Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 720316 )Le pape François; refuser ce nouvel enseignement; une obéissance qui n'est pas factice, abbé de Cacqueray par La Porte Latine (2013-05-06 10:37:01) 

C'est d'abord l'obéissance que nous devons à notre nouveau pape François.

Nous lui devons l'obéissance parce qu'il est le pape (1), successeur de Pierre et vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la terre. Aucune autorité n'est plus élevée et plus glorieuse que la sienne ici-bas. Et nous ne pensons nullement que l'extrême gravité de la situation où se trouve l'Église nous exempte de notre devoir d'obéissance envers lui.

Cependant, il est vrai qu'il a souvent été fait mention, depuis le début de la crise dans l'Église, du grave dilemme qui existait entre la foi et l'obéissance. Pour garder la foi, il a été dit qu'il était nécessaire de « désobéir » apparemment lorsque les hommes d'Église enseignaient des nouveautés en contradiction avec la foi de toujours.

Nous ne devons pas être dupes de ces mots et comprendre en profondeur pourquoi cette désobéissance n'en est pas une en réalité. Certes, nous admettons qu'elle en présente les apparences. Mais si l'on veut justement ne pas en rester aux apparences et aller au fond des choses, il est aisé de montrer que ce sont les prêtres et les fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X, dans leur esprit de résistance aux erreurs opposées à la foi, qui sont les véritables obéissants.
[...]

Intégralité de cet éditorial sur La Porte Latine
images/icones/neutre.gif  ( 720366 )et qui nous dit ce que Dieu veut ? par Aigle (2013-05-06 18:15:18) 
[en réponse à 720316]

Certainement pas le pape François ni d'ailleurs Benoît XVI ou jean Paul II avant lui.

Probablement Mgr Fellay.

Certainement l'abbé de Caqueray car Notre Seigneur l'a promis : Simon tu es Régis et sur toi Je bâtirai le district de France.
images/icones/abbe4.gif  ( 720383 )Libre à vous par Romanus (2013-05-06 20:06:28) 
[en réponse à 720366]

Libre à vous, cher Aigle, de penser que Dieu veut que vous receviez la bénédiction de pasteurs hérétiques, que vous participiez à des cérémonies juives, que vous puissiez embrasser le Coran, que vous puissiez vous recueillir dans une mosquée, que vous puissiez vous livrer au syncrétisme le plus évident.
Mais laissez ceux qui connaissent leur catéchisme en douter.
Saint Thomas d'Aquin et beaucoup d'autres nous disant le contraire de vous, il nous semble préférable de nous fier à eux.

"Hélas, hélas! Saint Père, ceux qui vous obéissent se perdent dans le désordre et dans l'iniquité" ( lettre de sainte Catherine de Sienne au pape Grégoire XI)

Romanus
images/icones/neutre.gif  ( 720390 )Follement amusant, j'avoue... par Pol (2013-05-06 21:19:51) 
[en réponse à 720366]

...c'etait meme tordant.
Finalement, la caravanne passe...
images/icones/1d.gif  ( 720555 )Sachez que... par EMCLB (2013-05-07 22:48:28) 
[en réponse à 720366]

Les Cacqueray ont la décence de faire précéder leur Q d'un C !
images/icones/fleche2.gif  ( 720579 )La forme de son propos en dessert vraiment le fond. par Scrutator Sapientiæ (2013-05-08 08:02:48) 
[en réponse à 720316]

Bonjour à tous.

1. Je serai bref, et ne me prononcerai pas avant tout sur le contenu de l'éditorial de Monsieur l'Abbé de Cacqueray, mais je trouve, une fois de plus, que la forme de son propos en dessert le fond.

2. Quand bien même il aurait raison sur le fond, il me semble que la forme de son discours porte atteinte à une partie des capacités de prise en compte, par bien des lecteurs, de son fond.

Je le déplore et le regrette, c'est personnel, c'est peut-être même affectif, mais je le déplore et le regrette sincèrement.

3. Cela ne ressemble pas, avant tout, à : "nous nous attristons à chaque fois que ceci (...), mais nous nous réjouissons à chaque fois que cela (...)".

4. Mais cela semble être, bien souvent : "nous nous attristons à chaque fois que ceci (...), et nous nous réjouirons quand le Pape "expiera" (...)".

5. Si seulement tous ceux qui, avant moi et mieux que moi, "lui" ont dit ou "leur" ont dit ce que je viens d'écrire, pouvaient être, ne serait-ce qu'en partie, non seulement écoutés, mais aussi entendus !

