Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=728729
images/icones/fsspx.gif  ( 728729 )Dialogue avec l'Islam : notre cri d'alarme par Ennemond (2013-08-06 11:33:36) 

Texte de l'abbé de Cacqueray sur les messages de la fin du Ramadan
images/icones/bravo.gif  ( 728740 )parfait par Arnold (2013-08-06 12:29:40) 
[en réponse à 728729]

Il n'y a rien a ajouter
images/icones/fsspx.gif  ( 728742 )Un tryptique éloquent par La Porte Latine (2013-08-06 12:36:39) 
[en réponse à 728729]

Parfois une image vaut mieux qu'un long discours :

images/icones/1f.gif  ( 728751 )Un Pape! par Miserere (2013-08-06 13:57:44) 
[en réponse à 728742]

Pour deux saints, facile de faire les comptes!

Le Bon Dieu a changé d'avis depuis?

Très belle analyse de l'abbé et voilà pourquoi je reste à la FSSPX.

Dieu premier servi et non l'homme.

UDP

Miserere
images/icones/bravo.gif  ( 728752 )Herméneutique de la continuité... par Alonié de Lestre (2013-08-06 14:22:21) 
[en réponse à 728751]

Et pis quoi encore ? Le Concile Vatican II a tout changé, faut être bête pour ne pas s'en rendre compte. Le seul dialogue interreligieux qui vaille c'est dans le but de convertir ceux qui ne sont pas catholiques.

Je suis sûr que des tas de prêtres traditionalistes des instituts Ecclesia Dei ou de la Communauté Saint-Martin sont d'accord avec la FSSPX et ne sont pas contents du tout de ce que le pape dit et fait. Je suis content que les pourparlers avec Rome aient échoué car la FSSPX est la seule qui ait la liberté de dénoncer ces horreurs conciliaires ce qui ne serait probablement plus le cas s'il y avait eu une entente.
images/icones/fleche2.gif  ( 728754 )Vous avez raison, par Mistral (2013-08-06 14:51:18) 
[en réponse à 728752]

De nombreux membres des instituts ecclesia Dei que je connais sont inquiets des positions du pape François et sont heureux que la Fraternité saint Pie X n'a pas signé au dernier moment.
images/icones/rose.gif  ( 728758 )Tradi-oecuménisme par Alonié de Lestre (2013-08-06 15:19:43) 
[en réponse à 728754]

Je crois que les supérieurs des différents instituts et communautés traditionalistes devraient discuter et travailler ensembles pour le bien de l'Église. Il faut coopérer. Je sais qu'il y a des divergences d'opinion, des querelles d'ego, etc. mais, il me semble qu'on devrait mettre tout ça de côté pour le bien de l'Église et le salut des âmes. Certains prêtres disent : « N'assistez pas à la Messe chez telle fraternité ou telle communauté ». Je crois que c'est une grave erreur. Oui, chaque institut a ses particularités et il est bien d'en préférer une aux autres mais, à la fin, nous sommes tous des catholiques traditionalistes et pendant qu'on se chamaille, ce sont les modernistes qui contrôlent l'Église.

Désolé, j'enlève mes lunettes roses...
images/icones/neutre.gif  ( 728770 )Et même du moderno-oecuménisme! par PEB (2013-08-06 18:42:14) 
[en réponse à 728758]

Je trouve que l'on va un peu trop loin dans le bon Ramadan.

Que Nostra Aetate utilise les compliments de saint Grégoire VII au roi de Mauritanie, je veux bien.

Que l'on dise que l'on estime les musulmans pour leur piété, c'est très bien aussi.

Mais que les vœux pour le mois qu'ils appelle sacré soient obséquieux: non merci.

