« Car la messe est vraiment la passion de Jésus, sacramentellement présente. De là découle l’esprit chrétien. Communier, c’est communier à l’esprit de sacrifice de Jésus. Célébrer, c’est s’unir personnellement au sacrifice de Notre Seigneur Jésus Christ. L’esprit catholique n’est que l’esprit de sacrifice qui est complètement perdu dans l’Eglise Conciliaire. » Mgr Tissier de Mallerai
« Ce Directoire est un document d’édification et de sanctification pour les prêtres qui vivent dans un monde en grande partie sécularisé et indifférent. Ce texte est avant tout destiné, par le biais des évêques, aux prêtres de l’Église latine, même si nombre de ses contenus peuvent s’avérer bénéfiques à ceux qui appartiennent à d’autres rites. Ses directives s’adressent en particulier aux prêtres du clergé séculier diocésain, bien que, nombre d’entre elles doivent être tenues en compte avec les adaptations nécessaires, par les prêtres membres des Instituts religieux et des Sociétés de vie apostolique. » (…)
« Agissant in persona Christi Capitis, le prêtre devient le ministre des actions salvifiques essentielles ; il transmet les vérités nécessaires au salut et fait paître le Peuple de Dieu, en le conduisant vers la sainteté.[33]
La configuration du prêtre au Christ ne s’opère pas uniquement par l’activité évangélisatrice, sacramentelle et pastorale. Elle se vérifie également dans l’oblation de soi et dans l’expiation, autrement dit, en acceptant avec amour les souffrances et les sacrifices propres au ministère sacerdotal.[34]L’apôtre saint Paul a exprimé cette dimension qualifiante du ministère avec cette célèbre expression : « Je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l’Église » (Col 1, 24). » (…)
« 66. Si le service de la Parole est l’élément fondamental du ministère du prêtre, le cœur et le centre vital en est constitué sans aucun doute par l’Eucharistie qui est surtout la présence réelle dans le temps de l’unique et éternel sacrifice du Christ.[281]
Mémorial sacramentel de la mort et de la résurrection du Christ, représentation réelle et efficace de l’unique Sacrifice rédempteur, source et sommet de la vie chrétienne et de toute évangélisation,[282] l’Eucharistie est principe, moyen et fin du ministère sacerdotal, puisque « tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont étroitement liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle ».[283] Consacré pour perpétuer le Saint Sacrifice, le prêtre manifeste ainsi de la manière la plus évidente son identité.[284]
En effet, il existe une connexion intime entre la centralité de l’Eucharistie, la charité pastorale et l’unité de vie du prêtre.[285] Dans cette connexion, il trouve les indications décisives pour l’itinéraire de sainteté auquel il est spécifiquement appelé.
Puisque le ministre prête au Christ, Prêtre Souverain et Éternel, son intelligence, sa volonté, sa voix et ses mains afin qu’à travers son ministère, Il puisse offrir au Père le sacrifice sacramentel de la rédemption, il devra aussi faire siennes les dispositions du Maître et, comme Lui, vivre comme don pour ses frères. Il devra par conséquent apprendre à s’unir intimement à l’offrande, déposant sur l’autel du sacrifice sa vie entière, comme signe de l’amour gratuit et prévenant de Dieu. »
« Comme Abraham, le prêtre devient également « le père d’un grand nombre de peuples » (Rm 4, 18) et découvre dans la croissance chrétienne qui fleurit autour de lui, la récompense pour les fatigues et les souffrances de son service quotidien. » (…)
« Aussi le prêtre devra agir dans un esprit d’accueil et de joie, fruit de son union avec Dieu dans la prière et le sacrifice, élément essentiel de sa mission évangélisatrice, et se faire tout à tous (cf. 1Co 9, 19-23) afin de les gagner au Christ. » (…)
« 48. Il est encourageant de remarquer aujourd’hui qu’une immense majorité de prêtres de tous les âges exercent leur ministère sacré dans un engagement plein de joie, souvent fruit d’un héroïsme silencieux, travaillant jusqu’au bout de leurs forces et sans voir parfois les fruits de leur labeur. » (…)
« La prière même de Jésus à Gethsémani (cf. Mt 26, 36-44), tendue vers le sacrifice sacerdotal du Golgotha, nous donne l’exemple de la manière dont « notre sacerdoce doit être profondément lié à la prière: enraciné dans la prière ».[197]
