Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 723614 )Le Bac ou la mort... par erminig (2013-06-06 10:36:09) 


Un fil a été lancé concernant le refus des dominicaines de présenter leurs élèves au Bac. Au lieu de traiter du sujet de fond, la plupart des liseurs ont biaisé sur des sujets périphériques, comme les études d'ingénieurs etc...

Personnellement, je pense que le choix des soeurs enseignantes est tout de même un problème de fond suffisamment important et d'actualité pour essayer de relancer le fil.
Bon, cher Xa, voilà un pétard du matin, le pétard d'erminig.
Il n'y aura donc pas de nouvelle page sur mon blog aujourd'hui.
Un temps pris pour le forum.
Ce fil sera long, mais prenez le temps, tranquillement, de le lire, et ne sautez pas sur votre clavier de manière hystérique avant d'y répondre.

Ce qui serait important, c'est que TOUS LES ÉTABLISSEMENTS CATHOLIQUES, HORS CONTRAT, SOUS CONTRAT, EN FASSENT AUTANT. ET TOUS LES AUTRES ÉTABLISSEMENTS , PUBLICS OU CONFESSIONNELS AUSSI.

RAS-LE-BOL. Ça suffit.

Tant pis pour la longueur de la démonstration, mais voici quelques points de réflexions:


1°- commençons par l'enseignement des dominicaines:


Pour avoir choisi leur établissement aux tous débuts, en le demandant à mes parents, je tiens à donner ce témoignage.

Le but de l'éducation chez les dominicaines n'est pas un bac, une sanction officielle d'une éducation, ou d'une construction sur un programme obligatoire.

Il s'agit de donner et transmettre une éducation intellectuelle, humaine et spirituelle complète, pour former des adultes , des femmes capables d'aller au bout de leur vocation.
Si ne pas avoir le bac, c'est être réduite à repasser les chemises de monsieur et changer les couches des moutards, ( Je vais encore me faire traiter de Lysistrata par Remi), et bien il y a encore bien du boulot à faire dans le milieu catho, et les dominicaines avaient bien raison de se battre pour l'éducation des filles, en particulier pour que les parents acceptent de les présenter au bac et leur ouvrent la possibilité des études supérieures. Elles furent chahutées: novatrices donc, dans les années cinquante-cinq, où c'était très loin d'être acquis, incomprises aujourd'hui.

Que l'on fasse le choix de répondre à une vocation religieuse (sur quinze élèves en première de ma promo, au moins dix sont rentrées dans les ordres, et dans toutes les diversités des vocations religieuses féminines de l'Église, sans conditionnement , mais bref, ceci est une autre histoire. Nous en retiendrons qu'elles ont répondu à leur vocation *) ou que l'on s'engage dans le mariage, avec ses corollaires que sont la maternité, l'éducation des enfants et le cheminement en couple, il est indispensable que femme ait reçu une éducation complète, et pas au rabais .
Si, parce qu'il n'y aurait plus de bac, il fallait renoncer à une éducation convenable pour les filles, quelle en serait la raison?
Malheureusement, on en revient à l'argent: la maternité est une non-production économique. donc, on n'investirait plus "sur les filles", qui, n'étant pas appelées à travailler, ne justifient plus d'un tel investissement, sans retour. Et l'on voit déjà le syndrome masculin de la femme engloutie dans le matériel quotidien, disponible et au pied de son époux , véritable insulte au passage pour les jeunes femmes actuelles dont beaucoup assument ces tâches, tout en ayant fait des études, soit dit en passant...

Ne vous énervez pas: notre société exige le bac partout, alors?... j'y viens, j'y viens.
Le pétard de ce matin sera complet, ne vous inquiétez pas.
Nous retiendrons deux points de discussion:
les femmes ont besoin d'une éducation complète par vocation.
D'autre part, on ne peut renoncer à cette éducation au nom de non-retour sur investissement. On ne sait jamais ce que peuvent être les aléas de la vie. J'ai quelques amis dont le mari a été au chômage, ou est , malheureusement décédé. il a fallu mettre les turbines doubles pour que le navire ne sombre pas.Pouvoir reprendre professionnellement, sans être obligée de travailler de nuit ou avec des horaires intenables en étant à tenir une caisse d'hypermarché par exemple, c'est tout de même un minimum.

2°-Jusqu'où faut-il s'accommoder des exigences de l'État?
Et en tant que parents, quelle est notre vocation , quelle est la finalité de notre accompagnement des enfants, dans leur croissance, jusqu'à l'âge adulte?
d'où le point essentiel: l'éducation de l'âme.

