Le Forum Catholique
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( 714719 )
Cantalamessa au Vatican: "Il faut alors avoir le courage d’abattre tout cela" par New Catholic (2013-04-01 13:17:56)
Vendredi Saint au Vatican,
homélie du Père Cantalamessa.
Nous devons faire en sorte que l’Eglise ne ressemble jamais à ce château compliqué et encombré décrit par Kafka, et que le message puisse sortir d’elle libre et joyeux comme lorsqu’il a commencé sa course. Nous savons quels sont les empêchements qui peuvent retenir le messager: les murs diviseurs, à commencer par ceux qui séparent les différentes églises chrétiennes entre elles, l’excès de bureaucratie, les restes d’apparats [en italien, "i residui di cerimoniali", les restes des cérémoniaux], lois et controverses passées, devenus désormais de simples détritus.
...
C’est comme avec certains vieux édifices. Au fil des siècles, pour s’adapter aux exigences du moment, ceux-ci sont remplis de cloisons, d’escaliers, de salles et petites salles. Le moment arrive quand l’on s’aperçoit que toutes ces adaptations ne répondent plus aux exigences actuelles, qu’elles sont même un obstacle, et il faut alors avoir le courage d’abattre tout cela, et de ramener l’édifice à la simplicité et à la linéarité de ses origines. C’est la mission que reçut un jour un homme qui priait devant le crucifix de Saint Damien : « Va, François, et répare ma maison ».
« Qui peut-être à mesure de cette tache ? », se demandait atterré l’Apôtre Paul devant le devoir surhumain d’être « la bonne odeur du Christ » dans le monde; et voici sa réponse qui vaut encore aujourd’hui: « Ce n'est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous; non, notre capacité vient de Dieu, qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit ; car la lettre tue, l'Esprit vivifie » (2 Co 2, 16; 3, 5-6).
Puisse l’Esprit Saint, en ce moment où s’ouvre pour l’Eglise un temps nouveau, plein de promesses et d’espérance, réveiller chez les hommes, qui sont à la fenêtre, l’attente du message et chez les messagers la volonté de le leur faire parvenir, au prix même de leur vie.