Nés de ces prières et appelés à renouveler de manière sacramentelle et sans effusion de sang un sacrifice qui en est inséparable, les prêtres maintiendront vivant leur ministère par une vie spirituelle à laquelle ils accorderont une prééminence absolue, en évitant de la négliger du fait de leurs activités. » (…)
« Les prêtres réaliseront cette unité de vie en s’unissant au Christ dans la découverte de la volonté du Père, et dans le don d’eux-mêmes pour le troupeau qui leur est confié. Assumant ainsi le rôle du Bon Pasteur, ils trouveront dans l’exercice de la charité pastorale le lien de la perfection sacerdotale qui assure l’unité de leur vie et de leur action » (…)
« Il est donc nécessaire que le prêtre organise sa vie de prière pour que n’y manque jamais: la célébration eucharistique quotidienne,[200]unie à une préparation et une action de grâces adéquates; la confession fréquente[201]et la direction spirituelle déjà pratiquée au séminaire ; et souvent auparavant[202]la célébration complète et fervente de la Liturgie des Heures,[203]à laquelle il est quotidiennement tenu ;[204]l’examen de conscience ;[205]l’oraison mentale proprement dite ;[206]la lectio divina ;[207]des moments prolongés de silence et de colloque divin, principalement durant les exercices spirituels et les récollections périodiques ;[208]les expressions précieuses de la dévotion mariale comme le chapelet ;[209]le chemin de Croix et les autres exercices de piété ;[210]la fructueuse lecture hagiographique[211]etc. La bonne organisation de son temps, pour l’amour de Dieu et de l’Église, permettra certainement au prêtre de conserver une solide vie de prière. En effet, on conseille au prêtre, avec l’aide de son directeur spirituel, de respecter avec constance ce programme de vie qui lui permettra de grandir intérieurement dans un contexte où les nombreuses exigences de la vie pourraient l’induire fréquemment à l’activisme et à négliger la dimension spirituelle. »
« 67. Le prêtre est appelé à célébrer le saint sacrifice eucharistique, à méditer constamment sur ce qu’il signifie et à transformer sa vie en une eucharistie qui se manifeste par son amour du sacrifice quotidien, surtout dans l’accomplissement de ses devoirs d’état. L’amour pour la croix conduit le prêtre à devenir lui-même une offrande agréable au Père par le Christ (cf. Rm 12, 1). Aimer la croix dans une société hédoniste est un scandale ; toutefois, dans une perspective de foi cela devient une source de vie intérieure. Le prêtre doit prêcher la valeur rédemptrice de la croix par son style de vie.
Il est nécessaire de rappeler la valeur irremplaçable qu’a pour le prêtre la célébration quotidienne de la Messe, - « source et sommet »[286] de la vie sacerdotale, même sans le concours des fidèles.[287] À ce propos, Benoît XVI enseigne : « Je recommande aux prêtres, avec les Pères du Synode, “la célébration quotidienne de la Messe, même sans la participation de fidèles”. Cette recommandation correspond avant tout à la valeur objectivement infinie de chaque célébration eucharistique ; elle en tire ensuite motif pour une efficacité spirituelle particulière, parce que, si elle est vécue avec attention et avec foi, la Messe est formatrice dans le sens le plus profond du terme, en tant qu’elle promeut la conformation au Christ et qu’elle affermit le prêtre dans sa vocation ».[288]
Il la vivra comme le moment central de sa journée et de son ministère quotidien, fruit d’un désir sincère et occasion d’une rencontre profonde et efficace avec le Christ. Dans l’Eucharistie, le prêtre apprend à se donner chaque jour, non seulement dans les moments de grande difficulté, mais également dans les petites contrariétés quotidiennes. Cet apprentissage se reflète dans l’amour qu’il met à se préparer au Saint Sacrifice pour le vivre avec piété, sans hâte et dans le respect des normes liturgiques et des rubriques afin que les fidèles en reçoivent une authentique catéchèse.[289] »
Voir à ce sujet la précision que Mgr Lefebvre avait apporté à sa déclaration de 1974 lors de sa lettre à l'abbé de Nantes en 1975 et intitulé "si un évêque rompt avec Rome, ce ne sera pas moi !" (l'abbé de Nantes, à l'époque poussait Mgr Lefebvre à rompre avec Rome).
