La révolte de Coré, Dathan et Abiram (Nom. 16 : 1-15)
Cette marche d'Israël [FSSPX] a très souvent été émaillée de graves défaillances. Successivement, des murmures, de la convoitise (Nom. 11), de la jalousie, des médisances (chap. 12) et de l'incrédulité (chap. 13 et 14) se manifestent.
L'orgueil éclate et se traduit par une révolte sur le plan religieux et civil. Ces fruits de la chair auront des conséquences tragiques. L'épître de Jude - qui donne un tableau prophétique de l'apostasie - mentionne, outre le chemin de Caïn et l'erreur de Balaam, la contradiction de Coré (Jude 11). L'incrédulité est à l'origine d'un éloignement toujours plus accentué de l'Eternel.
Cet orgueil est la faute du diable (1 Tim. 3 : 6). C'est lui qu'Esaïe décrit : « Toi, tu as dit dans ton coeur : Je monterai aux cieux, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu… je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-Haut » (Es. 14 : 13-14). Satan qui si souvent déjà a séduit l'homme, se sert de Coré [LES RÉCALCITRANTS]. Il sait que son attitude causera des ravages au milieu du peuple. Le récit montre jusqu'où peut conduire la « hauteur des hommes fiers » dont parlait le chapitre précédent (v. 11) - à une révolte ouverte contre Dieu.
Coré était un
lévite, il appartenait à une famille privilégiée, celle de Kéhath. Il servait dans le Tabernacle et pendant les traites, il portait « à l'épaule » les objets les plus saints du Tabernacle. Il se tenait aussi devant l'assemblée pour la servir (v. 9).
Insatisfait pourtant de son noble service, il s'élève dans son esprit. Son ambition secrète est d'obtenir la sacrificature que l'Eternel avait confiée à Aaron et à ses fils, qui appartenaient eux aussi à la descendance de Lévi (v. 10). En fait, c'était contre l'Eternel qu'il se révoltait. Si nous aimons le Seigneur, nous serons au contraire très reconnaissants du service qu'Il veut bien nous confier – quelle que soit son importance aux yeux des hommes !
Coré cherche à s'emparer d'une place que Dieu ne lui a pas donnée. Il a oublié tout ce que l'Eternel avait accordé, dans sa grâce, à la tribu de Lévi, cet homme qui avait si mal débuté sa carrière (Gen. 49 : 5-7). Il déclare à Moïse et Aaron [Mons. FELLAY et ses ASSISTANTS] : « En voilà assez ! Car toute l'assemblée, eux tous sont saints, et l'Eternel est au milieu d'eux ; et pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la congrégation de l'Eternel ? » (v. 3). Cette fausse accusation trahit le mauvais désir de son propre coeur. Elle était formulée de manière à séduire le coeur des simples (Act. 16 : 18). « Tous sont saints » : c'était en effet l'idéal proposé à tout le peuple de Dieu (Lév. 11 : 44-45 ; 19 : 2), mais leur état pratique en était fort éloigné. Tout ce discours est forgé en réalité par un audacieux rebelle. Il s'oppose à l'autorité donnée de Dieu à Moïse et Aaron, et qu'ils exerçaient en grâce.
Ses complices, Dathan, Abiram et On, sont tous des fils de Ruben ; celui-ci avait été déchu des prérogatives du premier-né en raison de sa conduite. Peut-être espéraient-ils reconquérir ces droits ? Ils osent appliquer à l'Egypte une expression employée dans l'Ecriture pour décrire la belle patrie vers laquelle Israël se dirigeait : « un pays ruisselant de lait et de miel » (v.13) ! On est stupéfait de la démesure de ces propos, en se souvenant que l'Eternel les avait arrachés à l'esclavage, à la fournaise de fer que l'Egypte était devenue pour Israël (Deut. 4 : 20) !
