Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 728067 )Interview de l'abbé Pfeiffer dans RIVAROL par Petrus (2013-07-31 21:49:56) 

Abbé Joseph Pfeiffer : “La Fraternité a dévié de sa direction”

Depuis qu’une crise sans précédent a traversé la Fraternité Saint Pie X l’année dernière, l’abbé Joseph Pfeiffer, prêtre américain d’une quarantaine d’années au tempérament de feu, s’est particulièrement illustré dans la résistance face aux accords entre les traditionalistes “lefebvristes” et la Rome moderniste.

RIVAROL :
Monsieur l’Abbé, pourriez-vous commencer, s’il vous plaît, par vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore …

Abbé Joseph PFEIFFER :
Je suis prêtre de la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre en 1970. J’ai été ordonné Prêtre à Winona au Minnesota. J’ai ensuite officié dans divers Prieurés et Maisons de Retraites des Etats-Unis durant onze années et, par la suite, j’ai été muté en Asie en 2005 pour le district asiatique de la Fraternité, dont le quartier général se trouve à Singapour. J’ai officié aux Philippines durant un an puis trois ans et demi en Inde et, ensuite, à nouveau six mois aux Philippines. Et puis, la crise de l’année dernière est arrivée, la crise visible de la FSSPX. J’en ai été expulsé le 4 octobre 2012, une expulsion toutefois invalide bien que le document d’“expulsion” fût remis à cette date. Aussi, depuis l’année dernière, moi-même et d’autres prêtres ont évolué dans cette résistance contre la nouvelle tournure que prend la FSSPX.

R. : Pourriez-vous nous rappeler brièvement ce qu’est la Fraternité Saint-Pie X, son histoire et ses objectifs ?

Abbé J. P. :
Oui… La FSSPX fut fondée au moment où une catastrophe dans l’Eglise [ndlr : le “concile” Vatican II] fit éloigner une large majorité des évêques catholiques de la doctrine catholique enseignée depuis 2 000 ans, du fait qu’ils approuvèrent le modernisme et les erreurs du monde moderne. Ils ont voulu rapprocher l’Eglise et le monde, provoquant ainsi la perte de millions d’âmes. Une masse considérable de fidèles catholiques rejeta alors la Foi durant cette catastrophe des années 1960 jusqu’à nos jours. C’est dans cette ambiance que Mgr Lefebvre fonda un Séminaire international de la FSSPX afin de combattre le libéralisme dans le monde et cette organisation fut très forte dans le combat contre les erreurs de notre temps. Combattre les erreurs de notre temps signifie préserver le Sacerdoce Catholique et toutes choses relevant du Sacerdoce qui offre le Saint Sacrifice à Dieu et qui résiste aux erreurs modernes contre tout ce qui envoie les âmes en Enfer. La Fraternité fut fidèle à ce travail durant ces quarante dernières années mais, depuis, il y a eu du changement. La Fraternité était censée suivre une voie mais, tout doucement, elle a dévié de sa direction. Cette nouvelle direction est devenue visible l’année dernière, où elle fut rendue publique. C’est pourquoi approximativement une cinquantaine de Prêtres se sont levés. Ces derniers n’étaient, par ailleurs, pas tous membres de la Fraternité — ceux-ci étant de l’ordre de vingt ou trente, puisqu’il faut également compter les communautés amies qui refusèrent la nouvelle théologie. Cette nouvelle approche doctrinale est manifeste quand les meneurs de la FSSPX prétendent, dans la nouvelle ligne de communication officielle de la FSSPX, que la nouvelle “Messe” est légitimement promulguée ; ce qui a été déclaré dans une lettre du 15 avril 2012 de Mgr Fellay à Rome ; ce qui a été déclaré officiellement et doctrinalement dans le bulletin officiel de la FSSPX de mars 2013. Dans cette dernière déclaration, la FSSPX confirme officiellement qu’elle considère la nouvelle “Messe” comme légitiment promulguée. Je pense aussi au nouveau « Droit Canon » qui est accepté dans toutes les lois ecclésiastiques, et pas seulement dans les lois disciplinaires qui ne sont pas contraires à la Foi. Et bien d’autres choses que nous allons voir… Tout ceci représente une tournure majeure vers le libéralisme au sein de la Fraternité Saint-Pie X qui ne permet plus à celle-ci de nous défendre clairement contre les erreurs du concile. Par conséquent, nous autres, prêtres, nous nous sommes levés pour la résistance contre l’accord avec Rome qui a été rendu public l’année dernière. Cet accord avec Rome aurait mené à une perte de la Foi et à une perte massive des âmes. Clairvoyants, nous nous sommes levés afin de résister à cette nouvelle politique. Ils nous ont ordonné à tous de nous taire. Mais nous refusons de rester silencieux dans la défense de la Foi, c’est pourquoi certains d’entre nous ont été expulsés de la Fraternité.

