Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=726056
images/icones/tele.gif  ( 726056 )Philippe Levillain un "scoop" et quelques vues banales par Luc Perrin (2013-07-07 12:35:12) 

Sur France Culture, le professeur Levillain, membre du Comité pontifical des sciences historiques, livre ses informations et ses opinions personnelles dans l'émission de Philippe Meyer.

http://www.franceculture.fr/emission-l-esprit-public

L'émission figure dans le en direct aujourd'hui et sera en podcast sur le site bientôt.

Il y a le banal : un intellectuel catholique célèbre de la génération Vatican II livre ses convictions relatives à la papauté contemporaine.
Il reprend les poncifs usuels du catholicisme néo-libéral : "Rome" devrait s'aligner sur la contraception, l'avortement, le mariage des prêtres, l'ordination des femmes ... Air connu.

Il est méfiant envers l'Afrique où Vatican II, dit-il, n'aurait pas porté tous ses fruits (sic): il est certain qu'il y a difficilement plus opposé au néo-christianisme à la G*li*s que nos amis africains. Il est certain aussi que la "crise de l'Église" qui est intimement liée au catholicisme néo-libéral et néo-moderniste y est inconnue.
Son candidat était le cardinal Tagle des Philippines...

On sent une réserve à l'égard du pape régnant dont il semble penser qu'il ne sera pas l'homme du "Vatican III" dont il rêve.
Ajoutons qu'on apprend, dans la bouche d'un catholique néo-libéral, que l'infaillibilité pontificale n'est pas un dogme, qu'elle est une réponse politique aux menaces pesant sur l'État pontifical croupion de 1870 et qu'il ne faut pas en tenir compte !

De façon plus étonnante encore, le spécialiste de Rome et de la papauté affirme qu'aucun pape n'a fait usage du privilège confirmé à Vatican I. Pie XII en 1950 "y a songé" mais ne l'aurait pas fait ... pourtant, il n'y a aucun doute sur le dogme de l'Assomption proclamé en application stricte de Vatican I.

Le "scoop" est plus intéressant que cette collection d'erreurs européocentrées. La partie initiale de l'entretien revient sur la démission mystère de Benoît XVI et là je suis d'accord avec mon collègue. Cette démission est mauvaise pour la papauté en soi et cette démission est le fruit d'une impossibilité à gouverner dans laquelle s'est trouvé l'évêque émérite de Rome à ce moment. Vatileaks est un symptôme de combats internes et Benoît XVI qui pensait pouvoir être un pape de "collégialité" sans décision à prendre d'autorité s'est heurté à une résistance interne curiale et au-delà.
J'ai moi-même été réticent à la version officielle d'un pape qui aurait mûri de longue date sa "renonciation" comme une démarche logique et un pape qui ne pourrait plus signer un parapheur mais continue à écrire une encyclique avec son successeur ...
Selon Levillain, François consulterait Benoît XVI fréquemment.

Le mystère demeure mais le vaticanologue considère comme je l'ai toujours fait que la démission de février 2013 reste à éclaircir.

ps. il signale aussi le témoignage personnel de Jean Guitton qui aurait tenté de faire fléchir Mgr Lefebvre en juin 1988 jusqu'au dernier moment ; Joseph Ratzinger aurait fait de même.


images/icones/4a.gif  ( 726063 )Levillain est absolument nul ! par Jean-Paul PARFU (2013-07-07 15:59:59) 
[en réponse à 726056]

Tellement nul que le memeur de jeu Philippe Meyer et les invités étaient obligés de reformuler ses réponses et leurs questions.

A la question de Max Gallo sur l'infaillibilité pontificale, Levillain a également expliqué que le dogme de l'infaillibilité pontificale n'avait finalement jamais été appliqué par les papes !!!

Selon lui, l'explication de la démission de Benoît XVI aurait été le fait qu'il n'aurait pas su s'opposer à la béatification rapide de Jean Paul II etc etc ...

Le meneur de jeu et les habituels invités n'y comprenaient strictement rien et tout ça dit par Levillain en avalant la moitié des mots, à la manière d'une certaine bourgeosie parisienne, ce qui fait qu'en plus, il était souvent inaudible.