6. Il arrive qu'il soit indispensable de dire des choses d'une manière désagréable, pour qu'elles soient optimalement ou potentiellement profitables, mais il arrive aussi que cette attitude soit durablement et profondément "contre-productive".

Bonne journée à tous.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 720825 )Soumission de la théologie catholique à une praxis pastorale. par Scrutator Sapientiæ (2013-05-10 16:06:39) 
[en réponse à 720316]

Bonjour à tous,

Je vous prie tout d'abord de bien vouloir m'excuser pour cette remarque tardive, sur la portée pratique de laquelle je suis sans illusions.

I.

1. Voici les deux paragraphes de Monsieur l'Abbé de Cacqueray qui me font réagir aujourd'hui :

" Si sa théologie (celle du futur pape François) ne lui permettait pas de comprendre, lorsqu'il était évêque et cardinal, que la bénédiction donnée par un pasteur protestant n'est en réalité qu'une parodie de bénédiction et que les cérémonies religieuses juives sont mortifères et injurieuses pour la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour la foi catholique, qu'en est-il aujourd'hui, maintenant qu'il est pape ? Comment ne pas se poser cette question ?

La théologie du cardinal Montini a été celle de Paul VI ; celle du cardinal Wojtyla a été celle de Jean-Paul II, et celle du cardinal Ratzinger, la théologie de Benoît XVI. Ce qui est bien à craindre et ce que l'on entrevoit malheureusement déjà, c'est que la théologie du pape François reste celle du cardinal Bergoglio. "

2. De mon point de vue, ce n'est pas avant tout ni seulement une question de théologie catholique qui est à l'origine des problèmes relevés par Monsieur l'Abbé ; le point commun à tous ces problèmes résiderait plutôt dans la soumission, dans certains domaines, de la théologie catholique, à une praxis pastorale, y compris chez les Souverains pontifes évoqués par Monsieur l'Abbé.

3. Cela ne me viendrait pas à l'esprit

- de dénier entièrement à la théologie catholique d'un (futur) Souverain pontife son caractère catholique ;

- de diaboliser, par anticipation, ou rétrospectivement,

a) la théologie catholique du cardinal Montini, ni celle de Paul VI ;

b) la théologie du cardinal Wojtyla, ni celle de Jean-Paul II ;

c) la théologie du cardinal Ratzinger, ni celle de Benoît XVI ;

d) la théologie du cardinal Bergoglio, ni celle du pape François.

4. Bienheureuses théologies, que celles qui n'ont pas fait obstacle à la publication de textes tels que

- la Profession de Foi du 30 juin 1968 et la lettre encyclique Humanae Vitae, par Paul VI ;

- Veritatis Splendor, Evangelium Vitae, Fides et Ratio, par Jean-Paul II ;

- Dominus Iesus, le Compendium ou Abrégé du CEC, ou le Motu Propio de juillet 2007, par Benoît XVI.

II.

5. En revanche, on ne peut que constater, dans certains domaines, la soumission de cette théologie catholique à une véritable praxis pastorale, dont les fondements théologiques ne sont pas de même nature que ceux relatifs à la théologie dogmatique ou ceux relatifs à la théologie morale ; je pense ici, évidemment, aux deux domaines que sont l'oecuménisme et le dialogue interreligieux.

6. Comment se fait-il que des Souverains pontifes mettent aussi souvent entre parenthèses, ou en sommeil, la composante dissensuelle des conclusions les plus théo-logiques qui soient, en ce qui concerne la valeur des confessions non chrétiennes et la valeur des religions non chrétiennes, par rapport à la valeur de la confession chrétienne catholique, et par rapport à la valeur de la religion chrétienne, dès qu'ils s'expriment ou fonctionnent sur le mode "dialogue", "relation", "rencontre", ou "réunion", avec des autorités religieuses chrétiennes non catholiques, ou avec des autorités religieuses croyantes non chrétiennes ?

7. Pourquoi donc le jugement de valeur n'a-t-il pas plus souvent droit de cité, en théologie catholique, en Magistère pontifical, en ce qui concerne non seulement les mérites, mais aussi les limites, et, j'ose le dire, la moindre valeur, des confessions chrétiennes non catholiques et des religions non chrétiennes, par rapport au christianisme catholique ? A mon avis, c'est sur ce "mystère", si c'en est bien un, qu'il convient de se pencher, plutôt que sur l'absence ou le déficit de "catholicité" de la théologie de tel ou tel (futur) pape contemporain, considérée dans son ensemble.

