Pourquoi avez-vous été initié au GODF ?
J’ai été ordonné prêtre le 30 juin 1996. Quelques années plus tard, j’ai eu envie de fraternité, d’un lieu de réflexion intellectuelle, d’une vraie recherche et d’une pensée sociale. En 2001, après avoir été approché de manière intéressée par la GLNF, j’ai choisi d’être initié dans la Loge L’Avenir du Chablais à l’Orient de Genève-Thonon du GODF.
D’où est venue la difficulté ?
En 2010, une lettre anonyme a informé l’Évêché et Rome de mon appartenance. J’ai nié, car je ne voulais pas perdre mon ministère en raison d’une dénonciation digne de la période de l’occupation nazie. En 2011, ma participation à une réunion maçonnique à Genève a été maladroitement annoncée sur Internet. Pendant deux années, l’évêque, régulièrement relancé par Rome, a tenté de me convaincre de démissionner du GODF. Le 7 mars 2013, après la décision de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai été informé que j’avais un mois pour quitter mon obédience. Un ultimatum.
Comment expliquez-vous cette éviction ?
Cette excommunication digne du Moyen-Âge trahit tant de la part de l’Évêché que de Rome une méconnaissance de la franc-maçonnerie, toujours perçue comme un groupe sectaire. Le GODF est une obédience adogmatique, mais chacun de ses membres est libre d’adhérer à un dogme. Il n’y a donc aucune concurrence de divinité.
Quel est votre avenir ?
Je suis frappé d’une « peine médicinale« , ce qui suppose que je suis malade, perverti par la franc-maçonnerie. Mon allocation d’environ 500 € n’est maintenue que jusqu’à la fin de l’année et je suis viré de mon logement. J’aime toujours l’Église et mon ministère, mais je suis contraint d’envisager une reconversion.