Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=728904
images/icones/carnet.gif  ( 728904 )Vers la béatification de Chesterton ? par Cristo (2013-08-08 21:18:25) 

Zénith l'évoque :

Ouverture de l'enquête pour la béatification de Chesterton

Décision de Mgr Peter John Haworth Doyle

Antonio Gaspari


ROME, 8 août 2013 (Zenit.org) - L’évêque britannique Peter John Haworth Doyle a nommé un clerc pour enquêter sur la cause de béatification de l’écrivain Gilbert Keith Chesterton. La nouvelle a été annoncée par le président de la Société américaine Chesterton, Dale Ahlquist, le 1er août.

Dans son discours d’ouverture du 32e congrès annuel de la Société américaine Chesterton (http://www.chesterton.org/), au Collège de l’Assomption, Ahlquist a exprimé sa joie et sa gratitude pour cette initiative parce que « elle est en syntonie avec nos désirs » de voir Chesterton canonisé.

« C’est pour moi un grand privilège de pouvoir donner cette nouvelle, a-t-il ajouté, entre autres parce que ce qui a motivé Mgr Doyle, c’est le fait que le cardinal Bergoglio, lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, s’est dit favorable à l’ouverture de la cause ».

Mgr Doyle est évêque du diocèse de Northampton, un siège suffragant de l’archidiocèse de Westminster, qui comprend les comtés du Northamptonshire et du Bedfordshire, ainsi que le traditionnel comté du Buckinghamshire.

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est un des écrivains anglais les plus cités dans le monde. Ses œuvres : « Orthodoxie », « L’homme éternel », « L’aventure d’un homme vivant », « Saint Thomas d’Aquin », « Saint François d’Assise », ainsi que toute la série des nouvelles du « Père Brown » sont extrêmement répandues. Il faut noter l’importance particulière de son livre « Ma foi », dans laquelle il explique sa conversion au catholicisme.

Il a été amplement démontré que les écrits de Chesterton ont joué un grand rôle dans la conversion de nombreuses personnes et qu’ils ont influencé positivement un certain nombre de grands hommes du XXeme siècle.

L’écrivain et philologue britannique Clive Staples Lewis, après avoir lu "The everlasting man" (L’homme éternel), a déclaré : « pour la première fois, j’ai vu l’histoire sous une forme chrétienne qui avait du sens ».

Selon Dale Ahlquist, l’approche de l’économie par Dorothy Day a été influencée par un modèle créé par Chesterton, basé sur l’enseignement social de l’Église et connu comme le "distributisme" (Dorothy Day était une journaliste américaine et une militante sociale anarchique, connue pour ses campagnes en faveur de la justice sociale, des pauvres et des sans-abris. Elle s’est convertie au catholicisme en 1927).

Chesterton a aussi exercé une influence sur John Ronald Reuel Tolkien, l’auteur de « Le Seigneur des anneaux » et d’autres grands "succès" de la littérature fantastique, comme « Le Hobbit », et « Le Silmarillion ». Il a été une source d’inspiration pour le lettré Maurice Baring, écrivain, poète et journaliste, ainsi que pour l’historien Christopher Henry Dawson, pour le théologien Mgr Ronald Knox et pour des auteurs agnostiques comme le grand écrivain argentin, Jorge Luis Borges.

Il ne suffit pas d’être un grand écrivain pour être un saint, mais nul doute que Chesterton a été un maître de vertus. En matière de foi, de défense de la famille naturelle, de sainteté de la vie et de justice économique, son enseignement était magistral.

Il est connu dans le monde pour sa grande intelligence, son humilité et sa joie profonde, jaillie de sa conversion au catholicisme. Le président de la Société américaine Chesterton a rappelé l’influence qu’a aussi eue Chesterton sur le serviteur de Dieu et archevêque des États-Unis Fulton John Sheen, l’un des prédicateurs les plus brillants et efficaces de son temps. « Je pense que Chesterton est un saint pour notre temps et qu’il pourrait continuer à attirer de nombreuses personnes à l’Église catholique », a conclu Dale Ahlquist.

