Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 712792 )Primauté, collégialité et conciliarité par Deo gratias (2013-03-20 22:18:13) 

Au Concile Vatican I, le Bx Pie IX déclara et la primauté et l'infaillibilité pontificales, avec la bulle "Pastor Aeternus". Le Concile Vatican II tout en réaffirmant la primauté,institue en quelque sorte la collégialité.

La question que je me pose, c'est qu'avec les pontificats de Benoît XVI et surtout avec celui de François qui commence, n'assistons-nous pas à l'avènement de la conciliarité, où tous les évêques sont égaux, y compris celui de Rome ? Ne va-t'on pas non plus, vers la restauration de la pentarchie du Ier millénaire ? Qu'en pensez-vous ?
images/icones/fleche2.gif  ( 712807 )qui sait? par l'abbé Pépino (2013-03-20 23:17:57) 
[en réponse à 712792]

cher ami ce que nous vivons actuellement réclame un effort théologique important dans le calme et la paix mais avec détermination
images/icones/1i.gif  ( 712834 )En l'occurrence c'est Joseph Ratzinger par Yves Daoudal (2013-03-21 08:52:02) 
[en réponse à 712807]

qui avait fait un effort de réflexion théologique approfondi, et novateur, sur ces questions, et dont il a fait profiter le dialogue oecuménique sous son règne pontifical.

Je n'ai pas entendu parler de la moindre réflexion théologique de Jorge Bergoglio sur ce sujet (ni d'ailleurs sur aucun autre).
images/icones/neutre.gif  ( 712839 )Effectivement par Deo gratias (2013-03-21 09:00:28) 
[en réponse à 712834]

Le pape Benoît XVI a eu une réflexion théologique sur l'Eglise, mais le pape François par des gestes, montre qu'il est proche de la doctrine conciliariste. D'ailleurs, n'a-t-il pas évoqué le cardinal Kasper, très proche de cette approche ecclésiologique ?
images/icones/neutre.gif  ( 712838 )Très bien par Deo gratias (2013-03-21 08:57:34) 
[en réponse à 712807]

Monsieur l'abbé, mais si c'était le cas, cela ne contredirait-il pas un dogme de foi, celui de la primauté et de l'infaillibilité du seul Pontife Romain ?
images/icones/neutre.gif  ( 712837 )On va vers... par Marco Antonio (2013-03-21 08:55:52) 
[en réponse à 712792]

... la démolition de la Papauté, c'est-à-dire du fait que l'Eglise est monarchique et fondée sur la primauté de Pierre. Et l'on fait passer tout cela par humilité.

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 712841 )je crains par Deo gratias (2013-03-21 09:03:09) 
[en réponse à 712837]

Que l'on détruise la constitution divine de l'Eglise. A ce compte là, nous assisterions à l'émergence d'une nouvelle église qui serait tout sauf romaine.
images/icones/neutre.gif  ( 712901 )Exactement par Marco Antonio (2013-03-21 12:24:25) 
[en réponse à 712841]


Que l'on détruise la constitution divine de l'Eglise.



Exactement, Deo Gratias. Nous savons, toutefois, que si le tentatif de cette déstruction est bien possible (et c'est ce qu'il arrive maintenant), par contre la realisation de cette déstruction est impossible.

Ainsi une nouvelle Eglise n'est plus l'Eglise.

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 712849 )Tous les évêques égaux ? par Meneau (2013-03-21 09:27:01) 
[en réponse à 712792]

Petit rappel des premières paroles du pape François :


Et maintenant, initions ce chemin: l’Evêque et le peuple. Ce chemin de l’Eglise de Rome, qui est celle qui préside toutes les Eglises dans la charité.



On oublie vite ce qu'on ne veut pas entendre...