R. : Ce mouvement de résistance est-il toujours d’actualité étant donné les récentes prises de position de Mgr Fellay depuis la nouvelle déclaration doctrinale des trois évêques du 27 juin 2013 ? La FSSPX n’a t-elle pas démontré sa fidélité aux principes de son fondateur, au final ?

Abbé J. P. :
Il y a eu ces deux derniers mois des signes d’un retour en arrière, d’un apparent retour sur cet accord avec Rome et sur les déclarations libérales de Mgr Fellay datant de l’année dernière. Celui-ci a par ailleurs dit qu’il n’avait pas l’intention de changer la position de Mgr Lefebvre. Il a récemment déclaré à des sœurs Carmélites l’exact opposé de ce qu’il a dit en 2012. Ainsi, il semble y avoir une rétractation apparente. Or, quand nous regardons d’un peu plus près le contenu doctrinal actuel, nous constatons qu’il n’y a pas de rétractation. Et l’un des documents importants à ce sujet — un document qui, je le pense, sera incontournable pour l’avenir — est celui du 27 juin 2013 ; à savoir la déclaration des évêques de la Fraternité à l’occasion du 25e anniversaire.

R. : Ce document a pourtant réjoui bon nombre de traditionalistes … N’est-il pas en totale contradiction avec la précédente tentative d’accord doctrinal avec la Rome moderniste ?

Abbé J. P. :
Détrompez-vous … Cette déclaration commune relève de la nouvelle doctrine, pas de l’ancienne. L’un des arguments de nos ennemis — les ennemis de notre mouvement de résistance — est que ce nouveau texte est une réitération de l’enseignement de Mgr Lefebvre et une réitération de l’enseignement traditionnel de la Fraternité Saint-Pie X. Comme s’il n’y avait pas de changement. Cela est faux. Pour commencer, nous pouvons jeter un coup d’œil au point numéro 3 des 12 points de cette déclaration. Voici ce qui est indiqué : « A la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires — une “herméneutique de la rupture” qui s’opposerait à une ”herméneutique de la réforme dans la continuité” —, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II. » La première fois que vous lisez ceci, vous apercevez des mots-clés et vous vous mettez à penser que Mgr Fellay, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta condamnent fermement les erreurs du concile. Mais en réalité, ils ne le font pas. Ce que ce point stipule, c’est que la cause des graves erreurs est issue d’un choix dans les textes. La cause de l’erreur dans les textes en vertu d’un choix… Or, cause et effet sont deux choses différentes. Vous savez que les nuages ​​sont la cause de la pluie. Mais les nuages et la pluie sont deux choses différentes. Ainsi, la cause et l’effet sont pas les mêmes. Donc, si nous déclarons que la cause de l’erreur est dans le texte, cela signifie que les erreurs ne sont pas dans le texte. Ce point 3 explique clairement que les erreurs ne sont pas dans le texte. La cause (laquelle ?) de l’erreur est dans le texte en vertu d’un choix (lequel ?). Nous constatons que ce document, cette nouvelle déclaration, affirme une nouvelle doctrine, et non celle de la Fraternité Saint-Pie X. Autre exemple, le point numéro 6 : « La liberté religieuse exposée par Dignitatis humanae et son application pratique depuis cinquante ans, conduisent logiquement à demander au Dieu fait homme de renoncer à régner sur l’homme qui se fait Dieu, ce qui équivaut à dissoudre le Christ. » Ce point nous parle de la liberté religieuse de Dignitatis humanae et de son application pratique aujourd’hui. Il nous explique que la liberté religieuse conduit à exiger que Dieu fait homme renonce à Son Règne. C’est complètement faux. La liberté religieuse ne conduit pas à ce que Dieu renonce à Son Règne. La liberté religieuse est une hérésie condamnée par les Papes au 19e siècle, elle est une hérésie qui est la négation des droits de Dieu fait homme. Elle ne conduit pas à la négation, elle est la négation. On pourrait dire, à titre d’exemple, que le mari qui bat sa femme, qui ne lui donne pas d’argent et qui est un ivrogne peut conduire sa femme à demander le divorce. Il peut amener sa femme à quitter la maison. Mais cela ne signifie pas que la femme va demander le divorce. Cela ne signifie pas qu’elle va quitter la maison. Donc, si vous dites que la liberté religieuse conduit à l’exigence que Dieu renonce à son règne, cela signifie que la liberté religieuse n’est pas un déni de la royauté du Christ ! Ce raisonnement est gravement erroné et peut également être considéré comme hérétique. Et puis, peu après, dans ce même point numéro 6, nous trouvons une attaque indirecte mais très claire et très dangereuse contre l’importance de la Bienheureuse Vierge Marie pour notre époque. Il se poursuit ainsi : « Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions qu’elle n’ose plus appeler fausses. » Ainsi, la nouvelle église, l’« Eglise d’aujourd’hui », serait à présent guidée par la prudence humaine et le doute de soi. Ce n’est pas vrai. La Bienheureuse Vierge Marie a dit à La Salette que Rome deviendrait le siège de l’Antéchrist, ce qui ne signifie pas qu’elle est guidée par une prudence humaine mais bien guidée par une prudence diabolique. C’est le diable qui combat Dieu. C’est Dieu qui combat le diable. Et nous voyons ici exposée une explication naturaliste humaine sur la crise dans l’Eglise. Des évêques ne devraient pas communiquer de cette façon naturaliste. Il ne s’agit pas d’un problème de prudence humaine mais bien d’un problème d’erreur, un problème de prudence démoniaque. Donc, c’est aussi un point très grave.

