Genèse d’une neuvaine : Marie qui défait les nœuds
Une dévotion favorisée par le futur pape François
En 1700, en Allemagne, Johann Melchior Schmidtner peint un tableau représentant Marie dénouant les nœuds d’un ruban, probablement le « ruban matrimonial » d’un couple qui avait évité le divorce. Marie apparaît comme il est dit dans l’Apocalypse : « dans le ciel, revêtue de soleil, couronnée de douze étoiles, et écrasant la tête du serpent ». Au-dessus de sa tête apparaît l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, et sous ses pieds, la lune.
À l’origine de la dévotion : un ex-voto allemand
L’Esprit-Saint illumine la Vierge et Marie, Reine des Anges, est entourée par tous les anges. On en distingue particulièrement deux au premier plan : l’un donne à Marie un ruban tout encombré de nœuds. Ce ruban, passant par les mains de Marie, se transforme en un ruban parfaitement net, lisse, sans nœuds, reçu par l’autre ange situé à la droite de Marie, qui est à la fois opératrice et intermédiaire.
Pour mieux regarder les nœuds, la Vierge a le visage incliné. l’Archange Raphaël emmène Tobie par la main. On sait que c’est Tobie car il tient un poisson et un petit chien les suit. Ceci fait penser que Marie défait surtout les nœuds de la famille… Ce tableau demeure à Augsbourg, près de Munich, dans l’église Sankt Peter am Perlach. Il y est encore visible aujourd’hui.
Au fil des siècles, la signification conjugale du tableau se perd mais la dévotion populaire locale, bien vivante, conserve l’essence du symbole. Elle lui donne le titre de « Maria Knottenlöserin », littéralement « Marie, celle qui défait les nœuds ».
La diffusion extraordinaire d’une nouvelle invocation
Dans les années 1980, le P. Jorge Bergoglio, futur cardinal de Buenos Aires, futur pape François, rapporte en Argentine quelques copies de ce tableau. Il en installe une dans l’université El Salavador, en écrit un commentaire et une première prière qui ont comme conséquence l’explosion de cette foi en Marie qui défait les nœuds.
Elle atteint d’abord la paroisse San José de Talar, puis celle de San Juan Bautista où le curé, le P. Celeiro*, complète les écrits de l’archevêque pour donner une nourriture spirituelle à ses paroissiens, puis en 1998 publie pour le grand public la neuvaine qui rencontre tout de suite un succès considérable. En quelques années, cette ferveur irradie toute l’Amérique, puis le monde entier. Quels que soient l’âge, la race, la condition, la notion de « nœud dans la vie » est un symbole évident pour chacun : qui peut affirmer ne pas être concerné ?
Les principaux témoignages reçus concernent :
– La famille (mésententes, incompréhension entre générations, discordes incontrôlables, divorce, avortement, célibat involontaire, manque de pardon…). – La santé (maladies, handicaps physiques ou mentaux, dépression, fausse culpabilité…) : « Au mois de décembre, l’annonce d’un cancer du duodénum nous laissa anéantis. Une chaîne de prières a débuté par la neuvaine à “Marie qui défait les nœuds” jusqu’à la date des résultats des examens. Marie a répondu à notre appel et les résultats sont revenus négatifs. Même le professeur n’en revenait pas… » (F.B.).
– Le travail (études, tensions professionnelles, stress, chômage…).
– Le logement, l’argent (dettes insurmontables, exclusion sociale…).
– Les dépendances (alcool, horoscopes, superstition, jeu, pornographie, pratiques sataniques…) : « Au 4e jour, mon fils s’est reconnu alcoolique et drogué. Maintenant il en est sorti » (L. R.).
– De manière plus générale, le renouveau de la confiance en Dieu… « Ce qui transparaît souvent dans les témoignages que je reçois est que la Sainte Vierge n’a pas défait tel nœud qui lui était présenté, mais Elle a montré comment le défaire », écrit le P. Celeiro.
Désormais, Marie est aussi invoquée sous le nouveau vocable Marie qui défait les nœuds. Sa fête est le 8 décembre mais chaque 8 du mois, ce sont des milliers de personnes qui prient le rosaire à ses intentions.
Une dévotion à faire rayonner en France
Favorisée par le pape François, alors qu’il était archevêque de Buenos Aires, puis diffusée par le P. Celeiro, la dévotion à Marie qui défait les nœuds est une belle invitation à placer Marie au cœur de nos vies. Elle est un rappel de la nécessité des vertus d’humilité, de spiritualité, de douceur et de charité, particulièrement chères au Saint-Père. A présent célèbre, la neuvaine du Père J.-R. Celeiro est disponible en huit langues (français, anglais, allemand, hollandais, portugais, italien, espagnol, chinois). Attention, de nombreuses imitations sont en circulation, tant chez des libraires que sur internet. Les bénéfices de l’édition du livret sont intégralement réinvestis dans l’extension de sa diffusion. Pour commander les livrets du P. Celeiro :
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www.mariequidefaitlesnoeuds.com
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contact@mariequidefaitlesnoeuds.com
– ou par courrier à « Marie qui défait les nœuds » : 18, avenue des Marronniers – 78600 Le Mesnil-le-Roi. Tel-fax : 01 39 62 11 23. Ou dans les librairies religieuses.
Le Père Juan-Ramón Celeiro, prêtre argentin du diocèse de Buenos Aires, a récemment fêté ses 30 ans de sacerdoce. Il est curé de paroisse en zone défavorisée. Professeur de philosophie, il a écrit plusieurs ouvrages : sur saint Joseph (Le divin Gardien) », sur saint Jean-Baptiste (Une voix qui crie dans le désert), sur la « Vierge de la Rosée », sur « Marie qui défait les nœuds », etc. Conseiller spirituel des Apôtres de la « Divine Miséricorde » d’Argentine, il répond sur leur site aux demandes d’aide spirituelle.
ENCADRE
« Vers l’année 202, saint Irénée de Lyon écrivait : “Par sa désobéissance, Eve a créé le nœud qui a étranglé le genre humain. Par son obéissance, Marie l’a dénoué. Ce que la vierge Eve a noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi”. (Adv. Haer. III, 2, 124). Cette affirmation si ancienne est reprise par le Concile Vatican II au n° 56 de la Constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen Gentium.
« S’inspirant de cette phrase de saint Irénée, un peintre bavarois a peint en 1700 un tableau représentant Notre Mère, dénouant les nœuds de l’incrédulité et de la désobéissance. Ce tableau, vénéré dans l’église de Sankt Peter am Perlach, à Augsbourg en Allemagne, est intitulé “Marie qui défait les nœuds”.
« Cette représentation fut connue en Argentine vers l’année 1984 et sa dévotion s’est propagée parmi les fidèles de Dieu. C’est l’image de notre Mère qui nous aide tous les jours sur les chemins de la vie. Elle vient à notre aide, s’occupe de nous, nous montre à Jésus, nous mène à Jésus. Nous lui présentons nos difficultés, nos “nœuds”, spécialement ceux qui affectent la vie chrétienne de notre famille. Et nous savons que ses mains amoureuses de mère, pleines de tendresse, s’occupent de nous.
« Je souhaite qu’Elle nous aide à mieux vivre chaque jour notre vie de chrétien, en témoignant de notre foi en Jésus-Christ vivant parmi nous, encouragés par l’espérance qui ne déçoit jamais, persévérant dans la charité et l’amour réciproque, en tant que frères que nous sommes réellement. »
Buenos Aires, 15 août 1999
Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie
Jorge Mario Bergoglio, SJ.
Article extrait du n° 7833 de
PRESENT daté du Samedi 13 avril 2013