Le refus de présentation au Bac n'est pas un refus d'études supérieures pour les filles.
C'est une non-compromission avec les fourches caudines des programmes citoyens, libertaires et faussement humanistes de ces dernières décennies.
C'est justement parce que la barre est mise à sa juste mesure, sans perdre ce pour quoi nous sommes faits, c'est à dire appelés à aimer, adorer, louer Dieu et le servir, que l'on doit se poser les bonnes questions.

quelques pistes, avant les objections:
- un témoignage personnel: j'ai demandé en seconde, après avoir eu la chance de la sicxième à la troisième d'être dans les premières classes à horaires aménagées, où professeurs et élèves étaient triés sur le volet ( sur 12 élèves en sixième, nous étions dix à avoir sauté au moins une, sinon deux calsses. Et c'était au tout début des années post soixante-huit; les 3/4 étaient catholiques, le quart étaient tradis; en plein lycée public. on révisait nos questions de catéchisme sur les genoux pendant les cours...hihihi. Le Moyen-Age républicain, quoi), j'ai donc demandé, voulant faire des études supérieures, mais pas musicales, à reprendre un circuit traditionnel. Inscrite dans le grand lycée public du coin, au bout de deux mois, j'ai mis mes parents devant un ultimatum: je ne voyais plus l'intérêt d'aller au lycée étant donné le contenu des cours. En français, par exemple, nous étudiions avec un prof un peu obsédé, un choix de poèmes d'Henri Michaux, (gratiné), qui n'ont rien à envier à ceux d'Éluard imposés cette année au programme, "L'herbe rouge" et les nouvelles "les lurettes fourrées" de Boris Vian. et J'en passe.
J'ai donc atterri en deuxième trimestre de seconde à la Clarté Dieu.
J'ai respiré.
Et le bac, ce n'était qu'une formalité. Ce que nous vivions dans l'établissement était autre chose, de bien plus important;
J'ai d'ailleurs torché ma copie de philo en deux heures. Le sujet était facile, et ce fut fait 'les doigts dans le nez, les pieds sur le volant".

Faisons bref:
- comment peut-on accepter que ses enfants se soumettent aux contenus des programmes d'état dans les sections littéraires? Quelques exemples.

Cette année, j'ai travaillé la pédagogie des chefs d'ouevres à Montessori.
Pour les plus jeunes, il y a entre autres, le Roman de Renart. Devant rédiger la présentation de cette proposition pour les enseignants, j'ai voulu bêtement voir ce qui était proposé dans les programmes oifficiels.
D'accord, dans les ouvrages de finde primaire, et jusqu'en (ème, on trouve toujours Renart et Ysengrin, renart et les marchands d'anguilles, mais on y trouve aussi bien plus. La littérature du Moyen-Age n'est pas toujours à mettre entre toutes les mains. J'ai eu la désagréable surprise de voir l'insertion, pour des enfants , des chapitres les plus inappropriés tant pour leur âge, que pour le respect des convictions religieuses de chacun . Au nom de la laïcité des auteurs sans doute, on y retrouve les chapitres sur Renart simulant une Messe, et le passage où il fait sa petite affaire à l'épouse d'Ysengrin, coincée dans une palissade.

Passons aux programmes de latin: peau de chagrin de l'En, la culture classique est en voie de totalement disparaître des programmes et enseignements, tant dans le secondaire que dans le supérieur. Ce qui va rendre totalement impossible la transmission de la pêns&ée philosophique (prenez Edith Stein par exemple: ses ouvrages fondamentaux sont émaillés de citations et expressions grecques qui vont devenir totalement incompréhensibles si ça ne l'ait déjà).
Quand le latin est maintenu, et bien les textes au programme (métamorphoses d'Ovide, des plus choisies! le satyricon en Fac à faillir faire s'étouffer de gêne un prof pourtant pas pudibond, devant ses élèves, et j'en passe).

Les programmes littéraires sont truffés, depuis trente, de textes imposés avec lesquels il a fallu au début, s'accommoder, mais qui deviennent de plus en plus offensifs, tendancieux, intenables.

autre exemple: l'homosexualité , le relativisme athée, l'acidité voltairienne, tous ont envahi les programmes de Lettres depuis plus de trente ans. A tous les niveaux:
- l'autoroute littéraire du Bac de français: Kant, Diderot, Voltaire, Rousseau, Camus, Malraux. J'oubliais Sartre. C'est le fond des programmes. Reste à retenir le mot "oxymore", quelques poèmes de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, un zeste de Victor Hugo, et c'est bon. Voilà toute la culture bachelière française.
Jusqu'à ces dernières années, les écoles hors contrat jouissaient de cette grande liberté du programme, la possibilité de proposer une vingtaine de textes ou oeuvres complètes étudiés.
Aujourd'hui, des extraits dans toutes les manières, et des lectures complètes pas terribles; des exercices à trou en langue, des programmes d'Histoire inexistants dans certaines séries, ou franchement formatés pour les autres.
Et je ne parle pas des TPE, et de l'éthique des programmes de science.
L'introduction de la lectures des oeuvres a laminé les défenses des personnes. Pas étonnant que nous en soignons aux propositions de lois d'aujourd'hui. c'est le résultat d'une oeuvre de corrosion de longue haleine.