R. : Le point 11 de cette déclaration semble également faire débat…

Abbé J. P. :
Oui, nous pouvons enfin évoquer le numéro 11, nous passons les autres… Le point numéro 11 est tout simplement une répétition du problème de l’année dernière. Ce point commence par cette phrase : « Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. » Il n’est pas bon de faire une telle declaration, comme ça, sans donner ni explications ni exemple. Nous devrions « suivre la Providence » ? Alors donnez-nous un exemple pour nous permettre de suivre la Providence. Cette idée est émise sans aucune référence, cela est dangereux. La suite… « soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours — ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise —, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient ». Ce point 11 est très grave car il dit que nous attendons que Rome se convertisse ou que Rome nous permette simplement de reconnaître notre droit à être Catholiques et à condamner les erreurs. Que faisons-nous en attendant ? Parce que Rome n’a pas reconnu notre droit, donc que faisons-nous maintenant? Soit nous attendons que Rome se convertisse, option A, soit nous attendons que Rome remplisse toutes les conditions, à savoir les six conditions de l’année de crise 2012 : donc nous désirons toujours un accord avec Rome. S’ils se convertissent, c’est sympa. S’ils ne se convertissent pas, c’est bien. La conversion n’est plus nécessaire. C’est l’enseignement très clair et très grave du point 11. D’après Mgr Lefebvre, la conversion de Rome est nécessaire. A présent, avec cette déclaration, ce n’est plus nécessaire. Il y a d’autres points qui posent problème dans ce document. Mais cette declaration du 27 juin confirme la nouvelle doctrine de la Fraternité et rend d’autant plus nécessaire que les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X désireux de rester fidèles à Mgr Lefebvre se lèvent et condamnent clairement ces faux enseignements.

R. : Quel est l’avenir de la résistance ? Désirez-vous fonder un organisme ou en rester à une simple association de prêtres? Comptez-vous lancer un séminaire ?