( 714721 )
Quatre révolutions fondamentales pourraient changer le Vatican par LouisL (2013-04-01 13:42:42)
[en réponse à 714719]
31/03/2013 - Jean-Marie Guénois
La personnalité du nouveau pape diffère considérablement de celle de son prédécesseur, Benoît XVI. Un changement qui pourrait annoncer des évolutions considérables dans le fonctionnement de l'Église.
Officiellement, tout va bien. C'est la continuité. « Il ne faut pas opposer » deux papes que tout, pourtant - sauf l'essentiel, la foi catholique -, sépare: le style, la culture, l'expérience pastorale, la vision de l'Église, la vision du monde. Au Vatican, il n'est donc pas question de parler de « rupture ». Ce mot est banni dans l'Église. Pourtant, des yeux commencent à se lever au ciel devant le goût pour « la nouveauté » du pape François. La première semaine, la nouvelle attitude du Pape était « bien compréhensible ». Cet archevêque argentin l'était encore, tout en étant à présent le 266e pape de l'histoire.
La deuxième semaine, beaucoup jugeaient qu'il ne pourrait pas continuer ainsi. Qu'il devrait bien commencer à « faire le pape » (« fare il Papa ») comme l'on dit à Rome. C'est-à-dire son «métier de pape» en laissant de côté « ses goûts et options personnels ». Mais cette troisième semaine a encore confirmé l'esprit libre tout autant que le caractère et la détermination de cet homme. Il ne s'en laissera pas conter. Il veut faire évoluer le système. Les choses sérieuses commencent donc aujourd'hui et d'ici à l'été. Si le monde est sous le charme, le Vatican est en état de choc.
1. Une autre vision de l'autorité papale ?
En refusant d'utiliser le mot « pape » qu'il n'a prononcé que quelques rares fois, François en dit long sur sa vision de la papauté. Il est « évêque de Rome ». Il ne cesse d'y insister. Ce n'est donc plus une coquetterie de langage. Il est «pontife romain» dans le sens d'un édificateur de ponts vers « la périphérie ». Les « autres », ceux « qui ne croient pas » ou qui vivent une autre foi religieuse. Il a insisté, par exemple, à trois reprises sur l'importance des bonnes relations avec l'islam. On pourrait avancer cette formule: Benoît XVI fut un pape de l'intérieur de l'Église catholique, François veut aller vers l'extérieur.
Mais ce n'est pas ce souci pastoral de toucher les âmes et les cœurs de tous, et en particulier des plus lointains, qui pose problème. Au contraire, cet impact est loué. Les cardinaux ont choisi à dessein ce jésuite de choc pour réveiller l'Église en ce sens.
Ce qui interroge, c'est sa nouvelle façon d'exercer l'autorité du pape. Il ne se veut pas au-dessus mais « au milieu » de ses frères évêques. Le premier d'entre eux, parce qu'il est l'évêque de Rome, mais au sens d'un service. « Le plus haut placé doit être au service », a-t-il confié aux jeunes mineurs de la prison de Rome à qui il a lavé les pieds le jour du jeudi saint.
D'aucuns voient déjà une « désacralisation » de la fonction alors que d'autres, plutôt à l'extérieur de l'Église, se trouvent rassurés par cette évolution. Une inflexion plus lourde qu'elle n'en a l'air, car le système ecclésial est fortement centralisé et hiérarchisé. Tout était d'ailleurs allé dans ce sens au cours de ces dernières années. Sauf que le pape François n'est pas de cet avis. En jésuite intelligent, il va piloter avec tact cette « normalisation » de la fonction papale, mais il n'est pas certain que tous ceux qui l'ont élu avaient prévu une telle inversion de tendances.
2. Un changement d'attitude extérieure, y compris dans la liturgie ?
Dans le petit monde ecclésial, il y a des prêtres passionnés de belles liturgies et d'autres qui attachent moins d'importance à la façon de célébrer la messe dans ses formes les plus parfaites. « Ce n'est pas un liturge », dit-on alors pour signifier que tout en étant bon prêtre, tel curé n'est pas à cheval sur les détails liturgiques. Le pape François, entend-on de la même façon à Rome, « n'est pas un liturge ». Au contraire de son prédécesseur, Benoît XVI, qui l'était. Ce dernier n'avait-il pas rétabli la forme du rite ancien - dit de la messe en latin selon le missel de Jean XXIII - admis désormais comme forme extra-ordinaire? Ne célébrait-il pas, lui-même, en latin et dos au peuple dans sa chapelle privée avec un soin respectueux? Même comparés au pontificat de Jean-Paul II, les cérémonies et ornements pontificaux ont pris, sous Benoît XVI, beaucoup plus de rigueur, d'ampleur et de magnificences. Le pape François - il l'a déjà démontré par sa manière tout aussi intérieure mais très dépouillée de célébrer la messe - n'est pas très à l'aise avec une certaine pompe vaticane. Sa volonté, par exemple, de garder depuis son arrivée son aube liturgique et sa simple mitre d'archevêque est un signe. Peut-être superficiel aux yeux de beaucoup, mais Benoît XVI a passé son pontificat - tout comme sa vie d'évêque et de cardinal - à corriger certains « excès liturgiques » qu'il considérait comme une « simplification et désacralisation » finissant par atteindre, dans son esprit, la substance même de la foi catholique. Il apparaît toutefois que le pape François, qui a cette même profondeur d'homme de Dieu que son prédécesseur, ne le suivra pas sur la voie liturgique. Là n'est pas vraiment son chemin.
3. Un changement de politique dans l'interprétation du concile Vatican II ?
En décembre 2005, le pape Benoît XVI avait marqué son pontificat par un « discours à la curie romaine » où il expliquait son intention de mettre fin à l'application du concile Vatican II (1962-1965) « interprété » comme une « rupture » avec la plus ancienne tradition de l'Église catholique. Pour, au contraire, promouvoir une réconciliation entre tradition et modernité. Ce faisant, Benoît XVI prônait un retour à lettre même de ce concile. Et combattait ouvertement ceux dans l'Église - à commencer par le clergé et bon nombre d'évêques - qui n'avaient jamais vraiment considéré cette lettre pour ne s'en tenir qu'à «l'esprit du concile». C'est-à-dire à « l'ouverture de l'Église vers le monde » de cette réforme catholique.
Malgré toutes les précautions oratoires entendues ces jours-ci au Vatican visant à minimiser cette différence, il apparaît, sans caricaturer - tant dans les prises de position précédentes du cardinal Bergoglio que dans ses réseaux d'amitiés -, que la culture du nouveau pape est fortement inspirée par « l'esprit du concile »… Lors des premiers tours du conclave de 2005, qui avait élu Benoît XVI, il avait été soutenu par le cardinal jésuite Martini et par un groupe, dit « progressiste », comprenant le cardinal belge Danneels. Certains avaient même fait apparaître Bergoglio comme le candidat « anti-Ratzinger ». Un état d'esprit que le jésuite, aujourd'hui pape, récusait du reste profondément. Il se situe à un autre niveau. On sait, de plus, pour le conclave de cette année, que cet Argentin n'était pas du tout le candidat de « l'appartement »… C'est-à-dire du pape sortant, qui le connaît à peine.
Mais il est élu pape à son tour, contre toute attente. Il va devoir composer, tout en assumant la grande responsabilité « politique » d'orienter l'Église catholique. Certes, il n'est pas un théologien réputé mais plutôt un pasteur hors pair. Il ne devrait pas s'embarrasser des subtilités « de la lettre » et « de l'esprit » du concile Vatican II, mais plutôt s'employer à l'appliquer concrètement afin de ramener des brebis au bercail. En travaillant, notamment, les « périphéries » de l'Église et non ses sacristies. Et en posant un regard de latino-américain, résolument optimiste, sur le monde, tel qu'il est.
4. Changement dans le gouvernement de l'Église : quand et comment ?
Les propos cinglants du père Cantalamessa, prédicateur officiel de la maison pontificale, n'ont pas rassuré.
Il règne une ambiance particulière au Vatican. Beaucoup sentent bien que l'ère Benoît XVI passe, mais que l'ère de son successeur est pleine d'incertitudes, non sur la qualité de sa personne et encore moins sur son charisme, mais sur les décisions concrètes qu'il va prendre. Beaucoup pensent que ce dossier de la réforme de la curie sera mis en route «avant l'été».
Mais l'audace des propos cinglants du père Cantalamessa, prédicateur officiel de la maison pontificale, vendredi saint, dans la basilique Saint-Pierre, devant le Pape et toute la curie romaine, n'ont pas rassuré. Citant Kafka, il a enjoint à l'Église de ne pas devenir un « château compliqué ». Il a affirmé que « l'excès de bureaucratie, les restes d'apparats, lois et controverses passées » - des « empêchements qui peuvent retenir le messager » - sont « désormais de simples détritus ». Et que « le moment arrive » où il faut avoir « le courage d'abattre » les « cloisons des salles et petites salles » pour « ramener l'édifice à la simplicité et à linéarité de ses origines ». Sa conclusion a frappé comme un éclair: « C'est la mission que reçut un jour un homme qui priait devant le crucifix de saint Damien, à Assise : « Va, François, répare ma maison ». À bon entendeur…
Source :
Le Figaro

