Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=725897
images/icones/vatican.gif  ( 725897 )Encyclique Lumen Fidei: texte intégral par Jean Kinzler (2013-07-05 12:05:20) 

Encyclique Lumen Fidei: pour lire et imprimer le texte intégral en bonne qualité pour l'impression, cliquez sur le lien suivant:Lumen Fidei
images/icones/fleche2.gif  ( 725899 )Merci par Alonié de Lestre (2013-07-05 12:34:04) 
[en réponse à 725897]

Merci pour le lien M. Kinzler.
images/icones/vatican.gif  ( 725905 )Sous une forme plus accessible par Jean-Paul PARFU (2013-07-05 13:01:38) 
[en réponse à 725899]

ici
images/icones/1b.gif  ( 725906 )Et en résumé par Thierry (2013-07-05 13:11:38) 
[en réponse à 725905]

Ici

clair, net et précis... pour qui veut bien l'entendre :-)
images/icones/1b.gif  ( 725908 )Curieux ... par Lamy (2013-07-05 13:24:57) 
[en réponse à 725905]

On y retrouve en têtes de chapitre deux phrases bien connues des tradis :

NOUS AVONS CRU EN L’AMOUR


et

JE TRANSMETS CE QUE J’AI REÇU


Bon : de là à tirer des conclusions hatives il y a un pas que je me garde bien de franchir ... mais peu importe : ce dernier texte de Benoît XVI me touche.
images/icones/1j.gif  ( 725920 )Il est de Benoît XVI par Jean-Paul PARFU (2013-07-05 14:26:13) 
[en réponse à 725908]

et est signé par François !
images/icones/1g.gif  ( 725933 )Oui, par Adso (2013-07-05 15:21:44) 
[en réponse à 725920]

je trouve ça assez gonflé ! A moins que Benoît XVI ait fait preuve de vraie humilité
images/icones/1w.gif  ( 725940 )C'est normal! par PEB (2013-07-05 16:46:08) 
[en réponse à 725933]

L'auteur d'une encyclique n'est ni François, ni Benoît XVI, mais c'est le Saint-Père. C'est un enseignement du magistère ordinaire de la Sainte Eglise Romaine à destination du monde entier.

Une telle épître encyclique doit donc être revêtu de l'adresse et du sceau du seul Pape régnant pour revêtir son caractère exécutoire.

Les chroniques sauront expliqué cet ouvrage à deux mains mais le Pape en porte la responsabilité exclusive devant Dieu et son Peuple.
images/icones/neutre.gif  ( 725950 )oui et non par Adso (2013-07-05 19:03:56) 
[en réponse à 725940]

Nous sommes dans une situation inédite ! Que le pape reprenne le travail de son prédécesseur pour qu'il ne soit pas perdu, ce me semble normal car sans cela les notes et écrits sont classifiées. Dans le cas présent Benoît XVI toujours vivant pourrait toujours puublier.Il ne le souhaite peut etre pas mais dans cette situation inédite, François faisant connaître le travail de Benoît allié au sien, aurait pu mettre un préambule en ce sens ou les deux noms

images/icones/neutre.gif  ( 725958 )Vous pensez vraiment par Meneau (2013-07-05 20:57:07) 
[en réponse à 725950]

que toutes les encycliques publiées par le passé ont été rédigées par celui qui, en tant que Souverain Pontife, les a publiées, les portant ainsi au rang d'acte du Magistère ???

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 725984 )Une encyclique trop "co-produite" : Sollicitudo rei socialis ? par Scrutator Sapientiæ (2013-07-06 07:55:31) 
[en réponse à 725958]

Bonjour Meneau,

J'ai déjà lu quelque part, dans la biographie de Jean-Paul II écrite par Bernard LECOMTE, que la préparation de la lettre encyclique Sollicitudo rei socialis constituait, non un exemple isolé, mais un exemple extrême, qui a abouti à une encyclique visiblement trop co-produite.

Et j'ai déjà lu ailleurs, mais ce n'est parce que je l'ai lu que c'est totalement vrai, que la rédaction de la lettre encyclique de Benoît XVI Caritas in veritate doit vraiment beaucoup à Michel CAMDESSUS.

Ce sont là deux exemples récents, qui relèvent tous les deux du même domaine, à l'intérieur du Magistère pontifical contemporain, mais il y a certainement d'autres exemples de documents pontificaux qui ont donné lieu à la production ou à la réunion de matériaux, par quelques rédacteurs, ces matériaux ayant été repris, par la suite, par le pape lui-même.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 725987 )oui par Aigle (2013-07-06 08:22:18) 
[en réponse à 725984]

merci chers amis de ce rappel salutaire.

On peut citer aussi les grandes encycliques de la fin du pontificat de Jean Paul II (Fides et Ratio, Veritatis splendor) qui doivent beaucoup à la plume de Joseph Ratzinger. Leur validité magistérielle résulte pourtant de la signature du pape alors régnant.
images/icones/1g.gif  ( 726076 )je dis juste par Adso (2013-07-07 20:12:21) 
[en réponse à 725958]

Qu a situation inédite. . .
images/icones/1b.gif  ( 725943 )Pour vous rassurer... par PEB (2013-07-05 16:57:45) 
[en réponse à 725933]

Benoît XVI est bien cité §7 comme co-auteur et collaborateur principal.

7. Ces considérations sur la foi — en continuité avec tout ce que le Magistère de l’Église a énoncé au sujet de cette vertu théologale[7] — entendent s’ajouter à tout ce que Benoît XVI a écrit dans les encycliques sur la charité et sur l’espérance. Il avait déjà pratiquement achevé une première rédaction d’une Lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j’assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures. Le Successeur de Pierre, hier, aujourd’hui et demain, est en effet toujours appelé à « confirmer les frères » dans cet incommensurable trésor de la foi que Dieu donne comme lumière sur la route de chaque homme.

images/icones/1j.gif  ( 725944 )Vous avez (encore) parlez trop vite... par LouisL (2013-07-05 17:01:55) 
[en réponse à 725933]


On se souvient que le pape Benoît XVI avait pour sa part assumé un projet de Jean-Paul II sur la charité en publiant sa première encyclique "Deus Caritas est".


