Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=724411
images/icones/vatican.gif  ( 724411 )Il y a 74 ans : l'Action Française faisait sa soumission à Rome par Candidus (2013-06-18 00:24:56) 

Je dédie ce document à tous ceux qui continuent d'accréditer le mythe d'un Pie XII réparant une injustice commise par son prédécesseur :

"Nous osons demander au Père qui tient les clefs de la miséricorde et de la justice, de daigner considérer, en terminant l'examen déjà commencé par Sa Sainteté Pie XI, si, selon Son jugement souverain, les JUSTES MOTIFS DE PROHIBITION ayant, ce nous semble, cessé d'exister, celle-ci ne pourrait légitimement tomber à son tour."

"Nous exprimons la plus sincère tristesse de ce qui, dans les polémiques et controverses ANTERIEURES et postérieures au décret de condamnation du Saint-Office, le 29 décembre 1926, a paru et A ETE de notre part irrespectueux, injurieux et même injuste envers la personne du Pape, envers le Saint-Siège et la hiérarchie ecclésiastique, et contraire au respect que tous doivent avoir pour toute autorité dans l'Eglise."


Léon Daudet, co-directeur de L'Action Française ; Ch. Mauras, co-directeur de L'Action Française ; Maurice Pujo, rédacteur en chef de L'Action Française ; Paul Robain ; Jacques Delebecque ; F. de Lassus ; Robert de Boisfleury, administrateur délégué de L'Action Française ; Général de Partouneaux, président du Conseil d'administration ; M. de Roux, avocat, leur défenseur et conseil.
images/icones/1i.gif  ( 724412 )n'étant pas au fait des choses royalistes par jejomau (2013-06-18 06:58:37) 
[en réponse à 724411]

j'ose demander : que ce soit Pie XI ou Pie XII, quelle importance ???????????
images/icones/vatican.gif  ( 724416 )Le problème de l'AF par Candidus (2013-06-18 08:55:38) 
[en réponse à 724412]

Il est de bon ton parmi certains traditionalistes de nier que la doctrine et la praxis de l'AF étaient entachées de graves erreurs. Ces disciples de Mauras en veulent pour preuve le fait que l'AF condamnée par Pie XI aurait été réhabilitée par Pie XII. Pie XII aurait donc corrigé l'injustice commise par Pie XI. Or ce n'est pas ce que disent les documents relatifs à la levée (partielle) de cette condamnation.
images/icones/neutre.gif  ( 724420 )Tradis et l'AF selon le père Calmel par Pèlerin (2013-06-18 09:55:46) 
[en réponse à 724416]

bonjour monsieur,
il est surtout de bon ton pour les tradis de se rappeler ce qu'écrivait le père Calmel dans itinéraire 184, de se souvenir de la purge au séminaire où Mgr Lefebvre étudiait (père le Floch), et de relire l'église occupée.

Père Calmel :

entre les deux modernismes, il y eut la sauvage condamnation de l’Action Française ; dans cette affaire lamentable un pape très autoritaire n’arriva pas à comprendre que ses opérations répressives étant menées comme il le faisait, n’auraient d’autre issue que désastreuse : d’abord l’écrasement des catholiques attachés au Syllabus, ensuite l’avènement d’un épiscopat non opposé aux erreurs modernes ; quant à la fameuse Action catholique elle n’y trouverait d’autre avantage que de se politiser et de s’infléchir dans la direction du socialisme.



Ploncard d'Assac (Jacques) l'explique très bien dans l'Eglise occupée, en montrant comment cette condamnation va ouvrir grand la porte au modernisme, en leur laissant les commandes.
images/icones/fleche3.gif  ( 724422 )Possibilité d'une distinction par Candidus (2013-06-18 10:01:57) 
[en réponse à 724420]

On peut effectivement considérer que la condamnation n'était pas opportune, mais en aucun cas que l'AF n'était pas condamnable.