Abbé J. P. :
Nous avons deux points. Tout d’abord, chaque prêtre — et les fidèles — doivent, quand ils constatent une attaque contre la Foi, se lever, et ce, même s’ils se lèvent seuls. Comme Saint Jérôme disait : si tout le monde écoute, je vais prêcher la Vérité. Si quelques-uns écoutent, je vais prêcher la Vérité. Si personne n’écoute, je vais tout de même prêcher la Vérité parce que je sais que Dieu entend et qu’Il va me juger et me demandera si j’ai prêché la Vérité. Nous continuons tout simplement le travail de la Fraternité dont nous avons été injustement expulsés. Lors de nos réunions, nous avons discuté de l’importance de maintenir une connexion internationale, en gardant une sorte d’association dans la continuité des travaux de la Fraternité Saint-Pie X. La clé de cette organisation est que nous allons fournir un séminaire. Cela est nécessaire. Il doit y avoir un séminaire pour la formation des futurs prêtres. Au moins quinze prêtres m’ont dit qu’il y avait une nécessité absolue de lancer un séminaire au plus vite parce que nous ne pouvons plus recommander l’envoi de jeunes hommes aux six séminaires de la Fraternité en raison du changement de doctrine rencontré à l’intérieur de ces séminaires. Plus de vingt jeunes hommes provenant des quatre coins du monde attendent le démarrage de ce séminaire. Le lieu a été établi dans le Kentucky. Nous aurons quelques prêtres qui prendront part à l’enseignement des séminaristes avec le soutien de prêtres du Brésil, du Mexique, d’Europe et d’Asie. Et si nous dépendons de la Divine Providence, de la protection de Notre-Dame, nous maintiendrons fermement la Vérité et irons de l’avant dans la défense de celle-ci. En ce qui concerne notre combat, nous devons préciser que si nous combattons la nouvelle tournure que prend la Fraternité Saint-Pie X, nous ne sommes pas contre les personnes au sein de celle-ci. Nous nous battons simplement pour la Vérité catholique, la Doctrine Catholique, contre les erreurs modernes, et ce, d’une manière qui soit claire afin que nous puissions préserver la Foi Catholique et protéger les brebis qui nous appellent de partout dans le monde afin de recevoir la doctrine sans aucun compromis.

Propos recueillis par Jean-Michel ERICHE.

RIVAROL numéro 3105 du 2 août 2013. www.rivarol.com Editions des Tuileries, Tour Ancône, 82 boulevard Masséna, 75013 Paris.

images/icones/nul.gif  ( 728070 )Vous renforcez les ennemis de la Tradition par Jean-Paul PARFU (2013-07-31 22:00:09) 
[en réponse à 728067]

en jouant l'histrion Petrus !

Vous ne faites rien de plus !
images/icones/interdit.gif  ( 728074 )A qui répond l'abbé Pfeiffer ? par Ennemond (2013-07-31 22:02:51) 
[en réponse à 728067]

A Petrus : voici sa pensée sur Mgr Lefebvre et la FSSPX
images/icones/fleche2.gif  ( 728086 )Vous ne vous renouvelez pas beaucoup Ennemond ! par Petrus (2013-07-31 22:14:36) 
[en réponse à 728074]


Comme vous êtes incapable, et pour cause, de répondre à l'analyse de Mgr Williamson, vous ressortez comme à chaque fois quelques bribes de posts datant d'une dizaine d'idées. C'en est pathétique !
Vous avez peur que l'on expose publiquement les méthodes détestables et les turpitudes de votre maître à penser. Mais fort heureusement si le tyran de Menzingen peut terroriser les prêtres de la FSSPX, il n'a aucun pouvoir, mais vraiment aucun, sur une presse libre et qui entend le rester, quoi qui lui en coûte.
A bon entendeur, salut !
images/icones/hein.gif  ( 728087 )Mouais, vous non plus par Scribe (2013-07-31 22:17:07) 
[en réponse à 728086]

Petite plume, rien de bien vivace.