( 714732 )
là M. Guénois est plus réaliste par Luc Perrin (2013-04-01 14:48:01)
[en réponse à 714721]
que quand il nous affirmait, avant l'élection du pape François, exactement le ... contraire : que Benoît XVI en 9 petites années avait "recatholicisé" l'Église et que Mgr Fellay et la F.S.S.P.X aurait dû signer les yeux fermés tout et n'importe quoi vu que tout allait merveilleusement bien dans un ciel catholique immaculé.
Tout l'article confirme, et les faits jusqu'à présent, la notion de "rupture" d'orientation qu'on s'est ingénié ici, je ne parle pas du webmestre, à dénier avec férocité en se gaussant de votre serviteur qui ne faisait que transcrire en mots une évidence criante.
Le conclave de 2013 a opté pour annuler le conclave de 2005 et avec lui la ligne dominante à Rome depuis Paul VI, celle que l'abbé Barthe a souvent décrite comme une convergence entre néo-conservateurs et traditionalistes autour de l'herméneutique de réforme dans la continuité. J-M. Guénois souligne que c'est bien celle-ci qui est dans le viseur du nouveau pontificat, comme elle l'était dans la Société de Jésus avant l'élection depuis 1965.
Les signes apparaissent déjà ici et là et le cardinal Dolan (New York) vient de faire deux déclarations très "apaisantes" en direction du gouvernement dans le débat très chaud aux USA aussi - la Cour suprême est saisie - sur le "mariage pour tous". Si l'épiscopat américain, le plus combattif ou presque avec les Espagnols, commencent à retourner à l'option "peace and love" des années 1960-1970, le Zeffirellisme franciscain (au sens propre), on est en droit de s'interroger.
Le New York Times - grand héraut de la Tradition catholique comme on sait (!) - met les déclarations du Cardinal en une. Le succès dans les media libéraux anti-catholiques n'est pas, à mon sens, un gage de réussite pour l'évangélisation à venir.

( 714735 )
Ce début de pontificat par Yves Daoudal (2013-04-01 15:35:55)
[en réponse à 714732]
va servir de révélateur, au sens chimique (photographique) du terme. On le voit par exemple avec le P. Cantalamessa, dont les homélies romaines étaient traditionnelles et qui subitement deviennent révolutionnaires (révélation de ce qu'il était déjà, avec son ami Bergoglio), ou, comme vous le soulignez, avec le cardinal Dolan (et c'est spectaculaire).

