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images/icones/carnet.gif  ( 717752 )Un ancien jésuite écrit : "Cher Père François, il est temps pour vous de quitter Rome" par Chicoutimi (2013-04-18 07:24:30) 

Voici le texte publié par Le Temps :

Cher Père François, il est temps pour vous de quitter Rome

par Paul Debelle

* Paul Debelle est un ancien jésuite, actuellement psychothérapeute. Dans cette lettre ouverte adressée au pape, il enjoint au saint-père de suivre jusqu’au bout l’exemple de François d’Assise

"Très révérend et cher Père François,

Deux raisons me poussent à prendre la liberté, naïve ou téméraire, de vous adresser cette lettre.

La première est qu’à l’âge de 6 ans, du jour où je reçus à genoux par radio la bénédiction urbi et orbi du nouveau pape Pie XII, je rêvais d’être pape ou, à défaut, missionnaire ou encore frère et chef cuisinier. (Il paraît que vous aimez faire la cuisine à la Curie, pourquoi pas!)

La seconde est que j’ai été pendant plus de vingt ans à l’école des Exercices spirituels d’Ignace de Loyola et donc entraîné, comme vous, à servir, «contemplatif dans l’action», et à «sentir avec l’Eglise».

Je me suis réjoui que le conclave ait enfin choisi un non-Européen et donné par là un signe fort d’ouverture à l’universalité. Les chrétiens de toutes races, langues et cultures ne peuvent que souhaiter vous voir œuvrer concrètement en faveur de la vraie «catholicité», de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, en gardant le contact avec vos racines.

Vos premiers gestes publics ont été inspirés par la préférence évangélique pour les humbles, les pauvres, les déshérités. Merci pour ce rappel exigeant et ces choix courageux, fussent-ils symboliques.

Vous avez voulu souligner aussi votre fonction première comme évêque de Rome, primus inter pares. Nul doute que le combat sera long pour mettre en place l’exercice réel de la collégialité et concilier cette priorité avec le rôle de chef d’Etat… et quel Etat! Certains parlent d’un mastodonte marqué au fil des siècles par l’autoritarisme doctrinaire, le triomphalisme pompeux et l’argent, un monde d’où la femme est exclue.

Je me permets d’évoquer le ­Sermon sur l’unité de l’Eglise d’un ­certain Bossuet, évêque de Meaux. L’illustre ecclésiastique du XVIIe siè­cle se lance dans une interminable période oratoire pour décrire le long voyage réalisé par l’apôtre Pierre pour aller de Jérusalem et Antioche à Rome, une nécessité, selon lui, providentielle et fondatrice: «[…] Il fallait qu’il vînt à Rome.»

Un jour peut-être, un historien racontera en une longue phrase comment serait née une nouvelle nécessité, réformatrice celle-là, qui se conclurait par ces mots: «Il fallait que le successeur de Pierre quittât Rome.» Quitter Rome, pour aller où, direz-vous. Plutôt à Taizé qu’en Avignon, bien sûr! Ou mieux, dans un de ces bidonvilles ou favelas que vous connaissez si bien, là où un pape pourrait prendre le risque de s’asseoir, pauvre avec les pauvres, petit avec les petits, comme François d’Assise, ou comme un cardinal Léger, archevêque de Montréal, offrant sa démission pour se consacrer à l’assistance aux lépreux. Serait-ce le prix à payer pour redonner à ses actes et à sa parole l’authenticité et la simplicité tant attendues et conformes au message d’amour de Jésus de Nazareth?

Mes propos peuvent vous paraître prétentieux. Je reconnais que je n’ai évidemment de leçons ou de conseils à donner à personne. Face à l’immensité de la tâche qui vous attend, je le devine, vous devez être confronté à votre solitude et à votre responsabilité. J’ajouterais d’ailleurs que, paradoxalement peut-être, une chose pourrait vous rassurer: en acceptant l’élection au siège aposto­lique, vous vous êtes libéré du ­quatrième vœu qui caractérise les membres profès de la Compagnie de Jésus, le vœu d’obéissance au pape (!), en ce qui concerne les missions et ministères.

J’avoue enfin que, si ma lettre comportait quelque impertinence contraire à l’orthodoxie, cela tiendrait au fait que, parmi mes très lointains ancêtres figure un certain Michel de Bay (M. Baius), professeur d’Ecriture sainte à l’Université de Louvain, inquisiteur et théologien au concile de Trente. Il est vrai que ses thèses, contestant déjà l’infaillibilité pontificale, frisaient le calvinisme et furent condamnées par Rome, plus précisément par un saint jésuite, le cardinal Robert Bellarmin.

J’ai l’espoir que vous ne me tiendrez pas rigueur pour ma franchise et que vous y verrez plutôt un message d’espérance.

Je vous prie de recevoir, très révérend Père François, mes respectueuses salutations et l’assurance de mes sentiments à la fois filiaux et fraternels."
images/icones/fleche2.gif  ( 717753 )Un texte épouvantable par Chicoutimi (2013-04-18 07:35:34) 
[en réponse à 717752]

qui ne provient pas d'une réflexion sérieuse ni d'une très grande profondeur.

Il semble que le style du Pape François réveille les vieux fantasmes d'une Église uniquement tournée vers les pauvres, d'un Pape qui déroge au protocole et qui vivrait comme un pauvre aux pieds nus, et d'une réforme continuelle de la curie.

Un jour où l'autre, ce type de rêverie s'estompera car le Pape ne pourra que les décevoir lorsqu'il aura à rappeler l'enseignement de l'Église.