-TOUT EST À REFAIRE. IL FAUT TROUVER DES SOLUTIONS POUR RECONSTRUIRE.

Pendant des siècles, les israëlites ont continué une éducation intellectuelle de haut niveau en intra familiale ou en communauté, tout en travaillant à des métiers socialement plus humbles pour subvenir à leurs besoins.
Saint Joseph n'était pas grand prêtre ni membre du Sanhédrin. Je doute cependant que l'humilité de son métier signifie absence d'éducation et d'instruction!

- que FAIRE SANS BAC?

c'est sûr qu'en tant que parents, la décisions de la communauté peut paraître raide: les dossiers d'inscription dans le supérieur sont faits; Et partout, on demande le petit papier du diplôme pour faire autre chose.
Le problème reste le fond: jusqu'où les établissements dignes de ce nom doivent-ils aller dans la compromission avec l'État? Sans aller dans le domaine spirituel, simplement sur le domaine laïc du contenu des enseignements, il y a déjà LARGEMENT de quoi réagir. D'autant que par contrainte budgétaire, les différents ministères laminent les matières des humanités classiques car non productives (ce qui n'est pas le cas bien sûr, du LGBT et de sa sphère).

Il y a plusieurs solutions:
- se battre pour que le niveau Bac des écoles hors contrat soit validé comme étant équivalent au moins, sinon supérieur à celui des écoles publiques ordinaires.
- faire pression pour le changement du contenu des programmes (peu visible pour l'instant, mais résister, c'est le début tout e même de ce combat)
- trouver els filières d'orientation permettant non pas de cntourner le problème, mais dans un premier temps, de transmettre un éducation globale pour les filles, puis une année peut-être ou deux pour valider une VAE et prendre un cursus professionnel.

- créer des filières diplômantes privées;

Je sais.
C'est compliqué.
les pensions et les écoles sont des sacrifices importants, et l'on voudrait que le retour sur investissement soit un cursus de réussite sociale.
Mais à quel prix moral?

C'est bien beau les mots de reconquête sociale.
Mais à quels réels sacrifices de formation, de soutien, de pérennisation des actions sommes-nous prêts?
personnellement, de familles d'enseignants, j'ai vu mon beau-père accepté tous les sacrifices matériels d'une carrière dans le privé chez les frères après guerre. Il aurait pu faire une brillante carrière d'universitaire.
Quand on voit ce que sont devenus dans les années soixante-dix ces congrégations; l'exigence et le mépris social pour les enseignants à qui l'ont demande une xcellence dont les élèves sont peu capables, et que l'on traite comme de vulgaires "gagne-petits", oui, franchement, je reste perplexe.

De nouvelles prises de consciences ont lieu.
Le soutien de la Fondation pour l'école en est un par exemple; les nombreuses ouvertures d'école hors contrat dans le premier et le second cycle, où il n'y a pas de sanction par les diplômes d'état, est encourageante. Elle se fait au prix de nombreuses actions et sacrifices.

IL FAUT UNE ACTION COORDONNÉE AU NIVEAU SCOLAIRE, DÉJÀ ENTRE LES PROFESSIONNELS, et AVEC LES PARENTS.

Mais quand je lis sur ce forum que la méthode Boscher eST la meilleure qui soit, alors que le village représenté est sans église, et que les mots "publique " et "laïque" sont délicatement glissés dans l'apprentissage "mécanique de la lecture, je me dis qu'il y a beaucoup de chemin à parcourir, alors que le navire est quand même en très mauvais état.

QUELS FONDS POUR A RECHERCHE PÉDAGOGIQUE DANS LES MILIEUX HORS CONTRAT?
OÙ SONT PASSÉS LES UNIVERSITAIRES TRAVAILLANT EN CE SENS, BEAUCOUP SONT PARTI EN RETRAITE, LE RESTE S'ÉPUISE ET RESTE PAR A PRÉSENCE UN ALIBI DE LA BONNE CONSCIENCE DES CATHOLIQUES.