Je n'ai rien contre ceux qui défendent la thèse de l'inopportunité de la condamnation, je constate malheureusement que l'on entend bien souvent des discours qui tendent à innocenter Maurras et ses disciples des déviations qui leur ont été reprochées à juste titre par le magistère et qu'eux-mêmes ont fini par reconnaître.
images/icones/neutre.gif  ( 724432 )Erreur de perspective... par Justin Petipeu (2013-06-18 11:00:26) 
[en réponse à 724422]

le problème c'est surtout qu'à Rome, on a voulu voir dans l'AF un mouvement religieux. Le prétexte de la condamnation fut d'ailleurs des ouvrages écrits à la fin du XIXème siècle, ce qui semble un peu long à la détente. Que Pie XI et certains évêques s'inquiétassent de voir une partie de la jeunesse catholique suivre l'AF, cela ne peut se comprendre que si l'on considère que l'AF fut un mouvement politico-religieux, ce qu'elle n'était pas. Quant'aux erreurs prétendues de Maurras, c'est une fumisterie, le bonhomme se gardant bien de contredire l'Eglise en quoi que ce soit sur le plan politique, ce qui fut le seul plan sur lequel il s'exprima.
Que je sache, les catholiques d'Action Française qui paratgeaient la doctrine politique de Maurras n'étaient pas plus mauvais chrétiens que les autres.
On retrouve exactement ce même problème d'intégralisme chrétien avec les récentes manifestations contre le mariage homo. Si vous n'avez pas de bannière alors c'est que vous êtes un mauvais...bientôt il faudra réciter des rosaires contre les radars automatiques.
Quant'à la délirante condamnation des lecteurs de l'AF, cela ne mérite même pas qu'on s'y attarde tant elle paraît aujourd'hui ignoble et déplacée.
images/icones/hum2.gif  ( 724472 )Si je vous comprends bien... par Candidus (2013-06-18 19:45:20) 
[en réponse à 724432]

...lorsque le comité directeur de l'AF signe une déclaration reconnaissant qu'il y avait dans leur doctrine de "justes motifs de prohibition" qu'ils déplorent et renient, ces messieurs mentent ; ces messieurs font preuve d'opportunisme ; pour eux, la fin (améliorer leur image) justifie les moyens (mentir, se renier) ?

Cher Justin, mon opinion sur l'AF et ceux qui la dirigeaient au moment des sanctions romaines est sévère et sans ambiguïté, eh bien voyez-vous, je pense que néanmoins, j'ai une meilleure opinion de ces messieurs que celle dont votre message témoigne.
images/icones/musique.gif  ( 724486 )Plaisanterie... par Justin Petipeu (2013-06-18 23:08:56) 
[en réponse à 724472]

Vous ergotez sur les mots d'un communiqué de courtoisie quand tous les historiens sérieux reconnaissent que les sanctions furent levées sans aucune condition doctrinale ! Et d'ailleurs, il eût été bien difficile d'en trouver une...vu que ni les uns ni les autres ne parlaient dans le même domaine.
images/icones/neutre.gif  ( 724493 )Cela reste à voir par Meneau (2013-06-19 00:03:52) 
[en réponse à 724486]


tous les historiens sérieux reconnaissent que les sanctions furent levées sans aucune condition doctrinale !



Je me demande bien comment on peut dire que "les sanctions furent levées sans aucune condition doctrinale" lorsque le St Office écrit :


Du jour de la promulgation de ce Décret, l’interdiction de lire et de posséder le susdit journal L’Action Française est levée, restant interdits les écrits recensés jusque ici dans l’Index des livres interdits ;



Toutes les sanctions ne semblent pas avoir été levées ! La sanction touchant le journal L'Action française, oui ! Mais la sanction touchant les 4 oeuvres de Charles Maurras assurément non !