Source : Radio Vatican - Présentation de l'Encyclique Lumen Fidei
images/icones/1g.gif  ( 725945 )Je n'ai pas parlé trop vite par Adso (2013-07-05 17:04:16) 
[en réponse à 725944]

j'exprime une opinion... Je trouve un peu grossier, de ne pas mettre une mention explicitant qu'on a repris le travail d'autrui !
images/icones/5b.gif  ( 725946 )Et moi, j'ai (encore) écrit trop vite... par LouisL (2013-07-05 17:05:19) 
[en réponse à 725944]

"Vous avez (encore) parlé trop vite...".

Mea culpa
images/icones/1x.gif  ( 725947 )Pourquoi cette suspicion? par Lamy (2013-07-05 17:06:41) 
[en réponse à 725933]

Je ne vois vraiment pas en quoi Benoit XVI et François pourraient ne pas être d'accord sur un sujet comme la Foi !!
Dès lors : peu importe qui signe, qui rédige : le vrai auteur est connu, c'est le Saint-Esprit !!
images/icones/vatican.gif  ( 725926 )Résumé fourni par le VIS par Bernard Joustrate (2013-07-05 14:41:37) 
[en réponse à 725897]

Ou l'Encyclique pour les nuls :

RESUME DE L'ENCYCLIQUE LUMEN FIDEI

Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Voici un résumé de la première encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei (la lumière de la foi), publiée ce matin:

Ce texte, qui s'articule en une introduction, quatre chapitres et une conclusion, est en réalité l'encyclique presque achevée de Benoît XVI sur la foi, à laquelle le Pape François a apporté sa propre contribution.

L'introduction expose les buts et, tout particulièrement, la nécessité de redécouvrir le caractère lumineux de la foi, qui éclaire l'existence, aide l'homme à distinguer le bien du mal alors que la foi est souvent perçue comme une illusion, un saut dans l'inconnu qui entrave la liberté de la personne. En cette Année de la foi et en ce cinquantième anniversaire de Vatican II, "un concile sur la foi", il convenait de raviver une large perception de la foi, confessée dans son unité et son intégrité. Il ne s'agit pas d'un préjugé acquis mais d'un don de Dieu qu'il faut nourrir et renforcer. Qui croit, voit! Car la lumière de la foi, qui vient de Dieu, éclaire toute l'existence humaine. Elle vient du souvenir de la vie de Jésus et ouvre un vaste horizon.

Le premier chapitre ("Nous avons cru en l'amour"), en évoquant Abraham, explique comment l'écoute de la Parole est appelée à sortir de notre ego pour s'ouvrir à la vie nouvelle promise, rendant ainsi possible dans l'espérance la poursuite de notre cheminement. Mais la foi est liée à la paternité, parce que le Dieu qui nous appelle n'est pas un étranger mais un père, source de bonté, origine de toute chose et soutien de chacun. Dans l'histoire d'Israël, la foi est opposée à l'idolâtrie, qui détourne l'homme, le retient prisonnier de ses pulsions et le prive de l'attente de la promesse. La foi est quant à elle la confiance en l'amour miséricordieux de Dieu, qui accueille et pardonne toujours, qui redresse les faux pas de nos vies. Elle est la disponibilité à se laisser transformer au simple appel de Dieu, un don gratuit qu'il nous fait et qui demande le courage et l'humilité de se confier pour découvrir le chemin lumineux de rencontre entre Dieu et les hommes qu'est l'histoire du salut. Le paradoxe de la foi est l'adresse perpétuelle à Dieu qui stabilise l'homme et l'éloigne des idoles. Puis le texte s'attarde sur la figure de Jésus médiateur, qui nous ouvre à une vérité plus grande, à la manifestation de l'amour de Dieu comme fondement de la foi. La foi se renforce de la méditation sur la mort de Jésus, qui révèle son inébranlable amour de l'homme. Ressuscité, il devient un témoin digne de foi par lequel Dieu oeuvre dans l'histoire et en détermine le destin final. L'aspect décisif de la foi en Jésus est de participer à sa manière de voir. La foi regarde Jésus mais aussi son point de vue. De même dans la vie où nous faisons confiance à qui en sait plus que nous, pour la foi c'est Jésus qui nous explique Dieu. Nous croyons Jésus lorsque nous acceptons sa parole, nous croyons en lui lorsque nous l'intégrons à notre vie et nous confions à lui. Son incarnation fait que la foi ne nous détache pas de la réalité, qu'elle nous en fait percevoir toute la signification. L'homme se sauve grâce à la foi, car il s'ouvre à un amour qui le précède et le transforme intérieurement. Par cette action de l'Esprit le chrétien porte son regard sur Jésus, ses sentiments et sa disposition filiale. Sans cette présence on ne saurait confesser le Seigneur. La foi devient existence ecclésiale car elle se confesse en communion, entre croyants au sein de l'Eglise. Sans perdre leur identité, les chrétiens sont un au service d'autrui et chacun y gagne son être propre. La foi n'est pas un fait privé, un concept individuel ou une opinion, mais une écoute commune qui devient annonce.

