Le Forum Catholique
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( 728063 )
François Ier à Lampedusa. RIVAROL par Petrus (2013-07-31 21:32:21)
François à Lampedusa pour une Europe (encore plus) ouverte à l’immigration
Il avait brutalement refusé, voici quinze jours, d’assister au grand concert organisé au Vatican pour l’Année de la foi, en expliquant qu’il n’était pas « un pape de la Renaissance, qui écoute de la musique au lieu de travailler » : philistinisme revendiqué qui était aussi une insulte délibérée à son prédécesseur. L’orchestre jouait, en fait de Renaissance, la neuvième symphonie de Beethoven, mais tout ce qui précède Vatican II appartient de toute façon aux temps obscurs. « François, évêque de Rome », comme il s’intitule lui-même, a trouvé le temps lundi, pour son tout premier déplacement officiel hors de Rome, d’aller sur l’île de Lampedusa. Il y a écouté dans l’extase les chants d’un millier d’Africains hébergés au centre d’accueil — dont 166 débarqués du matin même. « Comme vous chantez bien ! » leur a-t-il déclaré devant les caméras de télévision.
Lampedusa, depuis que la super-people Angelina Jolie y fit un aller-retour en juin 2011, est devenue la Mecque des célébrités sur le retour et des politiciens en mal de notoriété : les retombées médiatiques, comme on dit, sont garanties. Seuls les mauvais esprits pourront pourtant soupçonner de tels desseins chez François, comme s’il avait voulu sceller son pacte d’amour avec les media du Système. La salle de presse du Vatican nous assure qu’il avait été « profondément touché par le récent naufrage d’une embarcation qui transportait des migrants venant d’Afrique ». Il est vrai que, malgré tous les efforts de la Garde côtière, comme on continue à l’appeler, qui va chercher les bateaux des trafiquants à plusieurs dizaines de miles au large pour les remorquer jusqu’en Italie, il arrive encore que certains coulent. Sept clandestins ont péri au milieu du mois dernier. C’est désolant, mais il y a aussi des gens qui se tuent sur les routes en partant en vacances… En deux jours, pour sept noyés, on a compté au moins un millier d’heureux arrivés sur les côtes de Sicile et de Calabre. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur italien, nous en sommes à huit mille débarquements depuis le début de l’année, deux fois plus qu’au premier semestre 2012, et, beau temps aidant, les immigrés arrivent en ce moment à jet continu. Les sept noyés, par parenthèse, s’étaient agrippés au filet d’un thonier tunisien, le « Khaked Amir », qui a préféré couper son filet plutôt que de les recueillir : au témoignage des survivants, l’équipage a même rejeté à la mer ceux qui étaient parvenus à monter à bord.
François n’a pourtant aucun doute. S’il arrive malheur à quelques candidats à l’immigration clandestine, la faute en est à ceux chez qui ils venaient s’installer. Il n’a pas hésité à comparer ces derniers à Caïn meurtrier de son frère. « “Où est ton frère ?” La voix de son sang crie jusqu’à moi, dit Dieu. Ces frères et ces sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix ; ils cherchaient un endroit meilleur pour eux et pour leurs familles, mais ils ont trouvé la mort ». Du reste, « qui a pleuré pour la mort de ces personnes qui étaient sur la barque ? Pour les jeunes mères qui portaient leurs enfants ? » (On sait que les passeurs ne manquent jamais de mettre sur chaque bateau quelques enfants en bas âge et une ou deux femmes au dernier stade de la grossesse, pour rendre toute la troupe inexpulsable). François a donc conclu « cette liturgie de pénitence » par une demande de pardon « pour notre indifférence envers tant de frères et de sœurs ». Voilà l’homme blanc chargé d’un fardeau de plus — il n’en portait pas assez. Pour confirmer à ceux qui en douteraient encore que l’église conciliaire veut une Europe et une Italie, non seulement multi-ethniques, mais multi-religieuses, François avait ouvert son homélie par un salut « aux chers immigrés musulmans qui s’apprêtent aujourd’hui, dans la soirée, à commencer le jeûne du ramadan, en leur souhaitant d’abondants fruits spirituels ». Puis il est allé visiter l’église locale, que le curé avait décorée d’une grande banderole : « Nous sommes tous des immigrés ».