Mais j'ai une question subsidiaire : cette levée d'interdiction touche-t-elle uniquement les numéros futurs du journal, ou bien également ceux passés, qui avaient eux-mêmes été mis à l'Index ? Autrement dit la phrase "Restant interdits les écrits recensés jusque ici dans l'Index" inclue-t-elle les éditions précédentes du journal ?

Cordialement
Meneau

images/icones/hein.gif  ( 724499 )La traduction... par Jérusalem (2013-06-19 08:03:19) 
[en réponse à 724493]

...de Clerus est-elle officielle ?

La version que j'ai toujours lue de ce texte indique :

A dater du jour de la promulgation du présent décret, la défense de lire et de conserver le journal L'Action Française est levée, restant prohibés les numéros mis jusqu'à ce jour à l'Index des livres prohibés



Ce qui me semble plus fidèle que "écrit" comme traduction de folium, et présente en outre l'avantage de répondre à votre question subsidiaire.

De toute manière, le décret n'évoque à aucun moment les (4 ? 5 ? 7 ?) livres de Maurras mis à l'Index, mais uniquement le journal : il n'y aucune raison de penser que cette précision ("restant interdits...") concerne autre chose que les numéros passés.
images/icones/livre.gif  ( 724417 )Au lieu de lire le fiel de Candidus par Jean-Paul PARFU (2013-06-18 08:56:48) 
[en réponse à 724412]

lire les documents sur ce sujet ici
images/icones/hein.gif  ( 724421 )Et en quoi ce document serait-il moins "fielleux"... par Candidus (2013-06-18 09:55:57) 
[en réponse à 724417]

que la synthèse que j'en ai faite ?
images/icones/2a.gif  ( 724431 )Ce n'est pas le document qui est fielleux par Jean-Paul PARFU (2013-06-18 10:42:57) 
[en réponse à 724421]

C'est votre commentaire qui l'est !

En ce qui me concerne, je ne suis pas un "fan" de l'Action Française, mais sa condamnation était particulièrement inopportune. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle St Pie X ne la condamna finalement pas.

La condamnation fut même une erreur, puisqu'elle a été comprise à l'époque (et l'est toujours aujourd'hui chez les Modernistes) comme la condamnation, au-delà du mouvement lui-même, de la Tradition dans l'Eglise.

En tout état de cause, elle eut comme premier effet le renvoi de tous les directeurs de séminaires qui déplaisaient à la République française, comme le père Le Floch au séminaire français de Rome.

En un mot, au moment même où Pie XI publiait son encyclique "Quas Primas" contre le laïcisme et pour le Christ-Roi, il persécutait ou abandonnait (les christeros au Mexique) ceux qui en étaient les plus ardents propagateurs.

Quant à la soi-disante soumission de l'Action Française, il s'agit seulement d'un geste des dirigeants de ce mouvement demandé par le St Siège, de manière à ce que ce dernier puisse faire disparaître cette sanction imbécile sans perdre la face.

Il est vrai qu'au moment du nazisme et du communisme triomphants et du déclenchement imminent de la Seconde Guerre mondiale, on avait d'autres choses à faire que de maintenir une condamnation "baroque" contre un mouvement désuet de bourgeois à particules, de vieux colonels et de contesses vielles filles comme l'Action Française !
images/icones/fleche2.gif  ( 724434 )conséquences de la condamnation par Ignacio (2013-06-18 13:24:16) 
[en réponse à 724431]

La condamnation a ouvert un boulevard au modernisme et à toutes les aberrations subséquentes. Cette réalité d'une évidence solaire n'est pas du tout une sorte de revendication lucide fabriquée par des hommes meurtris.

