Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=728776

( 728776 )
Un prêtre peut-il être parrain ? par LouisL (2013-08-06 20:32:27)
Tout est dans le titre.
Le Code de Droit Canonique de 1917 précise qu'une autorisation est nécessaire :
Can. 766 - Pour que quelqu'un soit admis licitement comme parrain :
[...]
5 Qu'il ne soit pas constitué dans les ordres sacrés, sauf permission expresse de l'Ordinaire propre.
Mais dans le Code de Droit Canonique actuel ce n'est plus mentionné :
Can. 874 - § 1. Pour que quelqu'un soit admis à remplir la fonction de parrain, il faut :
1 qu'il ait été choisi par la personne qui va être baptisée, par ses parents ou par ceux qui tiennent leur place ou, s'ils font défaut, par le curé ou le ministre; et qu'il ait les aptitudes et l'intention de remplir cette fonction ;
2 qu'il ait seize ans accomplis, à moins que l'Évêque diocésain n'ait établi un autre âge, ou bien que le curé ou le ministre n'estime devoir admettre pour une juste cause une exception ;
3 qu'il soit catholique, confirmé, qu'il ait déjà reçu le très saint sacrement de l'Eucharistie et qu'il mène une vie cohérente avec la foi et avec la fonction qu'il va assumer ;
4 qu'il ne soit sous le coup d'aucune peine canonique, légitimement infligée ou déclarée ;
5 qu'il ne soit ni le père ni la mère de la personne qui doit être baptisée.

( 728778 )
Donc, en un mot ... par John DALY (2013-08-06 21:29:41)
[en réponse à 728776]
Le Code de 1983 a-t-il validement remplacé le Code de 1917 ?
En, d'autres termes, qui a eu raison : Mgr Lefebvre qui a renvoyé son professeur de droit canon d'Écône pour avoir voulu enseigner le nouveau code, ou bien ce professeur lui-même, l'abbé Glover (actuellement défroqué, circonstance qui ne résout pas le problème mais qui est quand même décourageant).

( 728785 )
Euh... par LouisL (2013-08-06 23:40:17)
[en réponse à 728778]
Le Code de 1983 a-t-il validement remplacé le Code de 1917 ?
En ce qui me concerne, la réponse est claire même si il est parfois bon de se référer à l'ancien Code pour des questions plus d'ordre "moral" que légal. Exemple, les règles de jeûne et d'abstinence...
Dans le cas présent, même si l'omission dans le Code actuel laisse entendre que c'est légal, je me demandais si, au regard de l'interdiction d'autrefois (dont j'ignore la raison), ce serait bien de choisir un prêtre (membre de la famille) comme parrain.

( 728823 )
Si pour vous par Lycobates (2013-08-07 14:30:41)
[en réponse à 728785]
"la réponse est claire" à la question de savoir si le Code de 1917 fut remplacé validement par le texte de 1983, alors votre conscience vous dictera en toute tranquillité et bonne foi de suivre les dispositions de 1983, et vous pourrez sans souci demander à un novice, profès ou clerc ordonné d'être parrain.
Si vous croyez, comme, à ce qu'on murmure, le font certains, que le code de 1917 est toujours en vigueur et doit être suivi, au moins dans la mesure du possible, vu la situation compliquée et quelque part anarchique dans l'Eglise actuellement, alors vous vous abstiendrez d'emblée de demander un novice ou un profès ou un clerc de devenir parrain, à moins d'avoir la chance extraordinaire de vous retrouver avec un supérieur au moins local (ici seulement: nisi necessitas urgeat), pour le novice ou le profès, ou (et cela risque de devenir compliqué) le propre ordinaire du lieu, pour le clerc, qui pourront légitimement dispenser.
En tout cas, si vous êtes parvenu, de façon honnête et sérieuse, sous prières aussi, sans oublier le jeûne, à la position 1 ou 2, vous pouvez et vous devez la maintenir de bonne foi, jusqu'à ce qu'un doute surgit.
Si en revanche vous voulez bien croire que le code de 1983 est valide, mais il vous restent des doutes quant à certains aspects, maintenus plus sévèrement dans celui de 1917, comme vous le dites, plutôt d'ordre moral que légal, vous aurez d'abord, je le crois, le devoir strict en conscience d'étudier la question, selon vos possibilités et connaissances (ultra posse nemo obligatur), pour évacuer définitivement ce doute et parvenir à l'une des deux positions énoncées ci-haut. Il n'est pas permis en principe de laisser traîner des doutes de la sorte, et il vous faudra parvenir à une certitude, au moins morale, dans l'un ou l'autre sens.
Entretemps il serait prudent d'adopter une position de tutiorisme: c'est-à-dire de tout admettre ce qu'admettait le code plus "sévère" et de s'abstenir de tout ce que le code plus "sévère" interdisait.