« Paroles très dures », comme s’en réjouit hautement La Repubblica. Jamais occupant conciliaire du siège de Pierre n’était allé si loin. Pareil degré de frénésie était jusqu’ici le propre de quelques prélats spécialement délégués à « la pastorale des migrants » et dont les délires « n’engageaient pas le Saint-Siège » : c’était du moins ce que nous ressassaient les conciliaires conservateurs, qui trouveront autre chose pour défendre l’indéfendable. François ne s’en est pas même tenu là. À force de remorquer les clandestins sur leurs bateaux pourris, Lampedusa est devenu un gigantesque cimetière d’épaves. Un projet pompeusement intitulé « Opera — Sui relitti delle libertà » (« Œuvre — sur les épaves des libertés »), avait imaginé, à l’automne 2011, de transformer ces carcasses en « œuvres d’art », à grands coups de subventions publiques, « pour faire revivre avec elles les rêves et les espérances de tant de migrants partis en quête d’un meilleur futur ». « Une gamme d’objets de design, tables, chaises, coffres à vin, ainsi que d’accessoires de mode, barrettes ou boucles de ceinture » avait été lancée. L’entreprise semble avoir fait long feu mais ce boboïsme culturel ne pouvait manquer de séduire le champion autoproclamé de « l’Église pauvre pour les pauvres ». Il a donc célébré la nouvelle messe sur une barque de clandestins transformée en autel, équipé d’une croix pastorale fabriquée dans une épave et d’un calice en bois de même origine. Les canonistes relèveront toutes les fautes — l’usage des calices en bois est formellement prohibé au moins depuis le concile carolingien de Tribur, qui menace les contrevenants de la colère de Dieu. Mais cette mise en scène redondante est surtout un aveu de faillite de la nouvelle messe : non seulement le message politique y a remplacé le mystère, mais elle est tellement indigente qu’il faut, pour lui faire signifier quelque chose, la redoubler d’un symbolisme bavard. Nouvelle relique de la nouvelle religion, l’épave de chaloupe pour immigrés suscite plus de respect et émeut davantage que le Sang du Christ.
Le gigantesque lobby de l’immigrationnisme italien, en pleine campagne pour imposer le droit du sol et faire sauter les derniers timides garde-fous à la submersion complète, n’a pas manqué de célébrer ce que Rifondazione Comunista a appelé « le grand et beau geste du pape François ». La présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini — qui avait auparavant été, quinze ans durant, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et avait exercé une pression décisive pour obliger le gouvernement italien à accueillir à Lampedusa tous les “réfugiés” d’Afrique —, s’est félicitée de ce “soufflet” assené à tous ceux « qui minent la cohésion sociale en dénonçant une invasion qui n’existe pas, et qui diffusent la peur en appelant les immigrés “clandestins” au lieu de “réfugiés” ou de “demandeurs d’asile” ». Quant à la « Communauté du monde arabe en Italie » (Co-mai), elle a publié un communiqué pour s’écrier : « Pape François, tu es grand et tu es notre idole » — oui, notre idole, vous avez bien lu. Au centre droit, comme on dit en Italie, bien peu ont eu le courage d’émettre la moindre réserve. Même la Ligue du Nord — qui, à défaut d’avoir jamais beaucoup agi contre l’immigration, s’est longtemps fait gloire de parler fort —, a à peine réagi. Tout au plus le député Matteo Salvini, secrétaire de la Lega en Lombardie, a-t-il osé souhaiter que la visite médiatique de François « ne déclenche pas des dizaines de milliers de débarquements supplémentaires ». Mais il s’est hâté de préciser qu’il ne critiquait pas Bergoglio, mais seulement son “instrumentalisation” par la gauche : « Le pape fait son métier de pape. Que le pape fasse son métier de pape, et les politiques leur métier de politiques ».
La folie suicidaire qui a été inoculée à l’Europe s’exprime et se répand d’abord, on le sait, par une espèce de sida sémantique : l’altération du langage, le renversement des mots, leur transformation en coquilles qui n’ont plus aucun rapport avec leur signification première. Les envahisseurs ont été rebaptisés réfugiés, ceux qui sont envahis sont traités de criminels et, de toute façon, l’invasion n’existe pas. Les garde-côtes font leur métier de garde-côtes en remorquant les clandestins. Le “pape” fait son métier de “pape” en souhaitant aux musulmans les fruits spirituels du ramadan. Et, pour des millions d’aveugles plus ou moins volontaires, en France comme en Italie, la religion de François est la religion de l’Europe, et la synagogue conciliaire la sainte Église de leurs pères.
Flavien Blanchon.
RIVAROL 3102 du 12 juillet 2013. www.rivarol.com. Editions des Tuileries, Tour Ancône, 82 boulevard Masséna, 75013 Paris.