Le second chapitre ("Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas") expose le lien étroit existant entre foi et vérité. Sans la vérité, la foi ne sauve pas! Elle demeure une fable projetant notre désir de bonheur. Nous vivons une crise de la vérité qui rend nécessaire le rappel de ce lien, d'autant que la culture dominante ne tend qu'à croire en la réalité technologique, en ce que l'homme parvient à construire et mesurer par la science. Ce qui fonctionne serait vérité, valable pour un tel et non au service du bien général. La vérité qui explique toute vie est vue avec suspicion. La grande vérité n'est pas celle qui fut à la base des totalitarismes du siècle dernier, le grand oubli du monde contemporain qui, à l'avantage du relativisme et du fanatisme écarte la question que posent la vérité, la vie et Dieu. Ensuite le texte souligne le lien entre foi et amour, non l'amour vagabond mais celui de Dieu qui transforme et permet de voir le réel sous un autre jour. Si la foi leur est liée, la vérité et l'amour ne sauraient être séparés. L'amour véritable surmonte le temps et devient connaissance. L'amour fidèle de Dieu qui révèle la foi constitue une vérité dont le coeur est la rencontre du Christ incarné, venu à nous pour offrir sa grâce et nous convertir. Puis il est question du dialogue entre foi et raison, particulièrement important lorsque la vérité du monde est souvent réduite à un réel subjectif. Faisant peur, la simple vérité est perçue comme une imposition intransigeante, alors qu'elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose pas par la violence et n'écrase personne comme le fait le totalitarisme. La foi n'est pas intransigeante et le croyant ne peut être arrogant mais porteur humble d'une conviction qui respecte l'autre. Ainsi la foi porte-t-elle au dialogue en tout, dans la science où elle réveille le sens critique et attise la raison face à la splendeur de la création, mais aussi dans la culture, dans le dialogue inter-religieux et avec les incroyants ou qui s'efforcent d'agir comme si Dieu existait... Eux aussi sont en recherche de cette lumière et pratiquent le bien. Connaître Dieu sans la foi est impossible. La théologie enseigne que Dieu n'est pas un objet mais un sujet qui se fait connaître. La théologie, qui participe à cette connaissance, doit être mise au service de la foi des chrétiens. Quant au magistère ecclésial, il ne doit pas dicter de limite à la liberté théologique mais en être un élément constitutif assurant le lien avec la Parole.

Le troisième chapitre ("Je vous transmets ce que j'ai reçu") traite de l'importance de l'évangélisation. Qui s'est ouvert à l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La lumière de Jésus brille pour les chrétiens qui doivent la transmettre comme un flambeau qui en allume d'autres de génération en génération, tout au long d'une chaîne de témoins de la foi. Ceci implique un lien étroit entre foi et mémoire car la foi n'est pas une option personnelle. Dieu nous unit tous dans le temps en nous rendant contemporains de Jésus. On ne peut croire seul d'autant que la foi s'ouvre à chacun au sein de la communauté qu'est l'Eglise. Qui croit n'est par conséquent jamais seul. Notre ego s'élargit pour générer de nouveaux liens de vie. Le moyen particulier de transmission de la foi restent les sacrements, qui communiquent une mémoire incarnée. Le baptême, des enfants comme des adultes, et le catéchuménat ne peuvent être accomplis seuls. La foi n'est pas un acte individuel et isolé mais une démarche accomplie dans la communion ecclésiale. Personne ne saurait se baptiser, ni confesser la foi par soi même. L'enfant a besoin du soutien de la famille qui lui transmet la foi et des parrains dont le geste montre la synergie existant entre l'Eglise et la cellule familiale. Et puis l'Eucharistie est la nourriture indispensable de la foi, un acte de mémoire actualisant le mystère conduisant du monde visible au monde invisible. Le Credo implique le croyant dans la vérité qu'il confesse, tandis que le Pater permet au chrétien de commencer à voir avec les yeux du Christ, et que le Décalogue permet en réalité d'entrer pratiquement en dialogue avec Dieu. Loin d'être une série de préceptes négatifs il permet d'embrasser la divine miséricorde et d'engager un chemin de gratitude vers la pleine communion avec Dieu. La foi est une car Dieu est un, Elle s'adresse à un Seigneur unique et offre une unité de vision que l'Eglise partage comme seul corps et seul esprit. Mais la foi doit aussi être confessée dans sa pureté et dans son intégrité. Il en va de l'unité de l'Eglise car enlever quoi que ce soit à la foi serait le retrancher de la vérité de communion. Et puis l'unité de la foi étant celle d'un organisme vivant, elle démontre sa catholicité, une universalité éclairante capable d'exprimer au mieux le cosmos et l'histoire. En outre cette unité est garantie par la succession apostolique.

Le quatrième chapitre ("Dieu prépare pour eux une cité") explique le lien qu'il y a entre foi et bien général, qui tend à la constitution d'un meilleur espace de vie de l'homme et des autres espèces. La foi renforce la solidarité entre les êtres humains et les met au service de la justice, du droit et de la paix. Elle n'éloigne pas du monde et des nécessités de l'homme, d'autant que sans l'amour fidèle de Dieu l'unité de l'humanité ne se fonderait que sur l'utilité, l'intérêt ou la peur. A l'inverse la foi, qui tend à l'harmonie des rapports humains et à leur finalité en Dieu, nous met tous au service du bien général. Elle est un bien de tous pour tous, qui ne sert pas seulement à préparer l'Au-delà mais à édifier la société terrestre en marche vers l'espérance. Au premier plan des structures qu'éclaire la foi il y a la famille fondée sur le mariage, union stable d'un homme et d'une femme, née de la valeur de la différence sexuelle et vivant de l'amour qui vient de Dieu. En reconnaissant un amour éternel, la famille reconnaît celui du Créateur qui porte à enfanter. A propos ensuite des jeunes, le document parle des JMJ qui leur permettent d'exprimer la joie de la foi et l'engagement à la vivre généreusement. Les jeunes veulent une vie de qualité et leur rencontre du Christ leur offre une espérance qui ne les décevra pas. La foi n'est pas le refuge de personnes timorées mais une dilatation de la vie. Ainsi dans les rapports sociaux la foi permet-elle aux enfants de Dieu de donner une signification nouvelle à une fraternité universelle qui n'est pas une simple égalité mais l'expérience de la paternité de Dieu et la perception de la dignité de toute personne. La foi enfin aide à trouver des moyens de respecter la nature, de trouver des modèles de développement respectueux, échappant à l'utilitarisme et au profit. Oeuvre de Dieu, la nature doit être perçue comme un don à utiliser pour le bien de tous. Il faut donc trouver une bonne gestion au service de l'humanité entière et capable de dépasser tout esprit conflictuel. Lorsque la foi fait défaut les fondements mêmes de la vie communautaires sont à risque. Si la foi en Dieu est écartée de la société nous perdrons notre confiance en nous, et si l'on est pas unis dans la confiance on le sera dans la peur. D'où l'impérative nécessité de confesser publiquement Dieu pour éclairer la vie de la famille humaine. Quant à la question de la souffrance et de la mort, le chrétien sait qu'elles ne peuvent être éliminées. Mais il sait aussi qu'elles ont un sens lorsqu'on s'en remet à la volonté de Dieu, en en faisant des étapes de croissance dans la foi. Dieu ne fournit pas une explication complète à qui souffre, mais sa présence et son accompagnement qui ouvre un passage des ténèbres vers la lumière. En cela la foi rejoint l'espérance. Et de revenir sur la recommandation du Pape à ne jamais se laisser voler l'espérance en permettant des solutions immédiates sans issue.