J'aurais dit à la place un truc du genre:

"Que ce mois que vous sanctifiez par le jeûne, l'aumône et le partage fraternel soit l'occasion de découvrir en vous la lumière du Dieu Tout-Puissant. Nous invoquons sur vous l'intercession efficace de la bienheureuse Marie, toujours vierge pour que le Seigneur Jésus son fils bien aimé, le prophète parfait, vous accueille à la maison du Très-Haut et Très-Miséricordieux que nous osons appeler Notre Père."

images/icones/1i.gif  ( 728775 )Paradoxal ... par Pensassa (2013-08-06 20:20:55) 
[en réponse à 728751]

... non ?
Dans de tels cas, je suis presqu'heureux que le sédévacantisme existe...
A quoi sert un pape assurant la visibilité hiérarchique de l'Eglise si ses propos et ses actes sont en permanence sujets à caution et analysés 'par la base' à la lumière de la Tradition. Ce n'est dès lors plus vers lui que l'on se tourne pour connaître la vérité mais vers les prêtres traditionnalistes pour savoir si on peut suivre / accepter ce que vient de dire ou de faire le pape.
Le paradoxe reste pour moi que la FSPX reconnaît l'autorité du pape mais on se passe de son autorité pour consacrer des évêques, on rejette ses excomunications, critique son nouveau missel, son nouveau catéchisme, son nouveau code de droit canon, certaines sanctifications, ses initiatives en matière d'oecuménisme, ...
ça ressemble fort à un grand écart entre le pilier qu'est fidélité à la Tradition et et le pilier qu'est la fidélité au pape. Si l'écart continue à se creuser, il faudra bien choisir à quel pilier se raccrocher sous peine de se casser la figure de toute façon ...
images/icones/neutre.gif  ( 728786 )La FSSPX fait depuis trop longtemps du "sédévacantisme pratique" par le torrentiel (2013-08-07 01:07:24) 
[en réponse à 728775]

Jusqu'au dernier moment, Benoît XVI lui a proposé de sortir par le haut de cette situation. Elle lui a essuyé un refus jusqu'à la dernière "main tendue", sans voir que, même à son égard, la patience de l'eglise avait des limites. On est entré dans les limites de la patience de l'Eglise, avec mgr Müller qui a clairement fait savoir qu'il n'entendait plus passer son temps à arrondir les angles d'une obstination obtuse. A force de se croire plus catholique que l'eglise, la FSSPX a abusé de la patience de l'eglise.


Le temps d'une offre de réconciliation reviendra, mais ce n'est pas pour demain, car la FSSPX ne fait rien pour la hâter, agissant en tous points comme vous le décrivez et montrant ainsi qu'elle a beau jeu de reprocher à rome de ne plus désirer cette réconciliation, puisqu'elle ne la désire pas non plus.


L'autorité romaine n'a plus de raison de se laisser juger et déjuger par la FSSPX. Toute attitude par laquelle celle-ci croira retrouver le chemin du coeur de rome en faisant preuve d'un tel subjectivisme jouera contre sa réintégration dans le sein de l'eglise, puisque l'arrogance avec laquelle elle porte ses jugements téméraires ne fera désormais que démontrer que la FSSPX n'a cure de la réconciliation avec rome, elle a sa petite clientèle et cela lui suffit.


Désolé d'être si dur, mais je suis de ceux qui avaient vu que la dernière "main tendue" de benoît XVI était la dernière chance avant longtemps pour la FSSPX, la suite me donne douloureusement raison. Douloureusement, car je n'arrive pas à pressentir ce qui sortira du pontificat de françois en termes de contenu magistériel, après la promulgation du testament de Benoît XVI, merveilleusement annoté par lui, "Lumen fidei", qui est selon moi un des textes magistériels les plus importants de ces vingt-cinq dernières années, car c'est un texte qui est beau comme du saint-augustin, et qui ne fait plus de la foi un moralisme.


Mais ensuite, quelle sera l'empreinte de françois en termes de magistère? On peut espérer que ce soit un grand pape de gouvernement, il a déjà commencé de mettre la curie romaine à l'heure de la mondialisation, au moins par le signe d'une transformation possible de la secrétairerie d'Etat à l'image de la commission chargée de réfléchir à sa Réforme, même si une catholicité mondialisée et relativement déromanisée n'est pas faite pour plaire à tout le monde, ici ou ailleurs.
images/icones/neutre.gif  ( 728789 )Certes... par Meneau (2013-08-07 01:32:45) 
[en réponse à 728786]

Puisque vous forcez le trait, permettez-moi de caricaturer aussi : vaut-il mieux faire du "sédévacantisme pratique" ou de l'"hérésie pratique" ?

Autrement dit, faut-il que nous allions tous demain embrasser le Coran et prier à la mosquée ?