Juste un mot à la fin de l'émission pour expliquer quand même que Mgr Lefebvre n'était pas un homme aussi terrible (dans le sens de méchant) qu'on avait voulu bien le dire. Le pauvre Mgr Lefebvre croyait seulement encore à une Eglise triomphante, laquelle, on l'a compris, était une vieille lune !

Le problème de ces émissions grand public, c'est que les meneurs de jeu n'y connaissent rien et invitent des gens consensuels, qui ont des relations, appartiennent à un certain milieu, et dont on leur a dit qu'ils étaient des "spécialistes". C'est aussi la raison pour laquelle on a tout le temps affaire aux mêmes : Frédéric Lenoir, Odon Vallet etc ... ou le pauvre Levillain, très imbu de sa personne et très ignorant !
images/icones/fleche2.gif  ( 726101 )Je ne sais pas s'il y aura un "Réouvrir 211". par Scrutator Sapientiæ (2013-07-07 23:35:45) 
[en réponse à 726056]

Bonsoir et bon dimanche, Luc Perrin.

Vous le savez sans doute, il existe un site internet intitulé "Reopen 911". C'est une mine d'informations, que je vous recommande, à toutes fins utiles.

Je ne sais pas s'il y aura un jour un site internet qui s'appellera, par exemple, Reopen 211, puisque Benoît XVI a rendu publique sa démission le 11 février 2013.

Compte tenu du fait que l'on ne comprend au moins une partie des origines "non improbables les plus lointaines" du 11 septembre 2001 qu'en remontant au tout début du XX° siècle, je n'exclus qu'il faille également remonter jusqu'au début du XX° siècle pour comprendre les origines "non improbables les plus lointaines" du 11 février 2013.

Il est tout à fait possible

a) que des raisons comparables à deux épées de Damoclès,

- des raisons bancaires ou financières,

- des raisons pénales ou judiciaires,

b) que des raisons qui relèvent, comme on le dit aujourd'hui, de la gouvernance du Vatican,

aient motivé sa décision, ce qui n'exclut pas que ces raisons complètent les raisons officielles, plus qu'elles ne se substituent à elles.

Mais j'envisage une autre raison, plus fondamentale, plus magistérielle, peut-être aussi plus annonciatrice, pour son successeur, d'une confrontation à des difficultés, au contact de certains sujets ou thèmes.

Je peux me tromper, bien sûr, car, d'une part, je ne suis pas dans le secret des serviteurs de Dieu, et, d'autre part, j'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte en écrivant ce qui suit, mais enfin, je me "risque".

Je suis convaincu que globalement, le "recentrage ratzingérien" n'est ni connu, ni compris, ni, surtout, AIME, à sa juste valeur, comme il devrait pouvoir l'être, au sein et autour du Saint Siège ; je pense que c'est cela, au moins autant que le reste, "le fond du problème".

La question n'est pas avant tout de savoir ce que Benoît XVI aurait fait, s'il était resté en fonctions, puisqu'il semblait de plus en plus enfermé à l'intérieur d'un réseau de contraintes, internes et externes.

La question est peut-être plutôt de savoir ce que l'on aurait commencé à l'obliger à faire, notamment contre son jugement, ou contre sa volonté, ou contre le bien ou les intérêts légitimes de l'Eglise, s'il était resté, certes, en fonctions, mais aussi assujetti ou vassalisé.

Pour bien comprendre au moins une partie des éléments d'ordre factuel qui se sont déroulés le mardi 11 septembre 2001, il faut bien comprendre, entre autres choses, ce qui s'est produit dans les jours qui ont précédé, y compris le lundi 10 septembre, à Washington.

Pour bien comprendre au moins une partie des éléments d'ordre factuel qui se sont déroulés le lundi 11 septembre 2013, ne faut-il pas bien comprendre, entre autres choses, ce qui s'est produit dans les jours qui ont précédé, y compris le dimanche 10 février, au Vatican ?

Car enfin, il a bien fallu qu'une décision en entraîne une autre, ou plutôt rende possible la publication d'une autre, celle de la démission de Benoît XVI, notamment dans ce contexte :

Début janvier 2013.

Aduno 1.

Aduno 2.

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 726102 )oui je suis d'accord avec votre hypothèse par Luc Perrin (2013-07-08 00:11:30) 
[en réponse à 726101]

et d'ailleurs Levillain le dit à demi mot.