La conclusion de l'encyclique ("Bienheureuse celle qui a cru") est une invitation à suivre Marie, l'icône parfaite de la foi. Mère de Jésus elle a conçu la foi et la joie. Prions la afin de ne jamais oublier que le croyant n'est jamais seul, et pour qu'elle nous enseigne à voir avec les yeux de Jésus.
images/icones/fleche2.gif  ( 726007 )Lumen Fidei s'oppose "donc" au relativisme et au subjectivisme. par Scrutator Sapientiæ (2013-07-06 11:38:56) 
[en réponse à 725926]

Bonjour et merci, Bernard Joustrate.

1. A la lecture de ce résumé, et du document lui-même, il apparaît assez clairement que Lumen Fidei s'oppose, avec chaleur et douceur, mais sans fadeur ni tiédeur, au relativisme et au subjectivisme, en l'occurrence, et notamment, dans le domaine de la Foi.

2. Ce que j'appelle le consensualisme fraternitaire, ou le "gaudium-et-spisme", lui, n'a pas vraiment tendance à s'y opposer, mais a plutôt tendance à les doter de presque toutes les valeurs ou à les parer de presque toutes les vertus.

3. La ligne de démarcation axiologique, problématique et programmatique contemporaine passe ainsi peut-être davantage

- entre les partisans de la réaffirmation de la radicalité et de la spécificité inhérentes au christianisme catholique, non seulement dans le domaine des moeurs, mais aussi dans le domaine de la Foi,

- et les partisans du parachèvement de la pastorale de l'enfouissement intra-mondain, a-confessionnel ou post-confessionnel, alors que cette pastorale a bien plus contribué, au moins depuis le début des années 1950, à l'effacement qu'à l'affirmation du christianisme catholique.

4. Il est ainsi possible de préciser ou de rappeler le fait suivant :

- ce que nous dit Dei Verbum, sur lequel prend appui Lumen Fidei, c'est ceci : "l'Ecriture est l'âme de la théologie"

- ce que ne nous dit pas Dei Verbum, alors que beaucoup croient pouvoir le faire dire au Concile, c'est ceci : "le consensualisme est l'âme du catholicisme."

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 726018 )tout à fait d'accord par Aigle (2013-07-06 13:52:19) 
[en réponse à 726007]

cher Scrutator : l'affirmation de la spécificité catholique sur le plan non seulement des moeurs mais aussi de la Foi est un point central et commun aux paroles publiques des deux derniers papes.

Je crois pour ma part voir là un point commun sous estimé entre les papes François et Benoit XVI et une rupture avec les papes Paul VI et Jean Paul II qui avaient en revanche davantage souligné l'originalité du message chrétien sur le plan moral face à un monde devenu libertaire mais plutôt tendu (peut être involontairement et inconsciemment ?) à minimiser l'importance de la Foi dans l'exposé de la doctrine catholique.

Ce n'est pas paradoxal : en rupture avec la pastorale préconciliaire très liée à la philosophie et au droit, le concile vatican II a mis l'accent sur l'agir chrétien, c'est à dire sur la morale (plus ou moins en lien avec l'Ecriture). De là un affadissement du discours sur les fondamentaux (souvent désignés par l'expression incompréhensible pour beaucoup de "kerygme").

Maintenant que tout le monde ou presque a oublié le temps où les papes parlaient plus de théologie que de contraception, et où l'anormalité catholique en matière morale est assimilée par tous (en particulier la presse), il est légitime de rappeler que notre foi ne repose pas uniquement sur la morale conjugale mais aussi (et surtout) sur un ensemble intellectuel et spirituel cohérent (dont est issue logiquement une morale exigeante).
images/icones/fleche2.gif  ( 726020 )Merci beaucoup + Lumen Fidei dans Le Monde. par Scrutator Sapientiæ (2013-07-06 14:04:38) 
[en réponse à 726018]

Bonjour Aigle, et merci beaucoup pour votre message.

Votre mise en perspective historique me semble tout à fait judicieuse.

Je viens de découvrir ceci :

Le Monde.

Certaines réactions de leurs lecteurs me semblent encourageantes, ou, en tout cas, intéressantes.

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 726027 )Paul VI par Aigle (2013-07-06 19:52:51) 
[en réponse à 726020]

Merci de votre commentaire cher Scrutator.