( 714738 )
comme vous par Mauwgan (2013-04-01 15:50:37)
[en réponse à 714735]
Bcp de faithful Catholiques criaient haut et fort que Dolan etait un big lib.
Mais non, il fallait donner le benefice du doute, lui laisser le temps.
Nope, niet, nada.
Dolan ripaille avec Obama. Et cest le Mormon qui avait encore raison. Il a dit lors du Smith Dinner. Demain je vois deja les gros titres; Obama embrassé par les Catholiques, Romney mangent chez les riches.
Je paraphrase , Dolan avait rit jaune. Et on nous traitait d'intolerant et pas charitable.

( 714743 )
C'est comme si par Deo gratias (2013-04-01 16:03:34)
[en réponse à 714735]
Ce pontificat, permettait aux loups de sortir du bois et pas seulement ceux que l'on connaissait mais ceux qui pendant huit ans ont revêtu la tunique de l'agneau.
Ce qui me désole, c'est que dans les milieux "ecclesia dei" ou "classiques" lorsqu'on évoque le sujet, on nous traite presque comme des "sédévacantistes". "Vous n'avez pas le droit de parler ainsi du Souverain Pontife, etc..." tels sont leurs propos.

( 714751 )
Question à M. Luc Perrin par Baudouin (2013-04-01 16:38:57)
[en réponse à 714732]
Monsieur,
Auriez-vous l'amabilité de nous dire comment voyez-vous la situation et l'évolution de la messe traditionnelle sous le nouveau pontificat?
Je vous en remercie d'avance.

( 714756 )
je ne suis pas devin ... par Luc Perrin (2013-04-01 17:10:40)
[en réponse à 714751]
Ma "science" est dans l'étude du passé, pas dans la prospective.
Ceci posé, si comme on le voit par les actes du pape et comme on le sait de la pratique de l'ex-cardinal Bergoglio, comme on le sait aussi des pratiques en vigueur dans la Compagnie de Jésus - à de rares exceptions près -, on peut supposer raisonnablement que ce n'est pas sous ce pontificat que l'indispensable réforme de la néo-liturgie, dans un sens traditionnel, interviendra : sauf miracle.
Il me semble que le pape François est plutôt dans la croyance qu'avait Paul VI que la liturgie est un accessoire qu'on peut sacrifier et modifier à volonté devant l'impératif "missionnaire". Que les formes n'ont pas d'importance, qu'elles peuvent être surtout des obstacles et que seul le "fond", intellectuellement appréhendé, compte.
Maintenant c'est ce qu'on peut déduire de ces gestes et premières décisions comme pape : ce que tout le monde fait partout dans le monde, dans toutes les langues et venant de tous les horizons catholiques ou pas.
Il me semble que le pontificat de Paul VI n'avait pas été très favorable à la liturgie traditionnelle, n'est-ce pas ?
On peut penser que le nouveau pape n'effacera pas ce que ses prédécesseurs ont concédé de Paul VI (1971) à Benoît XVI (2007). Mais il paraît aussi probable qu'on n'aura plus aucune incitation à aller dans ce sens et que cela aura des répercussions au niveau des diocèses, des instituts traditionnels, peut-être même de la C.E.D. (sera-t-elle conservée dans le cadre d'une réforme de la Curie ?) et in fine sur nos communautés et leur insertion dans les diocèses.
Ce que certains évêques avaient accordé à contre-coeur, pour être en communion avec le Saint-Père, le maintiendront-ils quand le vent qui soufflera de Rome portera (peut-être) un message radicalement différent ?
L'avenir le dira et nous verrons si M... et ses ami(e)s avaient bien raison d'exulter de joie et d'annoncer un grand retour de la Tradition et une exaltation des traditionalistes à travers l'élection du pape François.
Pour l'instant, en dehors des cercles "tradis" papolâtres, personne mais vraiment personne ne fait cette analyse.
Encore une fois, on ne peut que juger sur pièces et il est encore bien tôt pour avoir des certitudes : quelques indications, préoccupantes toutefois, pour ceux qui adhèrent aux thèses développées non par le cardinal Kasper mais par Joseph Ratzinger, vous vous souvenez de ce théologien allemand ...

( 714813 )
Question d'un ignorant par Rikiki (2013-04-01 22:54:49)
[en réponse à 714756]
Bonsoir,
J'ai peu suivi l'actualité récente à Rome à vrai dire, et je ne lis que vos inquiétudes sur le forum. N'ayant donc pas directement l'information qui vous rend si pessimiste, je me pose juste une question : ne serait-il pas possible (je veux dir : sage), pour garder la tête froide et un peu de confiance en l'avenir tout de même, de distinguer dans les changements récents en cours et à venir :
- d'une part des évolutions regrettables qui porteraient atteinte à la substance et qui méritent une réaction;
- des perspectives éventuellement plus rassurantes, qui concerneraient par exemple la modernisation d'une administration vers plus d'efficacité;
- des effets de style sans aucune importance (je n'ose pas citer le cas des chaussures rouges devenues noires, mais j'ai du mal à saisir tout à fait dans quelle mesure c'est grave, et en quoi c'est le signe d'un refus d'entrer dans la fonction : je n'affirme rien et je veux essayer de comprendre le propos des liseurs, mais jusqu'ici, je dois dire, je ne vois pas bien)
Bien à vous,
Rikiki