L'affaire du "santo subito" n'est pas le coeur mais un symptôme, je crois que M. Parfu a mal compris ce point. Levillain a raison de dire que Benoît XVI s'est laissé entraîner et si les vertus de Jean-Paul II sont évidentes, si son courage est admirable et digne de tout éloge, si sa tentative d'une herméneutique de continuité pour Vatican II - dans les grandes lignes car il a aussi participé à des dérives - est louable de même, les failles du pontificat sont aussi présentes : en particulier les dernières années et le cas Maciel est le plus criant.

Je l'ai dit d'emblée, le pontificat de Benoît XVI est un échec dont le pape porte une part de la responsabilité. En optant pour un consensus mou et un tempo escargotique, il s'est lui-même coupé sinon les mains du moins plusieurs doigts. Difficile ensuite de tenir le gouvernail d'une main ferme dans les bourrasques devenues tempêtes via les media et l'instantanéité d'internet.

Comme l'écrit Scrutator : "Je suis convaincu que globalement, le "recentrage ratzingérien" n'est ni connu, ni compris, ni, surtout, AIME, à sa juste valeur, comme il devrait pouvoir l'être, au sein et autour du Saint Siège ; je pense que c'est cela, au moins autant que le reste, "le fond du problème".

Ce recentrage n'est pas original au demeurant : Paul VI et Jean-Paul II l'avait pratiqué. Benoît XVI a peut-être sous-estimé la puissance des lobbies néo-libéraux et néo-modernistes et survalorisé le renouveau fragile en Occident de la "génération Jean-Paul II". Bizarrement il a peu fait appel à l'Afrique où pourtant des réserves de forces vives très wojtyliennes existent ... avec certaines faiblesses que je n'ignore pas.

Je reste stupéfait que le Pontife ait renoncé à toute réforme liturgique, capitulé très tôt avec le "renvoi" de Mgr Ranjith et capitulé complètement en 2012 avec la nomination de Mgr Roche et l'abandon de la réconciliation pourtant si proche avec Mgr Fellay.

Étant foncièrement collégialiste, répugnant à une action d'autorité, le pape qui a renoncé en février 2013, avait peu à peu renoncé sans le dire à la plupart des éléments de la synthèse ratzinguérienne : renoncement en liturgie, sauf le 7/7/7, renoncement avec la FSSPX, renoncement sur l'année du sacerdoce, renoncement à réformer l'épiscopat en profondeur et même simplement le Sacré Collège, renoncement à gouverner la Curie en laissant carte blanche à un cardinal Bertone très controversé sauf en matière de promotion de salésiens, renoncement rapide à mettre en oeuvre Dominus Iesus, renoncement à la discipline des religieuses américaines ...

Les "choix" si bizarres de mai-juin 2012 en matière de nomination et la volte-face sur le dernier grand dossier qui pouvait aboutir nourrissent l'interprétation de Ph. Levillain et je suis prêt à le suivre sur ce point.
A cet égard cette impuissance à gouverner tient bien aussi aux faiblesses du pontificat wojtylien dont J. Ratzinger fut un acteur majeur et l'héritier.
Ma principale inquiétude lors de son élection en 2005 était chrono-biologique : le pape Benoît XVI que j'imaginais plus résolu aurait-il le temps nécessaire pour accentuer l'orientation antérieure afin d'en tirer plus de fruits ? Un pontificat court et impotent ne risquait-il pas de favoriser la tendance "martinienne" (qui a les faveurs de beaucoup en Occident et spécialement en Europe de l'Ouest) qui aurait les mains libres ensuite ?
C'est bien hélas ce scénario-catastrophe qui s'est peu à peu dessiné.

Espérons que le pape François saura déjouer ce piège et repousser les sirènes néo-libérales mortifères pour l'Église, contrairement à ce que pense le professeur Levillain.



images/icones/4a.gif  ( 726106 )J'ai bien compris Luc par Jean-Paul PARFU (2013-07-08 07:07:49) 
[en réponse à 726102]

Mais je crois que ce sont les auditeurs et parfois, comme je l'ai déjà indiqué, le meneur de jeu : Philippe Meyer et ses invités : Max Gallo, Jean-Louis Bourlanges et Thierry Pech, qui n'ont strictement rien compris !

