Le Forum Catholique
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( 711055 )
Le défi du monde par Abbé Néri (2013-03-14 18:15:22)
Quelques minutes à peine écoulés de l’annonce de l’élection du nouveau Pape un organisme international (l’U.E.) félicitait le nouvel élu lui souhaitant : « qu’il défende la paix, la solidarité et la dignité ».
Voila en quelques mots résumés d’une certaine manière l’attente du monde.
Devant un pareil défi, le Souverain Pontife peut s’armer de l’enseignement qu’a donné dans se domaine son saint prédécesseur il a un peu plus d’un siècle, dans l’Encyclique Notre charge Apostolique sur "le Sillon" du 25 août 1910.
Saint Pie X attirait l’attention des évêques sur les dangers qui guettaient les sympathisants du « Sillon »
« Nous voulons attirer votre attention, Vénérables Frères, sur cette déformation de l'Évangile et du caractère sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et Homme, pratiquée dans le " Sillon " et ailleurs. »
Il faut remarquer la gravité de l’erreur dont il est ici question, il s’agit d’une déformation de l’Évangile. Et cette erreur est perçue comme étant un phénomène de mode :
« Dès que l'on aborde la question sociale, il est de mode, dans certains milieux,
- d'écarter d'abord la divinité de Jésus-Christ,
- et puis de ne parler que de sa souveraine mansuétude, de sa compassion pour toutes les misères humaines, de ses pressantes exhortations à l'amour du prochain et à la fraternité. »
Une fois qu’on fait abstraction de la divinité du Christ on n’en retienne que la finesse de son humanisme. Mais le saint Pape prend soin de montrer les distinctions qui s’imposent :
« Certes, Jésus nous a aimés d'un amour immense, infini, et il est venu sur terre souffrir et mourir pour que, réunis autour de lui dans la justice et l'amour, animés des mêmes sentiments de charité mutuelle, tous les hommes vivent dans la paix et le bonheur.
Mais, à la réalisation de ce bonheur temporel et éternel, il a mis, avec une souveraine autorité, la condition que l'on fasse partie de son troupeau, que l'on accepte sa doctrine, que l'on pratique la vertu et qu'on se laisse enseigner et guider par Pierre et ses successeurs.»
Et il signale avec force une vérité qu’est terriblement oublié aujourd’hui, à savoir que si le Christ s’est montré bon pour les égarés : il n’a pas respecté leurs convictions erronées :
« Puis, si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu'elles parussent ; il les a tous aimés pour les instruire, les convertir et les sauver. »
Ni les a encouragé dans la recherche d’une égalité chimérique :
« S'il a appelé à lui pour les soulager, ceux qui peinent et qui souffrent, ce n'a pas été pour leur prêcher la jalousie d'une égalité chimérique. »
Ou les laisser croire qu’on peut invoquer leur dignité pour se soustraire au devoir :
« S'il a relevé les humbles, ce n'a pas été pour leur inspirer le sentiment d'une dignité indépendante et rebelle à l'obéissance. »
Il nous fait voir que la charité du Christ ne se limité à la douceur et la mansuétude mais comprends aussi sa sainte indignation :
« Si son cœur débordait de mansuétude pour les âmes de bonne volonté, il a su également s'armer d'une sainte indignation contre les profanateurs de la maison de Dieu, contre les misérables qui scandalisent les petits, contre les autorités qui accablent le peuple sous le poids de lourds fardeaux sans y mettre le doigt pour les soulever. »
Et dans sa sainte clairvoyance il admonestait les évêques à suivre l’exemple du Souverain Maître :
« Il a été aussi fort que doux ; il a grondé, menacé, châtié, sachant et nous enseignant que souvent la crainte est le commencement de la sagesse et qu'il convient parfois de couper un membre pour sauver le corps. »
Et, c’est qu’est d’une étonnante actualité surtout dans une France laïcisé, à savoir que les enseignements du Christ ne concernent pas seulement les individus en vue de leur salut éternel, mais également la société en tant que tel :
« Enfin, il n'a pas annoncé pour la société future le règne d'une félicité idéale, d'où la souffrance serait bannie ; mais, par ses leçons et par ses exemples, il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix.
Ce sont là des enseignements qu'on aurait tort d'appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux, et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu'un humanitarisme sans consistance et sans autorité. »

( 711063 )
eh bien par jeanbrent (2013-03-14 18:44:11)
[en réponse à 711055]
Monsieur l'abbé, le pape vient de vous répondre et semble (et nous tous j'ose le croire) vous exaucer d'une simple et brillante maniere.
"..si vous ne confessez le Christ vous n'êtes qu'une ONG piteuse "
Il en est (nombreux) qui ne vont pas apprécier !
et on en connait tous des "actifs" prompts à se raidir avec le trop fameux "peu importe si je fais le bien autour de moi que ce soit au nom de (..x y ..), ce qui compte etc ...")
il semble qu'ils vont être servis !
"Mon Dieu donnez nous de témoigner non de l'efficacité humaine de Votre seule Misericorde !"

( 711064 )
Insistance sur la Croix par Rémi (2013-03-14 18:48:28)
[en réponse à 711063]
J'ai pris l'homélie en route, mais j'ai bien entendu cela, aussi.