( 714815 )
bien loin des escarpins par Luc Perrin (2013-04-01 23:11:50)
[en réponse à 714813]
Vous dîtes me lire : "et je ne lis que".
Je crois n'avoir jamais mentionné les escarpins rouges.... bref vous me lisez mal.
Faîtes des recherches sur le cardinal Bergoglio en Argentine et en 2005 candidat alternatif de ... J. Ratzinger.
Un "très bon théologien" (pape François) = Walter cardinal Kasper.
Une référence sur la grande controverse entre les cardinaux Kasper et ... Ratzinger, très fameuse parmi les théologiens et bien connue des cardinaux électeurs.
http://popebenedictxvi.blogspot.fr/2008/08/special-compilation-ratzinger-kasper.html
(désolé cette compilation de textes est en anglais : mais vous trouverez des références en français. Pour le moment, le pape a donné plusieurs indications qu'il s'inspire des idées du cardinal Kasper).
Chaussures rouges et lavement de pied ? Je suis bien loin de tout cela.
Par ailleurs, mon analyse est banale : tout le monde, mais vraiment tout le monde fait la même. Si vous lisiez La Croix, J-M. Guénois, Rorate Coeli, The Washington Post, The New York Times etc.
En face de ces avis venant de partout, vous alignez qui ?
Ma question n'est pas rhétorique, pas que. Si vous avez des avis qui tracent un portrait différent du pape (et du cardinal argentin) comme champion du traditionalisme (faits et textes à l'appui), je suis preneur, comme tous les liseurs.

( 714821 )
Volée de bois vert? par Rikiki (2013-04-02 00:02:09)
[en réponse à 714815]
Alors là cher Luc Perrin je me demande bien comment mon message qui n'est qu'une question simple et ouverte, peut bien me valoir un tel recadrage de votre part. Je n'ai pas de théorie, moi. Vous envoyez donc toujours paître aussi vivement ceux qui posent des questions?
1. Je ne vous visais pas du tout : j'ai lu le FC, je n'ai pas suivi l'actualité, les homélies, etc. mais je lis un ensemble d'analyses très pessimistes (ce que vous confirmez il me semble, mais j'en viens à douter de ma capacité à lire ou écrire français). Et pour les souliers en particulier, un liseur s'en alarme sur ce fil. Pas vous, je ne sais plus qui, mais la lecture cursive du fil donne bel et bien l'impression d'une situation catastrophique.
2. Je vous posais la question, figurez-vous, parce que j'accorde beaucoup de crétits à vos analyses (et non parce que je les conteste, loin de là). D'où ma stupéfaction face au ton employé en réponse à mon post.
2. Je pose une question ouverte et sans aucune idée de la réponse. Donc, comme vous dites, "je n'aligne personne" je n'en sais fichtrement rien.
3. Ma question en un mot (parce que je suis quand même têtu) était tout simplement : la seule grille d'analyse possible est-elle nécessairement globalisante (les innovations sont la conséquence d'un esprit libéral et sont structurellement regrettables), ou bien pourrait-il être pertinent, utile, intéressant voire réconfortant de faire une typologie des nouveautés papales : les bonnes, les mauvaises, les neutres?
Voilà. Je n'affirme rien, je n'ai pas de théorie, simplement je lis le FC sans avoir suivi l'actualité papale et la gravité des réactions m'a conduit à poser cette question sans en avoir la réponse.
Mais soit, la prochaine fois je m'abstiendrai puisque je suis anxiogène sans le savoir.
PS: désolé si je surréagis à votre message. Le fait est que j'apprécie les conversations détendues, amicales et pédagogiques, et que je suis bien trop fatigué pour encaisser quand on me rue dans les brancards alors que (crois-je) je ne le mérite pas.

