturgie, ça me fait froid dans le dos.

C'est dommage car je crois qu'il faut démystifier un snobisme de l'anticonformisme et du scandale dans l'art. Mais ce n'est pas Monsieur Ducros qui me donnera les bons arguments, lui qui est partisan du formol.
images/icones/fleche2.gif  ( 729347 )[réponse] par Yves Daoudal (2013-08-18 13:16:01) 
[en réponse à 729333]


Dire que la musique contemporaine se définit par un refus des traditions antérieures est soit de la mauvaise foi soit une incompétence notoire : il y a en effet tellement de tendances contemporaines qu'une telle simplification est absurde.


C'est plus ou moins vrai aujourd'hui. Ce ne l'était pas du tout il y a trente ans, et on n'est pas obligé de suivre de près les évolutions (ou non) de la "musique contemporaine".

Lorsque Pierre Boulez disait:

Tout art du passé doit être détruit


et qu'il était le pape de la musique contemporaine, et que Radio France ne connaissait pas d'autre musique contemporaine que celle-là, il était vrai que la musique contemporaine se définissait par un refus des traditions antérieures. Ce n'est plus (complètement) vrai, mais ce l'a été , de façon dictatoriale, ou plutôt totalitaire (car tout le monde était au pas, "critiques" y compris).
images/icones/neutre.gif  ( 729453 )Nemo a, ce me semble, raison par Luc Perrin (2013-08-19 19:46:00) 
[en réponse à 729321]

j'avais rédigé une réponse point par point à ces affirmations mais hélas tout a été effacé au moment d'envoyer ...

je n'ai pas le courage de tout réécrire mais il est facile de démolir chacune de ces (fausses) propositions.

Pour la liturgie :
- la musique sacrée a des contraintes peu compatibles avec une musique savante expérimentale
- la soupe gnan-gnan entendue en Forme vulgaire aujourd'hui n'a vraiment rien à voir avec l'atonalisme et Stockhausen.

images/icones/iphone.jpg  ( 729335 )Faut-il vraiment parler de musique contemporaine par Vincent F (2013-08-18 02:09:00) 
[en réponse à 729291]

alors qu'il ne s'agit que de bruit ?
images/icones/1d.gif  ( 729339 )Point Godvin par Nemo (2013-08-18 09:00:34) 
[en réponse à 729335]

C'est comme les chambres à gaz, la musique contemporaine n'a jamais existé.
images/icones/1n.gif  ( 729340 )La musique contemporaine est variée par Thomas (2013-08-18 09:51:35) 
[en réponse à 729335]

Il y a de tout dans la musique contemporaine. Mettre au pilori la totalité de la musique contemporaine et la réduire à du bruit, c'est, à mon sens, faire preuve d'un passéisme exagéré.

On y trouve quand même Vladimir Cosma, John Williams, Ennio Morricone, dans les plus connus et les plus « consensuels ».

Des Julien Joubert, Isabelle Aboulker, ou John Rutter font des pièces que vous ne voudrez pas, je pense, appeler « du bruit ».

Tous sont pourtant des compositeurs de musique contemporaine. Mais cette musique est tonale. Toutefois, même dans la musique atonale, on trouve des pièces qui restent des composition qui méritent ce nom, même si on s'éloigne des habitudes tonales. Souvent, ces musiques sont particulièrement efficaces comme musiques de films, dans la mesure (sans jeu de mot) où elles cherchent plus à mettre en place des « ambiances », quand la musique tonale est plus construite comme un « récit ».

Le requiem de Ligetti, par exemple, évoque assez un royaume des morts peuplé de fantômes (pas forcément d'inspiration catholique, mais peu importe). Son escalier du diable évoque assez bien une montée sans fin dans des escaliers. Ces deux musiques restent « audibles » et ne sont pas véritablement identifiables à « du bruit ».

Pour autant, il faut reconnaître que dans la musique atonale, il y a eu des essais peu concluant et qu'on a voulu nous les montrer comme du génie. Artikulation, du même compositeur, reste très asbcon et fait plus penser à de la recherche non encore abouti qu'à une oeuvre finie. Je pense que c'est plus à cela que vous pensez quand vous réduisez la musique contemporaine à « du bruit ». Mais la musique contemporaine ne se réduit pas à ça.

Thomas
images/icones/neutre.gif  ( 729342 )"contemporaine" : un concept à redéfinir par Aigle (2013-08-18 10:44:17) 
[en réponse à 729340]

"contemporaine" voudrait dire exactement "musique produite par des compositeurs vivants". A ce titre Schonber n'est pas un contemporain mais Karel Beffa l'est (ou Cosma ou Williams).

Ce qui est en cause dans cette conférence c'est la musique "atonale" que je qualifierais de radicale (pour la bienla distinguer des expérimentations faites avant notamment dans le cadre chromatique) inventée par Schonberg sans tonalité, sans mélodie, sans rythme et dont ces trois règles s'imposent encore aujourd'hui.