Les soeurs ont pris une décision courageuse.
Il faudrait simplement que les familles soient accompagnées pur assumer la suite de cette décision.
Cela nécessite de se retrousser les manches pour les parent, et que tout le monde réfléchisse pour trouver des solutions, qui ne sont pas nécessairement financières.
La discussion est ouverte.

Je continuerai à nourrir ce "pétard matinal".
A plus,

erminig qui part à la popote, au repassage, à l'école à la maison et à toutes les tâches qui ne nécessite pas nécessairement le bac.



















-*que les parents affolés se rassurent,(parce que la vocation, c'est bien, mais pas trop chez soi- cette brochette prise par le Seigneur, je crois que ce n'est arrivé qu'une seule fois...



images/icones/1q.gif  ( 723616 )Il ne faut pas exagérer par Leopardi (2013-06-06 11:00:39) 
[en réponse à 723614]


Mais quand je lis sur ce forum que la méthode Boscher eST la meilleure qui soit, alors que le village représenté est sans église



Bon et alors? Ca n'est pas une méthode religieuse donc où est le problème? Il s'agit d'un livre de lecture, pas d'un catéchisme. Avoir étudié dans le public n'a jamais nui à ma foi (je précise, dans les années 70, on ne peut plus le dire aujourd'hui).

Est-ce que les albums classiques (Martine, Caroline, etc...) racontent des histoires de Messe et de processions? Non. Bien que la foi ne soit pas de l'ordre du privé, il ne faut pas tout mélanger, sans quoi on n'accepterait plus non plus les contes où il est question de fées et de sorcières, car catho-incompatibles.

Oui, la méthode Boscher est une des meilleures méthodes, même sans clocher. Vous croyez que la présence d'un clocher en toile de fond de l'affiche électorale de Mitterrand était plus rassurante?

Pour le reste, je vous suis en partie.
images/icones/1n.gif  ( 723622 )Où est le problème? C'est bien là que le bât blesse... par erminig (2013-06-06 12:30:13) 
[en réponse à 723616]

L'unité de vie.
Dans les congrégations religieuses telles que les frères des écoles chrétiennes en Bretagne, il y a eu pendant des décennies des commissions pédagogiques pour proposer ce qu'il y avait de meilleur et de plus opportun à leurs yeux pour l'éducation des enfants.
Entre la méthode Boscher, et les livres du genre "mon joli premier livre" qui a été repris pendant des décennies par les éditions de l'école, où les trois premiers mots sont jésus, marie et Joseph, il n'y a pas photo.

Proposer des livres catholiques a toujours été une obligation , rappelée d'ailleurs par les papes à plusieurs reprises, et les supérieurs de congrégation.
On ne doit pas détacher le savoir de la finalité de l'homme.
C'est vrai: à la guerre comme à la guerre.
Mais justement, si l'on ne passe plus le bac, le minimum serait de se former à des tâches telle que l'apprentissage de la lecture, de l'écriture pour les parents et de prendre ce temps, au même titre que la littérature ou les humanités.
instruire un enfant, s'il y a bien une chose dont je suis certaine, c'st bien plus qu'un simple truc pédagogique.

D'autre part, ne vous inquiétez: tous les régimes matérialistes et totalitaires se ruent sur l'éducation des plus petits pour le formater. Et il n'y aura pas d'église dans leurs villages, ni bien d'autres concepts d'un autre âge, conditionnement d'une pensée familiale rétrograde, bourgeoise, capitaliste, et non éclairée.



note: la méthode Boscher s'adresse à des enfants dans leur sixième année.
Alors que la progression adaptée à la croissance de l'enfant, avec les fameuses lettres Montessori entre autre, permet la lecture à des enfants de trois ans et demi.
Mais puisque chez les tradis , les parents sont toujours omniscients et compétents...
Il y a plein de façons d'apprendre à maîtriser la lecture et l'écriture.
Il y a les nouilles avec des lettres.
il y a aussi cette tradition que l'on rapporte: il paraît que dans les familles juives, les mères fabriquaient de grandes lettres en gâteau, pour que l'enfant les découvre en appréciant avec gourmandise la friandise.
Regardez donc l'expérience de Céline Alvarez à Gennevilliers dans une école publique, en ZEP. Il y a un blog avec des films. (vous pouvez passer sur mon blog pour vérifier, j'ai dû y mettre les liens la semaine dernière, ne sachant pas à l'avance que ce serait d'actualité sur le forum d'aujourd'hui).
Si, dans des écoles "du diable" comme l'on disait en 1905, on a de tels résultats, alors que devrait proposer les autres.