8. La praxis pastorale à laquelle je pense ne repose pas sur une composante de la théologie catholique comparable, par exemple, à la théologie trinitaire, ou à la théologie catholique de l'agir humain dans le plan divin ; je ne suis même pas absolument persuadé que l'on puisse parler de théologie en toutes circonstances, ou alors, si tel est bien le cas, cela signifie que Monseigneur Paul NARREF finira Docteur de l'Eglise, ce que l'on sait, au demeurant, depuis longtemps, sur le FC...

III.

9. Je crois voir où est le problème : le consensus fraternel s'est substitué à la correction fraternelle, à destination des non catholiques, mais peut-être pas à leur bénéfice, d'un point surnaturel et théologal qui est pourtant, faut-il le rappeler, bien plus important qu'un point de vue philosophique et théologique ou un point de vue relevant de la "diplomatie" appliquée aux "relations extérieures" de l'Eglise catholique.

10. Il me semble que c'est cet effet d'éviction de la correction fraternelle par le consensus fraternel, ou cet effet de soumission du principe de correction fraternelle par la pratique du consensus fraternel, qui constitue, dans les domaines concernés, "le signe des temps" sur lequel la FSSPX devrait consacrer encore plus d'attention, car à mon avis, mais je me trompe peut-être, le problème n'est pas avant tout théologique.

11. Le problème réside peut-être bien surtout dans la décision fondatrice qui a été prise, surtout depuis le début du pontificat de Jean-Paul II, de TAIRE le plus fréquemment possible tout ce qui figure dans la théologie catholique, ou qui découle de la théologie catholique, la plus officielle et la plus orthodoxe (cf D I), et qui pourrait nous exposer au risque de déplaire à nos "frères" non catholiques ou non chrétiens, alors que l'exercice, approprié et proportionné, de la correction fraternelle, lui, peut être à la fois désagréable ET très profitable, pour celui qui en est destinataire, y compris quand il n'est pas catholique ou chrétien.

12. Au terme de ce message, je fais, pour ainsi dire, un pas, en direction de la position, qui est celle de la FSSPX, position selon laquelle l'origine du problème est de nature théologique : il y a eu, au XX° siècle, un certain nombre de "concentrations", au sens de "focalisations" ou "polarisations", théologiques : ainsi, il y a eu une "concentration" christologique, une "concentration" patristique, mais aussi, dans une mesure moins ample ou moins connue, une "concentration" trinitaire.

J'affirme, sans pouvoir le développer aujourd'hui, que les deux focalisations ou polarisations majeures de la théologie catholique, depuis la deuxième moitié du XX° siècle, ont été l'anthropologie et l'ecclésiologie, et j'affirme également que ces deux "concentrations" théologiques ont débouché sur des développements pontificaux, doctrinaux, mais aussi voire surtout pastoraux, qui ont créé ce que j'ai récemment appelé un véritable renouveau dans la disproportion.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce message un peu long, je vous souhaite une bonne fin de journée, et je vous dis à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 720830 )tTout à fait d'accord par Aigle (2013-05-10 19:03:54) 
[en réponse à 720825]

Merci de ces excellentes démonstrations qui me semblent tout à fait convaincantes

question complémentaire : pourquoi ces changements ont ils eu lieu ? je dis bien pourquoi et non comment !
images/icones/fleche2.gif  ( 720888 )Le sens du théologal a été perdu de vue. par Scrutator Sapientiæ (2013-05-11 15:55:20) 
[en réponse à 720830]

Bonjour Aigle,

1. Le sens du théologal a été perdu de vue, pour cause de tendance à la confusion, à l'égalisation, ou plutôt à l'équivaluation,

- entre la Foi chrétienne en Dieu et les croyances humaines en Dieu, ou en l'idée que les croyants non chrétiens en ont ou s'en font,

- entre l'Espérance chrétienne en vue du salut en Dieu et l'optimisme humain en vue du bonheur en ce monde,

- entre la Charité chrétienne en Dieu et le consensus humain en ce monde.

2. Or, il existe

- plusieurs croyances humaines en Dieu qui ne sont pas seulement différentes, mais qui sont avant tout divergentes, par rapport à la Foi chrétienne en Dieu ;

- des optimismes humains, en vue du bonheur en ce monde, qui ne sont pas seulement apposés, mais qui sont avant tout opposés, vis-à-vis de l'Espérance chrétienne en vue du salut en Dieu ;

- plusieurs conceptions ou dimensions du consensus humain en ce monde qui sont aux antipodes de la Charité chrétienne en Dieu.