Il était à prévoir que capituleraient à la première injonction de l’Autorité supérieure, tous ceux qui juraient de résister à l’emprise du MASDU, de rester fidèles à l’Église de leur baptême, à la Messe de leur ordination, au Credo de Nicée… mais “ en parfaite communion avec le Souverain Pontife ”, dans “ une soumission totale à ses volontés ”. (…) Alors demeure l’ultime remède, l’héroïque, le seul que craigne Celui qui a sciemment et opiniâtrement inverti le sens de sa mission divine et apostolique. Il faut qu’un évêque, lui aussi successeur des Apôtres, membre de l’Église enseignante, collègue de l’Évêque de Rome et comme lui ordonné au bien commun de l’Église, rompe sa communion avec lui tant qu’il n’aura pas fait la preuve de sa fidélité aux charges de son suprême pontificat.
Mais cela ne gêna pas l'abbé de Nantes pour prétendre ensuite qu'il n'avait jamais demandé à Mgr Lefebvre de rompre avec Rome.
Le premier avait trait à la rupture, estimée par vous souhaitable, d’un Évêque avec Rome. Sans doute aucune allusion explicite n’était faite. Cependant dans les lignes qui suivaient vous citiez mon nom à l’occasion du pèlerinage du Credo.
Les lecteurs peu avertis ont immédiatement fait le rapprochement entre celui que vous nommiez et les lignes qui précédaient. Ce procédé est odieux. Sachez que si un Évêque rompt avec Rome ce ne sera pas moi. Ma « Déclaration » le dit assez explicitement et fortement.
Réponse
par Mgr Marcel Lefebvre
Mgr Marcel Lefebvre a décidé de faire à M. l’abbé de Nantes une seule réponse, et seulement publique, par l’intermédiaire d’ « Itinéraires ».
Cher Monsieur l’Abbé,
Vous reconnaîtrez, je pense, que ce n’est pas moi qui ai souhaité que nous échangions des lettres qui deviennent publiques. Je vous l’ai déjà écrit. Les débats de ce genre ne font qu’affaiblir les forces spirituelles dont nous avons besoin pour combattre l’erreur et l’hérésie.
L’indélicatesse de votre procédé est telle que je serais demeuré silencieux si vous n’aviez pas dans vos deux dernières publications écrit des articles très insidieux et pouvant me causer préjudice.
Le premier avait trait à la rupture, estimée par vous souhaitable, d’un Évêque avec Rome. Sans doute aucune allusion explicite n’était faite. Cependant dans les lignes qui suivaient vous citiez mon nom à l’occasion du pèlerinage du Credo.
Les lecteurs peu avertis ont immédiatement fait le rapprochement entre celui que vous nommiez et les lignes qui précédaient. Ce procédé est odieux. Sachez que si un Évêque rompt avec Rome ce ne sera pas moi. Ma « Déclaration » le dit assez explicitement et fortement.
Et c’est à son propos que je dois vous dire aussi mon entier désaccord avec les commentaires que vous y avez joints dans votre dernier numéro, qui expriment ce que vous souhaitez, ce que vous voudriez y voir, mais non ce qui est.