Quant à l'avis de Mgr Müller, d'une part on le connaissait déjà, d'autre part du fait de la nouvelle nomination à la Commission Ecclesia Dei, il n'a finalement que peu d'importance.

Cordialement
Meneau
PS pour ceux qui réagissent toujours au 1/4 de tour : oui j'ai forcé le trait, et non je n'ai pas dit que les derniers papes étaient hérétiques !
images/icones/1f.gif  ( 728791 )Vous avez tort! par Miserere (2013-08-07 03:19:23) 
[en réponse à 728786]

Pour dire ce genre de choses, il faudrait d'abord savoir ce que Rome a proposé à la FSSPX.

Le savez-vous?

Je suppose que non, alors inutile de lui faire un procès d'intention.

On ne signe pas avec des bricoleurs du dimanche, les bons ouvriers se font rare.

Les millions de rosaires ont eu raison de la décision, et ça c'est du cash.

Quand au Pape François, il était déjà libéral avant d'être Pape et bien sûr il continue sur sa lancée.

Ce qui est douloureux c'est de voir cette maladie du libéralisme qui gangrène la barque de Pierre.

Bonne nuit.

Miserere



images/icones/neutre.gif  ( 728788 )Autre paradoxe par Meneau (2013-08-07 01:20:31) 
[en réponse à 728775]

Autre paradoxe : le Bon Dieu a doté l'être humain de raison, mais selon vous il ne devrait pas s'en servir...

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 728792 )A Miserere et Meneau, par le torrentiel (2013-08-07 03:58:22) 
[en réponse à 728788]

A Miserere:

Savons-nous ce que Benoît XVI a proposé à la FSSPX en fait d'accords? dans les grandes lignes, bien sûr, car ce qui était en jeu dans ces accords a fuité de toutes parts, je n'aurai pas la cruauté de rappeler que les fuites principales émanaient de vos amis, qui sont passés maîtres dans cet art.


Ce qui était proposé? Une prélature personnelle, moyennant un "préambule doctrinal" qui reconnaissait la légitimité du concile et, au départ, ouvrait des questions disputées, lesquelles se sont réduites à mesure de l'intransigeance de la fraternité, qui ne tenait pas compte del'avancée du pontificat et du fait que Benoît XVI était depuis 1988 exceptionnellement bien disposé en faveur de la mouvance lefébvriste, ce qui était un cas unique à ce niveau de responsabilité au vatican (y compris en tant que Président de la congrégation pour la doctrine de la Foi), et aurait peu de chances de se reproduire.


A Meneau, qui est un interlocuteur plus nuancé, plus juste et plus coriace:


Pour qu'il y ait hérésie pratique, il faudrait encore qu'on dise laquelle. Le modernisme, qualifié d'"égoût collecteur de toutes les hérésies", ne définit guère ce qui est visé.


Est-ce que l'hérésie moderniste serait essentiellement immanentiste et scientiste? c'est ce qui ressort de "Pascendi". Comme nous nous fréquentons un peu de plume, je ne vais pas vous étonner en vous disant que, l'eglise catholique ayant accommodé le créationnisme à l'évolutionnisme, et déclarant souvent sans complexe -certes pas au niveau du magistère- que le créationnisme est une mythologie, j'ai tendance à partager l'analyse de saint Pie X, ce qui vous prouve que je me sers de ma raison.


Mais je ne suis pas le sujet. Est-ce que l'eglise, dans sa requête de soumission au magistère, restreint l'usage de la raison? Bien sûr que oui. Est-ce que les dernières apologies magistérielles de la raison masquent cette restriction? Encore oui. comment appelle-t-on le contraire de cette restriction de l'usage de la raison? "Le libre examen". Or, paradoxalement, comment appelait la raison celui qui a inventé le libre examen? "La putain du diable".


On accuse souvent la pratique subjectiviste de la FSSPX d'être du luthéranisme sans Luther. Il me semble qu'il serait historiquement plus judicieux de la comparer aux controverses jansénistes. Ce n'est pas pour rien qu'un des esprits les plus brillants du traditionalisme catholique, M. l'abbé de tanoüarn, est fasciné par Port-royal.


Mais revenons à votre "hérésie pratique", qui est une objection sérieuse.