( 714825 )
je vous ai répondu avec des faits par Luc Perrin (2013-04-02 02:08:11)
[en réponse à 714821]
maintenant, visiblement, la réponse vous déplaît.
Qu'y puis-je ?
Une fois encore, si vous pensez - cela transparaît dans vos 2 posts - que je me trompe lourdement, indiquez moi où et à partir de quoi ?
Ne tirez pas sur le messager parce que le message ne vous convient pas et que vous auriez préféré que j'écrive que François est Benoît XVII ou Pie XIII ... Vous savez bien vous-même que ce n'est pas vrai.
ps. rappelez-vous que je n'étais pas au conclave de 2013.
Une question utile que personne ne pose :
quid du diocèse de Buenos Aires dont le pape a été l'évêque assez longtemps de 1998 à 2013 (et l'Auxiliaire auparavant depuis 1992) ? 15 ans c'est un mandat assez long pour laisser une empreinte. Quelle est-elle ?
vocations sacerdotales ? vocations religieuses ? taux de pratique en forte hausse ? place des néo-pentecôtistes, en régression ? Influence sur la société en hausse ou en baisse ? vitalité des organisations catholiques laïques en hausse ou en baisse ? Accessoirement prise en compte ou pas des traditionalistes ?
C'est plus important, à mon sens, que la couleur des chaussures et je ne blâmerai sûrement pas le pape en cette matière, pas plus que pour le lavement des pieds. Tout cela relève de détails vraiment sans grande conséquence sur l'essentiel, qu'on peut justifier d'ailleurs sans trop de circonvolution : c'est sur l'essentiel que portent mes interrogations.
Mon léger agacement tenait à cette réduction (opérée par vous et ce n'était pas très juste comme procédé) de mon analyse à un point (les chaussures) frisant le ridicule lors même que je n'en avais jamais parlé. Vous avez vu du "bois vert", j'ai vu moi-même - et c'est un fait - une déformation de mes propos : soyons honnête l'un vis-à-vis de l'autre, c'est déjà bien.
nb. des "actes" positifs du pape en faveur de la Tradition me demandez-vous ? Aucun à ma connaissance. Mais je ne vois pas comment on peut faire un "bilan" pour un pape si fraîchement élu ... Nous sommes simplement sur ce qu'on appelle, y compris dans la vie ordinaire, un "profil". Clairement, le pape François n'a pas le même profil que ses 2 prédécesseurs. Le temps des bilans viendra plus tard, au moins dans un an pour commencer.

( 714980 )
D'accord par Rikiki (2013-04-02 19:50:36)
[en réponse à 714825]
Je vous assure : JE NE PENSE PAS DU TOUT QUE VOUS VOUS TROMPEZ LOURDEMENT, BIEN AU CONTRAIRE : JE CRAINS QUE VOUS N'AYEZ RAISON.
Je cherche seulement à contempler le verre à moitié plein (disons : plein avec juste un fond de liquide) plutôt qu'à moitié vide.
Mais c'est justement parce que je suis tout à fait conscient que les faits vous donnent raison.
Je suis désolé pour les chaussures, je vous ai amalgamé à un autre involontairement (il fallait entendre mon "vous" comme collectif mais ce n'était pas clair).
En ce qui concerne le profil du pape (là, j'ouvre la discussion), je me demande en outre s'il est vraiment péroniste (si oui, je mettrais cela à son crédit pour le coup).

( 714827 )
Ne vous en faites pas, il est toujours ainsi. par Tardivel (2013-04-02 03:22:59)
[en réponse à 714821]
Et ensuite il se demande gravement pourquoi on se gausse de lui, pauvre professeur.

( 714843 )
puissante contribution de Tardivel par Luc Perrin (2013-04-02 10:30:58)
[en réponse à 714827]
comme toujours.
Pour le coup, vous me faîtes sourire en effet.

( 715826 )
Mais je suis heureux de vous faire sourire! par Tardivel (2013-04-07 06:18:55)
[en réponse à 714843]
Si cela soigne votre bile.

( 714760 )
J'espère que vous avez tort par Aigle (2013-04-01 17:35:24)
[en réponse à 714732]
Cher Luc Perrin votre analyse est inquiétante et se fonde sur quelques exemples précis. Il est clair à mes yeux que la porte ouverte aux milieux tradis (jusqu'à la FSSPX incluse) va se refermer. Et que la liturgie "extraordinaire" ne sera plus défendue ni même peut-être l'application traditionnalisante de la forme ordinaire.
Il est probable aussi que le Pape François prendra quelques initiatives spectaculaires sur le modèle de Paul VI (abandon de la tiare, dissolution de la cour et de la gendarmerie pontificales) ou de Jean Paul II (abandon de la sedia gestatoria) : dissolution de la garde suisse ? passage au clergyman pour la curie ? vente des collections de tableaux ?
En tout cas l'affaire des souliers rouges est parlante : refus des traditions dont le sens est oublié par presque tous, refus aussi des signes monarchiques au profit d'une primauté spirituelle, refus d'écouter ses conseillers.
Cela étant deux faits semblent patents : le pape a un fort caractère et est plus proche d'un autocrate que d'un président de la IIIè République (ou d'un Pape du XVIIIè siècle), bref sa collégialité risque d'être pure apparence. Il ne demandera sans doute l'avis de personne pour faire ses réformes.
Mais il a une foi profonde et une piété très traditionnelle pour l'essentiel : dévotion à la sainte Vierge, refus du communisme, sens de la prière, amour des pauvres ...
Malheureusement ces deux derniers traits (l'autoritarisme et le piété) passent au second plan pour les médias.
Encore une fois le parallèle avec Paul VI s'impose : le discours traditionnel de ce pontife a été passé sous silence tandis que les réformes (comme le passage au vernaculaire ou l'allègement du protocole) ont été mises en avant pour créer l'idée que Rome appuyait tous les novateurs même les plus fous.
Nous verrons bien.
Je nous propose dans l'immédiat deux actions : prier sans cesse et diffuser les discours du Pape (et non les caricatures médiatiques).
Dans les années 1960, les catholiques conservateurs étaient peu nombreux et mal organisés face au torrent réformateur. Il n'en est plus de même aujourd'hui (du moins en France).