( 728064 )
Comment le dire par Scribe (2013-07-31 21:40:49)
[en réponse à 728063]
en le disant sans le dire.
Je suis amplement d'accord avec l'analyse de Rivarol que je partage pourtant rarement.
Ce Pape est inquiétant qui dit lui-même qu'étant sourd, il n'entend point l'esprit-saint.
L'Espérance est un trésor, certes, mais bon, faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des oies sauvages.

( 728068 )
Tiens M.Scribe? par Miserere (2013-07-31 21:57:25)
[en réponse à 728064]
Auriez-vous changer d'avis sur les accords?
Personnellement on l'a échappé belle, mais bon des millions de
chapelets ca compte!
Bien à vous.
Miserere

( 728078 )
Pas du tout par Scribe (2013-07-31 22:07:44)
[en réponse à 728068]
Je ne change pas : j'ai toujours été pour des accords reconnaissant la légitimité de notre combat et sa validité théologique. Ceci dit, il faut parfois être pragmatique.

( 728083 )
Dans ce cas! par Miserere (2013-07-31 22:12:00)
[en réponse à 728078]
Offrez un ballon au Pape avec l'effigie de Monseigneur Lefebvre.
Il pourra toujours le poser sur un vrai autel.
Bien à vous.
Miserere

( 728128 )
Article à vomir par worou-kenou (2013-08-01 10:29:37)
[en réponse à 728063]
ou plutôt ne serait-ce pas tout le journal qui est de la même veine..
La régulation des flux migratoires est un droit et un devoir pour chaque nation, c'est tout à fait incontestable, et c'est un point que tous les papes ont toujours rappelés en conformité avec la DSE.
Le drame de Lampedussa c'est que des personnes meurent, des femmes et des enfants, ils quittent pour la plupart des régions où la guerre empêche tout développement et lorsque ce n'est pas la guerre ce son des conditions climatiques extrêmes qui ruinent toute possibilité de récolte.
On peut juger leur volonté de fuir, nous français nous pouvons nous le permettre car en 1940 PERSONNE n'a fuit les zones de combat, il n a JAMAIS eu d'exode, TOUS les français ont combattu les allemands...Non, ha bon?!
Cet article pue la haine, joue sur la corde sensible du" ils nous envahissent, ils viennent manger notre pain".
Je ne suis pas un inconditionnel de François, et il y a eu des prises de positions de Benoît XVI très fortes et très claires sur l'immigration.
Entre l'angélisme et la paranoïa, il y a la doctrine sociale et aussi un peu de compassion pour toutes les personnes qui périssent en pensant trouver un illusoire eldorado.
La doctrine du respect de la vie ne s'arrête pas uniquement à l'accouchement, une fois né le petit d'homme mérite respect même s'il n'est pas de la bonne couleur ou de la mauvaise religion.
Je crois que c'est Pie XII qui avait parlé d'avoir de l'intelligence dans la sphère sociale et dans les multiples évolutions du monde...

( 728154 )
D'accord avec vous... par Signo (2013-08-01 14:08:44)
[en réponse à 728128]
Certains tradis semblent oublier que le Pape n'est pas un chef politique de droite ou d'extrême droite, ni même le garant de la civilisation européenne, et que par conséquent il n'est pas anormal qu'il ne tienne pas de discours anti-immigration. Par contre en tant que Vicaire du Christ et Pasteur de l'Eglise universelle son rôle est aussi d'être proche de ceux qui souffrent quelque soient leurs origines. Et n'allez pas croire que je suis un gaucho, je me revendique de la droite nationale, mais je n'exige pas pour autant que le Pape partage toutes mes options politiques.
D'ailleurs relisez son discours, à aucun moment il ne promeut l'immigration...