Il y a plusieurs manières d'y répondre:


-Ou bien on peut dire que, si cette hérésie est pratique, elle est nécessairement morale. Or je ne sache pas qu'il ait été défini d'hérésie qui traite de la morale, d'où ma réticence, en me servant de ma raison, à reconnaître une similitude d'infaillibilité du pape en matière de Foi et de morale, la Foi ayant pour ainsi dire aboli la morale, sinon comme conséquence de la liberté conséquente du fidèle conséquent...


-Ou bien il faut définir plus précisément en quoi consiste l'hérésie dont se rend pratiquement coupable l'Eglise, et le "modernisme" embrasse des champs trop vastes pour pouvoir produire une telle définition.


-Ou bien il faut vous objecter que le trop grand assujettissement de l'Eglise aux sciences et à la mentalité moderne:

a) est fautif quand cette science et cette mentalité nient le contenu de la foi ;

b) mais n'est pas fautif s'il est conforme au "développement interne du dogme", ce qui veut dire que, sans avaliser l'évolutionnisme, l'eglise n'en doit pas moins reconnaître la croissance de l'âme du croyant capable d'appréhender plus finement la foi; et, dans croissance, il y a aussi l'idée de maturité, avec laquelle il faut certes jongler prudemment.
images/icones/neutre.gif  ( 728797 )cessez de noyer le poisson par Arnold (2013-08-07 08:45:47) 
[en réponse à 728792]

Et revenons au sujet:l'islam. Faut il embrasser le coran? Faut il prier dans les mosquees, faut il omettre le nom du Christ?


images/icones/neutre.gif  ( 728824 )[Réponses: par le torrentiel (2013-08-07 14:42:47) 
[en réponse à 728797]

On peut prier dans les mosquées sans embrasser le coran ni oublier le Nom du christ, bien qu'on ne soit pas obligé de Le prononcer dans une mosquée devant des musulmans, à qui on se fera fort de Le rappeler dès qu'on en sera sorti.


La seule erreur selon moi donc: embrasser le coran, geste de soumission parfaitement inutile.
images/icones/heho.gif  ( 728825 )distinguo par Lycobates (2013-08-07 15:46:54) 
[en réponse à 728824]

On peut prier dans une mosquée, oui et non.

Quand on visite une mosquée, pas en qualité de représentant de la vraie religion (c'est impossible, voir infra), mais comme personne privée par simple curiosité ou intérêt culturel ou historique, on s'adaptera aux coutumes et exigences vestimentaires, et on peut y dire une prière, mais quand on est chrétien, seulement une prière chrétienne, et de préférence silencieuse et discrète.
On n'y chantera pas le Salve Regina. On se gardera toujours d'adopter une posture équivoque qui pourrait être comprise comme prière musulmane (se mettre en direction du mihrab pour adopter la qibla p.ex.) et a fortiori l'on ne pourra jamais s'associer à la prière des musulmans qui s'y trouvent (ce serait apostasie et communicatio in sacris), ni prier avec eux une prière neutre qui serait acceptable pour tout le monde (ce serait indifférentisme et communicatio in sacris).

J'ai régulièrement murmuré un "De Profundis" dans les moquées et synagogues et dans les cimetières musulmans ou juifs que j'ai visités. Mais je n'ai jamais rencontré un musulman (ou un juif) qui m'ait demandé de s'associer à lui dans sa prière, au contraire, on est invité, de façon fort courtoise en générale, de quitter les lieux, ou de monter à la galerie, quand une prière va commencer.
(Je parle du Moyen Orient où sauf quelques cas particuliers, les mosquées peuvent être visitées par tout le monde, à la différence de l'Afrique du Nord)

Mais on ne peut pas visiter une mosquée quand on représente le christianisme ou l'Eglise, donc quand on est prêtre ou évêque et l’on fait sa visite ès qualité. Ce n'est pas possible (sauf peut-être dans le cas d'une visite incognito selon le scénario d'en-haut).
A fortiori est-il impossible d'y prier de façon publique dans ces cas là, puisque le représentant de la vraie religion (aussi pour les musulmans investi d’une vraie autorité) donnera l'impression aux musulmans que leur maison de prière est quelque chose d'intrinsèquement bon et légitime, auquel cette visite donnerait l'aval en quelque sorte et une certaine reconnaissance. Ce serait les confirmer dans leur erreur et la mécréance. S'il est vrai que la prudence peut inciter au silence, dans certaines circonstances, il n'est jamais permis de poser des actes positifs qui confirmeraient l'erreur. Une telle visite serait un acte positif et confirmateur incontestable.