En outre, on comprenait à la question de Max Gallo sur l'infaillibilité pontificale, qu'il ne savait pas ce que c'était.

Levillain avait donc la possibilité extraordinaire de le lui expliquer. Or, bien enendu, il n'en a rien fait. Il a même expliqué des absurdités que vous avez relevées.
images/icones/vatican.gif  ( 726107 )Le Pape a été poussé à la démission par Jean-Paul PARFU (2013-07-08 07:20:08) 
[en réponse à 726106]

Scrutator a raison !

J'ai également remarqué cette simultanéité dans l'affaire des terminaux bancaires, entre la suppression de la possibilité du paiement par cartes de crédit au Vatican d'un côté, la démission du Pape et aussitôt après le rétablissement de la possibilité du paiement par cartes, de l'autre.

Je crois vraiment que le Pape a toujours eu cette tentation de la démission (attitude à la fin du Pontificat de Jean Paul II, "visite" à Celestin V, demande que l'on prie pour lui afin qu'il ne se dérobe pas devant les loups), mais qu'en outre, il y a été poussé.
images/icones/1w.gif  ( 726136 )Une volonté brisée? par PEB (2013-07-08 18:42:31) 
[en réponse à 726107]

Je suis d'accord avec vous, Maître.

J'ai l'impression que la volonté de Benoît XVI s'est dispersée au lieu de se concentrer. Alexandre VI et Jules II avaient bien compris que le Souverain Pontife était un homme seul. Benoît XVI n'a sans doute pas su ou pas voulu lancer ses César Borgia à l'assaut de Forli. Paul III a eu le cran qu'il fallait pour commencer Trente contre vents et marées.

Même les gaffes apparentes du Pape aujourd'hui émérite auraient dû être pleinement assumées.
Par exemple, à la rage manifestée suite au discours de Ratisbonne, la réponse aurait été: "Voilà donc, jusqu'à l'absurde, le triomphe de Paléologue. Malgré toute l'amitié et la bienveillance que nous avons pour les Musulmans, nous ne pouvons que constater que l'Islam préfère l'explosion de la violence au débat de la raison. Ce mystère d'iniquité dépasse notre entendement."
L'affaire du préservatif comme obstacle à une politique de santé publique humanisante a mal été préparée et relayée.

C'est ces deux pas en arrière qui ont rendu ce grand théologien et ce pasteur aimant et aimé inaudible et inefficace.
images/icones/neutre.gif  ( 726108 )D'accord avec Maître Parfu par Denis SUREAU (2013-07-08 07:52:34) 
[en réponse à 726056]

Je suis pour une fois d'accord avec JP Parfu. Levillain n'est vraiment pas un historien digne d'intérêt. Son livre sur Mgr Lefebvre est truffé d'erreurs tellement grossières, comme l'a montré Yves Chiron, qu'on ne peut raisonnablement accorder un quelconque crédit.
images/icones/neutre.gif  ( 726114 )J'ai écouté cette émission en pensant à vous, par le torrentiel (2013-07-08 10:06:14) 
[en réponse à 726056]

me disant au départ que vous ne manqueriez pas de la critiquer par rivalité universitaire, et puis au fur et à mesure que vos préventions contre le directeur de thèse d'un de mes amis, Michel emmanuel, étaient fondées, en regard de la banalité décousue des propos, se perdant en allusions aux différentes bonnes sources que ses relations vaticanes ménageaient à l'historien, et surtout aux principaux événements récents dont il aurait été, depuis la place saint-Pierre, le témoin oculaire. Comme l'a souligné Jean-Louis bourlange, l'ancien chaunusien semblait s'être beaucoup rallié aux positions françaises depuis la mort du maître dans la délégitimation d'"humanae vitae". Cette émission me semblait surtout émaner d'une dérive à laquelle vous-même n'échapez pas bien qu'on puisse rendre à votre discours l'hommage qu'il est généralement plus construit et mieux étayé. On avait affaire ici aux "placet" et "non placet" d'un "intellectuel catholique" sur le gouvernement de l'eglise, ce qui représente objectivement... un progrès du subjectivisme, que je date pour ma part de la mort de Jean-Paul II, mais peut-être n'avais-je pas assez bien observé auparavant ce qui se passait dans le PIC (paysage intellectuel catholique...) où la parole s'est libérée dans l'appréciation constante des gestes pontificaux.