( 728174 )
Pas d'accord ... par Vulpus (2013-08-01 16:45:23)
[en réponse à 728154]
François ne comprend malheureusement pas que le problème se situe en amont et non en aval .
La décolonisation ,le mot est grossier,a rendu la "liberté" à ces malheureux peuples et ce sont des pillages au profit de quelques uns qui ont appauvris ces peuples. Alors s'il faut faire quelque chose de charitable c'est chez eux qu'il faut le faire et non chez nous en transformant ces gens en déracinés .
Les catholiques de gauche qui ont œuvré pour la décolonisation continuent à se tromper sur toute la ligne .
C'est bien du "boboisme" galopant !

( 728175 )
Oh ?.... par origenius (2013-08-01 16:57:15)
[en réponse à 728174]
Les catholiques de gauche qui ont œuvré pour la décolonisation continuent à se tromper sur toute la ligne.
C'est bien du "boboisme" galopant !
Bien d'accord, mais personnellement j'en dis tout autant des catholiques "droitards" et c'est aussi du boboïsme très galopant.

( 728180 )
c'est beau le monde des cathos de droite par worou-kenou (2013-08-01 17:24:02)
[en réponse à 728174]
il y a avant: avant c'était bien,les peuples colonisés étaient heureux et bien traités!
Avant c'était bien, tout le monde allait à la messe, tout le monde était croyant!
Avant, le pape était bien droit, emmitouflé dans ses falbalas comme un gâteau de mariage, il ne se trompait jamais sauf quand il condamnait l'Action Française,of course
Avant les maris étaient fidèles, les bordels étant une invention pour caricaturer la sainte bourgeoisie.
Avant l'ouvrier était heureux bien qu'on ne comprenne pas bien pourquoi il ne voulait pas travailler 50h/semaines sans congés.
Avant tout était bien, harmonieux...
Hélas est venu après et là ce fut le début de la fin!

( 728185 )
Un peu léger camarade ! par Vulpus (2013-08-01 20:00:56)
[en réponse à 728180]
si vous réduisez cela à droite-gauche vous n'avez encore rien compris . Si vous pensez que leur sort sera meilleur en Europe où il y a déjà beaucoup de problèmes vous vous trompez. Il vaut certainement mieux aider ces gens en amont , chez eux, et avec leur consentement, pour éviter tous les maux qui les rongent et en particulier certains appétits financiers qui les ruinent. Avec, d'ailleurs, la complicité de certaines bonnes âmes occidentales .

( 728179 )
[réponse] par Rudy (2013-08-01 17:21:27)
[en réponse à 728128]
on est d'accord sur le principe
je pense cependant à cet évêque qui n'est pas content quand on vire les Roms, mais qui appellent les flics pour les dénoncer (comme aux heures les plus noires de notre histoire) quand les mêmes familles viennent s'installer dans ses jardins
pour le reste, on ne s'en sortira pas tant qu'on n'aura pas la volonté d'être un peuple

( 728181 )
En effet, il faut retrouver par worou-kenou (2013-08-01 17:30:34)
[en réponse à 728179]
la volonté d'être un peuple.
Il faut réparer la machine à faire des français et ne pas avoir honte de ce que nous sommes et de notre histoire.
Cela n'empêche pas d'avoir une vision plus globale, de voir que les phénomènes migratoires ne datent pas d'hier mais qu'ils prennent plus de contraste vu la mondialisation des échanges, les moyens de télécommunications décuplées, l'internationalisation économique...
Et surtout cela ne nous exonère pas d'avoir un regard chrétien sur tous ces gens qui s'arrachent à leur pays, qui bravent des dangers que peu d'entre nous seraient capables d'affronter et qui souvent n'ont que la mer comme cercueil et meurent comme des chiens sans prières.

( 728182 )
Quel article par Adso (2013-08-01 17:54:03)
[en réponse à 728063]
merveilleusement pertinent ! Je me suis régalé à le lire...Personnellement j'aurais été plus féroce encore...
Plus je relis les propos post conclave de Kasper, plus je me pose des questions !