Il faut citer pour juger de façon impartiale, ceux à qui elle a bénéficié :" Sans l'interdiction de l'Action Française, "Esprit",n'eût pas été possible...
La perte par l'Action Française de sa direction politique et de son autorité policière a libéré las forces anti-intégristes et antinationalistes qui ont porté le Projet "Esprit". (Histoire politique de la revue Esprit 1930-1950, page 37, Michel Winock)

Je n'ai jamais rencontré d'ouvrages qui recensent le concert de louanges des sillonnistes, démocrates-chrétiens ou autres à propos de la condamnation. Ce serait bien utile pour être vraiment objectif, surtout lorsque l'on sait que Maritain intervient directement à l'archevéché de Paris pour empêcher la condamnation d'Esprit.
La condamnation de Sept et Temps Présent n'aura aucun effet sur le développement du modernisme et de la Révolution dans l'Eglise de France
images/icones/1w.gif  ( 724439 )L'erreur de Pie XI par Jean-Paul PARFU (2013-06-18 14:13:21) 
[en réponse à 724434]

Pie XI était un homme encore sain sur le plan doctrinal, mais il était un homme autoritaire qui n'avait pas un grand sens politique.

Son attitude vis-à-vis du Padre Pio, donc sur un plan pleinement religieux cette fois, fut aussi vraiment incompréhensible.

A partir de 1930, le cardinal Pacelli (futur Pie XII), nommé Cardinal-secrétaire d'Etat, lui évitera beaucoup de mauvais choix !

Pie XI vivait dans un contexte italien où il y avait les Fascites de Mussolini d'un côté et une sorte de "pré-démocratie-chrétienne" de l'autre.

En fait, il a pris la France pour l'Italie, pensant, mal conseillé, démolir une sorte de fascisme à la française, afin de favoriser une pré-démocratie-chrétienne à la française.

Seulement, pour des raisons historiques, la situation française n'était pas la situation italienne. En France, ce n'était pas ou l'Action Française ou la démocratie-chrétienne, mais ou l'Action Française (avec ses défauts, c'est vrai) ou le Modernisme !

Car ce que les descendants spirituels de l'Action Française appellent la démocratie-chrétienne, n'est, en réalité, que le Modernisme, parce qu'en France, la démocratie-chrétienne à l'allemande, à l'italienne, n'a jamais ou pour ainsi dire jamais, pu se développer, à l'exception d'hommes comme Robert Schuman, par exemple.

Pour bien comprendre, lire aussi ici et
images/icones/fleche2.gif  ( 724446 )Et là ! par Jean-Paul PARFU (2013-06-18 14:30:26) 
[en réponse à 724439]

Et
images/icones/neutre.gif  ( 724461 )merci maître par Aigle (2013-06-18 17:09:46) 
[en réponse à 724439]

je connais votre savante distinction entre la DC française et ses homologues étrangères. Je ne suis pas calé en histoire pour approuver sans réserve votre analyse qui me semble néanmoins intéressante et crédible.

Je crois qu'il y a un autre problème "dans nos milieux" : on y a du mal à rejeter entièrement le fascisme et tous nos amis ne partagent pas l'idée que les papes Pie XI et XII aient discrètement mais fermement combattu Mussolini.
images/icones/hum2.gif  ( 724501 )Autres purges à Rome par PEB (2013-06-19 08:23:53) 
[en réponse à 724439]

Pie XI a aussi marqué profondément les évolutions du séminaire français de Rome. A partir de 1934-1935 (donc quelques années après les études de Mgr Lefebvre), la scolarité y a été profondément remaniée. L'examen final qui était une sorte d'agrégation (un oral sur environ 200 questions possibles) fut remplacé par un mémoire de recherche personnelle.

(Je tiens ce témoignage de feu un grand-oncle prêtre ancien élève.)

Cette rupture se conçoit dans la volonté de fournir un clergé d'élite plus en prise avec les problèmes du temps. Ce dialogue avec la modernité voulut par Pie XI fut prolongé par Pie XII et ses successeurs.

(La formation par la recherche revient à dire que l'art de bien poser la question est plus important que la réponse. Cet attitude universitaire est parfaitement moderne et contre-thomiste.)