Donc: on ne peut pas s'incliner devant ou embrasser le Qoran (signe de vénération d'un saint livre, et aussi de soumission, le Qoran n'est pas un livre saint), on ne peut pas prier avec un musulman, nulle part, mais surtout pas dans une mosquée, et, quand on visite des musulmans en tant que représentant officiel de la vraie religion, on ne pourra jamais ne pas prononcer le nom du Christ et inviter à la conversion. Si ce n'est pas possible ou souhaitable, parce que la prudence s'y oppose, il faut d'emblée s'abstenir de faire la visite ou la faire incognito.
images/icones/neutre.gif  ( 728828 )Je pourrais souscrire à votre analyse par le torrentiel (2013-08-07 16:25:36) 
[en réponse à 728825]

si vous ne raisonniez pas en termes de "vraie" et de "fausse" religion, argument qui a le mérite de vous convaincre vous-même, mais qui ne va guère au-delà.


Si vous partez de la prémice que toute piété qui n'embrasse pas le Dieu de Jésus-christ adore nécessairement un faux dieu, alors vous pouvez écrire:

""on ne peut pas prier avec un musulman, nulle part, mais surtout pas dans une mosquée"...

Moi, je pars de la prémice inverse, celle de saint-Paul parlant à l'aéropage: ce n'est pas parce que vous ne connaissez pas mon dieu, que je crois être le vrai dieu, que vous n'avez pas de piété et que vous adorez une idole. Mais ce n'est pas parce que je reconnais votre piété que je suis obligé d'embrasser la révélation à laquelle vous vous référez.

Identiquement, c'est en fonction de votre prémice, confondant toute espèce de paganisme avec les religions qui ont les patriarches et les prophètes en partage (ce que j'écris pour ne pas parler de "religion du livre", expression que je ne fais pas mienne), que vous pouvez écrire:

"Mais on ne peut pas visiter une mosquée quand on représente le christianisme ou l'Eglise, donc quand on est prêtre ou évêque et l’on fait sa visite ès qualité."


Vous partez du principe qu'il n'est pas possible à un évêque ou à une autorité catholique de mener une action pastorale ou d'évangélisation en direction des musulmans en partant du "minimum vital": la reconnaissance mutuelle, sans adoration et embrassement de leur part, si j'ose dire, de l'idole coranique...
images/icones/neutre.gif  ( 728830 )Toute apologétique par Lycobates (2013-08-07 18:02:28) 
[en réponse à 728828]

a pour but ultime de convaincre l'adversaire de la fausseté (relative ou totale selon les cas) de sa religion et de la justesse et rationabilité de celle de l'apologète. Rationabile obsequium. C'est un travail d'abord intellectuel qui devra finir par fléchir les volontés, et par conséquent avoir un effet moral, la grâce de Dieu aidant, en partant des vérités naturellement connaissables à la raison. Une telle apologétique se servira d'arguments ou d'éléments tirés de la fausse religion, en purifiant ce qui y pourrait être mélangé de faux, pour conduire son adepte à la vraie.
Mais on ne peut jamais faire abstraction de la question de vérité et si croyants et mécréants peuvent le cas échéant s'estimer mutuellement sur le plan humain, donc subjectivement, il est clair qu'il ne peut y avoir jamais une "reconnaissance mutuelle", objective, de religion à religion en tant que telle.

Or, Saint-Paul, s'il a commencé à dire - en bon apologète partant des vérités naturelles - devant l'autel au dieu inconnu que celui-ci traduisait le désir de l'homme (aussi de l'homme devenu païen après la chute), mais de l'homme subjectif, de tel et tel sujet individuel, de connaître et d'aimer Dieu, il n'a pas prié à cet autel, ni offert un sacrifice à ce dieu inconnu. Au contraire, il a poursuivi son discours en commençant à parler de la Résurrection, et alors les Grecs, forts courtois, ont dit qu'ils l'écouteraient un autre jour. Περὶ τούτου καὶ πάλιν.