La remarque que j'ai formulée plus haut a due être exprimée par d'autres : voilà ce qu'a dit le pape Paul VI en 1967 :

"Si le Concile ne traite pas expressément de la foi, il en parle cependant à chaque page, il reconnait son caractère vital et surnaturel, il la suppose intègre et forte, et c’est sur elle qu’il construit sa doctrine. Qu’il suffise de rappeler les affirmations du Concile (…) Cela nous montre l’importance capitale que le Concile, en conformité avec la tradition doctrinale de l’Église, attribue à la foi, à la vraie foi, celle qui a pour source le Christ et pour canal le Magistère de l’Église ». (Paul VI, Audience générale, [8 mars 1967] : Insegnamenti V [1967], 705)."

Cette phrase est citée par l'encyclique en note à propos du paragraphe suivant :


"6. L’Année de la foi a commencé à l’occasion du 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. Cette coïncidence nous permet de voir que Vatican II a été un Concile sur la foi,[6] en tant qu’il nous a invités à remettre au centre de notre vie ecclésiale et personnelle le primat de Dieu dans le Christ. L’Église, en effet, ne suppose jamais la foi comme un fait acquis, mais elle sait que ce don de Dieu doit être nourri et renforcé pour qu’il continue à conduire sa marche. Le Concile Vatican II a fait briller la foi à l’intérieur de l’expérience humaine, en parcourant ainsi les routes de l’homme d’aujourd’hui. De cette façon, a été mise en évidence la manière dont la foi enrichit l’existence humaine dans toutes ses dimensions."

Je trouve que le raisonnement est embarrassé. Je pense que les Papes (Paul VI dans son allocution de 1967 et François dans Lumen fidei) veulent dire ceci : tout le monde a cru que le Concile parlait peu ou pas du tout de la foi mais en fait il en a parlé mais on ne la pas noté car les textes conciliaires n'ont pas voulu séparer l'expression de la foi de considérations sur l'expérience humaine. Mais ces considérations n'auraient aucun sens sans la foi.

Il me semble que "Gaudium et spes" n'a pas été vraiment reçu comme cela - en admettant qu'il ait été écrit dans cet esprit ...mais je peux me tromper.
images/icones/fleche2.gif  ( 726047 )S'il n'en parle pas expressément, comment en parle-t-il à chaque page ? par Scrutator Sapientiæ (2013-07-07 10:13:31) 
[en réponse à 726027]

Bonjour et bon dimanche, Aigle.

1. Si le Concile ne parle pas expressément de la Foi, et ne comporte aucun exposé organique sur la Foi catholique, par quel miracle, mystère, prodige, peut-il donc en parler cependant à chaque page ?

2. Le thème central du Concile, ce n'est pas avant tout le développement de la consolidation de la Foi catholique ad intra, c'est avant tout le développement de l'attractivité de l'Eglise catholique ad extra, et cela, "tout le monde le sait".

3. Quand Paul VI écrit ce qu'il écrit, en mars 1967, il attribue un degré de prise en compte effective, perceptible, de l'importance de la Foi catholique, par le Concile, qui n'existe pas au sein même des documents du Concile ; en ce sens, il édulcore, enjolive, esthétise ou euphémise la réalité, dans sa dimension doctrinale et historique, presque pour faire oublier ou pour faire pardonner le point suivant : les Pères du Concile ont eu, au Concile, la volonté de prendre en compte, d'une manière effective et perceptible, d'autres sujets ou thèmes, notamment relatifs aux structures et aux relations de l'Eglise.

4. Il recourt à cet argument, d'aucuns diront : à ce procédé, pour dire aux uns et aux autres : "oui, au Concile, nous avons changé l'eau du bain, mais nous avons maintenu le bébé à l'intérieur de la bassine" ; le problème, c'est que les témoins de cette opération ont bien vu que l'eau du bain avait été changée, les uns pour s'en réjouir, les autres pour s'en attrister, mais n'ont pas aussi bien vu, ou n'ont pas vu du tout, que le bébé avait été, aussi bien que cela, maintenu à l'intérieur de la bassine, si tant est qu'il y ait été maintenu exactement dans la même position qu'en amont du début du Concile.

5. Il ne faut jamais oublier le point suivant : les commissions romaines de préparation du Concile avaient pris soin de préparer un projet de profession de la Foi catholique qui aurait dû être promulgué au début du Concile, et qui aurait dû y service de couvercle protecteur, face à telle ou telle tentation d'y faire entrer, ou telle ou telle tendance à y laisser entrer, telle ou telle approximation ou inexactitude DOCTRINALE, qui aurait fragilisé, par la suite, l'Eglise catholique ou la Foi catholique.

6. Ce projet, les Pères du Concile n'en ont pas voulu, de même qu'ils n'ont pas voulu reprendre à leur compte les deux projets de constitution dogmatique qui étaient autant de rappels à l'ordre relatifs à la Foi catholique ; il y en avait un sur les sources de la Révélation, et un sur le dépôt de la Foi.

7. Une fois le Concile terminé, mais, probablement, dès la troisième session du Concile, Paul VI a bien vu qu'il devenait des plus urgent de poser des actes, et pas seulement de faire des gestes, en direction d'une logique de réaffirmation de la centralité, oubliée au Concile, de la Foi catholique, et d'une logique de rééquilibrage, entre les préoccupations situées autour de la consolidation de la Foi ad intra, et les préoccupations situées autour de l'attractivité de l'Eglise ad extra ; c'est la raison pour laquelle il a décidé qu'il y aurait une Année de la Foi, en 1967-1968, cette Année de la Foi qui s'est terminée par la Profession de Foi du 30 juin 1968.