En tous cas, cette expurgation des éléments intégristes du clergé et de leurs soutiens laïcs était donc sans doute l'objet d'une politique délibérée. La réhabilitation est venu à un moment où l'Action Française, devenue inoffensive sur le plan religieux (c'est-à-dire non concurrente de l'action catholique et des mouvements connexes), apparaissait comme un mouvement purement politique.

Le Tradiland, en particulier en France, est-il, à la lumière des évènements d'il y a 80 ans, cette sorte d'archipel des enfants perdus d'un catholicisme résolument contre-révolutionnaire mais privé de champ politique d'intervention?
images/icones/neutre.gif  ( 724436 )deux alertes par Aigle (2013-06-18 13:54:34) 
[en réponse à 724411]

chers liseurs

permettez moi d'appeler votre attention sur deux points.

Primo l'accusation de maurrassisme (ou plus largement de confondre politique et religion, temporel et spirituel) est la critique la plus fréquemment lancée contre les milieux catholiques traditionnels (mgr Vingt Trois, Seneze). Critique suscitant à chaque fois l'indignation de certains liseurs. Pourtant quand on lit ce fil on l'impression qu'elle n'est pas infondée... plus encore que St Thomas d'équin ou Mgr Lefebvre, Maurras semble être sinon le Dieu du moins le messie de certains d'entre nous.

Secundo Maurras n'était pas catholique comme chacun sait mais agnostique (même si une pieuse légende court sur sa conversion ultime). il est toujours surprenant de voir des catholiques qui s'interrogent pour savoir si un pape a baisé le Coran accepter de mettre leur pas dans les pas d'un agnostique avoué !

L'AF ne voyait dans l'Eglise que l'auxiliaire d'un projet de reconstruction et politique est sociale qui avait certes sa légitimité sur le plan politique et social mais ne peut être pris au sérieux sans de sérieuses amodiations par des catholiques.
images/icones/coeur.gif  ( 724438 )Saint Thomas d'équin par Rémi (2013-06-18 14:12:07) 
[en réponse à 724436]

Pour franchir les obstacles de la théologie, dresser nos esprits à la méthode scolastique et s'atteler à chercher la vérité !

Rémi
- équinate taquin
images/icones/neutre.gif  ( 724443 )N'importe quoi par Lux (2013-06-18 14:22:02) 
[en réponse à 724436]

1) L'accusation de maurrassisme n'a aucun sens dans la mesure où l'immense majorité des traditionalistes (dont vous faites partie) ne connaît rien à Maurras et à ses écrits, et n'en a pas grand chose à faire, à tort ou à raison.

2) Maurras n'était pas catholique : l'argument est plus que vil. Comme si seuls les catholiques étaient dignes d'être écoutés ! La foi est en partie un don. Ce qu'on demande aux hommes, c'est d'être de bonne volonté ; on ne force personne à être catholique. Lisez les lettres de Maurras à l'abbé Penon : vous verrez combien il voulait croire et combien il était honnête avec l'Eglise.
Enfin, Saint-Thomas, que vous semblez admirer à raison, a commenté une partie des oeuvres d'Aristote, dont il a repris de nombreux raisonnements. Aristote était très éloigné du catholicisme (certes, c'était avant) et nombre de ses pensées sont strictement contraires à la théologie catholique. Alors, pourquoi l'admiration de Saint Thomas, et partant de toute l'Eglise, pour un tel païen ?