erminig, partante pour organiser une expo ou une conférence présentant l'évolution des manuels de lecture depuis le dix-huitième siècle , les contenus et les programmes.
Au moins, ce serait concret et l'on pourrait mieux débattre sur le sujet.
images/icones/1w.gif  ( 723696 )Bof! par Leopardi (2013-06-07 08:36:24) 
[en réponse à 723622]

J'ai été élevé dans le public et n'ai pas eu besoin de Montessori pour être éduqué, ce qui est le cas de millions de gens. A l'époque de la méthode Boscher, on ne se posait pas tant de problèmes métaphysiques...
Cela n'a pas non plus nui à ma foi, qui était nourrie en dehors de l'école.
Pas d'incompatibilité tant qu'il y a respect des convictions.
images/icones/coeur.gif  ( 723617 )Baccalauréat et socialisme par frantiz (2013-06-06 11:01:13) 
[en réponse à 723614]

Un superbe texte à lire ICI
images/icones/neutre.gif  ( 723626 )remarque sur ce texte, d'actualités par erminig (2013-06-06 12:50:37) 
[en réponse à 723617]


le baccalauréat était réservé à une toute petite élite en 1850.
Et sûrement pas ouvert aux filles.
L'analyse du laïcisme est excellente.
Elle amène cependant quelques points de vue: à l'époque, la plupart des établissements d'enseignement libres étaient des congrégations.
Pas ou peu de laïcs.
Dans les universités, on n'en était pas à la corruption du savoir qui sévit depuis ces dernières décennies.

Quand ce monsieur décrit le mécanisme de l'impôt, il faut le resituer dans son contexte: nous le lisons avec l'écho d'aujourd'hui.
Mais l'impôt de l'époque n'avait rien à voir avec l'impôt écrasant d'aujourd'hui.

Jusqu'en 1990, il était possible de faire une carrière avec un bac +2.
Aujourd'hui, avec un Bac plus 5, vous n'êtes même pas apte à enseigner.en maternelle.

l'attaque de la hiérarchie des enseignants n'est pas à l'ordre du jour. effectivement, les enseignants religieux n'étaient pas gradés.
Les enseignants étaient plus respectés et avaient un statut social complètement différents d'aujourd'hui.

Enfin, il n'y avait pas d'enseignement de masse, pas non plus de scolarisation dès la maternelle. Les familles avaient recours au préceptorat (plongez-vous dans la vie de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, exemple emblématique).
En 1850, les enfants travaillaient dès leur plus jeune âge.
Il était considéré comme normal que le salaire d'un père couvre les besoins de logement, de nourriture, de vêtement et d'éducation d'une famille. Quand on n'avait rien, on s'engageait au mieux à douze ans.
Aujourd'hui, nous en sommes de plus en plus loin.

En tout cas, l'état de Jules Ferry et les lois de 1905 ne s'y sont pas trompées: main mise sur l'éducation et expulsions furent à l'ordre du jour.
Avec des livres de lecture où était mis le drapeau, le fusil, le soldat, et où l'on put envoyer la fleur au fusil, pour la patrie et la République, des millions d'hommes à la boucherie de la première guerre mondiale.

Vous seriez très surpris du conditionnement politique exercé dans les livres d'apprentissage de la lecture. C'est de les collectionner pour les analyser qui amène un autre regard.
Non, la méthode Boscher n'est pas innocente. Elle est efficace, mais ce n'est pas la seule. Elle pèche par défaut.


images/icones/bravo.gif  ( 723620 )Excellent ! par Anne Charlotte Lundi (2013-06-06 11:55:24) 
[en réponse à 723614]

Un peu long... mais je souscris à cette analyse
Que voulons-nous faire de nos enfants ? là est la question.

Créer des filières de diplômes parallèles est une bonne idée et c'est déjà le cas dans bien des écoles ou universités à l'étranger.
Faisons éclater ce carcan écrasant du mammouth !

Il y a tant à faire, mais déjà depuis bien des années, dans la tradition mais pas uniquement, des écoles s'organisent et nous voyons la deuxième génération mettre leurs enfants dans ces écoles...

Il serait bon que l'enseignement catholique officiel, ... prenne la mesure du chaos et organise une saine réaction.
Mais là aussi tout n'est pas simple, croyez-moi !


images/icones/1v.gif  ( 723623 )Commencer par se former. par erminig (2013-06-06 12:31:30) 
[en réponse à 723620]



Il ne peut y avoir de réforme sans cette étape préalable.
Alors, Anne-Charlotte, qu'en dites vous?
images/icones/1b.gif  ( 723625 )il faut surtout par Anne Charlotte Lundi (2013-06-06 12:41:13) 
[en réponse à 723623]

une bonne locomotive...