8. Mais le mal était fait, d'où

- la piètre réception de l'Année de la Foi, en 1967-1968, puis de la Profession de Foi de fin juin 1968, au sein même de l'Eglise catholique,

- la situation actuelle,

a) au coeur de laquelle l'anthropologie et l'ecclésiologie sont souvent considérées comme les deux principales composantes, adogmatiques et oecuménistes, de la théologie catholique

b) à laquelle le Catéchisme de 1992 et le Compendium de 2005 ont vraiment remédié, mais peut-être bien davantage dans les textes et en théorie que dans les esprits et en pratique.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 726050 )oui mais par Aigle (2013-07-07 10:48:16) 
[en réponse à 726047]

Votre analyse est excellente cher Scrutator.

Toutefois je crois en la bonne foi de Paul VI. Il croyait sincèrement à mon sens comme Jean XXIII que le concile allait réformer les formes et réviser des points mineurs de la doctrine sans atteindre les dogmes - et même en mettant mieux en valeur les dogmes. Bref faciliter l'exposé de la foi et donc l'oeuvre d'évangélisation.

C'est pourquoi à mon sens pendant le déroulement du concile, il ne s'est guère inquiété. Mais après la clôture, voyant la montée des hérésies (en France ou aux Pays Bas) il a réagi en rappelant que l'absence de débat sur les dogmes entre 1962 et 1965 ne signifiait pas que ceux ci étaient annulés mais au contraire confirmés implicitement.

D'où comme vous le dites fort bien les initiatives prises vers 1967 pour remettre la foi au centre de l'enseignement du magistère (avec la profession fidei notamment) et ainsi expliciter ce que vatican II avait laissé dans l'implicite.

Evidemment tout cela est bien beau et même bien construit sur le plan intellectuel mais probablement peu compréhensible pour des journalistes ou même des fidèles qui voient qu'on change la liturgie, le catéchisme et plein d'autres choses et se demandent bien pourquoi les dogmes seraient seuls restés inchangés...
images/icones/hum2.gif  ( 726065 )Je ne suis pas du tout d'accord avec vous. par Yves Daoudal (2013-07-07 16:22:42) 
[en réponse à 726047]

Il est pour moi simplement évident que le concile Vatican II parle de la foi à chaque page. Et plus précisément qu'il parle de la foi à chaque paragraphe, voire à chaque phrase, de ses deux constitutions dogmatiques. Le seul fait qu'il s'agisse de constitutions dogmatiques montre qu'on y parle de la foi. Lumen gentium est même le premier texte conciliaire de l'histoire qui donne une définition de l'Eglise, l'Eglise qui est le corps du Christ, le Christ qui est la Lumière des nations. Si ça ce n'est pas de la foi... Quant à Dei Verbum, il s'agit comme son nom l'indique du Verbe de Dieu, et de sa transmission. Je ne vois pas comment on peut en parler en dehors de la foi.

Votre comparaison avec le bébé et l'eau du bain me paraît à côté de la plaque. Lumen gentium n'a rien à voir avec l'eau d'un bain hygiénique. C'est un développement de la doctrine catholique sur l'Eglise. Du noyau même de la doctrine catholique, de la foi catholique. Donc d'une croissance du "bébé". Lequel a déjà eu le temps de beaucoup grandir depuis l'âge apostolique. D'autre part je ne vois pas pourquoi il aurait fallu retrouver le bébé "exactement dans la même position qu'en amont du début du Concile". Ce n'est pas la peine de faire un concile si c'est pour tout garder exactement pareil. Surtout si le bébé d'avant le concile avait subi des avanies au cours de l'histoire et qu'il était temps de lui faire retrouver des couleurs qu'il avait perdues.

Et donc heureusement que le cardinal Liénart et le cardinal Frings (celui-ci avec l'abbé Ratzinger) sont immédiatement intervenus pour que soient rejetés les schémas qui avaient été préparés par la curie pour un concile ronronnant de moins de trois mois qui n'aurait rien apporté, et qui dans le cas du texte sur les sources de la Révélation aurait consacré une thèse certes "romaine" mais non conforme à l'ensemble de la tradition.

Et si l'on arrêtait de rabâcher la vulgate traditionaliste sans jamais chercher à aller y voir par soi-même ?
images/icones/bravo.gif  ( 726066 )Parfait !... par origenius (2013-07-07 16:32:00) 
[en réponse à 726065]


Rien à dire et c'est bien dit. Vous devriez écrire plus longuement sur le FC.


Et si l'on arrêtait de rabâcher la vulgate traditionaliste sans jamais chercher à aller y voir par soi-même ?



Il n'est pas interdit de rêver.



images/icones/neutre.gif  ( 726087 )de quoi parlons nous ? par Aigle (2013-07-07 21:29:52) 
[en réponse à 726065]

Cher Daoudal je ne crois pas qu'il soit question de nier l'intérêt des grandes constitutions de vatican II sur le plan de la doctrine catholique.

Le point de départ de l'analyse critique est différente : il s'agit de noter que le Concile n'a pas ré exposé les points acquis de la théologie catholique (la Sainte Trinité, l'Eucharistie, le jugement dernier ...) mais a plutôt exposé des idées nouvelles sur la doctrine ou la pastorale.

Ces nouveautés ont créé une ambiance laissant penser que TOUT avait changé y compris les sujets qui n'avait PAS été abordés.

images/icones/fleche2.gif  ( 726095 )C'est bien comme cela que je le pense aussi. par Scrutator Sapientiæ (2013-07-07 22:12:04) 
[en réponse à 726087]

Bonsoir et bon dimanche, Aigle.

Merci beaucoup pour votre brièveté et pour votre clarté ; je devrais m'inspirer plus souvent, et de l'une, et de l'autre.

1. Une impression d'ensemble et une illusion d'optique ont été créées, au-dedans et au moment du Concile, par un déficit d'explicitation magistérielle sur la spécificité du contenu de la Foi catholique, dans la mesure où, comme je l'ai écrit, après d'autres et moins bien qu'eux, le Concile ne comporte pas de "synthèse thématique" relative au contenu même de la Foi catholique.