( 711067 )
Pour récouter le sermon du Saint Père par Réginald (2013-03-14 18:56:07)
[en réponse à 711064]

( 711070 )
INCROYABLE par jeanbrent (2013-03-14 19:03:50)
[en réponse à 711067]
La traductrice ne TRADUIT PAS le mot du Pape
" ONG Piteuse "
j'en reviens pas !!! à 3'30 ...
ça promet !

( 711072 )
Le plus incroyable encore.... par Sombreval (2013-03-14 19:10:49)
[en réponse à 711070]
J'ai cru rêver en entendant le Pape citer Léon Bloy (présenté récemment par l'abbé de Tanouarn comme un précurseur du subjectivisme moderne dans le catholicisme !!!!!). C'est une PREMIERE absolument unique :
"Quando non si confessa Gesù Cristo, viene quello che dice Leon Bloy: chi non prega il Signore, prega il diavolo "

( 711075 )
Oui oui par Réginald (2013-03-14 19:16:31)
[en réponse à 711072]
Le Pape a cité Léon Bloy. La traductrice a omis de traduire la comparaison.
C'est un style très différent des Papes précédents.
Le Saint Père a parlé ex abundantia cordis. Je suis frappé par aussi par la douceur du Pape et les mots très forts qu'il emploie.
J'avoue que pour le moment, je suis très favorablement impressionné.

( 711079 )
Pour moi qui aime assez lire Léon Bloy,L'important n'est pas Léon Bloy par megnace (2013-03-14 19:34:49)
[en réponse à 711072]
malgré ses opinions parfois erronées, l'important n'est pas la personne de Bloy, mais la phrase citée par le Pape : "Qui ne prie pas Dieu prie le diable", indiscutable vérité faisant écho à "qui n'est pas avec moi est contre moi".

( 711083 )
Certes, par Rémi (2013-03-14 19:43:10)
[en réponse à 711079]
et c'est une parole très forte, voire une vérité dure pour beaucoup, que s'approprie le Pape en ce tout début de pontificat. Ce n'est pas anodin.
Mais cela indique aussi que sa culture philosophico-littéraire est plutôt vaste (je ne sais si Bloy et les Français sont beaucoup lus par le clergé argentin ... ) et bien loin d'être cul-cul la praline, selon l'amusante expression de Maitre Parfu.

( 711087 )
Tout à fait cher Rémi par Sombreval (2013-03-14 20:56:23)
[en réponse à 711083]
C’est tout sauf anodin. La première messe du Pape, dans la Chapelle Sixtine, face à tous les cardinaux, devant des centaines de millions de téléspectateurs, le pape se permet une citation, une seule et il cite… Léon Bloy !!!!! Pas une allusion au Concile, pas de référence à tel théologien à la mode ou incontournable (von Balthasar par exemple dont se réclamaient plusieurs « favoris »), pas d’enrobage gélatineux d’un discours destiné à nous endormir comme il est de coutume dans les homélies : non c’est sec et brut, du Léon Bloy dans le texte : « Quando non si confessa Gesù Cristo, viene quello che dice Leon Bloy: chi non prega il Signore, prega il diavolo ». Vous pouvez fuir, mentir, déblatérer jusqu’à la nausée, brasser l’insignifiance tout autour de vous, pactiser avec le monde pour acquérir les places les plus enviables, pour briller auprès des autres, devenir une « personne qui compte » comme on dit. Vous n’échapperez pas à cette alternative : le Christ ou le Malin.
J’ai des contacts avec des catholiques argentins depuis plusieurs années. Et je sais que grâce à leur curiosité, leur vivacité d’esprit, leur résistance à l’esprit du temps (je parle des jeunes catholiques les plus solides) ils contribuent à faire connaître tout un pan de notre littérature, négligé chez nous, et des auteurs largement ostracisés déjà de leur vivant, auprès de chrétiens de langue espagnole, jeunes latinos qui n’hésitent pas à consacrer beaucoup de temps à un long travail de traduction. Je leur dois d’ailleurs d’avoir pu diffuser plusieurs de mes publications au-delà du cercle franco-français de plus en plus asphyxiant, il faut bien le reconnaitre.

( 711088 )
Précisions ? par Meneau (2013-03-14 21:00:36)
[en réponse à 711087]
cercle franco-français de plus en plus asphyxiant, il faut bien le reconnaitre.
Qu'entendez-vous par là exactement ? Qu'en France on n'a plus le droit de s'exprimer, ou que dans le milieu de la tradition on tourne un peu sur soi-même ? Ou autre ?
Cordialement
Meneau

( 711382 )
Espérons qu'il la ressortira par Vassilissa (2013-03-15 21:36:00)
[en réponse à 711072]
lors de sa visite à Shimon Peres et ses compatriotes, qui lui ont dit l'attendre avec impatience…

( 711073 )
Et la confusion par Rémi (2013-03-14 19:10:51)
[en réponse à 711070]
entre "se confesser" et confesser la foi ...
Ils pourraient embaucher des traducteurs qui ont la culture minimale de leur sujet, c'est lamentable.
Et les chasubles qui deviennent des surplis dans le texte ...

( 711091 )
Merci de ne pas recourir par
Le Webmestre (2013-03-14 21:14:11)
[en réponse à 711070]
aux lettres majuscules dans vos titres, à l'instar de chaque liseur.
XA