Si la formation est nécessaire elle n'est pas indispensable dans cette action. Le bon sens est souvent notre meilleur allié !
images/icones/hum2.gif  ( 723624 )[réponse] par Yves Daoudal (2013-06-06 12:38:26) 
[en réponse à 723614]

Déjà dans le premier fil c'était "LES dominicaines". Et dans le vôtre aussi, c'est "LES dominicaines".

C'est tout simplement faux.

Il ne s'agit pas DES dominicaines, mais d'UNE congrégation particulière, et en outre d'une congrégation qui n'est pas pleinement dans la communion de l'Eglise catholique.

Pour le reste vous avez sans doute en partie raison. Mais je ne comprends pas du tout votre tirade sur Diderot, Voltaire, Rousseau, Camus, Malraux... D'abord, qu'on le veuille ou non, ce sont de grands écrivains, et surtout, il me paraît indispensable de parler des "philosophes" des Lumières, dont l'influence a été et est toujours si importante. D'en parler au lycée, car la plupart des élèves n'en liront pas une ligne par la suite. On ne comprend pas le monde contemporain (y compris le "mariage" homo) si l'on ne connaît pas Diderot et Rousseau.

J'imagine avec effroi des adolescents qui arriveraient à l'âge adulte et dans le monde réel en n'ayant étudié que de la littérature pieuse...
images/icones/1b.gif  ( 723627 )Mais non, cher Yves, je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas les étudier! par erminig (2013-06-06 13:00:30) 
[en réponse à 723624]

Mon propos est mal compris, ou mal rédigé.

je dis simplement qu'il ne faut étudier uniquement ce qui est proposé comme autoroute de la pensée.
La langue de Voltaire est l'une des plus élégante, exacte, fine et efficace.
par exemple.
Mais regardez un peu le contenu du programme de lettres de cette année: visiblement vous ne l'avez pas fait.
Personnellement, si j'avais dû faire étudier à mes élèves le texte imposé d'Éluard, qui est l'apologie artistique de la masturbation, franchement, religieux ou laïc, dominicaine ou pas, le problème de fond mérite d'être posé. Et je crois, mais je ne pense pas trop me tromper, si les oreilles ont bien siffler, que le problème est posé dans bien d'autres maisons.
DAns les écoles hors contrat enseignant aux garçons , avec les sections S, les contenus des programmes de sciences sont problématiques. Cela exige une formation éthique , juste et sérieuse, de la part des enseignants.
ce n'est pas d'une communion ou non avec l'Église dont il s'agit, mais du contenu et des fourches caudines des programmes.
Il ne s'agit pas de faire étudier Bérulle ou Garrigou-Lagrange aux élèves, ni de transformer en jene sais quoi d'étriqué et de stupide des programmes.
Il est question du contenu lui-même de l'éducation donnée aux enfants.

images/icones/info3.gif  ( 723651 )ATTENTION: les élèves passent leur Bac cette année. par erminig (2013-06-06 17:53:48) 
[en réponse à 723627]


Tout est dans le titre.
L'info selon laquelle les élèves ne seraient pas présentées à l'épreuve du Bac n'est pas exacte.
Il faut toujours aller chercher l'info à la source.

En fait, elles y seront présentées cette année, mais l'écart avec les programmes officiels est tel que la question se profile très sérieusement, comme dans d'autres établissements.

Jusqu'à quel point ira la compromission?

That is the question, et pas seulement pour des soeurs présentées un peu à la va-vite en rupture de ban ecclésial.

Le fond du problème est donc d'actualité.
images/icones/livre.gif  ( 723650 )Méthode Boscher par Mandrier (2013-06-06 17:53:02) 
[en réponse à 723614]

Je ne me prononce pas sur le fond de votre argumentation qui me semble donner au bac une influence néfaste qu'il n'a pas. Mon épouse a étudié chez les dominicaines de Saint-Pré et le bac a précisément été pour elle et ses condisciples l'occasion d'étudier tous les textes dont vous semblez ne pas vouloir (mais à qui il faut quand même reconnaître une qualité littéraire qu'on trouve peu chez les auteurs catholiques contemporain, peut-être d'ailleurs parce qu'ils sont réduits à peau de chagrin) par le bon bout de la lorgnette.

Résultat, elles ont toutes eu leur bac avec mention et en sont ressorties confirmées, prêtes à répondre intelligemment et à défendre avec raison leurs convictions.