3. Cette tendance est apparue en amont du Concile Vatican II : vous aurez reconnu, au contact de la deuxième des trois composantes de cette tendance, une des composantes du cinquantisme, en l'occurrence la composante communisante spiritualiste.

4. Un véritable fidéisme et un humanisme fallacieux se manifestent, respectivement, à l'intérieur de la première et de la troisième composante de cette tendance.

5. Je suis convaincu que nous sommes en présence d'une idéologie, ou, en tout cas, d'une praxis pastorale, langagière et messagère, et je vous renvoie à cette citation extraordinaire du philosophe allemand Gunther ANDERS :

" On ne mesure pas la puissance d'une idéologie aux seules réponses qu'elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu'elle parvient à étouffer. "

6. Ne laissons personne, pas même un Souverain pontife, étouffer, faire étouffer, ou laisser étouffer, certaines questions ; par exemple, au contact de cette phrase célèbre de NA :

"L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions",

voici une question : ce qui va sans être dit allant encore mieux en étant dit, est-ce à dire que l'Eglise catholique rejette tout ce qui est faux, tout ce qui est malsain ou non saint, et qui est présent dans ces religions ?

Si tel est bien le cas, si l'Eglise catholique rejette bel et bien ce qui est synonyme d'errements dans l'ordre du croire en Dieu ou de manquements dans l'ordre de l'agir de l'homme, dans ces religions,

- pourquoi donc l'Eglise catholique ne le dit-elle pas, franchement et fréquemment, non seulement ad intra, aux fidèles catholiques, mais aussi ad extra, aux croyants non chrétiens ?

- qu'est-ce qui est faux et malsain, ou faux et non saint, dans les religions non chrétiennes, en général, et dans telle ou telle religion non chrétienne, en particulier ?

7. Je vais vous raconter une anecdote, laquelle, en apparence, n'a rien à voir ; un jour, j'ai raconté ou rappelé à quelqu'un un fait avéré, notoire, public, une décision prise par un ancien Président de la République, sur laquelle je n'ai émis aucun jugement de valeur infâmant ou offensant : je n'ai pas dit : "c'est lui qui a commis l'erreur de décider ceci, ni : "c'est lui qui a fait une folie, en décidant cela", j'ai simplement dit : "c'est lui qui a décidé, etc...".

8. J'ai eu droit à la réaction suivante, de la part de mon interlocuteur : " ce n'est pas bien, de dire du mal des gens. " (sic). J'ai aussitôt fait remarquer à mon interlocuteur que je ne disais pas du mal de qui que ce soit, mais que je me contentais de dire ce qui est, et cette remarque m'a valu la réponse suivante : "peut-être (re-sic), mais ce n'est pas bien de dire du mal des gens" (re-re-sic).

9. Je suppose que dire ce qui est, préciser ou rappeler ce qui est, sur telle ou telle croyance ou religion non chrétienne, revient, dans l'esprit de beaucoup, à dire du mal des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des hindouistes, des animistes, ou des shintoistes, etc...

10. Il fut un temps, il y avait beaucoup de communistes à Billancourt, et, dans l'esprit de certains clercs, il ne fallait pas faire allusion à ce qui se passait dans le communisme soviétique, de peur de "désespérer Billancourt" ; imaginons qu'il y ait aujourd'hui beaucoup de musulmans à Billancourt, eh bien, je suppose que, dans l'esprit d'autres clercs, il ne faut pas davantage faire allusion aujourd'hui à ce qu'il y a dans telle ou telle partie du Coran, de l'Islam, ou de la vie de Mahomet, de peur de "désespérer Billancourt".

11. On aurait très bien pu ne faire du dialogue interreligieux qu'une composante du dialogue interculturel, propice à la coexistence pacifique entre les individus et les communautés de différentes religions.

A partir

- de Vatican II, mais surtout à partir de Jean-Paul II,

- à partir de 1979 (Ankara), par certains aspects, mais surtout à partir de 1986 (Assise),

ce prédécesseur de Benoît XVI a entendu donner à la conception catholique du dialogue interreligieux une importance et une influence (inter)spirituelles tout à fait particulières.

12. Le silence officiel, quasiment permanent, de l'Eglise catholique, silence relatif aux errements ou aux manquements présents dans les croyances ou religions non chrétiennes, n'est-il pas, dans ce contexte, l'un des principaux fruits du dialogue interreligieux ?

Je vous prie de bien vouloir m'excuser, car je n'ai pas vraiment répondu à votre question, et je vous souhaite une bonne fin d'après-midi.

Scrutator.