Nous pensons que lorsque l’Apôtre Paul a adressé des reproches à Pierre il a gardé et même manifesté envers le chef de l’Église l’affection et le respect qui lui sont dus. Saint Paul était, en même temps, « avec » Pierre chef de l’Église qui au Concile de Jérusalem avait donné des prescriptions claires, et « contre » Pierre qui dans la pratique agissait à l’opposé de ses propres instructions. Ne sommes-nous pas tentés d’éprouver ces sentiments aujourd’hui, en maintes occasions ? Mais cela ne nous autorise pas à mépriser le successeur de Pierre, et doit nous inciter à prier pour lui avec une ferveur toujours plus grande.
Avec le Pape Paul VI nous dénonçons le néo modernisme, l’auto-démolition de l’Église, la fumée de Satan dans l’Église et en conséquence nous refusons de coopérer à la destruction de l’Église par la propagation du modernisme et du protestantisme en entrant dans les réformes qui en sont inspirées même si elles nous viennent de Rome.
Comme j’ai eu l’occasion de le dire récemment à Rome à propos du Concile Vatican II : le Libéralisme a été condamné pendant un siècle et demi par l’Église. Il est entré dans l’Église à la faveur du Concile. L’Église se meurt des conséquences pratiques de ce libéralisme. Nous devons donc tout faire pour aider l’Église et ceux qui la gouvernent à se dégager de cette emprise satanique.
Voilà le sens de ma « Déclaration ».
Quant à vos illogismes et au fait que vous ne m’ayez pas rencontré à Écône, je n’en parlerai pas, ce sont des vétilles à côté du problème capital que je viens d’évoquer.
Veuillez agréer, cher Monsieur l’Abbé, mes sentiments respectueux et cordialement dévoués in Christo et Maria.
Marcel Lefebvre,
le 19 mars 1975
en la fête de saint Joseph.
C'est d'ailleurs pourquoi, nous avons tous ressenti comme un coup de poignard dans le dos, le fait qu'ensuite le même abbé de Nantes ait reproché à Mgr Lefèbvre de ne pas s'être soumis lorsqu'il fut injustement et illicitement condamné.
Mettre en parallèle 2 déclarations séparées par près de 15 années et faites dans des circonstances très différentes n'est pas très rigoureux.
De quelles deux déclaration parlez-vous ?
Notre vocation n'est pas d'inoculer un vaccin antimoderniste à l'Eglise Conciliaire ... nous portons l'Eglise.
Dans notre exil nous portons l'Eglise
Nous sommes des porteurs de l’Eglise.. Nous ne sommes pas n’importe quoi Nous ne sommes pas une secte, nous ne sommes pas une petite Eglise dont on ne revient jamais à la grande Eglise. Bien sur d’accord nous ne sommes pas cela Nous ne sommes pas une Eglise parallèle, depuis les sacres épiscopaux ; L’Eglise parallèle, elle est ailleurs, suivez mon regard… Nous sommes de l’Eglise Catholique… avec la Rome éternelle…
C'est beau comme du LHR!
"[…] L’Eglise, ça n’est pas un simple concept en l’air. Dieu est Esprit, il veut des adorateurs en esprit et en vérité. Et nous ayant faits avec un corps et une âme, il veut que sa religion ait quelque chose de sensible, de visible, de tangible. Et c’est ainsi qu’est son Eglise, son Eglise qui sauve, son Eglise surnaturelle, eh bien elle est visible. Elle est visible.
On peut dire l’essentiel n’est pas là, l’essentiel reste du côté de l’invisible, mais néanmoins cet élément, il est là. Nous sommes comme ça. Notre âme c’est l’essentiel en nous, mais on a un corps.
On touche du doigt tout le mystère de l’Eglise. Et cette Eglise, pas seulement comme maison ici, l’Eglise comme telle, il faut l’aimer tout autant. Peut-être même, faut-il dire, plus que le simple lieu physique. Et cette Eglise c’est encore Notre-Seigneur, mais cette fois-ci Notre-Seigneur qui s’est uni , qui s’est incorporé les âmes, par le baptême. Cette église, on y a consacré les piliers, douze piliers, ses apôtres, c’est l’expression de la hiérarchie […]"