( 714812 )
je m'étais fait la même réflexion par Luc Perrin (2013-04-01 22:52:00)
[en réponse à 714760]
en conclusion que vous Aigle.
"Dans les années 1960, les catholiques conservateurs étaient peu nombreux et mal organisés face au torrent réformateur. Il n'en est plus de même aujourd'hui (du moins en France)."
Je me suis dit, pas vraiment avec une grande joie, qu'il me serait peut-être donné de vivre ce que les anciens, les vétérans du traditionalisme et que je n'avais connus que par les livres et les témoignages.
J'ai eu la chance d'interviewer certains et certaines de ces intrépides confesseurs de la foi en des temps difficiles, très difficiles. Je me disais, à l'époque, que nous étions des "rentiers" et "rentières" de cette intrépidité que Rome avait finie par reconnaître sinon de pleinement comprendre y compris sous Benoît XVI.
Va-t-on revoir ces sombres "années de plomb" ?
Prions que non et que le pape finira par s'inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs, sur le fond bien sûr. Après tout le bienheureux Pie IX avait bien hésité entre 1846 et la révolution romaine de 1848. Il se démarquait alors ostensiblement de son prédécesseur avant à partir de 1848-1849 d'en confirmer l'orientation.
Souhaitons tout de même que le Saint-Père ne soit pas confronté à des événements aussi brutaux que ceux de 1847-1848.
nb. je suis rétif à l'adjectif "conservateur" : on conserve quoi ...

( 714747 )
A mettre en rapport avec le reportage par Thierry (2013-04-01 16:10:57)
[en réponse à 714721]
diffusé sur la chaîne Histoire en lien dans un fil plus bas.
C'est très symbolique mais en refusant de mettre les chaussures rouges, il montre clairement qu'il n'entre pas dans la fonction. Il faudra pourtant qu'il se rende compte assez vite qu'il n'est plus l'archevêque de Buenos Aires et qu'il est plus que "l'évêque de Rome". Ne lui en déplaise, il est le chef spirituel d'un milliard de catholique.
Qu'il ne soit pas liturge... soit mais Benoit XVI en s'effaçant derrière le cérémonial me semble avoir donné une plus grande leçon d'humilité que tous ces démonstrations très ostentatoires. Cette question est évoquée en termes on ne peut plus courtois dans le reportage évoqué... mais le constat est cinglant. Et là encore, François 1er a du mal à chausser la fonction.

( 714728 )
Kafka? par Miserere (2013-04-01 14:06:54)
[en réponse à 714719]
Il y a pas mieux comme exemple, pourtant l'Église est parsemé de Saints et de bons catholiques.
J'aime pas son homélie,c'est tellement confus.
Ou est la finalité?
UDP
Miserere

( 714739 )
Confus ? par Nemo (2013-04-01 15:51:58)
[en réponse à 714728]
Je ne vois pas la confusion mais une clarté aveuglante.
Nous sommes bien à nouveau dans une époque de destruction. Destruction active.
Je pense du reste autodestruction, le progressisme va se tirer dans le pied les dernières cartouches en croyant survivre.
Ce qu'il dit n'est du reste pas entièrement faux, mais l'héritage qu'il nous laisser s'il ne nous déshérite pas sera lourd à gérer.
Nous n'étions pas au fond, nous creusons encore.

( 714744 )
Merci Nemo! par Miserere (2013-04-01 16:03:40)
[en réponse à 714739]
A vrai dire je l'avais bien compris, votre analyse est excellente.
Mais je suis fatigué et je ne veux plus entrer là dedans.
Je préfère rester fidèle à ma chapelle qui m'aide à garder la Foi et l'espérance d'un retour à la Tradition.
Bien à vous.
Miserere

( 714734 )
Tous ces perroquets par Arnold (2013-04-01 15:32:43)
[en réponse à 714719]
veulent-ils nous persuader que le siège est vacant?