Traduction Hélène Ginabat
images/icones/neutre.gif  ( 728950 )Dieu seul sait combien j'admire Chesterton par Castille (2013-08-09 13:53:25) 
[en réponse à 728904]


Je pense que Chesterton est un saint pour notre temps



Ah! Cela s'adapte donc? Sommes-nous saints toutes les fois que nous accomplissons notre devoir de "serviteurs inutiles".

Cette dérive de plus en plus "leste" de la canonisation, comme une démocratisation de la chose, fera de nous des serial sanctificators qui voient des saints partout.

Prions pour qu'il y ait davantage de monde en général et d'anglicans -en particulier- a rejoindre foi véritable.
Prions pour GK Chesterton. Et pour nous-mêmes.

O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous
images/icones/1a.gif  ( 728955 )Ne trouvez-vous pas ... par John DALY (2013-08-09 16:20:29) 
[en réponse à 728950]

...que Chesterton aurait écrit un article magnifique sur la perspective de sa propre canonisation ?

L'idée est si hilarante qu'il l'a peut-être évoquée, dans les pages de GK's Weekly. Au travail, l'avocat du diable - que l'on peut vous envier votre tâche !
images/icones/1e.gif  ( 728986 )hilarant! par Lycobates (2013-08-09 23:47:29) 
[en réponse à 728955]

En effet, cher M. Daly!

Ne serait-ce pas, si vous étiez inoccupé et en pleine jouissance d'un otium cum dignitate (je ne crois pas que vous en avez déjà l'âge, comme moi d'ailleurs), ne serait-ce pas, dis-je, une tâche honorable que de s'enfermer pendant quelques mois dans une grande salle de cette belle au bois dormant qu'est la Sacrée Congrégation des Rites, pour revoir, sous l'égide du Cardinal Relateur, les résultats préliminaires du processiculus diligentiarum, mené dans le diocèse de Westminster et quelques autres, devant la pile des écrits attribués au candidat au titre de Vénérable, en vue de frayer la voie au décret "quod in causa procedi possit ad ulteriora"?
Les "ulteriora" à ce stade n'étant que la décision sur la nomination ou non-nomination d'une commission pour ... introduire la cause.

Enfin, on aura compris que ce n'est pas pour demain.

En tout cas, après quelques mois de lectures enrichissantes, édifiantes et hilarantes, vous tomberiez forcément sur ce passage, tiré de Alarms and Discursions, que l'on pourrait peut-être soumettre dès à présent à Peter John Haworth Doyle Esquire:


Now, it is not a sufficient explanation to say that the joke is silly. All jokes are silly; that is what they are for. If you ask some sincere and elemental person, a woman, for instance, what she thinks of a good sentence from Dickens, she will say that it is "too silly." When Mr. Weller, senior, assured Mr. Weller, junior, that "circumvented" was "a more tenderer word" than "circumscribed," the remark was at least as silly as it was sublime. It is vain, then, to object to "senseless jokes." The very definition of a joke is that it need have no sense; except that one wild and supernatural sense which we call the sense of humour. Humour is meant, in a literal sense, to make game of man; that is, to dethrone him from his official dignity and hunt him like game. It is meant to remind us human beings that we have things about us as ungainly and ludicrous as the nose of the elephant or the neck of the giraffe. If laughter does not touch a sort of fundamental folly, it does not do its duty in bringing us back to an enormous and original simplicity. Nothing has been worse than the modern notion that a clever man can make a joke without taking part in it; without sharing in the general absurdity that such a situation creates. It is unpardonable conceit not to laugh at your own jokes. Joking is undignified; that is why it is so good for one's soul. Do not fancy you can be a detached wit and avoid being a buffoon; you cannot. If you are the Court Jester you must be the Court Fool.

images/icones/neutre.gif  ( 728998 )Dommage que Chesterton soit inimitable par John DALY (2013-08-10 11:21:26) 
[en réponse à 728986]

Car sinon il faudrait bien que quelqu'un écrive dans ce même style enjoué ses "Thoughts on my forthcoming canonisation".