( 728835 )
1983 ou le CIC prétorien par PEB (2013-08-07 19:31:46)
[en réponse à 728823]
Ce CIC de 1983 fait référence sans aller voir en 1917 à tout bout de champ.
L'autorisation exceptionnelle du compérage clérical du code de 1917 me parait bancale. En effet, qui mieux qu'un clerc est idoine en son état pour accompagner un néophyte vers le Seigneur? Ce régime d'autorisation indique d'ailleurs qu'il n'y a jamais eu d'interdiction!
Cependant, le CIC de 1917 soulevait implicitement quelques questions:
- un clerc ou un consacré peuvent, du fait de leurs vœux d'obéissance, ne pas pouvoir se rendre disponible à leur filleul. Cela est critique pour les cloîtré qui ne peuvent quitter leur monastère.
- Un prêtre ne peut pas confesser son filleul car il y a un conflit patent d'autorité.
- Un curé ne peut avoir de filleul parmi ses ouailles pour les mêmes raisons et a, de plus, obligation de résidence dans sa paroisse.
- Un lien hiérarchique pourrait accidentellement apparaître entre le clerc et son filleul.
A quoi on peut objecter le cas du parrain devenu, après coup, clerc ou religieux.
De fait, le CIC de 1983 préfère s'en tenir aux principes théologiques qui organisent le baptême.
Il s'en suit des marges d'appréciation variable:
- Pour les réguliers et séminaristes, l'autorisation des supérieurs et directeurs est de plein droit dans la sainte obéissance.
- Pour les séculiers, leur statut est plus libre. L'évêque devrait cependant être consulté à toutes fins utiles.
Il s'en suit que, depuis 1983, le droit canon est redevenu prétorien. La solution se trouve par jurisprudence comme cela était le cas jusqu'en 1916.
Le CIC de 1917 ne doit plus être utilisé comme source principale mais secondaire du droit. Une législation abrogée peut éclairer certains aspects de la loi en vigueur mais sans plus.

( 728790 )
autre q° par Rudy (2013-08-07 03:01:04)
[en réponse à 728776]
un parrain peut il etre pretre

( 728819 )
Franchement... par LouisL (2013-08-07 13:03:04)
[en réponse à 728790]
... vous n'avez pas autre chose à faire ?

( 728840 )
En Belgique, les prêtres diocésains ont toujours été parrains! par Frère Guibert (2013-08-07 22:00:16)
[en réponse à 728819]
Mon grand-oncle a été ordonné prêtre en 1922 et a été le parrain d'un de ses neveux né dans les années trente. Un ami de la famille, ordonné en 1924 est devenu parrain de sa cousine vers 1945. Un de mes arrière-grands-oncles, prêtre dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, a été parrain d'un de ses neveux. Le Cardinal Mercier, Archevêque de Malines mort en 1926, a été parrain peu d'années avant sa mort...et je pourrais continuer longtemps cette impressionnante liste de prêtres belges qui ont été parrains, c'est habituel et très courrant. S'ils ont plusieurs neveux, ils sont toujours parrains de l'un d'entre eux!

( 728843 )
Sa question n'était pas plus idiote que... par Michel (2013-08-07 22:32:21)
[en réponse à 728819]
..bien d'autres.
Vous donnez vous même la réponse : le code de 1917 est abrogé depuis 30 ans. Si le législateur a supprimé cette prescription, c'est qu'il l'a jugée inutile.
Il est faux de s'imaginer que le Code de 1917 est "plus sûr" et qu'on sauvera plus sûrement son âme en rejetant le Code de 1983 : une telle attitude peut conduire à des absurdités et des drames, comme considérer comme invalide un sacrement valide (ou inversement). Ou encore j'ai vu un père de famille interdire à son fils de communier à la Messe de 11 h parce qu'il avait pris son petit déjeuner à 9 h 30. Est-il vraiment "plus sûr" d'être privé de la communion ?...
Mais il n'est pas interdit d'essayer de comprendre le pourquoi des prescriptions abrogées.
Ici, je pense que c'était pour éviter qu'un prêtre trop populaire soit nommé parrain de plusieurs dizaines d'enfants, comme cela avait été le cas à une époque pour le président de la république. En demandant l'autorisation, le problème était résolu (ou sous contrôle).
Il est effectivement convenable qu'un religieux ne soit pas parrain.
Mais pour un prêtre séculier, il n'y a pas de "voeu d'obéissance".
Cette idée d'autorisation peut être respectée quant à son esprit en se disant qu'il faut y réfléchir à deux fois (j'imagine la tête de mon évêque si un fidèle lui demande l'autorisation prévue par le Code de 1917 !...), et ne pas parrainer à grande échelle.