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 712866 )Pape, évêques, curie. Les réformes à venir par LouisL (2013-03-21 10:45:45) 
[en réponse à 712792]


Lorsque Jorge Mario Bergoglio, qui venait d’être élu, est apparu pour la première fois à la loggia de la basilique Saint-Pierre, il a voulu avoir à ses côtés deux cardinaux. À droite, son vicaire pour le diocèse de Rome, Agostino Vallini, et, à gauche, son ami brésilien Cláudio Hummes, franciscain. Deux hommes qui symbolisent son programme.

De Rome, le nouveau pape veut être pleinement l’évêque, personnellement, comme il l’a tout de suite laissé entrevoir, le premier dimanche de son pontificat, lors de la messe qu’il a célébrée à la paroisse Sainte-Anne, située à la limite entre le Vatican et le quartier du Borgo, au milieu de l’allégresse populaire. Il se rendra ainsi d’église en église, il parcourra le centre et les banlieues, "pour l'évangélisation de cette ville si belle". En contact direct avec le peuple du diocèse qui est dorénavant son "épouse".

Le pape François aime avant tout se qualifier d’"évêque de Rome". Mais il est également convaincu - et il l’a dit tout de suite - que "l’Église de Rome est celle qui préside à la charité de toutes les Églises".

Cette phrase d’Ignace d’Antioche, évêque martyr qui vécut au IIe siècle, sert depuis cette époque de point de repère au difficile équilibre des pouvoirs entre le successeur de Pierre, qui est l’évêque de Rome, et les successeurs du collège des douze apôtres, qui sont les évêques du monde entier, entre l'exercice de la primauté du pape et l’exercice de la collégialité épiscopale. Au début du second millénaire, cet équilibre s’est rompu et le schisme a divisé l’Église de Rome et les Églises d’Orient.

Mais, à l’intérieur de l’Église catholique aussi, la primauté du pape, développée à l’extrême, attend d’être contrebalancée par le collège des évêques. C’est ce qu’a voulu le concile Vatican II, avec peu d’applications pratiques jusqu’à maintenant, et c’est aussi ce qu’a demandé une nouvelle fois, avec force, Benoît XVI dans l’un de ses derniers discours en tant que pape, quelques jours avant sa renonciation. Son successeur François a déjà fait comprendre que c’est précisément ce qu’il veut faire.

Pour atteindre cet objectif, il a à sa disposition un instrument à l’état brut, le synode. Celui-ci est composé de quelque deux cents évêques - constituant l'élite des presque cinq mille évêques du monde entier - qui se réunissent à Rome tous les deux ans afin de discuter d’un thème présentant un caractère d’urgence particulière pour la vie de l’Église.

Ses pouvoirs sont purement consultatifs et ses différentes éditions, vingt-huit jusqu’à maintenant depuis la première qui a eu lieu en 1967, n’ont que rarement évité l’ennui. Le pape François pourra le rendre délibérant, naturellement "en accord avec et sous" son pouvoir primatial.

Mais surtout il pourra transformer en un véritable "conseil de la couronne" permanent le groupe restreint d’évêques, trois par continent, que chaque synode élit à la fin de ses travaux pour servir de pont vers le synode suivant.

Pour un pape comme François, qui veut, à partir de Rome, sentir le pouls de l’Église mondiale, ce groupe est l’instrument idéal. Il suffit de dire que, parmi les douze élus du dernier synode, on retrouve presque tous les noms qui ont été mis en évidence lors du récent conclave : les cardinaux Timothy Dolan de New-York, Odilo Scherer de São Paulo du Brésil, Christoph Schönborn de Vienne, Peter Erdö de Budapest, George Pell de Sydney, Luis Antonio Gokim Tagle de Manille.

En réunissant autour de lui un sommet de l'épiscopat mondial d’aussi haut niveau, une fois par mois ou même plus souvent, avec présence physique à Rome ou par vidéoconférence, le pape François pourra gouverner l’Église exactement comme le concile Vatican II l’a voulu : avec un soutien collégial stable apporté aux décisions ultimes qu‘il prendra en tant que successeur de Pierre.


Article de Sandro Magister