Vous attaquez sans rien justifier, comme à l'accoutumée. Les méthodes révolutionnaires ne vous plaisent que quand elles vous servent. Dont acte, mais quid de votre propre cohérence ?
images/icones/fleche3.gif  ( 728076 )Démolition par Scribe (2013-07-31 22:03:53) 
[en réponse à 728067]

Cher Petrus,

Il se trouve que par extraordinaire, je connais l'abbé Pfeiffer. Je l'ai rencontré en 2008 longuement. Je ne sais si vous avez tronqué ses propos où s'il a pété un câble, mais à l'époque, il ne se croyait pas détenteur du magistère de l'Eglise.
images/icones/nul.gif  ( 728111 )La contradiction de Coré par Alanian (2013-07-31 23:44:41) 
[en réponse à 728067]

La révolte de Coré, Dathan et Abiram (Nom. 16 : 1-15)

Cette marche d'Israël [FSSPX] a très souvent été émaillée de graves défaillances. Successivement, des murmures, de la convoitise (Nom. 11), de la jalousie, des médisances (chap. 12) et de l'incrédulité (chap. 13 et 14) se manifestent.
L'orgueil éclate et se traduit par une révolte sur le plan religieux et civil. Ces fruits de la chair auront des conséquences tragiques. L'épître de Jude - qui donne un tableau prophétique de l'apostasie - mentionne, outre le chemin de Caïn et l'erreur de Balaam, la contradiction de Coré (Jude 11). L'incrédulité est à l'origine d'un éloignement toujours plus accentué de l'Eternel.
Cet orgueil est la faute du diable (1 Tim. 3 : 6). C'est lui qu'Esaïe décrit : « Toi, tu as dit dans ton coeur : Je monterai aux cieux, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu… je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-Haut » (Es. 14 : 13-14). Satan qui si souvent déjà a séduit l'homme, se sert de Coré [LES RÉCALCITRANTS]. Il sait que son attitude causera des ravages au milieu du peuple. Le récit montre jusqu'où peut conduire la « hauteur des hommes fiers » dont parlait le chapitre précédent (v. 11) - à une révolte ouverte contre Dieu.

Coré était un lévite, il appartenait à une famille privilégiée, celle de Kéhath. Il servait dans le Tabernacle et pendant les traites, il portait « à l'épaule » les objets les plus saints du Tabernacle. Il se tenait aussi devant l'assemblée pour la servir (v. 9).
Insatisfait pourtant de son noble service, il s'élève dans son esprit. Son ambition secrète est d'obtenir la sacrificature que l'Eternel avait confiée à Aaron et à ses fils, qui appartenaient eux aussi à la descendance de Lévi (v. 10). En fait, c'était contre l'Eternel qu'il se révoltait. Si nous aimons le Seigneur, nous serons au contraire très reconnaissants du service qu'Il veut bien nous confier – quelle que soit son importance aux yeux des hommes !

Coré cherche à s'emparer d'une place que Dieu ne lui a pas donnée. Il a oublié tout ce que l'Eternel avait accordé, dans sa grâce, à la tribu de Lévi, cet homme qui avait si mal débuté sa carrière (Gen. 49 : 5-7). Il déclare à Moïse et Aaron [Mons. FELLAY et ses ASSISTANTS] : « En voilà assez ! Car toute l'assemblée, eux tous sont saints, et l'Eternel est au milieu d'eux ; et pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la congrégation de l'Eternel ? » (v. 3). Cette fausse accusation trahit le mauvais désir de son propre coeur. Elle était formulée de manière à séduire le coeur des simples (Act. 16 : 18). « Tous sont saints » : c'était en effet l'idéal proposé à tout le peuple de Dieu (Lév. 11 : 44-45 ; 19 : 2), mais leur état pratique en était fort éloigné. Tout ce discours est forgé en réalité par un audacieux rebelle. Il s'oppose à l'autorité donnée de Dieu à Moïse et Aaron, et qu'ils exerçaient en grâce.
Ses complices, Dathan, Abiram et On, sont tous des fils de Ruben ; celui-ci avait été déchu des prérogatives du premier-né en raison de sa conduite. Peut-être espéraient-ils reconquérir ces droits ? Ils osent appliquer à l'Egypte une expression employée dans l'Ecriture pour décrire la belle patrie vers laquelle Israël se dirigeait : « un pays ruisselant de lait et de miel » (v.13) ! On est stupéfait de la démesure de ces propos, en se souvenant que l'Eternel les avait arrachés à l'esclavage, à la fournaise de fer que l'Egypte était devenue pour Israël (Deut. 4 : 20) !