De plus je trouve que c'est l'occasion de s'ouvrir dans des milieux parfois un peu fermés, de découvrir des auteurs d'une grande qualité littéraire (je ne suis pas sûr sinon qu'un auteur comme Maupassant serait étudié chez les mères, et pourtant quelle beauté!).
Se cacher derrière son petit doigt, vivre dans un monde rêvé qui n'existe pas n'a jamais été : ni le message du Christ qui a été crucifié entre deux bandits, ni très intelligent car les enfants surprotégés réagissent souvent mal lorsqu'ils découvrent la réalité du monde.

Enfin, pour aller dans votre sens, je n'ai jamais compris pourquoi la méthode Boscher était quasiment béatifiée chez les catholiques et particulièrement chez les tradis.

Mathurin Boscher était un franc-maçon affirmé, grand défenseur de la loi de séparation et d'expulsion des congrégations, syndicaliste, un des seuls maires très à gauche des côtes d'armor, qui a oeuvré toute sa vie pour soustraire les jeunes à "l'obscurantisme" des écoles religieuses... j'en passe volontiers...

D'autant que sa méthode n'est pas si révolutionnaire, il existait dès le XVIIIe des méthodes syllabiques... Mais chut avant 1789 la France était à la préhistoire.
images/icones/neutre.gif  ( 723662 )le fil sert à préciser la pensée: pas question de s'enfermer!non, le bac n'est pas nocif. par erminig (2013-06-06 19:50:39) 
[en réponse à 723650]

Merci pour les précisions sur la méthode Boscher. CQFD.

Si être intellectuel catho, c'est vivre dans une réserve d'indiens, non merci!...

Je ne suis pas anti-bac, je ne lui attribue pas une valeur négative.
Etre bachelière, avec mention, c'est aussi l'occasion d'une validation par un monde choisissant d'autre programme, dont on est quand même fière quand on l'a.

Mais attention: le "bacho", "avoir son bachot" dans les années soixante, c'était quand même un signe social d'excellence et une porte ouverte aux études supérieures.
Ainsi, en Bretagne, les frères de écoles chrétiennes ont ils massivement préparé leurs élèves au bac, mais au bac scientifique, sachant que la transmission d'une culture humaniste et littéraire n'était pas toujours évidente dans les milieux ruraux.
Cela n'empêchait pas une transmission d'une bonne culture littéraire et latine à ces bacheliers de maths élem...
Cela a donné deux générations de carrières réussies dans les professions libérales, la recherche et l'enseignement.

La formation de l'esprit, là, ce fut plus compliqué.

Le négatif du baccalauréat actuel se situe dans l'intégralité de la conception, du contenu et la diffusion de ses programmes.

C'est justement parce que ce diplôme est chargé d'un poids historique de référence dans les degrés du savoir, qu'il y a une certaine perversité à en modeler idéologiquement le contenu.
Que l'on étudie toutes oeuvres en philo, avec une formation à la pensée critique et à réflexion, c'est nécessaire.
Mais de grâce, à être ouvert à tous, chez le bon catho, on finit par ne plus avoir de chez soi.
La culture est amputée de la culture de l'être et du beau; la pensée devient une projection du fantasme politique d'un conformisme affligeant.
Si l'on veut rencontrer l'autre, encore faut-il savoir être soi.
Et là, c'est exiger d'êtres en construction une force et un discernement bien hasardeux et difficile.
Le problème est déjà largement posé dans le domaine médical, par exemple, où bien des médecins sont obligés de renoncer à certaines spécialités, à certaines carrières de chercheurs ou de praticiens, et de choisir une autre voie, pour des raisons d'éthique;


rions un peu : il y a quelques années, ce n'était pas le "masculin/féminin" qui était leur dada, mais le thème "maître et esclave", décliné à toutes les sauces, dans toutes les matières, lettres langues, histoire.
Dans un collège bcbg de notre coin, avec des parents vigilants, des enseignants consciencieux qui ne laissaient pas accès à internet aux enfants, la prof de latin a voulu innover et faire un TP en initiant les petits cinquième à google: "faites une recherche, tapez
"maître" et "esclave". et là, après quelques minutes à faire tourner le moteur, des cris:
"m'dame, m'dame', c'est trop horrible!"...
La pauvre innocente avait zappé Sade dans sa carrière universitaire, et les enfants étaient tombés sur des images d'un tout autre sens que ne l'aurait voulu Madame Taubira!





images/icones/neutre.gif  ( 723665 )Ce qui me fait peur dans tout ce que vous dites, par Yves Daoudal (2013-06-06 20:13:55) 
[en réponse à 723662]

c'est qu'on a l'impression qu'il n'y a que l'école, et que tout le reste n'existe pas.