Il y a donc une distinction capitale à faire, celle entre sujet et objet, entre la personne mécréante ou mal-créante et sa religion, et c'est celle que je fais.

Il ne s'agit pas de nier la piété subjective de tel ou tel musulman, ce serait absurde, mais il s'agit de ne pas perdre de vue la fausseté intrinsèque de cette religion qui ne conduit pas au Christ, Dieu le Verbe fait chair, et il s'agit par conséquent de ne pas poser des actes qui conduiraient des pieux musulmans à croire de bonne foi qu'ils font bien en restant de pieux musulmans ou en le devenant davantage.
images/icones/neutre.gif  ( 728833 )L'intellect ne fait pas tout et "in medio stat virtus" par le torrentiel (2013-08-07 19:03:26) 
[en réponse à 728830]

L'apologétique est nécessaire, mais non pas suffisante.


Je ne vous parle pas non plus de reconnaissance de religion à religion, mais de piété à piété, Reconnaissance pouvant ouvrir la voie à l'apologétique: trouver les "semina verbi" qui sont ddans l'islam, d'autant qu'elles désignent nommément le Verbe Incarné.


La suite de l'épisode de Saint-Paul à l'aréopage va plutôt dans mon sens : c'est parce qu'il s'est d'emblée placé sur le terrain intellectuel dans un de ses premiers actes pastoraux que Saint-Paul n'a pas eu l'oreille des Athéniens, dont, s'il prétendait leur présenter des arguments rationnels, il a été obligé de convenir que ceux-ci constituaient au contraire à leurs yeux une "folie" sur le plan rationnel: c'est à propos des Grecs que saint-Paul parle de "folie" de la croix, les musulmans éprouvent le même recul rationnel devant Jésus crucifié. et pourtant, ils pressentent l'engendrement du Fils (qu'ils ne nomment pas ainsi) lorsque le Coran décrit ainsi la naissance de Jésus:
"Allah dit: "Sois" et Jésus fut."


Le pari apostolique ultérieur (je parle de celui des derniers papes) n'est pas celui du "prier ensemble", mais d'"être ensemble pour prier".


Cette distinction pèche par un effet de balancier qui, partant de la situation que vous décrivez, le pari sur la seule apologétique, tombe du côté du syncrétisme.


Quand on se rendra compte que la bonne attitude se situe au milieu, c'est-à-dire dans une capacité à se tenir en un même lieu pour prier ensemble le Dieu qui ne saurait tromper la piété des hommes en leur faisant prier un autre que Lui quand ils se rassemblent pour s'adresser à Lui de bonne foi; capacité de prière commune dans une piété commune, qui n'oblige pas à succomber à la tentation idolâtre pour un chrétien d'embrasser le coran. Quand cette attitude de prière commune sans embrassement suggéré de la religion de l'autre et sans transiger avec la certitude où l'on est d'être, quant à nous, embrassés par la vérité Que l'on ne détient pas, mais Qui S'est révélée à nous et qui nous étreint, on verra si cette pastorale, qui commence par la reconnaissance de la piété de l'autre et par la recherche des prémices de notre religion dans la leur, est opératoire. On n'en pourra pas juger avant qu'on ait abandonné les excès d'"altérophilie".


Pour autant, et pour faire référence à votre poste précédent, je crois que "le concile de Jérusalem" n'est pas allé au bout de l'intuition de saint-Paul, selon laquelle il n'y a pas d'interdit alimentaire qui tienne pour les chrétiens. "Le concile de Jérusalem", statuant qu'un chrétien doit toutefois s'abstenir de manger de la viande sacrifiée aux idoles (d'où le débat actuel, importé dans la laïcité républicaine, sur la viande hallal), a été le premier compromis trouvé entre "l'apôtre des gentils" et la prudence des disciples plus "anciens" que lui dans l'eglise. Saint-Paul reçoit et applique ce concile en entendant que saint-Pierre s'y tienne strictement, comme nous le montre le récit rapporté par lui de leur controverse dans l'épître aux galates.


Or, si on va au bout de la logique de saint-Paul, si une viande a été sacrifiée aux idoles, ce sacrifice n'a pas de valeur, donc il ne devraitpas être interdit, mais indifférent, de consommer un aliment sacrifié sans validité.