La « domination » de Moïse leur est insupportable ; ils entraînent avec eux deux cent cinquante princes, des hommes de renom ! L'attitude du conducteur, dans cette circonstance, est exemplaire. Il parle à Coré en privé et fait tous ses efforts pour lui montrer son erreur (v. 8-11). Il s'adresse aussi à ceux qui s'attroupent contre lui et Aaron. Peine perdue ! Plus hautains encore que Coré, Dathan et Abiram refusent tout entretien : « Nous ne monterons pas », disent-ils à deux reprises (v. 12, 14). Ils ont oublié, eux aussi, que c'est leur incrédulité qui a entraîné, au moment décisif, leur échec cuisant quand ils ont voulu entrer en Canaan, malgré la mise en garde de l'Eternel (Nom. 14 : 41-45) ; ils l'imputent à Moïse (v.14) ! Mieux encore, ils l'accusent de vouloir maintenant les faire mourir dans le désert et lui demandent avec insolence : « Veux-tu crever les yeux de ces gens ? » - c'est-à-dire les empêcher de voir que tu n'as pas tenu tes promesses !
Malheur à celui qui méprise l'autorité (Jude 8) ! Moïse entre dans une ardente colère (v. 15) et s'en remet entièrement à son Dieu.

Moïse dit à Coré : « Toi et toute l'assemblée, soyez demain devant l'Eternel, toi et eux, et Aaron » (v. 17). Chacun doit venir avec son encensoir, après avoir mis de l'encens dessus (Ex. 30 : 7-8 ; Lév. 10 : 1-2). Dieu va juger lui-même leurs « prétentions » religieuses.
Sûr de lui, Coré accepte et se dirige le lendemain vers la tente d'assignation, accompagné par ses partisans, chacun portant son propre encensoir. Le Kéhathite a réussi à rassembler toute l'assemblée contre Moïse et Aaron. Mais, à cet instant décisif, la gloire de l'Eternel apparaît. Dieu engage ses deux serviteurs à se séparer de l'assemblée qu'Il va consumer en un moment ! (v. 21).
Moïse et Aaron intercèdent alors avec intelligence : « 0 Dieu ! Dieu des esprits de toute chair ! un seul homme péchera, et tu seras courroucé contre toute l'assemblée ? » (v. 22). C'est un principe solennel : si l'assemblée s'associe à la rébellion de Coré, elle subira le même jugement de la part de Dieu.

L'Eternel répond alors à Moïse qui, à son tour, se hâte, avec les anciens, d'avertir l'assemblée : « Eloignez-vous, je vous prie, d'auprès de la tente de ces méchants hommes et ne touchez à rien qui leur appartienne, de peur que vous ne périssiez dans leurs péchés » (v. 26) ! Ils sont nombreux ceux qui obéissent aussitôt à cette injonction (v. 27).
Une scène effrayante, sans précédent, se déroule alors. Dieu, à la demande de Moïse, crée une chose nouvelle (v. 28-30). La terre s'ouvre sous les pieds des coupables, murés dans leur opposition. Chacun peut voir Dathan et Abiram se tenir de façon provocante à l'entrée de leurs tentes, avec leur famille ! Ils descendent vivants dans le shéol ; la terre les couvre et ils périssent au milieu de la congrégation. Ils ont méprisé l'Eternel et son serviteur Moïse (v. 30-33 ; Nom. 27 : 3). Israël, saisi par la crainte de subir le même sort, s'enfuit à leur cri ! Et voici aussi que du feu sort du sanctuaire « de la part de l'Eternel » et consume les deux cent cinquante hommes qui présentaient l'encens (v. 35).
Aux temps apocalyptiques, Satan incitera deux hommes, la Bête et le faux prophète, à contester le pouvoir du Seigneur. Associés dans leur haine contre Dieu, ils seront jetés vifs dans l'étang de feu et de soufre (Apoc. 19 : 20).

Il paraît évident que les fils de Coré ont obéi sans hésiter à l'ordre divin de s'éloigner de la tente familiale. Ils ont su reconnaître que leur propre père, hélas, faisait partie de ces « méchants hommes », qu'il en était même le leader ! Ils s'en sont séparés : ils « ne moururent pas » (Nom. 26 : 11).
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