( 714749 )
Arnold ce n'est pas très convenable de par Luc Perrin (2013-04-01 16:35:03)
[en réponse à 714734]
traiter de "perroquet" le P. Cantalamessa même si on réprouve ses idées destructrices pour le coup. Idées qui n'ont rien d'original et qui ont fait tant de mal à l'Église entre les années 1950 et les années 1970. On retrouverait sans peine des formules exactement similaires dans les textes de cette époque.
En 1952, H. Urs von Balthazar, à peine sorti de la Société de Jésus, publiait un article polémique très semblabe : "Rasez les bastions".
Maintenant si vous rejetez l'analyse de M. Guénois, votre post étant seulement une insulte lancée à la cantonnade sans destinataire ni substance, dîtes nous donc pourquoi ?
Si vous pensez qu'il faut tout détruire dans la liturgie et la constitution de l'Église, expliquez-nous pourquoi et comment vous reliez cela à la Tradition au sens noble ? Si vous pensez que les Pontifes de Paul VI à Benoît XVI se sont tous lourdement trompés à vouloir comprendre Vatican II en continuité avec ladite Tradition, donnez-nous quelques arguments ?
Ce sera plus instructif que de rédiger une liste de ... noms d'oiseau.
Un Forum est fait pour débattre, ce n'est pas un espace pour la zoologie. Même si le perroquet est un bel oiseau par ailleurs.

( 714750 )
Now what ? par FilsDeMarie (2013-04-01 16:38:53)
[en réponse à 714719]
On continue à "observer" les dérives et/ou changements du nouveau pape jusqu'à ce que notre patience vienne à bout... Et ENSUITE ????? on fait quoi ? Je vous le demande New Catholic ? What else ? On devient sedevac ? On devient ou redevient fidèle de la FSSPX ? What the story ?

( 714765 )
C'est très simple : par Yves Daoudal (2013-04-01 17:46:38)
[en réponse à 714750]
on reste catholique. Comme lorsqu'Albéric III de Tusculum faisait élire pape son fils de 10 ans (Benoît IX, érotomane tous azimuts qui se fera réélire deux fois après avoir été deux fois chassé de Rome), après avoir fait élire successivement ses deux frères (Benoît VIII et Jean XIX)... L'Eglise en a vu d'autres...

( 714808 )
bien dit par Mauwgan (2013-04-01 21:55:11)
[en réponse à 714765]
Comme dit mon mari le peche des autres ne me force pas a peche.
Tiens bon la barre, et tiens le vent, hissez hair!
Storm is coming, mettez vos cires jaunes et vos bottes.
A genoux priez la Madonne, comme prechait notre jeune pretre dimanche....priez pour que vous ayez la foi des martyrs....il ne le disait pas innocemment non plus.
Priez pour ces jeunes braves pretres. Ils en auront besoin....

( 714814 )
comparaison n'est pas raison par Luc Perrin (2013-04-01 22:55:00)
[en réponse à 714765]
mais la morale de votre post est très juste.
"L'Eglise en a vu d'autres..." (Y. Daoudal)
et qui a dit que la vie catholique est un ... long fleuve tranquille ?

( 714759 )
Le livre d'exercices spirituels du cardinal Bergoglio par Chouan (2013-04-01 17:31:23)
[en réponse à 714719]
vient de paraitre en français . Son titre "Amour, service et humilité". Je l'ai acheté cet après-midi et vous ferai une (petite) recension très vite

( 714774 )
Après la mentalité "conciliaire", la mentalité "franciscaine" ? par Scrutator Sapientiæ (2013-04-01 18:43:45)
[en réponse à 714719]
Bonjour, New Catholic.
Après la mentalité pseudo-conciliaire, aurons-nous bientôt droit, ou avons-nous déjà droit, à la mentalité pseudo-franciscaine ?
Il est déjà possible de (se) poser la question, même s'il n'est pas encore possible d'y répondre.
Voici :
Ici.
Ici..
Ici...
A bientôt.
Scrutator.

( 714782 )
une mission, des moyens? par blamont (2013-04-01 19:38:02)
[en réponse à 714774]
il faudrait une "Église pauvre, simple, évangélique, privée de tout pouvoir".
On sait que l'Eglise est d'origine divine mais quand même avec un tel slogan ou telle devise, on reviendrait à l'âge de la cueillette des âmes et on fait fit des siècles d'enseignement et d'implication dans le monde et des moyens de celui-ci au service du bien.
parler des pauvres et de la pauvreté tourne parfois au ridicule ou à l'obscène.
Comme un baffreur obèse de mac-do s’apitoyant sur les enfants biafrais.
une Eglise sans pouvoir?
Ravalée à sembler une option spirituelle comme Skippy ou les adorateurs de l'Oignon?