2. La question de savoir si cette impression d'ensemble et cette illusion d'optique ont été créées consciemment et volontairement, ou inconsciemment et involontairement, est d'un autre ordre, dans lequel je n'entrerai pas, en tout cas, pas ce soir.

3. La question est bien plutôt de savoir si les remèdes (doctrinaux et pastoraux, magistériels et disciplinaires), employés par la hiérarchie de l'Eglise catholique, pour réduire les conséquences désastreuses, ou, en tout cas, négatives, de cette impression d'ensemble et de cette illusion d'optique,

- sont vraiment employés, du haut au bas de cette même hiérarchie,

- sont employés avec effet utile, dans les diocèses et les paroisses,

- sont employés au point de faire en sorte que cette impression d'ensemble et cette illusion d'optique diminuent, puis disparaissent.

4. En tout cas, il y a un point sur lequel je serai affirmatif : contrairement à ce que j'ai longtemps cru moi-même, ce n'est pas après Vatican II, mais (au moins) dès le milieu du Concile, dès la troisième session, que cette impression d'ensemble et cette illusion d'optique ont commencé à apparaître ; Henri de Lubac, parmi d'autres auteurs, ne dit pas autre chose, dans ses "Mémoires sur l'occasion de mes écrits", même s'il ne le dit pas exactement pas de cette manière.

Je vous remercie encore une fois pour votre message, et je vous souhaite une bonne fin de dimanche et un bon début de semaine.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 726091 )Précisément, j'ai essayé d'aller y voir par moi-même. par Scrutator Sapientiæ (2013-07-07 21:41:13) 
[en réponse à 726065]

Bonjour, bon dimanche, et merci beaucoup, Yves Daoudal.

I.

1. Notamment en ce qui concerne les schémas pré-conciliaires, j'ai essayé d'aller y voir par moi-même.

2. Je dis "essayé", par ce que je n'ai pas trouvé, ou parce que je ne dispose pas de suffisamment de documents, pour diversifier mes références, pour procéder à des recoupements.

3. Dans le tome I de "l'Histoire du Concile" dirigée par G. ALBERIGO, il y a une présentation des grandes lignes de la profession de Foi et de chacun des 6 schémas doctrinaux qui étaient prévus par les commissions romaines.

4. Et dans l'ouvrage "L'enjeu du Concile" de R. LAURENTIN, il y a la liste, quasiment officielle, des 70 schémas des commissions préparatoires.

5. Je suis convaincu, compte tenu de ce que j'en ai lu (et j'aimerais pouvoir en lire davantage), que la plate-forme programmatique qui était alors envisagée péchait, à tout le moins sur la forme, par un excès d'austérité et de rigidité.

6. Quand on lit les titres des chapitres des schémas concernés, on se dit que la logique qui était à l'oeuvre, dans l'esprit de leurs auteurs, était à la fois autoritaire et sécuritaire, ultra-orthodoxe, si vous préférez.

7. Sous cet angle là, vous avez évidemment raison, un Concile qui aurait reposé seulement sur cette base là

- se serait déroulé sur seulement une ou deux sessions, au maximum,

- aurait eu une dimension purement procédurale ou protocolaire,

- n'aurait pas intéressé grand monde, ni pendant, ni après.

8. Pour autant,

- compte tenu de l'influence croissante du courant de pensée néo-moderniste, sinon néo-progressiste, qui avait déjà commencé à se manifester, sous Pie XII,

- compte tenu de ce qu'a été l'histoire de l'Eglise catholique, depuis la clôture du Concile (sans que celui-ci ne soit responsable que de ce qui s'est mal passé, évidemment),

peut-on dire que les craintes qui ont été à l'origine d'une certaine manière, disons légaliste ou rigoriste, de concevoir les schémas pré-conciliaires, étaient totalement injustifiées ?

Je n'en suis pas absolument certain.

II.

1. Sauf si je me suis trompé ce matin, et, si tel est bien le cas, je vous prie de bien vouloir m'en excuser, je n'ai pas écrit, ou je ne crois pas avoir écrit, que la Foi catholique est totalement absente du Concile, mais j'ai écrit, ou je crois avoir écrit, qu'il n'existe aucun exposé organique, relatif au contenu de la Foi catholique, dans les textes du Concile.

2. Si jamais j'ai écrit ce matin "il n'existe aucun exposé organique, relatif au fondement ou au contenu de la Foi catholique, dans les textes du Concile", eh bien, je le regrette, et je retire "au fondement", car Dei Verbum peut et doit être considéré comme un exposé organique relatif au fondement de la Foi catholique, même si ce n'est pas un exposé organique de facture néo-thomiste post-tridentine, ce qui, je le crois, peut être un constat à peu près objectif.

3. En un sens, pour ainsi dire, téléologique, la Foi catholique est omniprésente dans Dei Verbum et dans Lumen Gentium, et elle est prérequise, ou présupposée, par le Concile, mais il ne me semble pas qu'elle y ait donné lieu à une subdivision thématique explicite et spécifique qui aurait la longueur, par exemple, d'un chapitre de LG ou de GS.

4. Je vous renvoie pour terminer à la lecture de ce qui suit (*) :

"Quelle est la doctrine du II° Concile oecuménique du Vatican sur la foi ? Celui qui pose cette question s'aperçoit tout de suite que le dernier Concile n'a pas laissé à proprement parler un vrai traité sur la foi, comme l'ont fait d'autres Conciles."

(...)

"Nous voulons plutôt faire observer que si le Concile ne traite pas expressément de la foi, il en parle cependant à chaque page, il reconnaît son caractère vital et surnaturel, il la suppose intègre et forte, et c'est sur elle qu'il construit sa doctrine."