Il est devenu de bon ton de dire que benoît XVI n'a pas tenu le gouvernement de l'eglise. Je rappellerai simplement qu'on mettait beaucoup d'espoir de ce côté-là à l'avènement de Benoît XVI. ces espoirs ont été déçus, mais on dit aujourd'hui que benoît XVI n'a jamais été un homme de gouvernement ni de curie au sens intrigant que peut revêtir cette cour...


Quant au "scoop" d'une démission de benoît XVI commandée et obtenue par la curie, , mais qui n'aurait pas été dans les intentions du pape, Philippe Levillain ne s'est pas rendu compte qu'il se contredisait quelques minutes après avoir énoncé ce poncife conspirationniste, puisqu'il évoqua une réunion de cardinaux, dont "le cardinal Poupard, qui est un ami", lui avait fait confidence et où le cardinal ratzinger regrettait que Jean-Paul II, affaibli, ne démissionnât pas. Au passage, Philippe Levillain, en "intellectuel réactif", avait révisé à cent quatre vingts degrés sa position sur ladite "démission", puisqu'après l'avoir saluée comme un acte en phase avec la modernité, il y voit désormais une fragilisation de l'institution, comme il était évident aux esprits les plus simples.


Mais surtout, Philippe Levillain a été incapable de répondre à la question, qui lui fut pourtant posée par deux fois par les collaborateurs de Philippe Meyer, qui avaient l'air poliment estomaqués par l'espèce d'incompétence planante et digressive de leur invité du jour, question qui portait sur le point de savoir si, oui ou non, l'élection du cardinal bergoglio au souverain pontificat était dans la continuité des manoeuvres de ceux qui avaient voulu et organisé la déposition de benoît XVI. Or supposer que cette déposition ait été organisée et refuser d'analyser dans quelle mesure le successeur désigné répond ou non aux volontés des prétendus conjurés, est faire du complotisme qui ne regarde pas les événements selon une "solution de continuité", ce qui est la moindre des exigences que l'on peut attendre d'un historien.


Les propos sur le pape françois de Philippe Levillain ont étéplus que désobligeants sur la forme: ce n'est pas un "vrai jésuite" (il aurait pu dire qu'il était un jésuite atypique, ou qui ne répondait pas aux critères occidentaux de ce qu'on entend par l'élitisme jésuitiques; le provincial Bergoglio n'aurait pas soutenu de thèse, il me semble que c'est inexact...), le pape françois vi "dans un trois étoiles à rome où il salue les femmes de ménage", ce que Philipe Levillain, qui aime la romanité dans ses fastes et dans ses pompes, a l'air de regretter amèrement.


Mais je voudrais sauver deux intuitions dans cet entretien presque suffoquant de discontinuité et de caractère disparate:


Tout d'abord, indépendamment de la véracité ou non du fait que François consulterait tellement Benoît XVI que l'eglise connaîtrait un gouvernement quasiment bicéphal, ce qui me paraît relever du fantasme, il y a cette description du "tandem" où l'"évêque émérite de rome" représenterait "la subtillité du Logos", tandis que son successeur inviterait les catholiques à "marcher" et à refaire des miracles...


Et à marcher vers Jérusalem, intuition que j'ai moi aussi: je crois que le pape françois aimerait assez déplacer le centre de gravité du catholicisme de Rome vers Jérusalem, mais je ne sais pas jusqu'où il ira dans ce sens, car un tel déplacement nécessite la prudence de s'assurer que le peuple catholique dans son ensemble est prêt à le recevoir sans trop s'en scandaliser. Philippe Levillain quant à lui (comme vous, je pense) regrettait un tel déplacement, disant que le catholicisme disparaîtra s'il vient à cesser d'être romain, s'il perdait la romanité, ce qui, somme toute, obéit à une conception très patrimoniale de l'eglise. Philippe Levillain aime Rome et ses palais parce qu'il y est reçu, mais il n'est pas certain que le catholicisme s'effondre si notre historien perd ses entrées à Rome.