Le 17 juillet 1794, le tribunal révolutionnaire dirigé par Fouquier-Tinville condamnait les seize carmélites de Compiègne pour fanatisme, les accusant
« d'avoir formé des conciliabules de contre-révolution et d'avoir continué à vivre soumises à leur règle et à leur supérieure ». Dans la soirée, à la bannière du Trône, elles montaient à l'échafaud, après s'être agenouillé devant leur supérieure qui monta la dernière, en entonnant le
Laudate Dominum, victime d'un gouvernement républicain, haineux de Dieu et de ses lois.
Dans son cachot de la Conciergerie, l'une d'entre elles, soeur Julie-Louise, composa une Marseillaise des martyrs :
« Livrons nos cœurs à l'allégresse,
Le jour de gloire est arrivé.
Loin de nous la moindre faiblesse.
Le glaive sanglant est levé ! [bis]
Préparons-nous à la victoire
Sous les drapeaux d'un Dieu mourant ;
Que chacun marche en conquérant ;
Courons tous, volons à la gloire !
Ranimons notre ardeur :
Nos corps sont au Seigneur.
Montons, montons
À l'échafaud, et Dieu sera vainqueur. »
Dialogue des carmélites