"Encore faut-il savoir être soi", dites-vous. Mais on est soi chez soi. Et à l'église. La famille, et l'Eglise, et sa propre tête, et son propre coeur, c'est beaucoup plus important que l'école.

Moi j'ai toujours été dans des écoles laïques, vraiment laïques, où l'on n'entendait JAMAIS quoi que ce soit de chrétien. Et alors ? Je ne suis pas moi ?
images/icones/hein.gif  ( 723703 )Je ne comprends pas en quoi par Bertrand (2013-06-07 10:27:57) 
[en réponse à 723650]

le fait que:


Mathurin Boscher était un franc-maçon affirmé, grand défenseur de la loi de séparation et d'expulsion des congrégations, syndicaliste, un des seuls maires très à gauche des côtes d'armor, qui a oeuvré toute sa vie pour soustraire les jeunes à "l'obscurantisme" des écoles religieuses... j'en passe volontiers...



remet en cause sa méthode d'apprentissage de la lecture?

Je ne comprends pas le rapport entre la qualité de la méthode et l'idéologie du type.

Pourriez-vous approfondir, s'il vous plait?

images/icones/heho.gif  ( 723658 )VAE ? par Cath...o (2013-06-06 19:27:42) 
[en réponse à 723614]

Pour info, ce n'est pas avec "une année peut-être ou deux" que l'on peut s'engager dans la voie de la VAE, mais au moins 3 ans d'expérience significative dans un poste correspondant au diplôme que l'on veut valider.
images/icones/1e.gif  ( 723663 )IL Y A PLUS SIMPLE: par erminig (2013-06-06 19:55:58) 
[en réponse à 723658]



AVOIR TROIS ENFANTS... ET TOUS LES CONCOURS SONT (ENCORE ) OUVERTS SANS CRIER À LA DISCRIMINATION , À TOUTES LES FEMMES...

Profitez-en, mesdames, aprce que , au nom de la discrimination, ça va être comme les retraites des femmes ayant leurs quinze ans de service, ça va peut-être sauter...

en tout cas, on peut se présenter aux concours,même à l'agrégation, quand on a élevé trois enfants.Je ne sais pas s'il faut le bac, mais il n'est pas nécessaire d'avoir les masters requis.

images/icones/1e.gif  ( 723667 )Ah ben flute ... par Cath...o (2013-06-06 20:54:32) 
[en réponse à 723663]

... je me suis arrêtée à deux !
images/icones/bulle.gif  ( 723673 )Mais dites le nous franchement par Bertrand (2013-06-06 21:48:21) 
[en réponse à 723614]

vous vivez sur Mars, pas sur la Terre???
images/icones/1e.gif  ( 723682 )??? mais vous ne le saviez pas??? par erminig (2013-06-07 00:01:39) 
[en réponse à 723673]



En Hollandie, évidemment!
images/icones/bravo.gif  ( 723688 )écoutez donc Daniel-Ange: en phase à 100% par erminig (2013-06-07 00:50:04) 
[en réponse à 723682]


Dans le fil juste au-dessus.
Tout y est détaillé, en particulier dans le fil qui nous occupe:
- le pourrissement des enfants arrachés aux familles par l'État
- la disparition de l'objection de conscience pour tous les professionnels, médicaux, enseignants, sociaux

et tout le reste.
Monsieur Daoudal, jusqu'au doit aller la résistance?

Le Père daniel-Ange est clair.
images/icones/attention.gif  ( 723687 )Parmi les solutions, vous oubliez la plus simple à mettre en oeuvre par Vincent F (2013-06-07 00:46:31) 
[en réponse à 723614]

faire passer aux élèves un diplôme autre que le Bac mais ouvrant l'accès aux universités. Comme par exemple un diplôme étranger de niveau équivalent (ou supérieur, c'est pas difficile).
images/icones/neutre.gif  ( 723693 )vous avez raison, il y a beaucoup de solutions. par erminig (2013-06-07 07:24:57) 
[en réponse à 723687]


Simplement, elles vont être plus innovantes que l'habitude prise d'un cheminement direct avec le p'tit bout de papier en poche.

Les pays anglo-saxons, bien plus libéraux pour les études, ne prennent pas des étudiants sur titre. Un dossier détaillé sur leur attitude pendant les études, assiduité, qualité du travail et de l'effort fourni sont pris en compte.

La France a de la graine à prendre .
images/icones/neutre.gif  ( 723697 )A condition que ce diplôme étranger par Ritter (2013-06-07 08:46:33) 
[en réponse à 723687]

Puisse être passé en Français, car il serait dommage de faire penser les élèves dans une langue étrangère. On comprendra mieux alors les intentions du laquais Peillon.