J'entends bien que ce serait le germe d'une révolution dans l'eglise, surtout à l'heure où notre nouveau pape estime, dans une logique, non de démondialisation, mais de démondanisation, que "qui ne prie pas le christ prie le diable", étant en cela fidèle à une tradition qui assimile tout culte païen à une démonolâtrie, plutôt qu'à un acte d'anthropologie religieuse (excusez l'anachronisme).


Or c'est bien en considérant le paganisme comme une forme archaïque de piété qu'on pourra le ramener vers le vrai dieu. C'est du reste ce qu'a toujours fait le catholicisme sans le crier sur les toits, en baptisant les fêtes païennes et en changeant la dédicace des temples païens sans détruire leurs édifices, mais en les réaffectant.
images/icones/1f.gif  ( 728849 )un seul point ce soir par Lycobates (2013-08-08 00:00:23) 
[en réponse à 728833]


Le pari apostolique ultérieur (je parle de celui des derniers papes) n'est pas celui du "prier ensemble", mais d'"être ensemble pour prier".



Vous faites erreur.
Nostra aetate nous donne, à la fin du nº 3 qui traite de l'Islam, le but déclaré de ce que vous appelez le "pari apostolique".

Cela n'a rien de religieux: il faut "oublier le passé" pour se "comprendre mutuellement" et maintenir et promouvoir ensemble pour tous les hommes "la justice sociale, les biens moraux et la paix et la liberté":

ut, praeterita obliviscentes, se ad comprehensionem mutuam sincere exerceant pro omnibus hominibus iustitiam socialem, bona moralia necnon pacem et libertatem communiter tueantur et promoveant.

C'est profane, terrestre, laïc.
Qu'il ne peut exister de paix, de justice, de bien moral, de liberté au sens vrai du terme que SEULEMENT dans le Christ: Pax Christi in regno Christi, et dans la Vérité qui est le Christ même, aucun mot de cela.
C'est hallucinant.
On voit toujours le même procédé: des concepts comme "paix", "justice", "bien moral", "liberté" sont coupés, déconnectés, amputés de la question de savoir où est, dans ces concepts, le vrai et le faux. Cela est impossible. Ces concepts ne sont pas absolus. La question de la vérité doit toujours être posée, en premier lieu, pour determiner ensuite la vraie valeur du concept en question.

Au vu de ceci, c'est au fond une grossière tromperie vis-à-vis des musulmans d'aller dans leurs mosquées pour "prier".

On ne parle que de paix et sécurité de nos jours. Est-ce que cela ne vous rappelle pas 1 Thess. 5,3 ?

Enfin, je m'arrête ici, vous ne semblez pas avoir saisi que le fondement de la discussion que nous menons n'est pas le même pour vous et pour moi. S'ensuit ainsi en quelque sorte un dialogue de sourds.
Il est probable aussi que je m'exprime mal, et je commence à écrire plus de fautes que d'habitude, je suis fatigué. Désolé.

Lisez ou relisez Ubi arcano, la première encyclique du pape Pie XI.
Elle est d'une pressante actualité
et en très beau latin
images/icones/1b.gif  ( 728844 )Il ne me semble pas avoir dir cela... par Pensassa (2013-08-07 23:23:23) 
[en réponse à 728788]

...au contraire. Ceux qui ne semblent pas vouloir utiliser leur intelligence sont, selon moi, plutôt ceux qui croient pouvoir continuer à concilier l'inconciliable de peur de trancher ou dans un sens ou dans l'autre : Oui je reconnais l'autorité du pape mais non je n'adhère pas à ce qu'il enseigne.
images/icones/1b.gif  ( 728831 )Allonns, allons, par Bertrand (2013-08-07 18:35:07) 
[en réponse à 728751]

dernièrement on a un l'impression qu'etre pape garantit la cannonisation...
images/icones/op2.gif  ( 728808 )Coller aux attentes du segment de marché cible par Zouave1867 (2013-08-07 10:09:20) 
[en réponse à 728729]

Vous êtes complètement à côté de la plaque. Vos grilles d'analyse sont obsolètes. L'heure n'est plus à la doctrine mais à la com. Au marketing. Inutile d'aller chercher des explications ailleurs. Pour que ça tourne, il faut être en phase avec le marché. La doctrine, c'est "has been".