"Qu'il suffise de rappeler les affirmations du Concile sur

- la nécessité conjointe de l'Eglise enseignante et de la foi (L G 14, 48),

- le sens de la foi qui, sous la conduite du Magistère sacré, anime le peuple de Dieu tout entier (LG 12),

- la nécessité pour la foi d'être pure, rappelée précisément à propos du dialogue oecuménique (U R 11),

- le rôle des évêques dans l'enseignement des vérités de la foi (C D 36),

- la rencontre de la foi et de la raison dans une unique vérité au niveau des études supérieures (G E 10),

- la nouvelle synthèse, entre l'antique foi et la culture moderne, dont on entrevoit la magnifique possibilité (G S 57),

etc."

"Cela nous montre l'importance capitale que le Concile, en conformité avec la tradition doctrinale de l'Eglise, attribue à la foi, à la vraie foi, celle qui a pour source le Christ et pour canal le Magistère de l'Eglise."

5. L'auteur des lignes qui précèdent, et le Concile avec lui, nous parle-t-il plutôt du contenu de la Foi, ou plutôt de la relation à la foi, ou des relations entre l'Eglise et la Foi, entre les évêques et la Foi, entre la Foi et la raison, et même des relations entre la Foi et la culture moderne ?

6. Je ne dis pas que je vois "où est le problème", mais que je suis le seul à le voir, parce qu'il s'agit d'un problème totalement imaginaire, mais je crois qu'il y a une petite différence entre l'explicitation du contenu de la Foi, et la problématisation magistérielle, aussi légitime et nécessaire soit-elle, de tel ou tel aspect ou enjeu relatif, si j'ose dire, à la relation à la Foi.

(* : Paul VI, in "Demeurez fermes dans la foi", paru aux éditions du Centurion, en 1967, précisément de la page 382 à la page 386.)

7. J'ai pris le soin et le temps de m'exprimer le moins mal possible, je vous remercie par avance pour votre bienveillance et votre compréhension ; chacun de mes messages est amendable ou perfectible, j'en ai bien conscience, et je suis demandeur et preneur, non par humilité démesurée, ni par masochisme, mais par conscience de mes limites, de toute remarque ou suggestion, même critique.

8. Et surtout, j'espère ne pas vous donner l'impression que je "pinaille", d'une manière gratuite ou spécieuse, au moyen d'une distinction entre contenu de la Foi et relation à la Foi, parce que, même si c'est l'impression que je donne, ce n'est pas du tout l'intention qui inspire ce message.

Bonne fin de dimanche, bon début de semaine, et à bientôt sur le FC.

Scrutator.
images/icones/1v.gif  ( 726115 )Merci pour ces explications: par Yves Daoudal (2013-07-08 10:15:59) 
[en réponse à 726091]

Nous sommes donc d'accord, sur un total désaccord.

Je ne vois pas du tout quel intérêt il y aurait eu de réunir un concile au XXe siècle pour recopier le Credo, ou le catéchisme.

L'exposé sur la foi a cependant été fait, mais après le concile, et donc en tenant compte des avancées doctrinales du concile, c'est le Catéchisme de l'Eglise catholique.
images/icones/fleche2.gif  ( 725949 )Un commentaire sur le Salon Beige par zejack (2013-07-05 18:33:16) 
[en réponse à 725897]

Un commentaire sur le Salon Beige :
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2013/07/lencyclique-et-les-auteurs-de-la-modernit%C3%A9.html
images/icones/hum2.gif  ( 725960 )Rédigé par "Franciscus" par AVV-VVK (2013-07-05 21:34:49) 
[en réponse à 725897]

sans la mention ajoutée "pp."
images/icones/carnet.gif  ( 725991 )On sent le style Benoît XVI par Jean-Paul PARFU (2013-07-06 09:13:48) 
[en réponse à 725960]

de toute façon, tout au long de l'encyclique !
images/icones/neutre.gif  ( 726000 )On perçoit également l'inspiration augustinienne. par Scrutator Sapientiæ (2013-07-06 10:41:25) 
[en réponse à 725991]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

1. Je viens de finir de lire l'encyclique, caractérisée par une grande élégance, une grande fluidité, et très accessible, dans l'ensemble ; il s'agit d'une encyclique de clarification panoramique, communicable à tous et compréhensible par tous, y compris par des catholiques qui ne seraient pas habitués à lire des documents du Magistère.

2. Il semble s'agir d'une encyclique "à quatre mains" : l'une des deux mains du pape Benoît XVI a servi à tenir le stylo et à rédiger le document, l'autre de ses deux mains a servi à maintenir chaque feuille en position adéquate, et les deux mains du pape François ont servi, au fur et à mesure, à lui fournir le papier.

3. Encore plus sérieusement, on perçoit, à la lecture de ce texte, une inspiration augustinienne qui est située aux antipodes de ce que j'appelle le "gaudium-et-spisme", même si elle n'est pas située à l'opposé de ce que l'on peut trouver dans la totalité de la première partie de Gaudium et Spes ; le nom de Saint Augustin est cité à treize reprises dans Lumen Vitae.

4. Lumen Vitae peut constituer une excellente introduction à la relecture du Catéchisme de l'Eglise catholique ou du Compendium du Catéchisme.

Il ne reste "donc" plus aux catholiques qui, pour le faire, pourront toujours prendre appui sur Lumen Vitae, qu'à demander à leurs évêques de contribuer concrètement à la mise en place de petits groupes de redécouverte de la Foi catholique dans les paroisses...

5. Fides et Ratio et Dominus Iesus sont cités par le pape François, auteur nominal et officiel de Lumen Vitae ; dans le cas de Dominus Iesus, c'est suffisamment rare pour être signalé et souligné...

6. On peut toujours, évidemment, déplorer ou regretter certaines absences, dans ce type de document, mais je ne vois pas en quoi on peut dénoncer ce qui y est présent ; je pense que vous comprenez à quelle réaction potentielle à venir je fais ici allusion.

Merci bien de me dire ce que vous en pensez, bonne journée et à bientôt.

Scrutator.