3) Votre dernière affirmation, gratuite, ne repose sur rien et n'amène donc pas de réponse, si ce n'est la constatation qu'elle est, d'un bout à l'autre, le reflet de votre absence totale de connaissances à ce sujet.
images/icones/neutre.gif  ( 724463 )Seneze et Mgr Vingt Trois par Aigle (2013-06-18 17:14:09) 
[en réponse à 724443]

Si Seneze et Mgr Vingt Trois vous lisent , ils vont être confirmés dans leur préjugé. Tradi=maurrassien.
images/icones/neutre.gif  ( 724466 )RàF!! par Rudy (2013-06-18 18:05:11) 
[en réponse à 724463]

pensez librement, sans penser à ce que les gens penseront de ce que vous penseriez
images/icones/fleche2.gif  ( 724444 )AF comme "milieu" et non comme "mouvement" Aigle ! par Jean-Paul PARFU (2013-06-18 14:26:13) 
[en réponse à 724436]

Au-delà de Maurras, de son agnosticisme et de ses nombreuses aventures avec des comtesses que taisent ses admirateurs, c'est tout un milieu social, un héritage philosophique et théologique qui étaient visés.

Comme les Lustiger, Vingt-Trois et Cie ne peuvent s'en prendre directement à St Thomas d'Aquin, ils s'en prennent à Maurras, de surcroît soupçonné de collaborationnisme, ce qui est plus facile pour discréditer un milieu et à travers lui, en réalité, toute la Tradition catholique et contre-révolutionnaire !

Un patron avocat m'avait dit un jour à propos de la procédure civile : "elle est comme le flacon qui contient le nectare. Certes, le flacon n'a pas toujours une fugure très avenante, mais vous devez faire avec, le respecter, sinon tout le nectare s'échappera et s'évaporera".

Il en allait de même avec l'AF. Elle n'était peut-être pas très sexy, mais s'attaquer à elle c'était s'attaquer à la colonne vertébrale sociologique de l'Eglise en France, s'attaquer frontalement au milieu dans lequel l'Eglise recrutait.

Comme disent les Anglo-Saxons : "il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain !". Or, c'est précisément ce que Pie XI a fait et on en a vu les conséquences à peine trente ans plus tard, une génération donc, lors du Concile Vatican II !
images/icones/neutre.gif  ( 724462 )intéressant par Aigle (2013-06-18 17:12:53) 
[en réponse à 724444]

merci de cette analyse intéressante.

Je suis bien d'accord avec vous : la prudence ambiguë de Maurras sous l'occupation l'a discrédité alors même que de nombreux maurrasiens et barréssiens s'engageaient dan sla résistance.

Et en condamnant la doctrine de l'AF pour des raisons qui méritent tout de même attention, le saint Siège a affaibli l'aile droite de la catholicité française c'est vrai. Et cette aile a manqué par la suite à l'Eglise de France. C'est aussi regrettable sur un plan strictement pastoral.
images/icones/neutre.gif  ( 724465 )vos deux alertes...provocations ? par Pèlerin (2013-06-18 17:22:50) 
[en réponse à 724436]

Vous dites

il est toujours surprenant de voir des catholiques qui s'interrogent pour savoir si un pape a baisé le Coran accepter de mettre leur pas dans les pas d'un agnostique avoué !



Je suppose qu'en fait vous ne pensez pas sérieusement qu'il y ait équivalence entre un pape, donc réputé être le successeur de St Pierre, qui au sein même du Vatican pose sa bouche sur un livre fondateur d'une "religion" prétendant que Jésus n'est pas mort sur la croix, et n'est pas Dieu ; et un chef politique...

Les catholiques sont à juste titre en droit d'attendre des pape qu'ils respectent les injonctions du Christ "allez et évangélisez", et qu'il ne condamnent point les mouvements tentant de proposer une alternative à ce régime honteux dont ces mêmes papes seraient bien inspirés de nous rappeler l'origine (la même que celle de la révolution).


Et les traditionalistes, qui savent que le temporel est soumis au spirituel, sans se confondre, n'ont que faire des accusations idiotes quand bien même viendraient-elles de Mgr André XXIII.

images/icones/1x.gif  ( 724513 )Quel est le but réel de ce fil? par Lamy (2013-06-19 11:23:38) 
[en réponse à 724411]

Est-il de provoquer gratuitement les liseurs qui se prétendent maurrassiens ?
Est-il de se démarquer courageusement de la "France moisie" pour éviter d'encourir les foudres de BHL ou de NKM ? (brr ! j'en frissonne !)
Il serait bon que notra ami Candidus nous précise ses intentions.

