Le patron légendaire de Bibendum a choisi de vivre à l’écart dans une humble institution religieuse.
Paris Match. En 2006, votre fils Edouard disparaissait. Puis, en 2011, son épouse, Cécile. Avez-vous ressenti cela comme une injustice ?
François Michelin. Le cardinal Lustiger connaissait bien Edouard. Après sa disparition, il avait célébré une messe à l’église Saint-Sulpice. Il avait posé la question : “Pourquoi Edouard est-il mort ?” Et il avait cité le Christ, sur la croix, s’adressant à son Père : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”
Cette question, vous l’avez posée ?
Bien sûr. Ça fait très mal. On pense aux petits-enfants, à l’usine. Vous savez, on pleure plus sur soi que sur le défunt. Tout ce qu’on avait bâti s’effondre, il n’y a plus rien. Puis vous posez la question à Dieu et vous comprenez que la réponse est ailleurs.
Il y a donc une réponse à cette question ?
Dieu donne tous les jours la réponse. Ça ne peut être autrement. J’aime cette phrase de saint Paul sur Abraham : “Espérant contre toute espérance.”
Il faut beaucoup d’abnégation pour réagir ainsi…
C’est le mystère de la foi. Edouard n’est plus là, mais cela a un sens, la vie de tous les jours a un sens. C’est la providence... Refuser la bonté infinie de Dieu, c’est d’un orgueil phénoménal, c’est monstrueux.
Vous n’avez jamais été ébranlé dans votre foi ?
La foi conduit à la notion de vie éternelle. Il n’y a pas de disparition. La vie est changée, elle est totale. Vous vous rendez compte de ce que ça signifie ? C’est formidable…
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