La « domination » de Moïse leur est insupportable ; ils entraînent avec eux deux cent cinquante princes, des hommes de renom ! L'attitude du conducteur, dans cette circonstance, est exemplaire. Il parle à Coré en privé et fait tous ses efforts pour lui montrer son erreur (v. 8-11). Il s'adresse aussi à ceux qui s'attroupent contre lui et Aaron. Peine perdue ! Plus hautains encore que Coré, Dathan et Abiram refusent tout entretien : « Nous ne monterons pas », disent-ils à deux reprises (v. 12, 14). Ils ont oublié, eux aussi, que c'est leur incrédulité qui a entraîné, au moment décisif, leur échec cuisant quand ils ont voulu entrer en Canaan, malgré la mise en garde de l'Eternel (Nom. 14 : 41-45) ; ils l'imputent à Moïse (v.14) ! Mieux encore, ils l'accusent de vouloir maintenant les faire mourir dans le désert et lui demandent avec insolence : « Veux-tu crever les yeux de ces gens ? » - c'est-à-dire les empêcher de voir que tu n'as pas tenu tes promesses !
Malheur à celui qui méprise l'autorité (Jude 8) ! Moïse entre dans une ardente colère (v. 15) et s'en remet entièrement à son Dieu.
Moïse dit à Coré : « Toi et toute l'assemblée, soyez demain devant l'Eternel, toi et eux, et Aaron » (v. 17). Chacun doit venir avec son encensoir, après avoir mis de l'encens dessus (Ex. 30 : 7-8 ; Lév. 10 : 1-2). Dieu va juger lui-même leurs « prétentions » religieuses.
Sûr de lui, Coré accepte et se dirige le lendemain vers la tente d'assignation, accompagné par ses partisans, chacun portant son propre encensoir. Le Kéhathite a réussi à rassembler toute l'assemblée contre Moïse et Aaron. Mais, à cet instant décisif, la gloire de l'Eternel apparaît. Dieu engage ses deux serviteurs à se séparer de l'assemblée qu'Il va consumer en un moment ! (v. 21).
Moïse et Aaron intercèdent alors avec intelligence : « 0 Dieu ! Dieu des esprits de toute chair ! un seul homme péchera, et tu seras courroucé contre toute l'assemblée ? » (v. 22). C'est un principe solennel : si l'assemblée s'associe à la rébellion de Coré, elle subira le même jugement de la part de Dieu.
L'Eternel répond alors à Moïse qui, à son tour, se hâte, avec les anciens, d'avertir l'assemblée : « Eloignez-vous, je vous prie, d'auprès de la tente de ces méchants hommes et ne touchez à rien qui leur appartienne, de peur que vous ne périssiez dans leurs péchés » (v. 26) ! Ils sont nombreux ceux qui obéissent aussitôt à cette injonction (v. 27).
Une scène effrayante, sans précédent, se déroule alors. Dieu, à la demande de Moïse, crée une chose nouvelle (v. 28-30). La terre s'ouvre sous les pieds des coupables, murés dans leur opposition. Chacun peut voir Dathan et Abiram se tenir de façon provocante à l'entrée de leurs tentes, avec leur famille ! Ils descendent vivants dans le shéol ; la terre les couvre et ils périssent au milieu de la congrégation. Ils ont méprisé l'Eternel et son serviteur Moïse (v. 30-33 ; Nom. 27 : 3). Israël, saisi par la crainte de subir le même sort, s'enfuit à leur cri ! Et voici aussi que du feu sort du sanctuaire « de la part de l'Eternel » et consume les deux cent cinquante hommes qui présentaient l'encens (v. 35).
Aux temps apocalyptiques, Satan incitera deux hommes, la Bête et le faux prophète, à contester le pouvoir du Seigneur. Associés dans leur haine contre Dieu, ils seront jetés vifs dans l'étang de feu et de soufre (Apoc. 19 : 20).
Il paraît évident que les fils de Coré ont obéi sans hésiter à l'ordre divin de s'éloigner de la tente familiale. Ils ont su reconnaître que leur propre père, hélas, faisait partie de ces « méchants hommes », qu'il en était même le leader ! Ils s'en sont séparés : ils « ne moururent pas » (Nom. 26 : 11).
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