Ce fil est extrêmement révélateur de ce qu'est devenu le niveau intellectuel des tradis : de plus en plus rapides pour exiger des prises de position, des condamnations, des déclarations de principes, mais de moins en moins enclins à étayer leurs dires par leurs lectures !
(Si l'on supprimait tous les post venant de liseurs n'ayant aucun ouvrage de Maurras chez eux, combien de posts resterait-il ?)

Que Maurras soit condamnable par l'Eglise ne veut rien dire en soi. (On parle de lui ? de ses oeuvres ? de toutes ? De son journal ? de ses amis ?)
Certaines oeuvres l'ont été (tiens : a titre d'exemple : vous savez lesquelles ? Vous savez pourquoi ? Inculture, quand tu nous tiens !), mais il faut replacer l'histoire dans son contexte.

1/Saint Pie X a prétendu que les oeuvres en question étaient "condamnables mais ne devant pas être condamnées" : une telle litote est surprenante chez ce personnage bien-aimé du Tradiland : elle exprime que malgré une apparente matière a condamnation, un telle sanction ferait plus de mal que de bien aux âmes. (Comme quoi rigueur et intégrisme ne riment pas forcément.)
2/Benoît XV a creusé, et Pie XI a prononcé la condamnation. Inutile de revenir sur les dégats que cette condamnation a causé, non à l'AF et à la France - bien qu'ils soient impressionnants - mais à l'Eglise : tout ceci a été fort bien résumé plus haut.
3/Pie XII est revenu sur cette condamnation, grâce notamment au carmel de Lisieux qui durant ces années n'a cessé de servir d'intermédiaire et d'intercesseur, via sa supérieure qui est restée en contact épistolaire permanent avec le maître de Martigues.

On a parlé ici de motifs théologiques, on a parlé de motifs pastoraux (notamment : le fait que la jeunesse de France se sente plus attirée par les Camelots que par l'Action Catholique, ce qui n'est pas très "fair play" : un peu fastoche de condamner la concurrence !!), or il existe incontestablement une raison politique.

Car cette histoire, si on l'observe dans son ensemble illustre bien que, si l'Eglise est infaillible en doctrine, elle ne l'est pas politiquement.
Saint Pie X a vécu la Séparation, et savait fort bien de qui étaient composé les "camps" qui s'affrontairent en France, et lequel soutenait l'Eglise.
Pie XI, bon doctrinaire mais peu au courant des réalités du terrain, n'a vu que la doctrine et s'est fourvoyé politiquement, notamment dans ses illusions pacifistes vis-à-vis de l'Allemagne, pacifisme dénnoncé avec constance dans nos colonnes (oui je dis bien "nos" car je suis administrateur du journal).
C'est l'assassinat de Dolfuss en 1934 (un conservateur anti-nazi, la seule vraie tentative antinazie possible compatible avec le catholicisme, en très bref) par les nazis qui ouvre les yeux de Pie XI, un peu tard.
Pie XI, isolé et mal informé, a par ailleurs commis d'autres "boulettes" : (je pense aux christeros.) Pie XII, qui a été nonce en Allemagne de 1917 à 1930 savait lui, de quoi il parlait en termes de pacifisme...
Cette histoire est surtout celle d'un horrible gâchis, un de plus, dont les seuls profiteurs sont nos ennemis, car : franchement la seule question est : de quelle doctrine erronnée, ou de quelle hérésie l'Eglise s'est-elle vraiment prémunie par cette condamnation ? En gros : tout ça pour quoi ? Au fond ?
Ce qui me refait poser la question : à quoi sert ce fil ?