D'ailleurs c'est une des grandes consolations des jours que nous vivons que l'Église conciliaire s'éloigne à tel point de la vraie Église catholique que la seule contemplation de ses bêtises fait pouffer. Le côté humoristique est toujours là pour amortir la peine, même si nous n'avons plus la plume d'un Chesterton pour dessiller nos yeux afin que tous constatent l'absurdité des contrefaits qui nous entourent.

Je profite de ce fil pour vous signaler ma récente réédition du Victorian Age in Literature de notre cher GKC.
images/icones/fleur.gif  ( 729006 )un bel hommage par Lycobates (2013-08-10 13:37:09) 
[en réponse à 728998]

pour le centenaire de ce livre brillant et profond.
Merci.

Quant aux dérives conciliaires, je vous rejoins dans votre analyse: difficile est satiram non scribere.

Ces dérives, comme toute action humaine qui se coupe à dessein du Vrai et du Bien, développent une dynamique propre, devenant ingérable et menant infailliblement à l'autodestruction et qui a, malgré les méandres tactiques de ceux qui avaient compris qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, toujours tendance à reprendre le dessus.
Or, l'expériment de la fausse douceur n'a pas attiré les mouches comme on l'avait espéré. Les façades Potemkine en rococo pontifical sont tombées. Et là où l'on tolère la continuation du "carnaval" philotridentin, on a pris soin qu'il n'y ait que la forme sans la substance.
C'est peut-être une grâce pour nos contemporains que les partisans du vinaigre paraissent désormais reprendre le dessus: les idéologues d'hier et de demain, suivis comme toujours des carriéristes indifférents.
Et c'est peut-être mieux comme-ça. On est tenté de leur dire: quod facis, fac citius, même si le jour et l'heure n'appartiennent qu'au Seigneur.

En union de prières, en cette grande fête de l'Eglise romaine.
images/icones/1i.gif  ( 728999 )Nous sommes tous saints! par PEB (2013-08-10 11:21:30) 
[en réponse à 728950]

La canonisation indique qu'un fidèle défunt est digne de vénération et que son intercession au ciel est sans doute efficace.

La sanctification est l'action vivifiante du Saint-Esprit sur nôtre personne. Quand nous approchons des sacrements, nous devenons saints. Pierres vivantes de l’Église, nous sommes saints car chacun de nous est un temple de l'Esprit-Saint. Citoyens du Peuple de Dieu, nous vivons, avec nos chers trépassés, dans la gloire du Père dont nous sommes, en son Fils, le sacerdoce royal.

Il y a de plus en plus de canonisation mais il y a aussi de plus en plus de fidèles. De trois mille, le jour de la Pentecôte, nous sommes trois cent mille fois plus nombreux. Il y a donc trois cent mille fois plus de saints vivants aujourd'hui!
Trois cent mille saints Laurent par exemple!

(Vous souhaitant un bon barbecue pour fêter dignement le protodiacre martyr.)
images/icones/neutre.gif  ( 729002 )Le mot "canonisation" est désormais équivoque. par John DALY (2013-08-10 12:41:32) 
[en réponse à 728999]

PEB,

Traditionnellement la canonisation représente le jugement infaillible de l'Église catholique que tel de ses membres a pratiqué jusqu'à la mort toutes les vertus dans un degré héroïque et partant est entré au ciel pour être notre intercesseur et notre modèle et à qui nous devons le culte qu'on appelle la dulie, ces faits ayant été confirmés par l'obtention de deux miracles vrais et incapables d'explication naturelle par l'intercession du nouveau saint.

Cela n'est pas le sens de la Sainte Écriture qui donne le titre de "saints" à tous les fidèles.

Il est clair que dans la religion dont Franciscus Pauperrimus est le chef, le sens de la canonisation est tout autre. La même "héroïcité" n'est pas exigée, l'exigence de l'orthodoxie se relativise, le sérieux de procès est disparu, la certitude nécessaire se remplace par une conviction toute subjective.

Les néo-canonisations produites en grande série par les moulins romains ressemblent plutôt à autant d'avis de démobilisation honorable en faveur des membres et surtout des fonctionnaires de cette religion. Vous y aurez tous droit. Grand bien vous en prenne, mais ne pensez pas que ce soit la même chose que la canonisation de premier analogue.